Q : De nombreux Libanais sont actuellement enthousiasmés par ce qui ressemble à une nouvelle manifestation du pouvoir du peuple – « la révolution du cèdre », comme on l'appelle déjà. La situation semble très complexe – Israël et les Etats-Unis, la Syrie, le Hezbollah et peut-être d'autres étant concernés. [1] A votre avis, comment tout ceci va-t-il finir ? [2] Qui a tué Rafik Hariri ?

Partage international no 200avril 2005

La crise au Liban est à la fois complexe et manipulée. La « révolution du cèdre » est un exemple de plus du « pouvoir du peuple » qui a un impact sur les événements. Mais la réalité libano-syrienne ne devrait pas être trop simplifiée. La politique actuelle des Etats-Unis exerce le maximum de pression sur la Syrie et d'après mes informations, c'est la CIA qui a assassiné Rafik Hariri, déclenchant ainsi l'appel au retrait des troupes syriennes du Liban, en sous-entendant et en lançant la rumeur que Rafik Hariri a été tué par la Syrie, en dépit du fait que cela n'aurait pas été dans l'intérêt de celle-ci d'agir ainsi. Il existe une interdépendance de longue date entre les deux voisins : le Liban a besoin de la Syrie pour le protéger d'une invasion d'Israël et la Syrie a besoin des facilités financières modernes du Liban pour commercer avec l'étranger. Il existe une authentique interdépendance qui est naturellement menacée par les événements récents. Il faudrait comprendre que la Syrie ne possède pas d'armes de destruction massive. Elle soutient le Hezbollah et le considère comme une force arabe légitime, se battant, pour aider ses pauvres frères palestiniens oppressés, contre un régime israélien agressif.

Réponses données par Benjamin Creme