Partage international
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mai 2022 – No 405
Sommaire
- Article du Maître —
- La Fraternité humaine par Le Maître –
- Une grande opportunité par Le Maître –
- Editorial
- Ce mois-ci dans Partage international Aucun article pour cette rubrique
- Point de vue
- Les climatologues appellent l’humanité à se mobiliser par Kenny Stancil
- Compte rendu de lecture Aucun article pour cette rubrique
- Compilation Aucun article pour cette rubrique
- De nos correspondants
- Le sort de l’Ukraine et le futur de la paix par Sébastien Villemot
- Saint-Germain, ses activités et ses talents (2) par Dominique Abdelnour
- Sauvons les sols : une campagne pour la vie par Ana Swierstra Bie
- Dossier Aucun article pour cette rubrique
- Signes des temps
- S.O.P. — Sauvons notre planète Aucun article pour cette rubrique
- Tendances Aucun article pour cette rubrique
- Vers un meilleur avenir pour tous Aucun article pour cette rubrique
- Entretien
- L’économie écologique : vers la durabilité, l’équité et la liberté ? (1) – Interview de Ove D. Jakobsen par Anne Marie Kvernevik
- Un nouveau monde émergera de l’ordre ancien – Interview de Graeme Maxton par Felicity Eliot
- Environnement Aucun article pour cette rubrique
- Esotérisme Aucun article pour cette rubrique
- Faire le lien Aucun article pour cette rubrique
- Faits et prévisions Aucun article pour cette rubrique
- Fenêtre sur le monde Aucun article pour cette rubrique
- La voix de la raison Aucun article pour cette rubrique
- La voix des peuples Aucun article pour cette rubrique
- Le point de vue de Maitreya Aucun article pour cette rubrique
- Le respect de la loi Aucun article pour cette rubrique
- Les enseignements de Maitreya Aucun article pour cette rubrique
- Les mensonges dévoilés Aucun article pour cette rubrique
- Les priorités de Maitreya Aucun article pour cette rubrique
- L’humanité une Aucun article pour cette rubrique
- L’Unité dans la diversité Aucun article pour cette rubrique
- Regard sur le monde Aucun article pour cette rubrique
- Autres
- Citation Aucun article pour cette rubrique
- Message de Maitreya Aucun article pour cette rubrique
- Brève Aucun article pour cette rubrique
- Courrier des lecteurs
- Rayons Aucun article pour cette rubrique
- Dernière de couverture
- Cahier anniversaire Aucun article pour cette rubrique
- Questions-réponses de Benjamin Creme Aucun article pour cette rubrique
- Questions-réponses
Article du Maître —
La Fraternité humaine – [sommaire]
par l’entremise de Benjamin Creme
Tôt ou tard, les nations et leurs dirigeants toucheront du doigt la réalité de leur interdépendance. Cette prise de conscience les amènera à une approche totalement nouvelle des problèmes auxquels ils sont actuellement confrontés, ce qui leur permettra de les résoudre plus facilement et avec plus de sagesse. Progressivement, ce changement de perspective conduira au remplacement de l’affrontement et de la compétition féroce d’aujourd’hui par la compréhension mutuelle et la coopération.
Il faut bien dire que toutes les nations n’avanceront pas à la même allure dans cette direction, mais l’efficacité de la méthode et le bon sens sur lequel elle repose finiront par convaincre même les plus récalcitrants qu’elle est profitable pour tous. Chaque pas effectué dans ce sens consolidera ce processus et hâtera le mouvement vers la coopération. De cette manière, on verra se développer une relation plus saine entre les nations, ce qui avec le temps favorisera l’instauration d’un véritable sentiment de fraternité. Parmi les petites nations, nombreuses sont celles qui reconnaissent d’ores et déjà la réalité de cette interdépendance, mais leur capacité à se faire entendre est limitée par leur manque de puissance. Quant aux grandes nations, elles traitent par le mépris de telles idées, leur orgueilleuse autosuffisance les aveuglant à la vérité de leur relation avec le reste du monde.
L’homme n’évolue que lentement et a besoin de temps et d’expériences répétées pour faire des progrès significatifs, mais c’est là précisément ce qui rend ses avancées stables et permanentes. Les Nations unies constituent bien sûr le forum où les petites nations sont censées pouvoir faire entendre leur voix ; mais cela ne deviendra possible que lorsque le Conseil de sécurité, avec son veto arbitraire, aura été aboli. Ce Conseil n’a plus de raison d’être, et doit bientôt céder la place à une assemblée des Nations unies affranchie des abus de pouvoir comme du droit de veto. Nous verrons alors les nations agir librement, sans les restrictions imposées par le veto des grandes puissances qui cherchent à faire primer leurs propres intérêts.
Ceux qui élèvent le plus la voix pour exiger la démocratie en terre étrangère sont étrangement aveugles à son absence aux Nations unies. Les hommes doivent prendre conscience que les peuples de toutes les nations sont uns, égaux entre eux, et dépendants les uns des autres. Aucune nation ne possède le monde, ni ne peut le régir. Aucune ne peut s’opposer seule à toutes les autres. Les jours des empires et de leur domination sont révolus. L’homme se tient au seuil d’une compréhension nouvelle de son rôle sur la planète Terre. Cela implique un changement dans sa relation à ceux qui cheminent avec lui sur la voie d’une gestion sage et éclairée des ressources de ce monde d’abondance.
Nous, vos Frères aînés, vous aiderons à effectuer ce changement. Maitreya mettra les hommes en garde contre les conséquences de leur inaction face à la nécessité de transformer le monde. Il montrera que s’ils ne changeaient pas de direction l’avenir serait difficile, et même des plus sombre. Il les inspirera pour qu’ils prennent conscience de leur interdépendance, de la réalité de leur fraternité.
Depuis le lancement de la revue Partage international, le Maître de Benjamin Creme a fourni de nombreux articles sur quantité de sujets. Les Maîtres de Sagesse écrivent de manière intemporelle, et nombre de ces textes semblent aussi actuels que lorsqu’ils ont été publiés initialement.
Une grande opportunité – [sommaire]
par l’entremise de Benjamin Creme
Chaque année, à l’approche du printemps, la Hiérarchie fait ses préparatifs pour les trois fêtes des mois d’avril, mai et juin. Chaque année, quand vient cette période, des plans sont mis en œuvre pour permettre à ceux qui aspirent à la Lumière et souhaitent se rendre utiles de le faire plus pleinement et plus efficacement.
Ce printemps, nous avons l’intention d’accomplir un travail d’envergure. Tout au long de ces trois mois, des énergies d’une puissance extraordinaire déferleront sur notre monde. Cette puissance supplémentaire favorisera certains rapprochements dont il est aujourd’hui grand besoin, et d’importants efforts seront faits pour canaliser la bonne volonté de millions d’hommes. On espère ainsi effectuer de grands changements dans les affaires humaines et prévenir un nouveau dérapage vers le chaos et la guerre.
A une telle période de recrudescence d’activité, nous donnons le nom de « poussée spirituelle », et pendant ce laps de temps, toute activité spirituelle est considérablement amplifiée. Les actions spirituelles de toute nature, quelles que soient les traditions ou croyances sur lesquelles elles se fondent, sont rehaussées pendant ces mois du printemps, et beaucoup peut être accompli si l’on met pleinement à profit cette opportunité. Il incombe à tous ceux qui souhaitent servir et faire progresser notre monde, d’entrer en contact avec ces forces et de leur permettre ainsi de se manifester dans leur vie.
Nous cherchons à instaurer parmi les hommes un sentiment nouveau de responsabilité partagée. Nous cherchons à éveiller en eux le goût de l’action concertée. Nous nous efforçons de créer les conditions dans lesquelles ces deux aspects puissent se manifester ensemble et conduire ainsi au changement. Tout est énergie ; seule l’énergie existe. Par l’impact de ces énergies supérieures sur le centre qu’est l’humanité, nous cherchons à faire naître une atmosphère nouvelle dans le monde. Aidez-nous à créer les conditions de la confiance, et apportez ainsi un regain d’espoir sur la planète. Semez les graines de l’amour et de la confiance, et regardez-les fleurir sous forme d’espérance et de joie.
Chacun peut faire quelque chose pour soulager la souffrance de ses frères. Faites le point de votre situation, et voyez ce que vous devez faire. Prenez maintenant l’engagement de soutenir tous les actes de sacrifice, et prenez-y vous-même votre part. Faites de cette période une période de don ; que votre volonté de vous rendre utile s’exprime pleinement. Sachez qu’en servant, vous œuvrez dans le sens de la lumière et vous alignez de manière plus correcte sur le dessein de votre âme.
Prenez position à nos côtés, et permettez aux rêves des hommes de se réaliser. Prenez position à nos côtés, et soyez assurés que nous vous apporterons aide et stimulation. Prenez position à nos côtés, et accomplissez des actions qui jusque-là vous semblaient impossibles.
Quand vous verrez Maitreya, vous saurez que pour le monde l’heure de la décision a sonné. Il appellera à l’action tous ceux qui veulent sauver le monde. Joignez-vous à tous ceux qui agissent à son service, et entrez dans le flux du grand courant de la Vie.
Le moment est venu, plus que jamais, d’agir en accord avec vos idéaux déclarés, et de rendre manifeste la vision sertie dans votre cœur. Sachez que vous n’êtes pas seul ; que des millions d’autres embrassent les mêmes idéaux. Formez une chaîne avec tous ceux qui aspirent à se rendre utiles et tissez un filet de lumière qui couvrira le monde. Rappelez-vous que vous êtes dans le monde pour servir, et que ce n’est qu’ainsi que vous pourrez grandir. Rappelez-vous que vous êtes responsables du bien-être de vos frères, et qu’il vous appartient de veiller à ce qu’ils ne manquent de rien. Proposez-vous, comme jamais auparavant, comme canaux à travers lesquels nous puissions travailler, et comme transformateurs de ces énergies colossales qui bientôt s’écouleront à travers vous.
Ainsi pourrez-vous apposer sur cette vie le sceau du service et, le moment venu, rejoindre les rangs de ceux qui vous ont précédés sur le sentier.
(Share International, mars 1984)
Editorial
Plus jamais ça – [sommaire]
En septembre 1977, dans son tout premier message public par l’entremise de Benjamin Creme, Maitreya, l’Instructeur mondial, a mis en exergue les problèmes majeurs auxquels le monde est confronté et a expliqué : « Je viens pour changer tout cela ; pour vous montrer comment, ensemble, avancer vers une vie plus simple, plus saine et plus heureuse. Les hommes ne s’opposeront plus entre eux, ni les nations entre elles, mais ensemble, comme des frères, nous avancerons vers ce monde nouveau. »
Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons prendre ces mots à cœur et nous rappeler que la fraternité et le bon sens ne sont pas facultatifs mais essentiels dans un monde qui ne peut se permettre la division, l’inimitié et la guerre. Pourtant, peu avant la fin de ce premier quart du siècle, nous sommes au cœur d’une guerre dévastatrice.
Cette date, 2025, et notre époque actuelle, ont un sens pour les lecteurs familiers des Enseignements de la sagesse éternelle, du travail des Maîtres de Sagesse et de Benjamin Creme en étroite collaboration avec son Maître. La revue Partage international a pour objectif de faire connaître la présence de Maitreya, l’existence d’un plan divin pour cette planète et le travail des gardiens de ce plan – les Maîtres de Sagesse. Nous avons décrit le processus d’émergence de Maitreya et expliqué les difficultés qu’il entraîne – difficultés générées par le manque général de perspicacité de l’humanité, son incapacité à s’élever au-dessus du matérialisme, ses habitudes de peur, d’avidité et de séparatisme. Compte tenu de ces facteurs, auxquels s’ajoute l’action des forces de la matérialité, aucune date précise ne saurait être donnée pour le moment où Maitreya pourrait se faire connaître dans le monde. Cependant, le Maître Djwal Khul, par l’entremise d’Alice Bailey, a indiqué que l’année 2025 était une date significative dans le processus d’émergence de Maitreya. C’est aussi la fin du premier quart de ce siècle, un moment où, selon une tradition ancienne, les Maîtres de la Hiérarchie spirituelle tiennent une réunion particulière pour évaluer le passé et pour ajuster et planifier la prochaine phase de leur travail et le plan pour notre planète.
Les schémas de perturbation
Ce n’est peut-être pas une coïncidence si une guerre a éclaté juste au moment où les conditions semblaient favorables à la manifestation de Maitreya. Les forces du chaos et de la matérialité sont engagées dans une ultime tentative pour faire échouer l’émergence publique de Maitreya et des Maîtres. Par-dessus tout, elles sont déterminées à faire diversion, à affaiblir par la peur et la division, et à maintenir l’humanité dans un état de chaos absolu. L’horreur relayée par nos médias, qu’ils soient traditionnels ou alternatifs, qu’il s’agisse de faits ou de désinformation – tout cela fait le jeu des forces qui travaillent furieusement pour retarder l’inévitable : le « retour » du Christ. Ces événements annoncent la naissance d’une nouvelle dispensation spirituelle. Et nous savons tous que nous faisons partie de cette grande vie une – tous indispensables, tous interconnectés, tous avec un but et un sens, tous en accord avec le Plan de la conscience unique « en qui nous vivons, nous déplaçons et avons notre être. »
Au cours des quarante dernières années, notre équipe de rédaction a vu se reproduire ce genre de schéma caractéristique, chaque fois que les conditions étaient réunies. En 1982, une fenêtre d’opportunité s’est présentée : elle rendait possible la pleine émergence de Maitreya dans la vie publique, et juste à ce moment précis, un événement a détourné l’attention des médias et de l’opinion publique mondiale : une guerre a éclaté – et en conséquence, cette fenêtre d’opportunité particulière s’est refermée.
Dès que les conditions sont suffisamment favorables à la manifestation de Maitreya, le schéma de chaos et de diversion intervient – pas forcément sous la forme d’une guerre, mais quelque chose qui perturbe les affaires internationales et attire l’attention des médias et du public. L’aspiration et la concentration sont perturbées et, dans l’atmosphère d’anxiété qui s’ensuit, on exploite la confusion et la haine, on désigne des boucs émissaires et des ennemis.
Nous avons vu ce phénomène se produire à plusieurs reprises depuis 1982, et chaque fois que le processus est retardé, Maitreya et les Maîtres doivent attendre, adapter leurs plans, et continuer à encourager l’humanité et à la galvaniser afin que nous ne perdions pas espoir et que nous ne retombions pas dans nos vieilles habitudes d’inimitié. L’humanité a le libre arbitre ; on nous laisse le choix d’évoluer ou non vers une société adaptée aux dieux potentiels que nous sommes. Les forces de la matérialité et du chaos utilisent la peur pour créer la division car elles savent que les bénéfices et les avantages de la coopération et de l’unité rendront finalement inévitable le triomphe de la bonne volonté.
L’affirmation suivante ne peut pas être prouvée mais, à en juger par ce schéma récurrent, il ne semble pas exagéré de supposer qu’il vient d’y avoir (et qu’il y a probablement encore) une fenêtre d’opportunité qui aurait permis à Maitreya de commencer à se manifester au grand jour.
Le fait qu’une guerre ait éclaté une fois de plus et que l’attention du monde soit focalisée sur elle peut être une indication que le schéma récurrent est de retour. Il ne s’agit pas de prendre à la légère cette guerre. Cette vision de la situation n’est pas non plus une déclaration de solidarité avec l’un ou l’autre camp. Chacun d’entre nous a sa part dans le karma de l’humanité. Il y a des fautes, des erreurs, des négligences dans tous les pays – certains plus que d’autres. Nous subissons la guerre, la crise climatique, la faim, le terrorisme et la violence parce que nous n’avons pas réussi, collectivement, à traiter les problèmes actuels de manière appropriée. Dans tous les pays, nous avons ignoré le besoin de justice sociale.
Les gens se battent pour des « faits », se disputant la vérité qui, depuis des années, est manipulée sans scrupules, et pas seulement en temps de guerre, de sorte que la vérité et les faits sont devenus matière à discussions et question d’opinion. Le Maître de B. C. a mis en garde contre le risque de voir une opinion se transformer en fait. « La première des priorités est une véritable connaissance des faits. Mais ce n’est pas là chose facile. Tant de voix discordantes s’élèvent, en un concert d’affirmations conflictuelles, tant d’opinions sont érigées au rang de faits avérés, qu’il n’est guère de sources d’informations qui paraissent crédibles ou dignes de respect. En de telles circonstances, la sagesse impose prudence et retenue. » (Le mirage du pouvoir, le Maître de B. Creme, Partage international, nov. 2002)
Partage international se place aux côtés de toute l’humanité, sans choisir de « camp » (l’idée même est choquante). Il ne s’agit pas de choisir un camp mais simplement d’exprimer spontanément de la compassion pour ceux qui souffrent. Qu’il existe une politique visant clairement l’affaiblissement de la Russie et une politique déclarée de non-négociation de la part des Etats-Unis n’empêche pas l’empathie envers les peuples qui souffrent. La majorité du monde sait que les Etats-Unis et l’Otan ont été source de provocation. De même, la majorité du monde se rend compte que tout n’est pas juste, libre et équitable dans la Russie autocratique. Le monde est certainement au courant de l’accueil opportuniste que la Grande-Bretagne réserve aux oligarques et à leur argent tout en rejetant les réfugiés qui en ont désespérément besoin. L’Europe sait qu’il est opportun de s’aligner sur les politiques des Etats-Unis et de l’Otan. En général, on reconnaît que les intrigues et la recherche de pouvoir freinent le progrès. Malheureusement, le monde entier sait que la corruption sévit partout, à tous les niveaux et dans tous les secteurs de la société.
