Des scientifiques se penchent sur le mystère des agroglyphes – [sommaire]
par Leslie Kean,
Au cours de l’été 2002, les agroglyphes (crop circles) ont été en vedette avec la sortie du film Signs. Depuis, la baie de San Francisco a eu le privilège de voir le phénomène se produire pour de bon.
La formation découverte en juin dans un champ de blé à Rockville, dans le comté de Solano, semble être la plus grande jamais signalée aux Etats-Unis, et elle a attiré des centaines de visiteurs (voir compte rendu dans l’encadré p.16). Une analyse des plantes et de la terre prélevés au sein de cet agroglyphe, et comparée à celle d’échantillons provenant d’autres endroits du champ, pourrait aider les chercheurs à déterminer si l’agroglyphe de Rockville est tout simplement l’œuvre d’individus qui sont venus à la dérobée aplatir les tiges avec des planches. Pour beaucoup, cela paraît la seule explication possible.
Il existe cependant des preuves tangibles montrant que tous les agroglyphes ne sont pas faits de façon aussi rudimentaire. Des données surprenantes publiées dans des journaux scientifiques très sérieux montrent clairement que certaines de ces figures géométriques, que l’on trouve dans des dizaines de pays, n’ont pu être créées par des « farceurs munis de planches ».
Une étude effectuée par une équipe de scientifiques, grâce au soutien financier de Laurance Rockefeller, et sur le point d’être publiée, est arrivée à la conclusion « qu’il est possible que nous observions les effets d’une forme d’énergie nouvelle, encore inconnue ».
Anomalies sur les échantillons prélevés sur certains sites
Au début des années 1990, William Levengood, biophysicien au Pinelandia Biophysical Laboratory, dans le Michigan (Etats-Unis), a examiné des végétaux et de la terre provenant de 250 agroglyphes apparus dans sept pays différents.
Les échantillons prélevés à l’intérieur et à l’extérieur de ces formations ont été fournis par la BLT Research Team (équipe composée de trois chercheurs, Burke, Leven-good et Talbott), basée dans le Massachusetts.
W. Levengood, auteur de plus de cinquante articles publiés dans la presse scientifique, a mis en évidence de nombreuses modifications constatées dans les végétaux prélevés au sein de figures géométriques, notamment un étirement des nœuds le long des tiges, ainsi que des « cavités d’expulsion », des trous qui se sont formés à l’endroit des nœuds, à la suite du brusque échauffement de l’humidité interne, sous l’action d’intenses poussées de radiation. La vapeur à l’intérieur des tiges s’est échappée soit en étirant les nœuds, soit, lorsque le tissu n’était pas suffisamment élastique, en les faisant éclater, comme une pomme de terre qui éclate dans un four à micro-ondes.
Des graines provenant de plantes prélevées dans les agroglyphes et mises à germer en laboratoire ont montré des altérations significatives dans leur croissance, comparées avec des plantes prélevées à l’extérieur des formations. On a pu constater soit une incapacité à former des graines, soit, au contraire, une croissance spectaculaire des semences – selon les espèces, l’âge des plantes lorsque le cercle a été créé, et l’intensité du système d’énergie en cause.
Ces anomalies ont également été trouvées dans des touffes encore droites à l’intérieur des agroglyphes et dans de petites parcelles de végétaux aplatis trouvés ici et là à proximité des figures géométriques. Tout ceci suggère l’action d’une force naturelle encore inconnue.
Publiées en 1994 dans Phisiologia Plantarum, le journal international des Sociétés européennes de physiologie végétale, les données établies par W. Levengood ont montré que « les plantes prélevées au sein des agroglyphes présentent des anomalies anatomiques qui excluent l’hypothèse de canulars ». Il définit une formation « authentique » comme « étant produite par des forces énergétiques externes indépendantes de l’influence humaine ».
Un étrange « vernis » brun recouvrant les plantes à l’intérieur d’un agroglyphe britannique a fait l’objet d’un article de W. Levengood et John Burke, paru en 1995 dans le Journal of Scientific Exploration. Ce « vernis » était du fer pur qui s’était incrusté dans les plantes alors qu’il était encore en fusion. De minuscules boules de fer furent également trouvées dans le sol.
