Q : Comment, à votre avis, peut-on améliorer le climat politique du Moyen-Orient et limiter le risque de guerre ?

Partage international no 425février 2024

Je pense qu’il faut commencer par organiser une conférence internationale dédiée aux problèmes de la région. La question israélo-palestinienne y joue un rôle primordial : tant que les Palestiniens ne disposeront pas d’un territoire, la possibilité d’une paix durable sera très compromise. Je crois que les Israéliens n’en finiront pas de temporiser sur ce sujet, et il se pourrait bien que seule l’émergence de Maitreya amène ces peuples à se réconcilier. La récente prise de position de l’OLP en faveur de Saddam Hussein dans la guerre du Golfe n’a pas joué en faveur de la cause palestinienne, si juste soit-elle. Il semblerait que la direction de l’OLP ne rate pas une occasion de laisser passer sa chance ! Il reste que les Palestiniens ont le droit de leur côté et que la plupart des nations concernées, y compris les États-Unis, ont fini par reconnaître ce droit. Les Emirats autocratiques et les dictatures militaires de la région doivent céder la place à des régimes démocratiques et à une politique consensuelle. La Syrie, par exemple, est soumise à une dictature militaire particulièrement répressive et abjecte, remplie d’ambitions, qui n’a rien à envier en cela au régime de Saddam Hussein – mais on préfère l’ignorer parce qu’elle a fait le « bon choix » en se rangeant aux côtés des alliés contre l’Irak, son principal rival. Parallèlement, les familles gouvernantes du Koweït et d’Arabie Saoudite se sont fait une solide réputation de rapacité et de domination autocratique. C’est pourquoi la redistribution des richesses entre les habitants de la région doit être considérée comme une priorité. Si une transformation de cette importance risque de prendre des années, il y a au moins une chose qu’on peut faire immédiatement : mettre fin à la vente insensée d’armes de haute technologie et de destruction massive, à travers un embargo total dans la région. Il est de plus en plus clair que ce commerce cynique qui s’appuie sur les « forces du marché » ne fait qu’alimenter la guerre. (PI, avril 1991)

Réponses données par Benjamin Creme