Ce que notre revue a fait et continuera de faire, c’est d’exprimer sa réponse sincère à la souffrance de nos semblables – quelle que soit leur nationalité, leur couleur de peau ou leur croyance. Il ne pourrait en être autrement. Si nous nous identifions avec – ou au moins si nous savons être une partie d’un Être extraordinaire dont la nature est Amour, pour autant que nous ayons été en mesure de le comprendre faiblement jusqu’à présent, alors notre réponse spontanée à la souffrance et aux besoins des autres est une effusion de ce même amour – à quelque niveau que nous en soyons capables.
Il semble exister un point de vue selon lequel montrer de la sympathie pour l’un revient à haïr l’autre – l’habitude de vivre dans un monde binaire, en noir et blanc. Tant que nous n’aurons pas une confiance basée sur le partage, nous aurons la guerre. Aucun pays n’a le droit d’en détruire arbitrairement un autre. Le droit à l’autodéfense est stipulé et codifié en droit, y compris dans la Charte des Nations unies.
L’aspiration et l’idéalisme doivent être traduits en actions. Les informations présentées au monde par B. Creme, son Maître et Maitreya ne sont pas simplement des théories ésotériques. L’évolution consiste à nous changer, à grandir progressivement pour devenir un reflet plus vrai de notre moi supérieur. Maitreya a mentionné la possibilité de travailler en nous et à travers nous ; tant que nous ne mettrons pas en œuvre les changements nécessaires, en faisant du partage la base d’une nouvelle civilisation, une paix durable nous échappera.
Benjamin Creme a répondu par le passé à quelques questions qui pourraient s’appliquer à la crise actuelle.
Q. [1] En ce qui concerne l’Ukraine, ce pays ne fait-il pas partie de la sphère d’influence russe ? [2] L’Union européenne et les Etats-Unis ne devraient-ils pas cesser d’intervenir dans les affaires intérieures de ces deux pays ?
R. [1] Oui. [2] Oui. Néanmoins, l’Ukraine ne fait plus partie de l’ancienne Union soviétique et même si elle demeure dans la sphère d’influence russe, sa souveraineté doit être respectée. (Partage international, oct. 2014)
Q. Comment la Russie doit-elle se comporter avec les anciennes républiques soviétiques ? L’indépendance de la Tchétchénie (et celle d’autres pays ayant une relation similaire avec Moscou) fait-elle partie du plan divin ?
R. Que tous les peuples soient libres de choisir leur propre évolution et leur destinée fait partie du plan divin. La Russie devrait avoir depuis longtemps accédé aux exigences d’une certaine forme d’autonomie manifestées par la Tchétchénie. (PI, oct. 2004)
Q. Le pouvoir du peuple commence à attirer l’attention des médias. Le Kirghizistan est le dernier exemple en date. [1] A t-il été « aidé » par des agents provocateurs ? [2] La révolution « orange » d’Ukraine fut-elle alimentée par des agents provocateurs ? [3] L’exemple du Kirghizistan provoquera-t-il un effet domino dans la région, tout comme chaque exemple précédent de peuple affirmant son pouvoir semble avoir inspiré le soulèvement suivant ?
R. [1] Non. [2] Oui, des deux côtés. [3] Oui, très probablement. (PI, mai 2005)
Q. L’une des tâches de Maitreya sera-t-elle d’ouvrir nos cœurs à la souffrance des autres ?
R. L’un des espoirs de Maitreya est d’ouvrir nos cœurs à la souffrance des autres. C’est ce qu’il fait chaque fois qu’il libère ses énergies dans le monde. Cela a été au centre de tout ce qu’il a dit et de tout ce que j’ai dit dans toutes les conférences. C’est exactement ce qu’il espère faire, ouvrir nos cœurs à la souffrance du monde. C’est ainsi que l’on change le monde. Il a dit : « Faites que votre action soit à la mesure des besoins de votre frère, et résolvez les problèmes du monde. Il n’y a pas d’autre possibilité. » (message n° 52). Il explique cela en détail. (PI, déc. 2000)
Q. En 1982, près de la date prévue pour le jour de Déclaration, la guerre des Malouines a éclaté. Alors que l’émergence de Maitreya est à nouveau imminente, le terrorisme et la tension entre la Lybie et les Etats-Unis s’accroissent. [Les Etats-Unis ont mené une opération militaire de représailles contre la Lybie suite à un attentat]. Existe-t-il un lien ?
R. Oui, ceux qui ont à perdre du fait de l’émergence de Maitreya, font tout ce qui est en leur pouvoir pour l’empêcher. La guerre, le terrorisme, les tensions, la peur, le chaos sont leurs armes principales. De nombreux dirigeants font leur jeu, non parce qu’ils sont mal intentionnés, mais parce qu’ils sont souvent ignorants, dogmatiques et chauvins. Ils manquent d’une vision globale. (Share International, nov. 1986).
Ce mois-ci dans Partage international
Point de vue
Les climatologues appellent l’humanité à se mobiliser – [sommaire]
Etats-Unis,
Au cours d’une semaine mondiale de désobéissance civile pour exiger une action climatique à la hauteur des preuves de la nécessité d’une décarbonisation rapide, le groupement Scientist Rebellion a attiré l’attention sur les écarts entre ce que les experts affirment nécessaire et la formulation qu’en ont autorisé les gouvernements dans le résumé du dernier rapport sur le climat publié par les Nations unies.
Le rapport du groupe de travail III du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) – qui fait partie de la sixième évaluation globale du climat par l’Onu depuis 1992, lequel sera peut-être la dernière à être publiée avant qu’il ne soit trop tard pour éviter les conséquences les plus catastrophiques de la crise planétaire – a été compilé par 278 chercheurs de 65 pays.
Les auteurs, qui ont synthétisé des milliers d’études évaluées par des pairs publiées au cours des dernières années, indiquent clairement sur près de 3 000 pages que « sans réduction immédiate et profonde des émissions dans tous les secteurs, limiter le réchauffement climatique à 1,5°C est impossible ».
Au cours du week-end controversé de négociations, les gouvernements des pays riches auront tenté d’affaiblir les propos concernant le financement vert au profit des pays à faible revenu, et les pays producteurs de combustibles fossiles se seront opposés à ce que l’urgence de cesser l’extraction du charbon, du pétrole et du gaz, soit mentionnée sans équivoque.

Photo : John Englart from Fawkner, Australia, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons
« Nous avons besoin d’un milliard de militants pour le climat. J’encourage chacun à réfléchir à la direction que nous prenons en tant qu’espèce et à s’engager dans la désobéissance civile et d’autres actions. Le moment est venu. » P. Kalmus, climatologue
Vers une rapide catastrophe climatique
« Malgré l’urgence climatique grandissante et l’absence de toute réduction des émissions, l’élaboration de la version finale du SPM reste alarmante de réserve, de docilité et de conservatisme, a déclaré dans un communiqué, Scientist Rebellion une alliance internationale d’universitaires qui plaident pour des changements politiques et économiques systémiques conformes aux découvertes scientifiques. La science n’a jamais été aussi claire : pour avoir une chance de conserver une planète habitable, les émissions de gaz à effet de serre doivent être radicalement réduites maintenant. Limiter le réchauffement à 1,5°C et répondre à l’urgence climatique nécessite une transformation immédiate de tous les secteurs et couches de la société, une mobilisation aux proportions historiques : une révolution climatique. Le Giec évite depuis trente ans de nommer les principaux coupables, ce qui est l’une des raisons de l’absence de véritables réductions des émissions. Les faits détaillant la complicité des pays les plus riches dans l’alimentation de la crise climatique ont été édulcorés dans le contrôle politique des déclarations du Giec. »
Scientist Rebellion a comparé la version finale du SPM – « Le document qui retient presque toute l’attention » – à une première ébauche du résumé du rapport du groupe de travail III, en août 2021, rédigée avant toute intervention des politiques.
Peter Kalmus, climatologue et auteur basé à Los Angeles qui participait aux actions directes de cette semaine mondiale, a déclaré à Common Dreams que les manquements des gouvernements et des décideurs l’avaient poussé à agir. Il a déclaré être prêt à s’engager dans la désobéissance civile et à risquer d’être arrêté après avoir « essayé tout ce à quoi je peux penser au cours de la dernière décennie et rien n’a fonctionné. Je vois l’humanité se diriger directement vers la catastrophe climatique.
L’humanité étant actuellement en bonne voie de perdre tout ce que nous aimons, la communauté scientifique doit intensifier ses efforts. Si nous ne mettons pas fin rapidement à l’industrie des combustibles fossiles et ne commençons pas à agir comme si l’effondrement de la Terre était une urgence, nous risquons l’effondrement de la civilisation et potentiellement la mort de milliards de personnes, sans parler de la perte d’écosystèmes critiques majeurs dans le monde, a déclaré P. Kalmus. C’est tellement plus grand que moi. Attendez-vous à ce que les climatologues adoptent de telles propositions à l’avenir et en grand nombre. »
Le mercredi 6 avril 2022, des scientifiques ont mené des actions à Berlin (Allemagne), à La Haye (Pays-Bas), à Bogota (Colombie) et dans d’autres villes.
Dans son rapport du 5 avril, Scientist Rebellion a décrit comment le processus d’examen politique des rapports du Giec affaiblissaient ou éliminaient ce qui a trait aux inégalités en matière de carbone et à la nécessité d’une transformation socio-économique de grande envergure pour réduire la pollution par les gaz à effet de serre (GES) dans le SPM final.
Exemple 1 : La section B6 du rapport indiquait à l’origine : « L’inertie institutionnelle et un parti pris social en faveur du statu quo entraînent un risque de report dans le futur de la baisse des émissions de GES qui peuvent être coûteuses ou difficiles à réduire. » Cela a été remplacé par : « Les émissions mondiales de GES en 2030 associées à la mise en œuvre de contributions déterminées au niveau national […] rendent probable que le réchauffement dépasse 1,5°C au cours du XXIe siècle. » La version finale ne mentionne plus non plus que les « intérêts particuliers » et l’accent mis sur une « approche progressive plutôt que systémique » sont des facteurs limitant toute transformation ambitieuse.
Exemple 2 : une version du SPM qui a fait l’objet d’une fuite indiquait qu’« au sein des pays, entre 1970 et 2016, les inégalités ont augmenté à la fois en termes de revenus et d’émissions de GES, les 1 % les plus riches bénéficiant de 27 % de la croissance des revenus ». Il indiquait également que « les 1 % les plus riches représentent 50 % des émissions de GES de l’aviation ». Aucune des ces deux informations n’apparaît dans la version finale.
« Alors que le SPM, approuvé ligne par ligne par tous les gouvernements, est réservé, docile et conservateur, la réalité est bien là », a déclaré Scientist Rebellion.
Le groupe a poursuivi en citant le secrétaire général de l’Onu, António Guterres, qui a déclaré lundi 4 avril, lors de la divulgation du rapport : « Nous sommes sur la voie rapide vers la catastrophe climatique. »
Comme Common Dreams l’a rapporté, plus de 1 000 scientifiques dans au moins 25 pays sur tous les continents devraient participer à des grèves, des occupations et d’autres actions cette semaine pour souligner « l’urgence et l’injustice des crises climatiques et écologiques ».
P. Kalmus a reconnu qu’il faudrait bien plus qu’une série d’actions directes de la part des scientifiques pour inverser la tendance à l’inaction : « Nous avons besoin d’un milliard de militants pour le climat. J’encourage chacun à réfléchir à la direction que nous prenons en tant qu’espèce et à s’engager dans la désobéissance civile et d’autres actions. Le moment est venu. Nous avons attendu bien trop longtemps. Mobilisez-vous avant de tout perdre. »
Source : commondreams.org
Compte rendu de lecture
Compilation
Nous publions dans cette rubrique une sélection de citations de Maitreya (Messages de Maitreya le Christ et Enseignements de Maitreya : les lois de la vie), du Maître de Benjamin Creme (Un Maître parle) et de Benjamin Creme (divers ouvrages).
De nos correspondants
Le sort de l’Ukraine et le futur de la paix – [sommaire]
Ce qui la veille seulement semblait une hypothèse folle et irréaliste s’est matérialisé le 24 février 2022 : la Russie, deuxième puissance militaire mondiale et détentrice du plus important arsenal nucléaire, a lancé une invasion à grande échelle de l’Ukraine, dont plusieurs voisins sont membres de l’Otan.
La tension mondiale a immédiatement atteint un niveau qui n’avait plus été observé depuis la fin de la Guerre froide, et le risque d’un conflit nucléaire mondial et dévastateur s’est instantanément rappelé à notre souvenir. Ainsi que l’a expliqué le pape François : « Nous pensions que les invasions d’autres pays, les combats de rue sauvages et les menaces nucléaires n’étaient plus que les sombres souvenirs d’un lointain passé ».
Bien que l’extension du conflit au niveau mondial ait pour le moment été évitée, les actions de la Russie ont déjà causé d’immenses souffrances au peuple ukrainien. Plusieurs milliers de civils et de soldats ukrainiens ont été tués par l’armée russe, et davantage ont été blessés. Plus de quatre millions de personnes sont devenues des réfugiés, ce qui signifie que l’Europe fait aujourd’hui face à sa plus importante crise des réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale, tandis que plus de six millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays. Les traumatismes psychologiques endurés par les survivants auront probablement des conséquences durant des décennies, en particulier pour les enfants et les soldats. Les destructions massives de bâtiments et d’infrastructures civils auront des conséquences économiques négatives sur le long terme, tout en étant le signe que des crimes de guerre ont été commis à une large échelle.
Une guerre illégale et illégitime
L’invasion de l’Ukraine par la Russie est une claire violation du droit international, en particulier de la Charte des Nations unies qui interdit, dans son article 2, « l’emploi de la force […] contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat ». Au travers d’une résolution votée le 2 mars, l’Assemblée générale des Nations unies a condamné cet acte d’« agression » et demandé le retrait complet des troupes russes « de l’ensemble du territoire de l’Ukraine au sein de ses frontières internationalement reconnues ». La nature illégale de cette attaque est ainsi indiscutable, mais le gouvernement russe a néanmoins invoqué un certain nombre de raisons afin de justifier ses actes.
Un premier groupe de justifications est de nature ethno-nationaliste. Le peuple ukrainien, ou du moins une part de la population ukrainienne, est considéré par le président Poutine comme une partie intégrante du peuple russe. Il s’ensuit qu’il devrait être incorporé à la Fédération de Russie, ou à défaut ne devrait bénéficier que d’une « souveraineté limitée » (similaire à celle des Etats de l’ancien bloc de l’Est dans le cadre de la doctrine Brejnev). L’annexion de la Crimée et le soutien apporté aux groupes militaires pro-russes dans le Donbass furent des manifestations antérieures de cette politique. Il existe en effet un lien historique et culturel fort entre la Russie et l’Ukraine, également reconnu par les enseignements ésotériques. Interrogé en 2014 sur la relation entre ces deux pays, Benjamin Creme a répondu que l’Ukraine appartient en effet à la sphère d’influence russe, mais il a immédiatement ajouté que « sa souveraineté doit être respectée1 ». Ce dernier point est d’une importance capitale, car le libre arbitre des peuples, et donc leur droit à l’auto-détermination par des moyens démocratiques, ne devrait jamais être enfreint. L’annexion de territoires par l’usage de la force est une violation des lois spirituelles.