En 1999, Ronald Ashby, chercheur britannique, examina le « vernis » au moyen de microscopes optiques et électroniques. Il mit en évidence le fait qu’une chaleur intense avait été nécessaire, le fer fondant à environ 1 500 ° C, et qu’elle avait été administrée par petites doses ne durant pas plus d’un millième de seconde. « Une enquête approfondie a montré qu’il n’existe aucune explication normale pour ce vernis », a-t-il déclaré en guise de conclusion.
Dans un autre article paru en 1999 dans Physiologia Plantarum, W. Levengood et N. Talbott ont émis l’hypothèse que l’énergie à l’origine des agroglyphes pourrait être un tourbillon plasmique atmosphérique – de multiples masses d’air chargées d’électricité agissant les unes sur les autres lorsqu’elles tournent autour des lignes du champ magnétique terrestre. Mais on trouve dans certaines formations des carrés et des lignes droites.
Bernard Haisch, astrophysicien au California Institute for Physics and Astrophysics de Palo Alto (Californie), affirme pour sa part que « des motifs aussi élaborés et aussi intelligemment conçus ne peuvent être l’œuvre d’une force naturelle ». Il souligne cependant le fait qu’étant donné que tous les agroglyphes ne font pas l’objet d’investigations poussées, on ignore combien sont authentiques. Par ailleurs, il n’est pas vraisemblable que la complexité des agroglyphes ait pu naturellement évoluer d’une manière aussi rapide. « Les phénomènes naturels sont à l’origine de la formation de chaînes de montagnes ou de continents – ils n’apprennent pas la géométrie en dix ans », a déclaré B. Haisch, rédacteur scientifique à Astrophysical Journal et auteur de plus de 120 articles scientifiques.
En 1999, Laurance Rockefeller, philanthrope, a rendu possible l’étude la plus sérieuse et la plus révélatrice à ce jour. La BLT Research Team a collecté des centaines d’échantillons de plantes et de terre dans une formation composée de sept cercles dans un champ d’orge, à Edmonton (Canada). Les tiges présentent à la fois des nœuds étirés et des cavités d’expulsion, et les échantillons de terre contiennent des boules de fer typiques, ce qui indique une formation authentique. Les plantes prélevées en dehors ne présentent, par contre, aucune de ces modifications.
Sampath Iyengar, minéralogiste au Technology of Materials Laboratory, en Californie, a examiné des minéraux argileux spécifiques, sensibles à la chaleur, dans ces sols, en utilisant la diffraction sous rayons X et un microscope électronique. Il a découvert une augmentation du degré de cristallisation (l’ordre des atomes) dans les minéraux de l’agroglyphe, ce que le statisticien Ravi Raghavan a déterminé comme étant statistiquement significatif à 95 %.
« J’ai reçu un choc, a déclaré S. Iyengar, spécialisé en minéralogie argileuse depuis trente ans. En effet, de telles modifications sont normalement découvertes dans des sédiments enfouis dans la roche depuis des milliers et des milliers d’années, modifications survenues en raison de la chaleur et de la pression, mais jamais dans des sols de surface. »
Tout aussi étonnante est la corrélation directe entre l’allongement des nœuds sur les tiges et l’accroissement de la cristallisation des minéraux, ce qui indique que ces changements ont été provoqués par une source d’énergie commune.
Les scientifiques n’ont pu cependant expliquer comment ceci était possible. La température requise pour modifier la cristallisation du sol se situerait entre 800 et 1000 ° C, ce qui devrait détruire les plantes.