Un deuxième groupe de justifications est lié à des préoccupations d’ordre sécuritaire. La Russie dit se sentir menacée par l’extension de l’Otan vers l’est, à la suite de l’intégration de plusieurs pays de l’ancien Pacte de Varsovie, et exprime son inquiétude quant à la possibilité que l’Ukraine rejoigne l’Otan dans le futur. Dans la mesure où l’Otan, initialement conçue comme une alliance défensive, est en pratique devenue un regroupement agressif largement inféodé aux intérêts de la politique étrangère étatsunienne, ces inquiétudes sont certainement compréhensibles. Ceci d’autant plus que les puissances occidentales ont rompu la promesse qu’elles avaient faite lors de la chute de l’URSS de ne pas étendre l’Otan vers l’est. Il est clair que l’Otan et les gouvernements occidentaux se sont livrés à un dangereux jeu de pouvoir, en tentant d’attirer les pays d’Europe de l’Est, dont l’Ukraine, au sein de leur propre sphère d’influence, avec l’espoir d’affaiblir la Russie. Mais la réalité de ces cyniques manœuvres géopolitiques ne fournit cependant aucune excuse aux actions de la Russie. L’usage de la force militaire n’est légitime qu’en défense face à une agression, laquelle n’a de toute évidence pas eu lieu dans le cas présent (et a peu de chance de jamais se produire, étant donné le statut de la Russie de première puissance nucléaire mondiale). Le fait que la Russie ait attaqué l’Ukraine car celle-ci pourrait potentiellement devenir inamicale à une date inconnue dans le futur n’est pas sans rappeler le honteux motif de « guerre préventive », que les Etats-Unis avaient osé invoquer pour justifier leur invasion illégale de l’Irak en 2003. En outre, la Russie a rompu la promesse qu’elle avait faite en 1994, au travers du mémorandum de Budapest, de garantir la sécurité de l’Ukraine, lorsque cette dernière avait volontairement renoncé à ses armes nucléaires.
Fraternité et pouvoir des peuples
Dans ce contexte, notre solidarité doit bien évidemment aller en premier lieu aux Ukrainiens, qu’il s’agit de soutenir par tous les moyens disponibles. L’aide humanitaire offerte par les gouvernements occidentaux est un pas dans la bonne direction, même si davantage pourrait être accompli, par exemple au travers de l’annulation de la dette extérieure de l’Ukraine, laquelle s’élève à environ 130 milliards de dollars. Mais surtout, la solidarité affichée par les citoyens ordinaires, particulièrement en Europe de l’Est, est un développement très positif. Il existe de nombreuses histoires réconfortantes de personnes ordinaires ayant spontanément proposé leur aide, en transportant ou en hébergeant des réfugiés, en donnant de l’argent, des denrées alimentaires ou du matériel médical, ou en s’engageant bénévolement au sein d’organismes fournissant le soutien logistique nécessaire. Cette expression de solidarité et de bonne volonté humaine est un signe d’espoir dans ce contexte difficile, et marque un nouveau pas de l’humanité vers l’unité et le partage. Puisse cette expérience nous aider à réaliser, en particulier en Occident, que les réfugiés d’autres conflits, en Afghanistan, Syrie, Yémen, et ailleurs, traversent des souffrances similaires et méritent tout autant notre aide et de telles manifestations de solidarité.
Au-delà de l’aide matérielle immédiate, l’action politique est un autre levier puissant par lequel la guerre peut être arrêtée et la paix restaurée. Les citoyens ordinaires ont un rôle important à jouer et, en exprimant leur volonté, ils peuvent forcer les gouvernements à agir dans le sens de la paix. Des manifestations contre la guerre en Ukraine se sont déroulées dans de nombreuses villes à travers le monde, avec par exemple plus de 100 000 personnes qui ont défilé à Berlin le 27 février dernier. Ceci est un signe d’espoir pour le monde, et l’expression du pouvoir grandissant des peuples.
Les citoyens russes ont bien entendu une responsabilité particulière, puisqu’ils peuvent plus directement influer sur le cours d’une guerre qui est menée en leur nom, et dans laquelle des soldats russes meurent inutilement par milliers. Notre compassion va naturellement aux jeunes conscrits russes mal informés, aux familles russes endeuillées, ainsi qu’aux citoyens russes ordinaires qui commencent à ressentir le poids des sanctions.
En raison de la nature de plus en plus dictatoriale du régime du président Poutine, qui restreint les libertés publiques et manipule les médias, il est dangereux de s’élever contre la guerre, et les Russes courageux qui osent malgré tout le faire méritent notre respect et notre soutien.
Il est clair que l’opposition à la guerre en Russie est bien plus répandue qu’il n’y paraît, et l’espoir pour la Russie et pour le monde est que ceci se traduira à un moment donné en un mouvement populaire qui réorientera le gouvernement du pays dans le sens des valeurs et des besoins humains. De ce point de vue, les puissances occidentales doivent faire preuve de prudence dans la conception de leur politique de sanctions. S’il paraît utile de cibler spécifiquement les dirigeants et les oligarques, sanctionner la population russe dans son ensemble serait à la fois injuste et contreproductif ; cela ne ferait que renforcer les forces isolationnistes et paranoïaques qui prétendent que la Russie livre un combat existentiel contre l’Occident.
Un nouveau cadre de sécurité mondial
L’objectif pour tous les gouvernements devrait être la signature d’un cessez-le-feu immédiat, puis finalement d’un traité de paix, entre la Russie et l’Ukraine. Il existe au sein des gouvernements occidentaux la tentation de faire durer le conflit, avec l’espoir que l’Ukraine devienne « l’Afghanistan » de V. Poutine ; une telle idée serait totalement irresponsable. Bien entendu, un traité de paix réaliste doit reposer sur des principes justes, et devrait en particulier garantir la sécurité et la souveraineté de l’Ukraine comme de la Russie. Il reste à voir si la Russie mettra fin à son agression si la proposition d’un accord raisonnable et juste lui est faite. Toutefois, les gouvernements ukrainien et occidentaux ne doivent pas ménager leurs efforts dans la recherche d’une solution diplomatique à cette crise, car chaque nouveau jour de conflit apporte son lot de souffrances et de risques de déstabilisation supplémentaires.
Une autre conséquence de cette guerre est l’augmentation probable des dépenses militaires à travers le monde, en particulier en Europe. L’Allemagne, par exemple, a annoncé une refonte importante de sa politique de défense, incluant un fonds spécial de 100 milliards d’euros pour « moderniser » son armée. Plus généralement, il est prévu que les membres de l’Otan se mettent d’accord sur une nouvelle augmentation de leurs dépenses militaires, afin d’atteindre une cible de 2 % de leur PIB. Bien entendu, le complexe militaro-industriel tente de saisir l’opportunité offerte par cette guerre pour accroître ses ventes, avec le soutien des gouvernements des plus importants vendeurs d’armes (Etats-Unis en tête, mais également France et Royaume-Uni).
Céder à ces pressions en faveur du réarmement serait une erreur tragique. Les ressources consacrées à l’armée seraient mieux utilisées à d’autres fins plus urgentes, comme la lutte contre la pauvreté et le changement climatique. Augmenter le stock d’armes dans le monde ne va pas améliorer la sécurité ; bien au contraire, cela alimentera de nouvelles tensions et rendra plus probable un conflit dévastateur. Le seul chemin viable pour l’humanité est celui du désarmement mondial, au travers d’accords bilatéraux et multilatéraux, en commençant par les armes nucléaires. Dans la mesure où la Russie et les Etats-Unis possèdent à eux deux 90 % de toutes les têtes nucléaires dans le monde, ils détiennent la clé du processus de désarmement nucléaire, et devraient donc ouvrir un nouveau cycle de négociations pour parvenir à un nouveau traité bilatéral ambitieux.
Au niveau multilatéral, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, qui est déjà entré en vigueur mais n’a pas encore été signé par une seule puissance nucléaire, fournit un cadre pour l’élimination des armes nucléaires de la surface de cette planète.
En dépit de la souffrance indicible des Ukrainiens, il devient de plus en plus clair que cette guerre ne se déroule pas comme V. Poutine l’avait prévu. La résistance ukrainienne est plus forte que ce que la plupart des spécialistes avaient anticipé, et l’armée russe a subi de nombreux revers, incluant des problèmes logistiques, des défauts de coordination et un taux élevé de pertes.
De plus, le coût à long terme de cette guerre sera considérable pour la Russie, en particulier dans les domaines diplomatique et économique. Les dirigeants de ce monde doivent parvenir à comprendre que la vision géopolitique du monde selon laquelle des puissances se battent pour la suprématie, des gains territoriaux et des ressources, appartient au passé et est dorénavant vouée à l’échec. Le futur sera gouverné par le droit international et par la solidarité entre les peuples et les nations.
1 – Partage international, octobre 2014.
Saint-Germain, ses activités et ses talents (2) – [sommaire]
Cette série de trois articles tente de présenter la vie extraordinaire du comte de Saint-Germain en Europe au XVIIIe siècle. Il est un Maître de Sagesse, le Mahachoan. La première partie a retracé sa présence dans les diverses cours d’Europe, cette deuxième partie présente ses talents et diverses occupations outre ses activités diplomatiques, la dernière partie indiquera ce que l’on sait de ses activités après sa mort officielle en 1784.
Lors de ses nombreux séjours dans les cours d’Europe, de Paris à Londres, Amsterdam et Moscou, Saint-Germain était renommé et courtisé dans la haute société et les cercles de pouvoir.
Selon le baron de Gleichen, Saint-Germain était « un homme de taille moyenne, très robuste, vêtu avec une simplicité magnifique et recherchée1 ».
Saint-Germain avait une extraordinaire collection de diamants et de pierres précieuses, de tableaux, une richesse inépuisable. Lorsqu’il entrait dans un salon, tous les regards se tournaient vers lui. Saint-Germain parlait parfaitement le français, l’anglais, l’allemand, l’italien, le sanscrit, le chinois, l’arabe, le russe, l’espagnol et le portugais2.
Très brillant causeur, il intriguait par son érudition, ses anecdotes, sa connaissance étonnante de l’histoire et des pays du monde, des événements du passé qu’il décrivait comme s’il y avait été. Il enchantait les salons par son jeu du violon, son verbe, son magnétisme2.
Mme de Genlis disait de lui : « Le comte avait quelque chose de si grave et de si respectable dans sa personne […]. » (Mémoire de Mme Genlis). « On relève une impression de franchise déférente, une bienveillance indéniable à l’égard des pauvres et des déshérités, les revers étaient impuissants à l’abattre2. »
Pierre Lhermier souligna aussi un aspect de Saint-Germain moins connu : « […] Grand amateur de réjouissances populaires il allait à une kermesse à Amsterdam. […] Il aimait parler aux gens du peuple, s’enquérir de leurs travaux, encourager leurs espoirs. Il savait parler aux soldats russes dans une langue simple […]2 »
Certains le traitaient cependant de charlatan, espion, aventurier, Frédérique II de Hesse-Cassel l’appelait « un moraliste fatiguant3 ».
En conclusion, on peut citer Mme Oakley : « Toujours donnant aux autres, jamais dans le besoin, toujours aidant les autres, jamais ne réclamant de l’aide. […] Quelque pouvoir, quelque plan a dû guider les pas et la vie du comte de Saint-Germain3. »
Ses activités industrielles
En même temps qu’il jouait du violon et enchantait les salons, qu’il tentait d’influencer une transition pacifique en Europe, Saint-Germain était très actif dans des domaines industriels, MM. Lhermier et Chacornac en ont trouvé de nombreuses traces. En 1756, Louis XV lui donna un atelier à Chambord pour fabriquer des couleurs.
Il signa un contrat d’association pour la réparation de machines hydrauliques destinées à draguer les rivières et les canaux en Hollande, il participa à des affaires de vaisseau de commerce. Il aurait livré des plans de bateaux plat pour le transport des troupes en Angleterre, vendu des secrets de peinture en Allemagne, dirigé une industrie lainière à Moscou. En 1763, il construisit une manufacture de teinture à Tournai (avec Mme Nettine, trésorière des Pays-Bas), fonda une troisième manufacture de teinture à Moscou en 1778, et à plus de 88 ans fonda encore une usine de teinturerie à Eckernfoerde2.
On peut aussi citer une liste de 29 procédés techniques qu’il proposa à Frédéric le Grand de Prusse, propositions allant du blanchissage du coton, teintures de peaux, bonification de la laine, à la prévention des maladies et le raffinage d’huile d’olive4.
Franz Graëfner écrivit qu’il le rencontra à Vienne où il lui déclara « préparer deux inventions : le train et les bateaux à vapeur ». Beaucoup doutèrent de la véracité de ses dires, B. Creme a cependant confirmé que Saint-Germain donna le train, le gaz et l’électricité à l’humanité2.
Ses talents psychiques
On relate aussi d’innombrables talents peu ordinaires, Saint-Germain effaçait les tâches des diamants, il les fondait ensemble en augmentant leur valeur, faisait grossir des perles. Il pouvait écrire simultanément des deux mains, deux lettres parfaitement identiques3.
Nombreuses sont les anecdotes rapportées : il prévenait le vieillissement de certaines personnes avec une eau ou un thé de sa fabrication, il guérit le maréchal Belle-Isle d’une tuberculose pulmonaire ; à la cour de Frédérique roi de Prusse, il guérit Mme du Troussel par l’imposition des mains2.
Il aurait décrit précisément un passage secret chez le procureur Dumas disparu mystérieusement, la police y trouva ultérieurement un cadavre desséché2. Il aurait déjoué une tentative de Madame d’Esprémenil pour lui dérober ses bijoux, et fit arrêter les voleurs complices (extrait de Souvenirs de la Comtesse d’Adhémar).
Mme Oakley citant Sypesteyn, relate : « Parfois il tombait en transe, et quand il en sortait, il disait qu’il avait passé le temps […] dans des contrées lointaines […]. Il s’enorgueillissait de pouvoir apprivoiser les abeilles, et de faire écouter de la musique aux serpents […]3. »
Pendant les quarante années de sa vie publique de 1745 à 1784, il semblait avoir toujours 50 ou 60 ans, sauf les dernières années de sa vie à Eckernfoerde où il apparut comme un vieillard malade.

Photo : Franz-Anton, CC0 1.0, via Wikimedia Commons
Mesmer
Ses activités artistiques et autres talents
Saint-Germain avait de nombreux talents artistiques. Virtuose du violon, selon Madame de Genlis, Rameau admirait ses hardiesses dans ses préludes, sa capacité à jouer comme un orchestre3. « Il touchait aussi fort joliment du clavecin et il avait une manière d’accompagner qui n’appartenait qu’à lui2 » ; il composait aussi (musique raisonnée).
Il peignait et avait trouvé un secret de couleurs véritablement merveilleux ce qui rendait ses tableaux extraordinaires, il n’en a jamais donné le secret2.
« Il n’y a presque rien dans la nature qu’il ne sût améliorer et utiliser […]. Il connaissait les herbes et plantes à fond et avait inventé des médecines dont il se servait continuellement et qui prolongeaient sa vie et sa santé5. »
Saint-Germain, la maçonnerie et les rose-croix
Saint-Germain fut impliqué en maçonnerie et chez les rose-croix qui participaient activement à la propagation de nouvelles idées émancipatrices.
Il fréquenta les rosicruciens d’Autriche et de Hongrie3 ; selon H. P. Blavatsky, Saint-Germain aurait laissé un manuscrit rare codé des rosicruciens décrivant le jardin d’Eden ; il aurait été lié à l’école des Pythagoriciens et aurait transmis une interprétation des nombres. (La Doctrine secrète, vol II).
Il eut au moins trois disciples connus : Cagliostro, le landgrave de Hesse-Cassel (tous deux initiés du 3e degré selon B. Creme), et Mesmer (inventeur de la théorie du magnétisme animal)3. Il aurait initié Cagliostro, qui fut la précédente incarnation de Mme Blavatsky, à la loge Holstein2.

Photo : Smithsonian Libraries and Archives , Public domain, via Wikimedia Commons
Alessandro Cagliostro
Avec le prince Carl von Hesse-Cassel (1744-1836), qui fut commandant en chef de l’armée norvégienne, gouverneur général de Schlewig et Holstein, intime de Frédérique le Grand, franc-maçon grand-maître du Danemark, de l’Allemagne du Nord, Saint-Germain travailla dans l’Ordre de la Stricte Observance à la « régénération de l’ordre maçonnique3 ».
Von Hesse-Cassel écrivit La pierre zodiacale du temple de Dendérah. C’est chez lui, à Eckernfoerde, que Saint-Germain choisit de mourir.
H. P. Blavatsky suggéra que Ragon (1781-1862), franc-maçon, occultiste qu’elle citait abondamment, aurait rencontré Saint-Germain dans sa je
unesse (c’est-à-dire après la mort de Saint-Germain)6. Ragon co-fonda la loge « Les Trinosophes ».
Des œuvres attribuées à Saint-Germain
Saint-Germain a laissé des partitions composées pour le prince Lobkowitz : Musique raisonnée, aujourd’hui interprétées par le Saint Luke’s orchestra et Julianne Baird (soprano).
Un poème philosophique qui lui est attribué se termine ainsi :
« RIEN n’était. Dieu voulut, RIEN devint quelque chose.
J’en doutais, je cherchais sur quoi l’univers pose,
RIEN gardait l’équilibre et servait de soutien.
Enfin, avec le poids de l’éloge et du blâme
Je pesai l’éternel, il appela mon âme,
Je mourus, j’adorai, je ne savais plus rien !3 »
Selon P. Lhermier, il laissa un manuscrit codé de forme triangulaire à Charles de Hesse : La Magie sainte révélée2.
On lui attribue le livre La très sainte Trinosophie, certains y voient une allégorie symbolique de l’âme enfermée dans la matière, qui vit des initiations pour atteindre l’immortalité.

Photo : Comte de Saint-Germain, Public domain, via Wikimedia Commons
La Très Sainte Trinosophie, ouvrage attribué au comte de Saint-Germain
Dans La Doctrine secrète, H. P. Blavatsky cite un enseignement sur les nombres et leurs propriétés provenant d’un manuscrit de Saint-Germain (La Doctrine secrète, vol. II), ainsi qu’une description du jardin d’Eden, lieu situé entre le Tigre et l’Euphrate (Isis dévoilée).
La célèbre gravure représentant Saint-Germain, attribuée à N. Thomas, aurait été faite à partir d’un tableau peint par le comte italien Pietro Rotari (que Saint-Germain fréquentait à Saint-Pétersbourg) et ayant appartenu à la collection de Madame d’Urfé.
La vie complexe et rocambolesque de Saint-Germain – ses nombreux talents et aventures, sa capacité à changer de nom, de lieu, son activité incessante, expliquent sans doute son aura extraordinaire qui fascine encore deux siècles après sa disparition. A travers tous les talents et occupations déployés par Saint-Germain, on peut essayer d’imaginer comment un Maître de Sagesse agit inlassablement à tous les niveaux, dans tous les domaines, pour aider l’humanité.
1 – Souvenirs, Baron de Gleichen
2 – Le Comte de Saint-Germain, Pierre Lhermier
3 – The Comte de Saint-Germain, Isabel Cooper-Oakley
4 – Le Comte de Saint-Germain, Paul Chacornac
5 – Mémoires de mon temps, Landgrave Charles Prince de Hesse
6 – Collected writings, H.P. Blavatsky, Editrice de la revue The Theosophist jusqu’en octobre 1887.
Sauvons les sols : une campagne pour la vie – [sommaire]
La plupart des gens l’ignorent, mais notre sol, cette terre même dont dépend la vie, s’épuise et disparaît à un rythme alarmant. La civilisation occidentale moderne s’est développée parallèlement au sentiment de déconnexion du monde naturel. Nous traitons le sol comme une marchandise inanimée, non comme un organisme vivant. L’espace rural est progressivement asphalté, bétonné, urbanisé. Nous exploitons la terre sans lui restituer son contenu organique, si bien que le sol s’épuise rapidement. Lorsque la terre perd son contenu organique, elle meurt et devient un désert de sable. Au contraire, du sable alimenté en matière organique se transformera en terre riche et productive.
Les 12 à 15 premiers centimètres de la couche de terre arable contiennent la plupart des micro-organismes et la biodiversité qui sont à la base de notre existence, mais les pratiques agricoles modernes, basées sur le labour profond, les détruisent. Pour proliférer, les micro-organismes ont besoin d’humus, d’humidité et d’ombre – fournis par le paillage, les cultures de couverture ou les arbres. Le sol contient plus de carbone que les plantes ou l’atmosphère, et s’il est laissé nu, exposé au soleil et à l’air, d’énormes quantités de gaz à effet de serre s’en échappent et se répandent dans l’atmosphère.
L’utilisation généralisée d’herbicides, de pesticides et d’engrais chimiques entraîne une perte de biodiversité. Selon le Journal of Biological Conservation, 80 % de la biomasse des insectes a disparu au cours des trente dernières années, ce qui perturbe gravement l’écologie des sols et empêche leur régénération.
La quantité d’azote d’origine humaine dans l’eau, le sol et l’air a doublé au cours des cent dernières années. On croit que les engrais de synthèse favorisent la croissance des plantes mais seule une partie de ces produits chimiques est absorbée par les plantes. Le reste finit dans l’atmosphère ou dans les cours d’eau, les nappes phréatiques et les océans. Les nitrates dissous provoquent une croissance rapide des micro-organismes, des algues et des plantes dans les écosystèmes d’eau douce et d’eau de mer, qui peuvent consommer tout l’oxygène disponible pour leur croissance, transformant ces endroits en zones mortes, impropres à toute vie.
Certains micro-organismes du sol transforment l’azote des engrais en protoxyde d’azote (N2O) dont le potentiel de réchauffement du climat est 300 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone (CO2). Les experts considèrent l’excès d’azote comme l’une des menaces de pollution les plus graves auxquelles l’humanité est confrontée aujourd’hui.
Les engrais de synthèse entraînent une accumulation de substances toxiques dans les sols. Ils altèrent son pH, retardent la croissance des plantes et provoquent l’apparition de parasites. Ils n’améliorent pas la structure du sol mais réduisent sa teneur en matière organique et en espèces bénéfiques, ce qui entraîne un épuisement des minéraux. Un sol pauvre réduit la valeur nutritionnelle des aliments ; les fruits et légumes d’aujourd’hui contiennent 90 % de nutriments en moins qu’auparavant.
Un sol riche en matières organiques, en humus, peut retenir de grandes quantités d’eau et les restituer lentement au fil du temps. A l’inverse, le manque d’humus provoqué par les méthodes agricoles modernes oblige à arroser davantage les cultures. Malheureusement, les sols appauvris absorbent et retiennent mal l’eau, ce qui cause aussi bien des sécheresses que des inondations.
Les données scientifiques de plusieurs agences des Nations unies montrent qu’un tiers des terres agricoles de la planète sont déjà dégradées et que le sol restant ne résistera que 45 à 60 ans. D’ici 25 ans, on produira 40 % de nourriture en moins, selon le Forum économique mondial. Des milliers d’agriculteurs dans le monde se suicident en raison de l’épuisement des sols et de la précarité de leur situation économique qui en découle. Les populations pauvres sont les plus affectées par la dégradation des sols.
La croissance démographique et la pénurie de nourriture et d’eau pourraient pousser plus d’un milliard de personnes à émigrer d’ici 2050, provoquant des souffrances et un chaos inimaginables.
La disparition des terres cultivables est la mère de tous les maux : crises alimentaires, pénuries d’eau, perte de biodiversité, changement climatique, perte des moyens de subsistance pour les populations rurales, guerres civiles et migrations de masse. Elle constitue également un crime à l’égard des générations futures.
A l’échelle mondiale, il n’existe toujours pas de législation ou de politique visant à réglementer les méthodes agricoles et à protéger et garantir la santé des sols de la planète.
Sauvons les sols
Sauvons les sols est un mouvement mondial lancé par Sadhguru, un yogi, mystique et visionnaire indien, pour attirer l’attention du public sur l’importance de la préservation des sols, et soutenir les dirigeants pour qu’ils mettent en place des politiques visant à revivifier les sols agricoles.
Son projet GreenHands (Mains vertes) dans le Tamil Nadu (Inde) a rassemblé des millions de volontaires dans une campagne massive de plantation d’arbres. Rally for Rivers a été le plus grand mouvement écologique de la planète, soutenu par 162 millions d’Indiens. Avec la campagne Cauvery Calling (l’Appel de Cauvery), ces deux projets ont répondu au besoin urgent de revitaliser les rivières indiennes.
L’objectif principal de Sadhguru est d’élever la conscience humaine. A 65 ans, il s’est lancé dans un voyage de 100 jours à moto, de Londres vers l’Inde, pour attirer l’attention du monde sur notre sol qui se meurt. Parti le 21 mars 2022, il traversera 24 pays pour sensibiliser le public au danger auquel nous sommes confrontés et mobiliser. Tout au long de son voyage, il rencontrera de nombreux représentants gouvernementaux et, en mai, il s’adressera à 170 nations lors de la COP15 en Côte d’Ivoire.
Selon Sadhguru, il faut ramener un minimum d’au moins trois à six pour cent de contenu organique dans le sol en mettant 30 à 40 % des terres à l’ombre grâce à des arbres, des buissons, des herbes, des cultures de couverture diverses, et en enrichissant le sol grâce au compostage. On pourra ainsi favoriser de manière significative la régénération des sols dans les 15 à 20 prochaines années, mais seulement si l’on agit dès maintenant.
Par contre, si nous laissons les choses se détériorer, il nous faudra 150 à 200 ans pour revitaliser les sols, car une grande partie de la biodiversité aura été perdue. En redonnant au sol sa vitalité et en maintenant la biodiversité, nous pouvons également inverser le changement climatique.
Le mouvement Sauvons les sols n’est pas un combat contre qui que ce soit – entreprises, organisations, ou politiciens –, mais un mouvement basé sur l’amour du sol, de la planète et de toute vie. Comme nous sommes tous responsables de la situation actuelle, le mouvement est structuré de manière à unir tous les hommes dans une cause commune et à susciter une approche consciente de la préservation des sols.
Les actions individuelles isolées ne suffisent plus. La crise exige un effort concerté et une solution ne pourra être trouvée que lorsque chaque nation adoptera de nouvelles politiques agricoles et s’engagera à long terme pour la restauration de la planète. Et ce ne sera possible que sous la pression et avec le soutien des populations.
De nombreuses personnalités soutiennent le mouvement Sauvons les sols, comme le dalaï-lama, Jane Goodall, Deepak Chopra, ainsi que des organisations comme le Programme alimentaire mondial, plusieurs autres agences des Nations unies, l’Union internationale pour la conservation de la nature et le Forum citoyen mondial.
Sauvons les sols appelle chacun à être la voix du sol et à faire parler du sol dans le monde entier, de quelque manière que ce soit. Une participation de tous est nécessaire pour faire passer le message à 3,5 milliards de personnes et toucher ainsi 60 % de l’électorat mondial. Les citoyens de l’ensemble du monde démocratique doivent parler d’une seule voix et affirmer leur engagement pour sauver la planète Terre.
Soutenons les politiciens et les décideurs qui sont favorables à une réorientation des politiques publiques visant à sauvegarder les sols et à faire de la santé des sols une priorité absolue.
Pour plus d’information : www.consciousplanet.org/fr
Dossier
Signes des temps
Certains des « signes d’espoir » et des « signes des temps » que nous présentons ici n’ont pas été confirmés par le Maître de Benjamin Creme. Nous les soumettons à votre seule considération car nous ne sommes pas en mesure de vérifier leur nature « miraculeuse »Des signes dans le ciel – [sommaire]

Credit : mufon.com
Etats-Unis – Un « chasseur d’ovnis » de Mineral Bluff (Géorgie) emploie une méthode unique : il pointe une caméra programmée vers le soleil pour prendre des photos à intervalle régulier pendant une longue période, puis télécharge et inspecte les images une à la fois. Le 28 août 2021, la caméra a enregistré un objet en forme de disque avec de multiples lumières ou fenêtres qui « s’éloignaient du soleil extrêmement vite ». (Source : mufon.com)

Credit : mufon.com
Etats-Unis – Le 16 mars 2022, à Hammonton (New Jersey), un touriste a pris des photos d’une zone côtière. En les visualisant, il a repéré sur l’une d’entre elles un objet aérien en forme de disque, surmonté d’un dôme, à basse altitude. (Source: mufon.com)
Etats-Unis – Le 17 février 2022, Raja Chari, astronaute de la Nasa à bord de la station spatiale internationale (ISS), montrait une vidéo en direct sur l’Océan Pacifique Sud, quand un objet aérien en forme de disque traversa le champ de vision. (Sources : https://eol.jsc.nasa.gov/esrs/hdev/ ; ufosightingsdaily.com)
Australie – Le 2 mars 2022, à bord d’un avion de ligne sur le point d’atterrir à Launceston (Tasmanie), un passager a remarqué par le hublot un objet anormal. Il a rapidement pris une photo de ce qui apparaissait être un appareil en forme de disque. Notre rédaction lui a demandé si l’objet pouvait être une tache sur la vitre, mais il a répondu qu’il avait pris d’autres photos depuis ce même hublot et qu’aucune tache ou marque ne s’y trouvait. (Source : James Potter, Facebook)
Australie – Au matin du 30 mars 2022, à Melbourne, un automobiliste a filmé un groupe de vaisseaux aériens en forme de disque se déplaçant en formation serrée à basse altitude. (YouTube : Era-Modon, The Hidden Underbelly 2.0)
Etats-Unis – La nuit du 6 avril 2022, près de Stockton (Californie), un témoin a filmé un objet coloré et clignotant, qui traversait lentement le ciel. Selon lui, on aperçoit des objets similaires à cet endroit presque chaque nuit. (YouTube : Joe Oliveira)
S.O.P. — Sauvons notre planète
« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade… Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.
Tendances
Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.
Vers un meilleur avenir pour tous
Entretien
L’économie écologique : vers la durabilité, l’équité et la liberté ? (1) – [sommaire]
Ove D. Jakobsen est professeur d’économie écologique à la Business School Nord University de Bodø, en Norvège. Il est titulaire d’une maîtrise en marketing et en philosophie et d’un doctorat en économie. D. Jakobsen a été membre de plusieurs comités nationaux, dont le Comité national d’éthique de la recherche en sciences sociales et humaines. Il est l’un des fondateurs et le chef du Centre d’économie et d’éthique écologique de la Nord University. Il a publié 17 livres, dont Anarchism and Ecological Economics – A political platform for ecological economics ; Integral Ecology and Sustainable Business ; Transformative Ecological Economics – Process Philosophy, Ideology and Utopia. Anne Marie Kvernevik l’a interviewé pour Partage international à propos de son livre, Ecological Economics – A perspective from the Future.
La façon dont nous voyons le monde, le paradigme auquel nous nous accrochons, influencera nos attitudes, nos actions et les choix que nous faisons à un niveau micro et macro, et même à l’échelle mondiale. Dans son livre, O. Jakobsen présente les principales visions du monde qui sont importantes à l’heure actuelle : le paradigme actuel, dominant et mécaniste, et le paradigme organique, qui apporte des changements par rapport à la situation actuelle. Ces deux idées prédominantes ont fluctué au cours de l’histoire.
Vous trouverez ici un bref résumé de ces points de vue tirés de son livre, car ils sont également au centre de l’entretien.
Le paradigme mécaniste est devenu dominant au XVIIe siècle et le reste aujourd’hui. Ses principes centraux ont été développés par Descartes (1596-1650), entre autres, en mettant l’accent sur la relation entre l’être humain et la nature. Selon ce point de vue, l’être humain est séparé de la nature, est considéré comme supérieur et a le droit d’intervenir dans les processus de la nature et de les manipuler, si cela est profitable aux intérêts particuliers de l’homme. D’où le développement de notre vision dominante de l’exploitation du monde naturel. Toutes les parties sont liées entre elles par les lois de la nature : « Le tout égale la somme des parties ». Descartes trace une ligne claire entre les parties physique et spirituelle de la réalité (dualisme) ; Dieu (la force créatrice) s’est retiré et n’est pas accessible par la science. La tâche de la science est de surmonter la nature « têtue » pour satisfaire les besoins de l’homme. Le principal modèle économique actuel, le libéralisme de marché, est dominé par cette vision mécaniste du monde : la nature peut être utilisée et exploitée tant qu’elle est économiquement rentable.
Le paradigme biologique suit une longue tradition qui remonte à Aristote. Le philosophe Spinoza (1632-1677) a développé cette vision en soulignant que l’être humain fait partie de la nature. Les parties physique et spirituelle de la réalité sont les deux faces d’un même système et le tout est supérieur à la somme des parties. La nature, les écosystèmes et l’humanité ne font qu’un ; l’être humain fait partie intégrante de la nature et apprend de celle-ci par une prise de conscience intuitive. L’expérience de faire partie de la nature conduit automatiquement au respect de tous les écosystèmes. L’économie écologique se fonde principalement sur ce paradigme organique.

Photo : Asian Development Bank, CC BY-NC-ND 2.0, via flickr
La nature, les écosystèmes et l’humanité ne font qu’un ; l’être humain fait partie intégrante de la nature et apprend de celle-ci par une prise de conscience intuitive.
Partage international : Qu’est-ce que l’économie écologique et pouvez-vous en décrire les principes essentiels ?
Ove Jakobsen : L’économie écologique comprend de nombreuses positions et facteurs différents, pas seulement économiques. C’est, entre autres disciplines, une combinaison de sciences économiques, écologiques, philosophiques et naturelles. L’essentiel est que l’économie soit présentée dans le contexte de la nature et de la culture. C’est la principale différence entre l’économie écologique et l’économie traditionnelle, qui agit plus ou moins hors de la nature et du contexte culturel.
Au cours des dix à quinze dernières années, j’ai demandé à 53 contributeurs différents de donner une définition large de l’économie écologique. Tous disent que nous devons changer notre façon de comprendre le monde dans lequel nous vivons. Nous sommes intégrés dans les écosystèmes, nous avons nos racines dans une tradition culturelle et nous devons intégrer ces facteurs dans l’économie. Nous devons également changer l’idée de rationalité, aujourd’hui définie comme étant le comportement de « l’homme économique ». Selon cette définition, l’acteur économique rationnel est celui qui maximise ses propres profits. Au lieu de cela, nous sommes des êtres humains écologiques, ce qui signifie que nous devons être responsables de tous les humains et de la nature dans son ensemble.
L’économie écologique repose sur deux principes clés. Premièrement, nous avons besoin d’une croissance naturelle plutôt que d’une croissance physique constante, ce qui n’est pas possible sur une planète finie. Nous ne pouvons pas utiliser plus que ce qui est possible dans les limites des écosystèmes. Deuxièmement, nous devons partager les ressources de manière équitable. La plupart des pays riches doivent réduire leur consommation de ressources et se concentrer davantage sur les aspects liés à la qualité de vie, tandis que ceux qui souffrent de difficultés économiques ont besoin de plus. Il s’agit donc d’une question de partage équitable, nous devons partager les ressources de manière juste. Pour y parvenir, nous devons nous concentrer davantage sur la responsabilité, l’équité et les dimensions qualitatives. Cela dit, ces principes ne sont pas en contradiction avec la nécessité de se concentrer également sur la production de ressources physiques. Nous devons produire des biens pour vivre correctement, mais le problème aujourd’hui est que l’on se concentre trop peu sur les dimensions qualitatives de la vie.
PI. Quel est, selon vous, l’objectif de l’économie écologique ?
OJ. Son objectif est de contribuer au développement durable, basé sur une qualité de vie élevée pour les êtres humains et toutes les autres créatures vivantes dans l’ensemble de l’écosystème. Il s’agit également d’assurer un partage équitable des ressources, et de développer une économie vivante – une économie qui a des perspectives à long terme.
PI. Pouvez-vous décrire l’histoire récente de l’économie écologique et de ses contributeurs ?
OJ. Aristote la décrivait comme « la bonne vie dans une bonne société ». Au cours des cent dernières années, de 1900 à aujourd’hui, il y a eu de nombreuses contributions qui portent des noms différents : économie évolutionniste, économie féminine, économie coopérative, et bien d’autres. Aujourd’hui, nous parlons également de l’économie du partage, de l’économie circulaire. Toutes ces idées sont interconnectées et se reflètent dans les travaux de la Société internationale d’économie écologique et dans la publication Scientific Journal of Ecological Economics.
L’inspiration de l’économie écologique provient de la thermodynamique1, de la théorie de l’évolution, de la pensée darwiniste et de la pensée anthroposophique développée par Rudolf Steiner (1861-1925). On peut trouver des éléments dérivés de la pensée bouddhiste, et d’autres traditions, mais à mon avis, ces quatre-là sont extrêmement importants.
PI. Pouvez-vous nous parler de l’économie verte – le virage vert ? En quoi diffère-t-elle de l’économie écologique ?
OJ. Le « virage » vert est une évolution vers le développement durable dans le cadre du paradigme existant. L’économie écologique pose des questions critiques sur cette approche. L’économie verte, qui opère dans le cadre du système existant, fait souvent référence au fait de travailler « dans le respect des règles du jeu ». En d’autres termes, elle tente de réduire les effets négatifs du système économique actuel, le libéralisme de marché, et d’obtenir des développements positifs liés au développement durable dans sa définition la plus large – basée sur les 17 objectifs de développement durable des Nations unies. Mais de nombreux contributeurs à l’économie écologique sont critiques à l’égard du système lui-même et souhaitent un changement de conscience de l’« homo economicus » à l’« être humain écologique ».
PI. Donc l’économie verte « soutient » le système économique actuel ?
OJ. Une économie verte pourrait réduire les effets négatifs et nous donner plus de temps pour résoudre les questions plus fondamentales. Nous devons travailler avec les deux perspectives en même temps. Nous devons réduire le changement climatique, l’extinction des espèces ; nous devons avoir un partage plus équitable des ressources ; nous devons atteindre le premier objectif durable des Nations unies : éliminer la pauvreté dans le monde entier. Ces changements sont certainement nécessaires, mais nous devons également nous interroger sur le système lui-même. Faut-il changer la façon de penser du monde occidental, de Descartes à aujourd’hui, l’approche mécaniste ? Peut-être devrions-nous trouver d’autres solutions, par exemple une vision organique du monde.
PI. Pouvez-vous décrire les différences entre le paradigme organique, qui représente l’économie écologique, et le paradigme mécaniste, qui représente l’économie dominante d’aujourd’hui ?
OJ. L’économie dominante est liée à la pensée mécaniste, qui renvoie à Descartes, tandis que l’économie écologique est liée à un mode de pensée organique. Dans le paradigme organique, nous parlons de théorie des systèmes, alors que la pensée mécaniste est plus individualiste. Descartes a dit : « J’ai expliqué l’univers entier à la manière d’une machine. » De nombreuses sciences sont construites sur l’idée que nous pouvons tout expliquer en divisant les choses en petites parties et en étudiant chaque partie individuellement et séparément, puis en reliant les parties.
Un point de vue organique adopte une perspective plus holistique, ce qui a une influence sur les méthodes. Au lieu de parler de science réductionniste, qui est une science par discipline, l’économie écologique adopte une approche transdisciplinaire. Nous franchissons les frontières entre les sciences – entre l’économie, la biologie, l’écologie, la philosophie, les sciences sociales. Il existe donc de nombreuses différences, à la fois dans la manière de comprendre le monde dans lequel nous vivons et dans la manière de rassembler les connaissances sur la société et les liens entre la société, la nature et les idées et valeurs culturelles au sein de la société. L’économie écologique implique une pensée holistique, systémique, organique. Nous parlons donc d’une économie circulaire. Il ne s’agit pas d’un mode de pensée linéaire, mais circulaire, comme dans les écosystèmes. C’est pourquoi nous parlons d’économie « circulaire ». Cette approche signifie que l’économie écologique met l’accent sur les réseaux coopératifs plutôt que sur la concurrence atomistique et individuelle. Dans l’économie écologique, nous parlons de solutions, de nourriture locale, de marchés locaux, d’un lien plus étroit entre la production, la distribution et la consommation ; nous parlons de distribution équitable des richesses, de recherche de solutions communes pour le bien de tous, plutôt que de maximisation du profit pour chaque entité. J’ai cité Aristote : « Une bonne vie dans une bonne société. » Tout est intégré : le lien entre l’individu et la société, et en plus de cela, la société en tant que partie de l’écosystème plus large.
PI. L’économie écologique se concentre sur l’unicité ?
OJ. Oui, l’intégration, la façon dont les choses sont interconnectées, les relations plutôt que les objets. La relation est l’élément principal : toutes les choses sont liées.
PI. Vous vous concentrez sur l’idée d’utopie dans le cadre de l’économie écologique. Pouvez-vous décrire ce qu’est l’utopie ?
OJ. La pensée utopique vient d’un Anglais, Thomas More, qui a publié Utopia en 1516. Pour développer la société anglaise, nous devons penser l’idée d’« utopie »; « penser utopique », selon sa définition, c’est décrire une société différente de celle que nous avons aujourd’hui. C’est différent de ce que la plupart des gens pensent de l’utopie, à savoir qu’il s’agit de quelque chose qui n’est pas possible ou d’un idéal qui ne peut être réalisé. Dans notre interprétation de l’utopie, nous décrivons une société différente de la nôtre, où nous avons résolu certains des grands défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui.
Cette pensée utopique a été développée par un spécialiste hongrois des sciences sociales, Karl Mannheim, en 1936. Dans son livre Ideology and Utopia, il discute de la tension entre ce qui est et ce qui pourrait être. Il est très important de décrire ce qui pourrait être, c’est ce qu’il a appelé une utopie. Il est très important de comprendre le lien entre l’idéologie et la société actuelle, mais il faut aussi décrire une utopie, quelque chose de différent de ce que nous avons aujourd’hui. La tension entre ce que nous avons aujourd’hui et ce qui pourrait être dans le futur donne de l’énergie et une direction à notre développement.
Cinquante ans après Mannheim, le philosophe français Paul Ricœur a déclaré qu’une société sans pensée utopique cesserait de se développer. C’est peut-être le problème d’aujourd’hui : nous ne sommes pas ouverts à la pensée alternative. Il est très important d’inciter les gens à décrire ou à imaginer des solutions utopiques – non pas à la place d’une idéologie, mais en complément des idéologies existantes. La tension entre l’idéologie et l’utopie crée l’énergie et donne une direction au développement.
Lorsque nous organisons des dialogues utopiques dans les communautés des grandes villes norvégiennes, comme Bergen, Trondheim, Tromsø, ou dans des villes plus petites, nous essayons de décrire un avenir alternatif pour inciter les gens à développer des idées sur un avenir dans lequel nous voulons vivre. Nous ne nous concentrons pas sur les problèmes ; la seule chose que nous demandons est : « Comment pouvez-vous décrire une société dont vous voulez vraiment faire partie ? » Lorsque nous analysons les différences entre la société d’aujourd’hui et cette version alternative, nous avons une direction et aussi de l’énergie pour les changements nécessaires.
Cette tradition de recherche, appelée pensée utopique, a été très importante en Europe au cours des 500 dernières années. Au lieu de se demander à quoi ressemblera l’avenir, nous nous demandons comment nous voulons que l’avenir soit. Le sociologue américain Robert Merton a parlé de prophéties auto-réalisatrices : si nous avons une idée de l’avenir, nous nous comporterons comme si c’était quelque chose qui allait se produire, et lorsque nous nous comportons conformément à cette description, les chances de réussite ne sont pas irréalistes. L’idée principale est que l’avenir n’est pas figé. Il est très important d’avoir une idée de l’endroit où nous voulons aller, au lieu de penser que nous nous dirigeons vers un avenir qui existe déjà : nous façonnons l’avenir à mesure que nous avançons. C’est une partie importante d’une idée utopique. Nous avons besoin de changements au niveau des systèmes, au niveau individuel et au niveau de la conscience. Je pense que ces changements ne sont pas impossibles. L’humanité a fait face à des changements dans l’histoire, nous vivons à nouveau une époque où les choses changent.
1 – Thermodynamique : l’étude de l’énergie, des transformations de l’énergie et de sa relation avec la matière. L’une des lois les plus fondamentales de la nature est la conservation de l’énergie qui stipule que pendant une interaction, l’énergie peut passer d’une forme à une autre, mais la quantité totale d’énergie reste constante.
Références : Ove Jakobsen, Ecological Economics – A perspective from the Future. Flux Forlag
Pour plus d’informations : www.ovejakobsen.com
Un nouveau monde émergera de l’ordre ancien – [sommaire]
Graeme Maxton est l’auteur de sept livres de renommée internationale sur le changement climatique, l’énergie, l’économie et l’industrie automobile, qui ont été publiés dans plus de vingt langues différentes. Felicity Eliot l’a interviewé pour Partage international.
Partage international : Les valeurs et les grandes orientations dans lesquelles nous vivons semblent bien compromises. L’ordre international s’effondre. Est-ce en partie parce que nous n’avons pas géré correctement les crises qui se sont multipliées ces dernières années ?
Graeme Maxton : Cela fait partie d’une tendance amorcée il y a bien des années. On peut remonter au lobby du tabac, et plus loin encore. La science médicale avait-elle raison sur les effets nocifs du tabac ? Ce lobby n’a pu prouver sa non-nocivité, mais il a semé le doute. Il en va de même pour les fabricants et les lobbies des pesticides et des engrais, qui financent des recherches qui leur sont naturellement favorables. On constate une accélération ces dernières années avec les réseaux sociaux – qui font pression sur les gens pour qu’ils adoptent « la bonne façon de penser ». C’est presque comme dans la Chine maoïste – il y a une manière incorrecte de penser et une manière correcte. Et il n’y a pas de milieu.
PI. Toutes les questions semblent si opposées et si polarisées que le conflit devient inévitable.
GM. Et bien sûr, cela peut conduire à l’autocensure. Je pense que nous assistons à quelque chose de très similaire avec ce qui se passe en Ukraine. Vous voyez des pays qui prônent la liberté d’expression adopter soudainement une attitude contraire. Et les gens sont « forcés » d’adopter des opinions radicales et déséquilibrées – de tous les côtés.
PI. Considérant le monde actuel et le développement des faux reportages, on se demande comment interpréter certaines situations, comme la guerre en Ukraine. Certains commentateurs affirment que c’est une guerre entre la Russie et les Etats-Unis. Comment vous voyez cela ?
GM. La Russie a déclaré à maintes reprises qu’il était inacceptable de déployer des armes nucléaires à sa porte, que l’Ukraine et la Finlande devaient être neutres. Mais l’Occident n’en a pas tenu compte.
Cette tragédie n’aurait pas dû se produire. C’est un conflit terrible qui cause des souffrances épouvantables à des millions de personnes. L’horrible fait est que nous aurions pu l’éviter si nous avions été un peu en retrait, plus raisonnables, mais nous sommes allés trop loin.
Même aujourd’hui, les gens ne voient pas les conséquences à long terme. Les Britanniques essayent d’imposer toutes sortes de sanctions à la Russie sans réfléchir aux conséquences possibles sur l’énergie, la nourriture ou l’inflation, et à ce que cela peut signifier pour leur propre population, sans parler du reste du monde. C’est comme si le leadership mondial était totalement inadapté à la situation.
PI. Il ne s’agit pas de cautionner les attaques impitoyables et la barbarie à laquelle nous assistons, mais, à mon avis, pendant des années, nous, les Occidentaux, avons « appâté l’ours russe ». Nous avons marginalisé et manqué de respect à une nation fière, à une culture ancienne. La Russie a un tel sens d’elle-même, de ce qu’elle a donné et de ce qu’elle pourrait donner au monde – si seulement nous prenions le temps de l’écouter. Je me suis récemment replongée dans l’histoire de la Russie et de la région. J’ai appris qu’en 2000, V. Poutine, alors candidat à la présidence, a demandé que la Russie soit autorisée à rejoindre l’Otan. Il aurait déclaré : « La Russie fait partie de la culture européenne. Et je ne peux pas imaginer mon propre pays isolé de l’Europe et de ce que nous appelons souvent le monde civilisé. Il m’est donc difficile de considérer l’Otan comme un ennemi. » Quelle occasion manquée de coopération ! L’Occident aurait pu envisager de considérer l’Otan différemment.
GM. Oui. L’une des erreurs que nous avons commises en 1989, avec la dissolution du système soviétique, est de ne pas avoir dissout l’Otan, car sa raison d’être avait cessé d’exister.
L’Europe et la Russie font partie du même continent et il me semble que notre relation avec la Russie est très importante – pas seulement pour le pétrole, les engrais, le gaz ou le blé. Il s’agit d’une relation fondamentalement fraternelle mais nous avons une vision à très court terme.
Deux facteurs entrent en jeu : tout d’abord, la guerre en Ukraine, les immenses souffrances et le sort des réfugiés ; ensuite, ce qui se passe dans la partie orientale de l’Ukraine, la partie russophone – tout cela fait partie d’un même problème. Et puis il y a une question plus vaste, qui concerne la place de la Russie dans le monde. Et peut-être que la Chine, l’Inde et de nombreux autres pays – la Hongrie, l’Arabie saoudite, par exemple – sont tentés de freiner une puissance hégémonique ; et c’est ainsi que se sont comportés les Etats-Unis. Et puis il y a l’Europe qui a été trop influencée par les Etats-Unis.
Nous devons tous coopérer. Et à mon avis, saisir un tribunal pour crimes de guerre à ce stade est contre-productif. Nous devrions travailler à une forme de conciliation. Et n’oublions pas que nous sommes confrontés à d’énormes problèmes et que nous aurons besoin de la Russie pour les résoudre.
PI. Oui, et l’un d’entre eux qui est extrêmement urgent est le climat et la préservation de la planète. Nous avons été « distraits » par la guerre, tandis que les scientifiques du Giec ont désespérément tenté d’attirer notre attention. L’éradication des combustibles fossiles n’est pas en bonne voie, précisément à cause des sanctions imposées pour punir la Russie.
GM. Je suis tout à fait d’accord. La Covid et ce conflit détournent tellement l’attention des problèmes à long terme : le climat et la protection des personnes et de la planète. Le Giec affirme que nous avons trois ans pour arrêter d’augmenter le niveau des gaz à effet de serre, la concentration de carbone dans l’atmosphère, et que nous avons jusqu’en 2030 pour réduire le niveau d’émission de 50 %.
Nous devons commencer à nous réveiller ; cela fait vingt ou trente ans que nous en parlons et nous ne cessons d’aggraver la situation. Vu leur comportement, il est évident que les gouvernements ne feront pas ce qu’il faut.
Actuellement, dans mes échanges avec les Nations unies, j’essaie de faire pression pour que nous nous concentrions davantage sur la prévention et la durabilité. L’un des moyens d’y parvenir est la redistribution les richesses. Nous devons trouver des moyens de redistribuer les richesses du Nord vers le Sud afin de protéger les populations du Sud de ce qui s’annonce des changements climatiques extrêmes ; et aider le Nord à accueillir les centaines de millions de personnes désireuses d’émigrer.
Nous devons préparer les gens à coopérer au niveau mondial pour réduire l’impact du changement climatique. Je pense qu’à un moment donné, nous ferons ce qu’il faut, nous nous réveillerons, nous cesserons d’utiliser les combustibles fossiles, de déboiser, de polluer les sols. Le changement viendra et nous commencerons alors à aller dans la bonne direction. Mais notre calendrier n’est pas le bon.
PI. Je pense que la planète n’a presque plus de temps. Nous sommes au pied du mur. La mission de Partage international est de promouvoir l’idée d’une redistribution équitable des ressources dans le monde. Nous nous heurtons à un certain « ordre mondial », où tout est immuable et où les structures géopolitiques existantes doivent être acceptées sans discussion. Les. Etats-Unis dictent leur loi ici, les Russes là, les Chinois là et nous sommes tous divisés. Mais le monde ne peut se permettre la division. Nous devons aborder la place du capitalisme, des inégalités, du pouvoir et des énormes intérêts financiers.
GM. Le problème est que les personnes concernées n’écoutent pas. Bien sûr, certains écoutent ; les grèves étudiantes pour le climat écoutent ; vous et moi et les personnes partageant les mêmes idées écoutent. Des millions de personnes écoutent, mais ce ne sont pas celles qui prendront les décisions. Et nombreux sont ceux qui ne veulent pas du tout de changement. Certains pays sont prêts à montrer l’exemple, comme en Europe, dont les populations comprennent et sont prêtes à faire des sacrifices collectifs pour le bien de tous. Il se peut aussi que les phénomènes météorologiques extrêmes et les pénuries alimentaires nous obligent à opérer des changements.
PI. Les puissances occidentales peuvent-elles offrir au président Poutine une porte de sortie lui permettant de sauver la face et de se retirer ? Comment les parties concernées peuvent-elles parvenir à de véritables pourparlers de paix et conclure des traités ?
GM. Il semble que l’Occident ait précipité la Russie dans une impasse, peut-être parce qu’il voulait « titiller l’ours » et cela stimule les ventes américaines de pétrole et d’armes. Cette situation menace de paralyser certaines des économies les plus avancées, comme les économies allemande, française et italienne, provoquant une grande instabilité. Certains y trouvent un énorme avantage. Et l’Ukraine est coincée entre le marteau et l’enclume.
Ce qui est terrible est que cette guerre n’aurait pas dû avoir lieu. Il est bouleversant de penser qu’elle aurait pu être évitée. Il existe un potentiel de compromis, mais nous avons besoin de têtes plus froides et plus sages. La Russie a une vision à plus long terme, elle pense stratégiquement et est plus désireuse de voir un monde multipolaire.
Les gens semblent avoir un seul point de vue sur un sujet et ne sont pas disposés à entendre d’autres opinions. Nous devons avoir plus d’un avis, notamment dans la recherche de solutions au changement climatique, par exemple. Les Chinois, l’Inde, les Hongrois, les Russes etc. ont chacun leur point de vue qui est différent. Nous devons évoluer vers un monde où nous respectons les opinions des autres. Nous devons cesser d’essayer d’imposer un système qui divise.
PI. Le président Zelensky s’est adressé aux Nations unies et a lancé un appel à la réforme du Conseil de sécurité. Partage international demande cela depuis quarante ans : une réforme pour rendre l’Onu vraiment représentative. Comment voyez-vous l’Onu et son rôle à l’heure actuelle ? L’Onu est née de l’expérience de la guerre ; nous avons affirmé « plus jamais ça ».
GM. L’Onu est une idée géniale et le monde a besoin d’un système et d’un leadership mondial. Le problème est qu’elle a été émasculée ; elle a peu d’influence et peu d’argent. Beaucoup de gens intelligents comprennent la situation et veulent désespérément faire ce qu’il faut, tant sur le plan géopolitique qu’environnemental. Ils ont besoin de réformes, mais aussi d’une plus grande influence. Mais c’est difficile parce qu’ils se heurtent alors à la puissance américaine – et les Etats-Unis ne sont pas prêts à lâcher leur emprise. Nous avons besoin d’une autorité mondiale forte pour traiter tous les problèmes. Mais elle doit être repensée avec de nouvelles personnes plus fortes.
PI. En pensant à l’Ukraine et à la Russie en guerre – des voisins, des frères qui se battent, j’ai un tel sentiment de honte pour nous tous. Ce n’est pas seulement un choc que la guerre ait à nouveau éclaté au cœur de l’Europe, mais une honte que nous, l’humanité, en soyons à nouveau là ! Nous avons encore une fois échoué ; nous n’avons pas réussi à nous montrer à la hauteur de nos valeurs, idéaux et promesses aux générations futures. Nous avons l’impression d’un échec collectif… et pendant ce temps, les oligarques et le complexe militaro-industriel s’enrichissent de façon indécente.
GM. Oui, et beaucoup de gens de la finance également. Je ne ressens pas vraiment de la honte mais une frustration absolue car cela aurait pu être évité.
PI. Une terrible conséquence de cette guerre est que le monde se précipite pour augmenter ses dépenses militaires.
GM. Espérons qu’à partir de l’horreur et de la dévastation de cette guerre, le monde pourra atteindre un objectif dépassant le nationalisme pour établir la coopération au lieu de la compétition. Ce serait la meilleure occasion de le faire depuis la Seconde Guerre mondiale.
La Russie et l’Otan, un éclairage historique
Après la conférence de Berlin en 1954, l’URSS, craignant le réarmement de l’Allemagne de l’Ouest, a suggéré de rejoindre l’Otan ; cette proposition a été rejetée par les Etats-Unis et le Royaume-Uni.
En 2000, V. Poutine a clairement indiqué qu’il pensait que la Russie devait rejoindre l’Otan : « La Russie fait partie de la culture européenne. Et je ne peux pas imaginer mon propre pays isolé de l’Europe et de ce que nous appelons souvent le monde civilisé. Il m’est donc difficile de considérer l’Otan comme un ennemi », a déclaré V. Poutine, président par intérim du pays en 2000, trois semaines avant les élections qui l’ont porté à la présidence. La même année, selon le secrétaire général de l’Otan de l’époque, George Robertson, V. Poutine lui a demandé sans ambages : « Quand allez-vous nous inviter à rejoindre l’Otan ? » G. Robertson a conseillé au président russe de « présenter sa candidature pour rejoindre l’Otan » et de ne pas simplement attendre une invitation.
Pour comprendre le point de vue de la Russie, il faut remonter à 1990, lorsque l’Union soviétique s’effondrait. Des pourparlers étaient en cours sur l’unification imminente de l’Allemagne, à laquelle les Soviétiques auraient pu opposer leur veto. Il ne fait aucun doute que les Etats-Unis et l’Otan – le président George Bush et le secrétaire d’Etat James A. Baker – ont conclu un accord début février 1990 avec le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev et le ministre des Affaires étrangères Edouard Chevardnadze
Selon des documents déclassifiés en 2017, l’accord prévoyait que les Soviétiques autorisent l’unification de l’Allemagne, en échange des « garanties à toute épreuve » écrites que l’Otan ne s’étendrait pas « d’un pouce vers l’est », selon les mots de James Baker. Nous semblons vouloir oublier que cet accord, foulé au pieds par les Américains, a représenté pour la Russie une trahison et une « mise à l’écart ».
[Source : www.trtworld.com/magazine]
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Faits et prévisions
Au fil des années, Partage international a régulièrement publié des articles soulignant les attentes de Maitreya, telles qu'elles ont été présentées par l'un de ses collaborateurs vivant à Londres au sein de la même communauté, à propos d'un certain nombre de changements politiques, sociaux, écologiques et spirituels devant se produire dans le monde. Périodiquement, Benjamin Creme et son Maître ont également partagé leur point de vue sur les développements à venir. Dans cette rubrique intitulée « Faits et Prévisions » notre rédaction analyse les nouvelles, les événements et les déclarations ayant un rapport avec ces prévisions et points de vue.
Fenêtre sur le monde
La voix de la raison
« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012
La voix des peuples
Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.
Le point de vue de Maitreya
Le respect de la loi
« Chaque fois qu’il y a affaiblissement de la loi… et accroissement général du désordre, alors je me manifeste. » (Bhagavad Gita). La promesse de Krishna, l’Avatar, semble particulièrement d’actualité. C’est pour tenir cette promesse que Maitreya, l’Avatar de notre ère, est présent dans le monde à une époque où l’anarchie est si répandue. « Lorsqu’une nation parvient à l’âge adulte, à la maturité, les relations qu’elle établit avec les autres changent du tout au tout. Elle commence à respecter l’autorité de la loi qui unit toutes les nations, les liant dans leurs responsabilités et leurs besoins mutuels. Le développement vers la maturité se signale précisément par un tel respect des lois que les hommes ont estimées nécessaires pour vivre ensemble en paix… Lorsque, parmi les nations, l’on ignore l’autorité de la loi, c’est le monde entier qui en souffre. » (Le Maître — PI, avril 2004) Actuellement, les traités et les résolutions de l’Onu sont méprisés, et les lois nationales et internationales sont bafouées. Dans ce contexte, nous présentons des brèves mettant en exergue la nécessité d’un respect renouvelé de la loi.
Les enseignements de Maitreya
Les mensonges dévoilés
Le 15 février 2003, à Londres, Maitreya a été filmé sous les traits d’un Antillais, lors de la marche pour la paix (voir PI, avril 2003). « Je suis fier aujourd’hui d’entendre mes frères et mes sœurs dire la vérité et dénoncer les mensonges. C’est tellement magnifique ! » a-t-il déclaré. Depuis, les mensonges sont de plus en plus dénoncés.
Les priorités de Maitreya
« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.
L’humanité une
Lorsque l’homme acceptera vraiment le fait que l’humanité est une et que les hommes, entre eux, sont frères, quand il traduira ces vérités en actes, toutes choses pourront en toute sécurité lui appartenir. Son héritage l’attend. Ainsi les hommes devront-ils apporter la preuve qu’ils sont prêts pour la paix, prêts à pénétrer ensemble dans l’avenir, sans effusion de sang ni compétition. Ils devront se réjouir de partager et de travailler en harmonie pour le bien de tous. Quand les hommes, d’eux-mêmes, seront dans ces dispositions, ils en appelleront à Maitreya (quel que soit le nom sous lequel ils le connaîtront) pour leur montrer le chemin, les faire sortir du chaos, et les conduire vers une ère de paix. (L’héritage de l’homme, par le Maître de Benjamin Creme).
L’Unité dans la diversité
« Le but de notre vie, que nous en ayons pris conscience ou non, est l’instauration de l’unité, la manifestation de l’unité qui existe déjà. Chaque atome de l’univers est relié à tous les autres atomes. » Benjamin Creme, L’Unité dans la diversité.
Regard sur le monde
Dans cette rubrique, Partage international met en lumière certains problèmes urgents qui nécessitent une nouvelle approche et des solutions durables.
Autres
Les problèmes de l’humanité : le capital et le travail – [sommaire]
Paru en 1947, peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce livre d’Alice Bailey a été révisé en 1964, par son éditeur, Lucis Trust. Dans la réimpression de 1967, les éditeurs ont indiqué que, bien que certains facteurs mondiaux aient changé depuis l’écriture de ce volume, ses « enseignements basiques concernant les sept problèmes de l’humanité sont toujours valables, toujours aussi dynamiques et aussi nécessaires que lorsqu’il a été écrit. […] Les principes spirituels qu’il faudrait appliquer pour résoudre les problèmes de l’humanité valent pour notre époque et sont restés largement ignorés par la majorité de l’humanité. »
Aujourd’hui encore, plusieurs décennies après, nous pouvons regretter que malgré les avancés accomplies, l’immense inégalité matérielle et « l’esprit d’égoïsme universel » persistent. Nous publions ci-dessous quelques extraits de cet ouvrage.
« Pour créer ces conditions meilleures, il faut réaliser un ajustement important et un changement fondamental, sinon, il n’existe aucun espoir de parvenir à la paix sur Terre. Le rapport entre le capital et le travail, et celui entre ces deux groupes et l’humanité entière, doivent être réglés. C’est de ce problème que le présent chapitre va traiter. Je ne présente aucune solution, mais propose simplement d’examiner la question en suivant des idées larges et générales. Nous sommes tous familiers avec ce problème, car il fait l’objet de forts préjugés et suscite des opinions partisanes. Vu la violence des propos et la violence des luttes, il pourrait être utile d’aborder le sujet d’un point de vue plus universel, compte tenu des valeurs spirituelles qui émergent. […]
D’abord, il faut reconnaître que la cause des troubles mondiaux et des guerres mondiales qui ruinent l’humanité et répandent la misère sur toute la planète sont attribuables en grande partie à un groupe égoïste, qui, dans des buts matérialistes, exploite les masses depuis des siècles et utilise le travail de l’humanité à ses propres fins égoïstes. Des barons féodaux du Moyen-Age en Europe et en Grande-Bretagne, jusqu’aux puissants groupes d’affaires de l’ère victorienne et à la poignée de capitalistes, nationaux et internationaux, qui contrôlent aujourd’hui les ressources du globe, le système capitaliste s’est développé et a ruiné le monde. Ce groupe de capitalistes s’est acquis l’exclusivité des ressources du monde et des matières premières nécessaires à une existence civilisée et les a exploitées. Il a pu le faire parce que les richesses du monde lui appartenaient et qu’il les contrôlait en les administrant de manière concertée : il tenait tout en main. Il a rendu possible les vastes différences existant entre les très riches et les très pauvres. Il aime l’argent et le pouvoir qu’il confère. Les gouvernements et les politiciens sont ses jouets. Il contrôle les élections. Il est responsable des visées étroitement nationalistes des politiques égoïstes. Il a financé le commerce du monde et contrôlé le pétrole, le charbon, l’énergie, la lumière et les transports. Il est maître, publiquement ou en secret, des comptes en banque du monde entier.
La responsabilité de la misère, largement répandue aujourd’hui dans tous les pays, incombe principalement à certains groupements importants d’hommes d’affaires, de banquiers, de chefs de cartels, monopoles, trusts et organisations internationaux, et aux directeurs d’immenses corporations, agissant par lucre, pour un gain commun ou personnel. Ils ne se soucient nullement du bien public, sauf dans la mesure où celui-ci demande plus de bien-être : car cela leur permet, grâce à la loi de l’offre et de la demande, de leur fournir les biens, les transports, la lumière ou l’énergie, dont ils tireront en fin de compte les plus gros bénéfices financiers. L’exploitation de la main-d’œuvre, la manipulation des vastes ressources planétaires et l’encouragement à la guerre, pour leur profit personnel ou celui de leurs affaires, caractérisent leurs méthodes. […]

Photo : fantareis, CC0 1.0, via pixabay
Le système capitaliste ne peut continuer indéfiniment, face à la colère croissante de l’humanité et au développement régulier des valeurs spirituelles.
Dans chaque nation existent de tels hommes et des organisations pareilles, responsables du système capitaliste. Les ramifications de leurs affaires et leur mainmise financière sur l’humanité s’étaient établies, avant la guerre, dans tous les pays ; elles existent toujours, quoiqu’elles se soient dissimulées pendant la guerre. Formés en un groupe international étroitement lié, ils agissent dans une complète communauté d’idées et d’intentions, se connaissent et se comprennent. Ces hommes se trouvaient parmi les Alliés, comme dans les forces de l’Axe. Ils travaillaient ensemble auparavant et ont continué à le faire pendant la guerre entière, grâce à des systèmes de contacts inter directoriaux, sous de faux noms et par des organisations fictives, aidés [d’agents] neutres partageant leurs idées.
Aujourd’hui, malgré le désastre où ils ont plongé le monde, ils se réorganisent et renouvellent leurs méthodes. Leurs buts demeurent identiques. Leurs relations internationales ne sont pas rompues. Ils constituent la plus grande menace pour l’humanité actuelle. Ils contrôlent la politique ; ils achètent les hommes en vue dans chaque nation ; ils s’assurent de leur silence par des menaces, par de l’argent et par la crainte. Ils amassent les richesses et se procurent une popularité illusoire au moyen d’entreprises philanthropiques. Leurs familles mènent des existences douces et faciles ; elles ignorent le sens du travail tel que Dieu l’ordonne. Ils s’entourent de beauté, de luxe et de trésors, ils ferment les yeux devant la pauvreté, la misère nue, le manque de chaleur et de vêtements décents, la famine et la laideur de l’existence menée par les milliers de gens qui les entourent. Ils donnent aux œuvres charitables et aux Eglises pour tranquilliser leur conscience et pour éviter les impôts sur le revenu. Ils fournissent du travail à d’innombrables milliers, mais veillent à ce que ceux-ci reçoivent un salaire si minime que le vrai confort, les loisirs, la culture et les voyages leur demeurent inaccessibles.
La masse du peuple s’éveille à l’aube qui naît
Ce sont là de terribles accusations. Pourtant, elles peuvent être prouvées par mille exemples. Cela incite à la révolution et à des troubles croissants. Dans tous les pays, la masse du peuple est agitée et s’éveille à l’aube nouvelle qui naît. La guerre est maintenant déclarée entre les intérêts égoïstes des riches et la masse humaine, qui demande la justice et sa part équitable des biens de la terre.
A l’intérieur du système capitaliste, il en est qui se rendent compte du danger menaçant leurs intérêts, et dont la tendance naturelle est de raisonner de façon plus large et plus humaine. Ces hommes se répartissent en deux groupes principaux :
D’abord, ceux qui sont vraiment humanitaires, qui désirent le bien de leurs semblables et qui n’entendent nullement exploiter les masses, ni profiter de la misère d’autrui. Ils sont parvenus à leur position et à leur influence grâce à leurs vrais talents ou par leur situation héréditaire, et ne peuvent éviter la responsabilité de disposer des millions qui leur sont confiés. Souvent, leurs co-administrateurs les paralysent et leurs mains sont liés par les règles du jeu, par le sens de leurs responsabilités à l’égard de leurs actionnaires, et par la certitude que, quoiqu’ils fassent – qu’ils luttent ou qu’ils se démettent – cela ne changera rien à la situation. Elle dépasse les possibilités individuelles. Ils demeurent donc relativement impuissants. Ce sont des gens équitables et justes, corrects et bons, vivant simplement et dotés du sens des valeurs véritables, mais ils ne peuvent guère agir de manière efficace.
En second lieu viennent ceux qui sont assez intelligents pour déchiffrer les signes des temps ; ils comprennent que le système capitaliste ne peut continuer indéfiniment, face à la colère croissante de l’humanité et au développement régulier des valeurs spirituelles. Ils commencent donc à transformer leurs méthodes, à universaliser leurs affaires, en instituant des accords coopératifs avec leurs employés. Leur égoïsme inhérent leur dicte ces changements et l’instinct de préservation détermine leurs attitudes.
Entre ces groupes se situent ceux qui n’appartiennent ni à l’un ni à l’autre et qui offrent un terrain propice à la propagande du capitaliste égoïste ou de l’humanitaire généreux.
Il serait bon d’ajouter que le raisonnement égoïste et les motifs de séparativité qui distinguent le système capitaliste se retrouvent chez le petit homme d’affaires sans importance – l’épicier du coin, le plombier et le mercier –, qui exploitent leurs employés et trompent la clientèle. C’est l’esprit universel d’égoïsme et d’amour du pouvoir, contre lequel nous devons lutter. La guerre a agi comme une purge. Elle a partout ouvert les yeux des gens aux causes fondamentales de la guerre : la misère économique, basée sur l’exploitation des ressources de la planète par un groupe international d’hommes ambitieux et égoïstes. L’occasion de changer cet état de choses se présente. »
(Alice Bailey, Les problèmes de l’humanité)
La paix négociée : seul moyen de mettre fin à la guerre en Ukraine – [sommaire]
Les Etats-Unis aident l’Ukraine à endiguer l’invasion russe en imposant de lourdes sanctions à la Russie et en fournissant des armes sophistiquées à l’armée ukrainienne. Cette stratégie à deux volets est probablement vouée à l’échec. Ce qu’il faut, c’est un accord de paix, qui pourrait être à portée de main. Mais pour parvenir à un accord, les Etats-Unis devront faire des compromis sur l’Otan, ce que Washington rejette jusqu’à présent.
Le président Poutine a lancé sa guerre en Ukraine et a déclaré que les négociations étaient dans l’impasse, sans toutefois fermer définitivement la porte. Mais auparavant, il avait présenté à l’Occident une liste d’exigences incluant notamment l’arrêt de l’élargissement de l’Otan. Les Etats-Unis s’étaient ostensiblement montrés opposés à tout engagement dans cette direction. Le moment parait bien choisi pour reconsidérer cette politique. Mais il incomberait à V. Poutine de montrer qu’il est disposé à faire des concessions, afin que les négociations aient quelque chance de succès.
L’approche américaine fondée sur les sanctions et la fourniture d’armement peut sans doute trouver un écho favorable dans l’opinion publique américaine. Mais elle n’est guère crédible sur la scène mondiale. Elle ne bénéficie que d’un faible soutien en dehors des Etats-Unis et de l’Europe et pourrait même entraîner un effet boomerang sur le plan politique.
Quiconque connaît l’ampleur de l’effort de guerre russe et l’horreur de ses conséquences sur les populations civiles, peut croire que la Russie va se trouver reléguée au rang de paria par le reste du monde. Mais ce ne sera pas le cas : plusieurs pays en voie de développement, en particulier, ont refusé de se joindre à la campagne d’isolement menée par l’Occident, comme cela a récemment été mis en évidence lors du vote demandé par les Etats-Unis pour exclure la Russie du Conseil des Droits de l’Homme de l’Onu. Certes, 93 nations ont soutenu la motion, mais les cent autres n’ont pas suivi (24 s’y sont opposées, 58 se sont abstenues et 18 n’ont pas voté). Plus remarquable encore, cette centaine de pays abritent 76 % de la population mondiale.
Les problèmes liés aux sanctions économiques
Certains pays ont probablement des raisons qui ne sont pas d’ordre idéologique pour s’opposer à l’initiative des Etats-Unis, en raison de liens commerciaux qu’ils entretiennent avec la Russie par exemple. Il n’en reste pas moins que la majorité des pays n’ont pas souhaité isoler Moscou, à fortiori à la mesure de ce que souhaitait Washington.
La stratégie des Etats-Unis s’appuie majoritairement sur les sanctions. Elles sont vraisemblablement insuffisantes pour vaincre la Russie, mais elles vont probablement infliger un coût élevé au monde entier. Au mieux, elles peuvent encourager la Russie à envisager un accord de paix. De ce fait, il faudrait déployer conjointement un effort intense en faveur d’un tel accord négocié.
Le première difficulté est qu’en dépit des dégâts économiques causés à la Russie, ces sanctions ont peu de chances d’infléchir significativement la politique russe. Pensons aux énormes sanctions que les Etats-Unis ont imposées au Venezuela, à l’Iran et à la Corée du Nord. Elles ont certes affaibli leurs économies, mais elles n’ont pas transformé la politique menée par ces pays comme les Etats-Unis l’espéraient.
Le deuxième problème vient de la facilité à contourner, au moins partiellement, ces sanctions. Et d’autres échappatoires émergeront certainement avec le temps. Les sanctions américaines s’appliquent plus efficacement aux transactions en dollar impliquant le système bancaire américain. Les pays qui cherchent à éviter les sanctions trouvent des alternatives afin de réaliser des transactions hors circuit bancaire, ou dans d’autres devises. On peut s’attendre à un accroissement des transactions avec la Russie en roubles, en roupies, en renminbi ou en d’autres monnaies.
Le troisième problème est que la majorité du monde ne croit pas en ces sanctions – et ne prend d’ailleurs pas parti dans la guerre russo-ukrainienne. Si l’on cumule tous les pays et toutes les régions qui imposent des sanctions à la Russie – les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Union européenne, le Japon, Singapour, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et une poignée d’autres nations – leur population agrégée ne compte que pour 14 % de la population mondiale.
Le quatrième problème concerne l’effet boomerang. Les sanctions à l’encontre de la Russie n’affectent pas seulement la Russie, mais l’ensemble de l’économie mondiale. Elles accentuent les ruptures dans les chaînes d’approvisionnement, génèrent de l’inflation et des pénuries alimentaires. C’est pourquoi nombreux sont les pays européens susceptibles de poursuivre leurs importations en gaz et en pétrole de Russie. De même, la Hongrie va accepter de payer la Russie en roubles. D’autres pays pourraient suivre cette voie. L’effet boomerang devrait également impacter le parti démocrate américain dans les élections de mi-mandat en novembre prochain, car l’inflation érode les revenus réels des électeurs.
Le cinquième problème tient à l’inélasticité de la demande (insensibilité aux prix) en énergie et en céréales en provenance de Russie. Les volumes exportés par la Russie diminuant, les prix mondiaux de ces marchandises augmentent. En fin de compte, malgré une réduction des quantités exportées, la Russie peut en tirer des revenus supérieurs.
Le sixième problème est de nature géopolitique. D’autres pays – en particulier la Chine – voient le conflit entre la Russie et l’Ukraine comme une guerre menée par la Russie pour lutter contre l’élargissement de l’Otan à l’Ukraine. C’est pourquoi la Chine n’a eu de cesse de répéter que les préoccupations légitimes de la Russie pour sa sécurité sont au centre de ce conflit.
Les Etats-Unis ont beau affirmer que l’Otan est une alliance purement défensive, la Russie, la Chine et d’autres nations ont un tout autre point de vue. Ces pays ont considéré d’un mauvais œil les bombardements effectués en Serbie par l’Otan en 1999, tout comme l’occupation militaire de l’Afghanistan pendant vingt ans après les événements du 11 septembre 2001, ou encore le bombardement de la Libye en 2011 par ces mêmes forces de l’Otan, aboutissant au renversement de Mouammar Kadhafi.
Les dirigeants russes s’opposent à l’élargissement de l’Otan vers l’est depuis qu’il a été amorcé au milieu des années 1990, en République tchèque, en Hongrie et en Pologne. Il est significatif que lorsque V. Poutine a demandé à l’Otan de stopper son expansion en direction de l’Ukraine, J. Biden a ostensiblement refusé de négocier cette question avec la Russie.
En résumé, nombre de pays, dont la Chine très certainement, ne soutiendront pas des pressions internationales à l’encontre de la Russie, qui pourraient conduire à une expansion de l’Otan. Le reste du monde veut la paix, pas une victoire des Etats-Unis ou de l’Otan dans une guerre par procuration contre la Russie.
Les Etats-Unis adoreraient assister à une défaite militaire de V. Poutine. Et les armes de l’Otan ont déjà infligé un lourd tribut aux forces russes. Mais il est également vrai que la destruction de l’Ukraine est en marche. Il est peu probable que la Russie annonce une défaite et se retire. L’action militaire russe risque plutôt de s’intensifier – avec un recours possible à l’arme nucléaire. Ainsi l’Otan peut infliger des coûts très élevés à la Russie, mais elle ne peut sauver l’Ukraine.
Seul un accord de paix peut sauver l’Ukraine
Tout cela pour dire que la stratégie américaine en Ukraine peut affaiblir la Russie mais ne peut sauver l’Ukraine. Seul un accord de paix peut y parvenir. En fait, l’approche actuelle va ébranler la stabilité économique et politique du monde entier et elle pourrait diviser le monde en deux camps, celui des pro-Otan et celui des anti-Otan, ce qui nuirait aux Etats-Unis à long terme.
La diplomatie américaine punit la Russie, mais sans véritable chance de réel succès, ni pour l’Ukraine ni pour les intérêts américains. La vraie victoire serait que les troupes russes rentrent chez elles et que la sûreté et la sécurité de l’Ukraine soient assurées. Ces résultats peuvent être obtenus à la table des négociations.
L’étape clé est que les Etats-Unis, les pays membres de l’Otan et l’Ukraine affirment sans ambiguïté que l’Ukraine n’intègrera pas l’Otan si la Russie met un terme à la guerre et quitte le pays.
Les nations alignées avec V. Poutine, mais également celles qui ne choisissent aucun camp, pourraient alors dire au président russe qu’il a réussi à stopper l’expansion de l’Otan et qu’il est temps pour la Russie de quitter le champ de bataille et de réintégrer ses frontières. Bien entendu, les négociations pourraient échouer si les exigences russes demeurent inacceptables. Mais nous devrions pour le moins essayer, et même nous acharner à retrouver le chemin de la paix à travers une neutralité de l’Ukraine associée à des garanties internationales.
Rien de ce qui constitue la rhétorique inflexible de J. Biden – sur V. Poutine qui doit quitter le pouvoir, sur le génocide et les crimes de guerre – ne sauvera l’Ukraine. La meilleure chance de sauver l’Ukraine est de mener des négociations, et avec la participation du monde entier. En donnant priorité à la paix plutôt qu’à l’expansion de l’Otan, les Etats-Unis obtiendraient un soutien international bien plus vaste et contribueraient ainsi à apporter la paix à l’Ukraine et la sécurité et la stabilité au monde entier.
Source : CNN - https://edition.cnn.com/2022/04/20/opinions/sachs-ukraine-negotiation-op-ed/index.html
Citation
Message de Maitreya
Brève
Courrier des lecteurs
Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.Un échange silencieux – [sommaire]
En mai 2008, j’étais à Venise, en Italie, pour quelques jours et le premier soir, je visitai la place Saint-Marc. Il était environ 21 heures. En m’approchant de la place, un homme assis sur un banc attira mon attention. Il portait une casquette de base-ball de couleur sombre, avait les yeux bleus, mesurait environ 1,80 m et avait la cinquantaine. Il parlait dans un téléphone portable en ce que je supposai être de l’italien car je l’ai entendu dire clairement « pronto ».
Après être resté un moment devant la basilique, je m’assis sur un banc près de lui. Je fermai les yeux dans une contemplation silencieuse. Je pouvais sentir son regard sur moi et, après quelques instants, je rouvris les yeux et me tournai pour le regarder. Il semblait m’observer, mais juste au-dessus de la tête. J’étais très à l’aise en sa présence et sentis une communication silencieuse entre nous, comme s’il me comprenait.
Après quelques instants, je lui souris, je me retournai et fermai les yeux, toujours conscient de sa présence. Après être resté assis un peu plus longtemps, je me levai pour me rendre à mon hôtel. Il me salua en disant « Adieu ». Je souris et lui fit un léger signe de tête avant de m’éloigner.
Je m’étonnai qu’il m’ait salué en français alors que je l’avais entendu parler italien auparavant et ne lui avais pas indiqué ma nationalité, qui est anglaise. Sans que je le sache à l’époque, je dus me rendre à Paris, en France, pour quelques jours le mois suivant. Par la suite, un ami m’apprit que « adieu » peut être compris comme « à Dieu ». Cette rencontre me réconforta. S’agissait-il d’un des Maîtres ?
P. L., Stoke-on-Trent, Angleterre
Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que l’homme était le Maître Jésus.
Sous différents aspects – [sommaire]
Je suis membre d’un groupe de méditation de transmission de Vienne. Comme nous le faisons régulièrement, le 18 juin 2008, nous donnâmes une conférence publique d’information sur Maitreya. Alors que quatre de nos membres participaient aux derniers préparatifs, une dame d’un certain âge entra dans la salle environ une heure avant le début de la conférence. Devant le stand d’information – couvert des livres sur Maitreya – elle déclara qu’elle connaissait bien tous ces sujets. Elle eut une brève conversation avec quelques membres du groupe.
Par la suite, nous avons tous compris qu’elle avait donné des indications étonnantes et personnelles en discutant avec chacun de nous. Elle s’intéressa également aux livres, en choisit un et nous demanda de l’examiner de plus près. Puis elle regarda autour d’elle pour trouver un endroit pour s’asseoir et déclara avec beaucoup d’insistance : « J’ai besoin de plus de lumière ! » Nous lui proposâmes de monter l’éclairage, mais elle refusa en souriant. Après être restée un moment avec nous, elle nous salua et, avant de quitter la pièce, elle se retourna et ajouta : « Je reviendrai. »
Elle n’assista pas à la séance d’information mais, à la fin de celle-ci, un jeune homme à l’allure remarquable entra dans la salle. Il était particulièrement amical et montra un vif intérêt pour la méditation de transmission. Il nous laissa également une impression inoubliable. Pouvez-vous nous en dire plus sur ces deux événements ?
E. H , Biedermannsdorf, Autriche
Le Maître de B. Creme a indiqué que la « dame » et le « jeune homme » étaient tous deux Maitreya.
Une présence apaisante – [sommaire]
En juin 2009, ma sœur et moi nous rendîmes à Lourdes. Son mari et âme sœur depuis 38 ans était décédé en janvier 2009. La séparation l’avait profondément éprouvée.
Par le passé, votre Maître a confirmé que nous avions rencontré, à Rome, Maitreya sous les traits d’une mère et son enfant et le Maître Jésus sous les traits d’un jeune homme assis sur un banc place d’Espagne. A Lourdes, une fois encore, nous avons le sentiment d’avoir rencontré Jésus ou Maitreya. Le deuxième jour, nous sortions d’un magasin et là, devant nous, sur le trottoir, nous vîmes une très vieille dame, la tête penchée, les mains en prière et tenant un chapelet. Je ressentis un picotement de la tête aux pieds et j’eus les larmes aux yeux. Nous lui donnâmes de l’argent, je touchai son épaule, elle leva alors les yeux et nous fit un beau sourire. Elle nous remercia dans une langue inconnue et reprit sa position tandis que nous nous éloignions.
Le lendemain, jour de mon 70e anniversaire, je me rendis seule au magasin du coin. Il y a une grande église en face des magasins et de l’hôtel et, une fois de plus, la dame était sur le trottoir devant l’église. Je suis allée chercher ma sœur mais lorsque nous fûmes dehors, la dame avait disparu. Nous étions tellement déçues. Nous voulions lui faire un autre don pour la remercier.
Plus tard dans la journée, après une excursion en car, nous retournâmes à la boutique face à l’église et en sortant nous revîmes la dame sur le trottoir. Nous lui parlâmes et de nouveau, elle leva la tête avec un beau sourire. Ses beaux yeux bruns se posèrent sur nous avec une telle tendresse et, bien qu’elle parlât toujours dans une langue inconnue, elle prononça « Maria » à plusieurs reprises et mit la main sur le cœur.
Nous avons le sentiment que si c’était Jésus ou Maitreya, ils étaient venus à Lourdes pour apporter la « paix » à cette ambiance, parfois bruyante et peu respectueuse. Ma sœur en avait été choquée car c’était sa première visite. Après les rencontres avec cette dame, l’atmosphère semblait plus paisible.
R. E., Birmingham, Angleterre
Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que la « dame âgée » était le Maître Jésus.
Souvenirs joyeux – [sommaire]
Du 5 au 8 mars 2009, une douzaine de membres de notre groupe de Zurich et des environs ont tenu un stand dans un salon ésotérique annuel, pour exposer des photos de l’étoile de Maitreya et donner des informations sur l’émergence de Maitreya et ses priorités. Nous eûmes également l’occasion de donner deux courtes conférences à environ 70 personnes.
Le dimanche, peu avant la fermeture, un homme grand et robuste s’approcha. Je lui demandai s’il avait entendu parler de Maitreya, il répondit : « Oh oui » et s’avança de quelques pas, pour céder la place à une dame qui le suivait. Elle avait des cheveux noirs peignés en arrière et s’approcha de très près, comme on le ferait avec un bon ami ou une connaissance. J’étais intriguée par ses yeux pétillants de vie et son visage rayonnant de joie.
Je compris vite qu’ils savaient tout sur Maitreya et que je ne pouvais rien leur apprendre de nouveau. Mais ils me demandèrent si j’avais déjà rencontré Maitreya et je leur racontai en riant les histoires avec lui en « taille sumo » avec le Maître Jésus en tant que petite fille dans un grand bus qu’il avait apparemment matérialisé (Partage international, octobre 2004), et la rencontre avec lui en 2007 lorsqu’il apparut deux fois sous les traits d’une petite dame dodue et qu’il nous avait remis un calendrier avec des chats sur chaque page pour mon petit-fils, qui adore les chats. Nous avons tous bien ri.
Plus tard, il me vint à l’esprit qu’ils en savaient probablement beaucoup plus sur Maitreya que moi et qu’il s’agissait peut-être d’une autre rencontre avec notre bien-aimé Seigneur Maitreya et le Maître Jésus.
A. N., Baar, Suisse
Le Maître de Benjamin Creme a confirmé que l’homme était Maitreya et la « dame » le Maître Jésus.
Qui est dans le besoin ? – [sommaire]
Eté 2003 : En entrant dans ma banque, je vis une dame âgée avec un caddie. Elle semblait préoccupée par certains éléments dans son chariot et se parlait à elle-même en faisant du tri. Après avoir retiré de l’argent, je me retournai, pensant lui en offrir, vu son apparence. Mais il m’apparut d’évidence qu’elle n’avait besoin de rien. Je sortis donc et en passant devant la vitrine, je l’aperçus. Elle leva soudain la tête et elle m’illumina d’un magnifique sourire, apaisant mon moral au plus bas.
C. D., Edmonton, Canada
Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que la « dame » était Maitreya.
Se prendre au sérieux – [sommaire]
Eté 2007 : Je descendais du bus dont je suis conducteur et une autochtone s’approcha de moi. Elle me regarda pendant quelques instants et déclara : « Je me sens toujours protégée quand vous êtes là. » Je répondis que c’était mon travail et, plus tard, je ressentis ma responsabilité encore plus profondément.
C. D., Edmonton, Canada
Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que la « dame » était Maitreya.
Un fort pressentiment – [sommaire]
Eté 2007 : alors que j’achetais des antalgiques dans une pharmacie chinoise, un autochtone me demanda de l’argent. Je lui donnai la monnaie que j’avais dans ma poche et il me déclara : « Est-ce là toute la confiance que vous mettez en moi ? » Ce n’est que plus tard que les choses sont devenues plus claires.
C. D., Edmonton, Canada
Le Maître de B. Creme a indiqué que l’homme était Maitreya.
Ouverture – [sommaire]
Automne 2007 : Alors que je conduisais mon bus, je me retournai et vis une grande et élégante Indienne, avec un visage rayonnant, debout sur le trottoir, me faisant un signe enthousiaste et souriant. Je me sentis si privilégié, mon champ de conscience s’élargit et une nourriture spirituelle y entra.
C. D., Edmonton, Canada
Le Maître de B. Creme a indiqué que la « dame » était Maitreya.
Supposition erronée – [sommaire]
Automne 2008 : Alors que mon bus était garé à l’Université, un Asiatique s’approcha, me demanda une cigarette, l’alluma et déclara : « La ville entière vous remercie pour ce que vous faites. » Pensant que ce n’était qu’une entrée en matière pour me demander des cigarettes ou de l’argent, je répondis seulement quelque chose comme « Vraiment ? Eh bien, merci. » Puis je le regardai dans les yeux et le reconnus. Je fus profondément confus d’avoir été aveuglé par ma fierté et ma méfiance.
C. D., Edmonton, Canada
Le Maître de B. Creme a confirmé que l’homme était Maitreya.
Un modèle prometteur – [sommaire]
[1] [Lettre écrite en janvier 2009.] Il y a environ deux ans, je me rendis à la bibliothèque de North Shields pour rendre deux livres ; l’un que j’avais lu entièrement, mais l’autre seulement à moitié. En m’approchant du comptoir, je pris conscience de la présence d’un vieux monsieur en fauteuil roulant à côté de moi. Alors que l’assistant reprenait les livres, le vieil homme déclara : « Il veut emprunter à nouveau celui-là. » L’assistant me rendit le livre, et je répétai ce que le vieux monsieur avait dit. Je quittai la bibliothèque plutôt perplexe. Par la suite, chez moi, je réalisai que l’homme aurait pu être Maitreya.
[2] Il y a environ un an, je me rendis à nouveau à North Shields par le métro. A l’arrivée, je décidai de monter à pied une rampe plutôt raide jusqu’à la sortie de la station. En haut, je remarquai un vieil homme en fauteuil roulant au bas de la rampe, et je fus contrarié de voir tous les autres passagers passer devant sans s’en soucier. Je redescendis alors pour pousser le fauteuil. A plus de la moitié du trajet, je m’arrêtai pour me reposer (j’ai plus de 80 ans). Le vieux monsieur se tourna lentement vers moi, alors je lui déclarai : « C’est bon, nous sommes presque arrivés » et je continuai.
Quand nous fûmes sur le plat, j’ajoutai : « Je pense que vous allez vous en sortir maintenant », et me précipitai hors de la gare. En approchant de l’entrée du centre commercial, je vis le même homme en fauteuil roulant qui attendait à l’entrée. Je me demandai comment il était arrivé là avant moi. Nous nous sommes mutuellement regardés. En rentrant chez moi, je pensai qu’il pouvait être Maitreya.
[3] Peu de temps après, dans un magasin à North Shields, je passai devant un vieux monsieur en fauteuil roulant qui fit, soudain, demi-tour vers moi. De retour chez moi, je compris qu’il aurait pu être Maitreya.
[4] La semaine dernière, je sortais de la papeterie du quartier et un vieil homme en fauteuil roulant me bloqua presque complètement le passage. Il me demanda : « Vous allez bien ? » Plus tard, je m’imaginai qu’il pouvait être Maitreya.
Si ces apparitions sont confirmées, je pense que le temps est prêt pour le Jour de Déclaration de Maitreya.
W. K., Whitley Bay, Angleterre
Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que les quatre rencontres étaient avec Maitreya.
Rayons
Selon le Maître DK, un rayon est « le nom donné à une certaine force ou à un certain type d’énergie, considéré sous l’angle de la qualité qui en émane ». Les rayons transmettent ainsi leurs qualités à toute la création, y compris la constitution humaine. L’âme, la personnalité, le corps mental, le corps émotionnel et le corps physique, sont tous colorés par l’un ou l’autre des sept rayons. De manière à faciliter l’étude et la compréhension des rayons, le Maître de Benjamin Creme, au fil des ans, a accepté de répondre à des questions portant sur la structure de rayons (et le niveau d’évolution) de certaines personnalités mais, par discrétion, jamais pour des personnes en vie. Pour approfondir cette étude, nous renvoyons le lecteur aux enseignements d’Alice Bailey (Lucis Trust), aux ouvrages de Benjamin Creme et aux précédents numéros de Partage international.
Dernière de couverture
Extrait de l’article du Maître de Benjamin Creme : L’obscurité précédant l’aurore. – [sommaire]

photo : U.S. Navy photo by Photographer’s Mate 2nd Class Johansen Laurel, Public domain, via Wikimedia Commons
« La tourmente et la menace actuelles ne sont que le prélude à une ère nouvelle de paix et de coopération où l’humanité s’efforcera de réparer les erreurs du passé, de faire régner la justice parmi les nations, de résoudre les anciennes querelles et de faire respecter le droit international.
Lorsque les hommes jetteront un regard en arrière sur notre époque, ils y verront la nuit obscure qui précède l’aube la plus éclatante et ils seront heureux d’avoir vécu ces temps mémorables.
Le monde attend l’Instructeur. L’Instructeur attend l’opportunité d’apparaître au grand jour, d’enseigner et de servir. »
Cahier anniversaire
Le 19 juillet 1977, Maitreya, l’Instructeur mondial, est arrivé dans la communauté asiatique de Londres − son point d’attache dans le monde moderne − et le 22 juillet il a commencé sa mission. Trente ans plus tard, nous célébrons cet événement extraordinaire à travers les pages suivantes.
Questions-réponses de Benjamin Creme
Questions-réponses
Réponses de Benjamin CremeDevons-nous supposer que de grands Êtres tels que le Bouddha, Mohammed, Krishna, Confucius, etc., étaient tous des disciples de Maitreya ? (Interview radio de Benjamin Creme, le 26 juin 1988 à Dallas, Texas) – [sommaire]
Krishna était une manifestation de Maitreya, tout comme Shankaracharya. Mais pas le Bouddha, qui travaillait à travers un de ses disciples, le prince Gautama, exactement comme Maitreya, quatre siècles plus tard, travaillait à travers Jésus. Ainsi apparaissent la plupart des Grands Enseignants. Toutes les époques sans exception ont vu apparaître l’un de ces grands Êtres.
Lorsque vous parlez du Seigneur Maitreya, ce n’est pas dans un sens religieux, n’est-ce pas ? – [sommaire]
Non. Maitreya est un éducateur au sens le plus large. Il explique : « Je suis venu enseigner à l’humanité l’art de la réalisation du Soi. Chacun de nous possède une âme immortelle, et notre but, notre chemin de vie, est d’en prendre conscience, afin d’introduire dans nos existences quotidiennes cette qualité divine de l’âme par l’entremise de notre personnalité. Malheureusement, nous nous identifions à cette dernière de manière erronée, en croyant que nous sommes le corps, le mental, les émotions. En réalité, nous ne sommes rien de tout cela. »
Certains disent que le Christ a la peau noire, et d’autres qu’il est blanc ; certains encore disent que c’est une femme, d’autres un homme. Je suppose que le Seigneur Maitreya a la peau foncée. – [sommaire]
Il est capable d’assumer n’importe quelle apparence. Nous n’en sommes peut-être pas conscients, mais chacun d’entre nous a une forme-pensée du Christ, du Bouddha, ou de l’Iman Mahdi, et Maitreya nous apparaît selon la forme-pensée que nous avons déjà. D’après mon Maître, il modèle son aspect en fonction des personnes devant lesquelles il apparaît, de sorte qu’elles puissent toutes le reconnaître.
Y a-t-il actuellement dans le monde un pays dont le mode de vie s’approche de celui que nous pouvons espérer à l’avenir ? – [sommaire]
Maitreya a sous les yeux un monde entièrement divisé entre les pays développés et ceux en voie de développement. Le monde développé produit et gaspille la plus grande part des denrées alimentaires, de l’énergie et de la technologie mondiales. Le monde en voie de développement, pour sa part, croule sous les dettes et lutte avec ses monnaies instables, au point que 500 millions de personnes meurent littéralement de faim dans les pays émergeants. Il s’agit d’un crime, et rien ne cause à Maitreya de plus grande peine. Il dit : « Ce crime de la séparation doit être éradiqué de la surface de la Terre. J’affirme que tel est mon but. »
Lorsqu’il se présentera au monde, il lancera un appel pour la justice et la redistribution des ressources, afin de corriger la terrible inégalité qui règne parmi les hommes. Le partage et la justice, dit-il, répondent au besoin de paix des hommes, car sans partage, pas de justice, et sans justice, pas de paix. Et aujourd’hui, avec toutes nos armes, nucléaires et autres, s’il n’y a pas de paix, il n’y aura plus de monde. Maitreya veut nous empêcher de nous auto-détruire.
Le Christ envisage-t-il une forme de gouvernement mondial, à terme ? – [sommaire]
Non. Selon ma compréhension, il souhaite que l’assemblée des Nations unies devienne une sorte de caisse de résonnance où l’on aplanirait les différents au lieu d’un champ de bataille où chacun cherche à imposer ses propres solutions. Il dit que l’Onu deviendra un facteur très important de paix et de justice dans le monde, et qu’une sorte d’agence sera créée, chargée de superviser la redistribution des ressources en vue d’une répartition équitable des biens sur notre planète.
Aurons-nous une démocratie comparable à celle que nous connaissons actuellement (aux Etats-Unis), ou une organisation étatique proche du communisme ? – [sommaire]
Tous ces mots en « isme » – comme le capitalisme et le communisme – sont des termes créés par l’homme. Maitreya affirme que désormais les gouvernements du monde évolueront vers une forme de gouvernance par consensus. D’après lui, les gouvernements n’existent que pour répondre aux besoins des peuples, aux besoins réels des vrais gens, et non pour se conformer à des idéologies comme la démocratie, le communisme ou le fascisme. Toutes ces idéologies en « isme » n’ont guère de réalité, n’étant que des constructions mentales. Ce dont nous avons réellement besoin, dit-il, c’est de communication. La communication est un art capable de créer dans le monde entier les conditions de gouvernance authentique. Il ne s’agit pas d’imposer à tous un seul système. Mais nous évoluerons vers le centre à partir des extrêmes de la droite et de la gauche. Désormais, le consensus sera la règle du jeu.
Devons-nous en déduire que nous tirerons les leçons de la peur d’une guerre nucléaire ? – [sommaire]
Cette leçon appartient au passé. Nous nous éloignons de la guerre nucléaire, non seulement grâce à la présence de Maitreya, mais surtout grâce à ses actions. Une nouvelle technologie a été donnée au monde. Il s’agit de la technologie de la lumière, étudiée dès à présent par deux groupes de scientifiques, l’un en Amérique, l’autre en Union soviétique. Maitreya assure que cette nouvelle technologie rendra obsolètes toutes les armes existant à présent sur Terre, car elle sera capable de neutraliser chaque tank, chaque fusil et chaque missile existant.
En tant que Christ, que Messie, Maitreya a-t-il le pouvoir ou les moyens pour réaliser tout ce qu’il veut quand il le veut ? – [sommaire]
Oui, mais il n’utilisera jamais son pouvoir pour transgresser la loi du karma, qu’il respecte absolument. C’est pourquoi, en 1977, lorsqu’il est venu dans le monde, il n’a pas dit avec emphase : « Je suis le Christ. Je suis à présent parmi vous. Vous n’avez plus qu’à m’obéir. » Au contraire, il est entré dans le monde et se fait connaître progressivement « comme un voleur dans la nuit ».
Connaissant notre cupidité, notre avarice, etc., comment peut-on s’attendre à ce que plus de cinq milliards de personnes tombent d’accord sur quoi que ce soit ? – [sommaire]
C’est évident que la venue de Maitreya ne va pas, d’un seul coup, guérir le monde de la cupidité et de l’avarice. Les personnes cupides resteront cupides, les gens avides de pouvoir continueront à l’être, mais les changements de condition de vie diminueront graduellement leur influence dans le monde. Le monde ne change que lentement, mais c’est tout de même à nous de mettre en œuvre les changements. Malgré tout, l’impulsion du changement nous sera alors perceptible, et bientôt il se manifestera dans la vie de tous.