Evaluation des preuves
Réalisant les ramifications possibles de ces découvertes, N. Talbott a sollicité l’expertise d’un professeur émérite de géologie et de minéralogie au Dartmouth College, Robert Reynolds Jr, président fondateur de la Clay Minerals Society. Il est considéré par ses collègues comme« l’expert le plus renommé dans le monde »en ce qui concerne l’analyse par diffraction sous rayons X des minéraux argileux. R. Reynolds est arrivé
à la conclusion que les données fournies par la BLT Team avaient été « obtenues par du personnel compétent, en utilisant les méthodes habituelles ». La chaleur intense nécessaire pour provoquer les modifications observées dans la cristallisation « aurait dû calciner toute substance végétale, a-t-il confirmé dans une déclaration destinée au rapport Rockefeller. En résumé, je crois que nos connaissances actuelles n’offrent aucune explication. »
James Deardorff, météorologiste et professeur émérite au College of Oceanic and Atmospheric Sciences de l’Université de l’Oregon, a déclaré dans un commentaire publié en 2001 dans Physiologia Plantarum, que la variété, la complexité et la beauté artistique des agroglyphes « indiquent un travail intelligent » et qu’il ne peut s’agir en aucun cas d’un tourbillon de plasma.
J. Deardorff met également l’accent sur le fait que les anomalies constatées sur les plantes examinées de manière approfondie par W. Levengood et N. Talbott ne peuvent avoir été provoquées par des plaisantins.
Ainsi décrit-il une formation apparue en 1986 en Grande-Bretagne, où les couches supérieures et inférieures de céréales étaient enroulées d’une manière compliquée, et courbées perpendiculairement les unes par rapport aux autres, d’une manière « défiant toute explication. Les gens ne veulent pas regarder tout ceci en face et les scientifiques doivent affronter la dérision », a-t-il déclaré dans une interview.
Des témoignages visuels
Ajoutant des éléments à l’énigme, des cinéastes professionnels ont filmé en plein jour d’étranges « boules de lumière » sur les sites d’agroglyphes, et des phénomènes lumineux ont été observés par de nombreux témoins sur le site de la formation canadienne étudiée grâce au soutien de Laurance Rockefeller.
Un photographe britannique, Andrew Bucley, a saisi sur sa pellicule un oiseau qui plongeait sur une boule de lumière comme pour la saisir et qui a rapidement battu en retraite sous l’impact, ce qui montre clairement la réalité tridimensionnelle de la boule de lumière.
Steven Alexander a saisi un fermier du voisinage au moment où il arrêtait son tracteur pour regarder la boule de lumière passant au-dessus de sa tête, dans une séquence analysée par Nippon TV au Japon. « Ces images et d’autres que je sais être authentiques ont été captées en plein jour sur des agroglyphes, a ajouté S. Alexander. Ceci serait pratiquement impossible s’il s’agissait de canulars. »
Le docteur Eltjo Hasselhoff, physicien et chercheur néerlandais qui étudie les agroglyphes depuis plus de dix ans, déclare ne pouvoir expliquer d’où viennent les lumières. Il les décrit comme « des objets volants brillants, fluorescents… dont la taille varie entre celle d’un œuf et celle d’un ballon de football ».
Une boule de foudre, plasma à haute énergie, est le phénomène naturel connu qui ressemble le plus au comportement des boules de lumière observées, mais il est généralement associé aux orages et aux tornades.
« Nous ne savons pas ce qu’est une boule de foudre, mais je ne pense pas que la foudre ait quelque chose à voir avec les agroglyphes », a déclaré Bernard Haisch.
Dans un article paru en 2001 dans Physiologia Plantarum, Eltjo Hasselhoff s’est penché sur les anomalies constatées sur les nœuds par William Levengood et Nancy Talbott dans trois figures géométriques apparues en Allemagne, afin de voir si elles pouvaient avoir été provoquées par une « source électromagnétique » placée au-dessus du centre d’un cercle, émettant de la chaleur. D’étranges lumières avaient en effet été constatées pendant la formation d’un de ces cercles.
Selon les calculs d’E. Hasselhoff, les anomalies constatées pourraient s’expliquer « en présumant qu’une boule de lumière a provoqué le gonflement des nœuds ».
Une étude précédente de W. Levengood a également montré une corrélation linéaire entre les modifications constatées sur les plantes et leur distance par rapport à une source centrale d’énergie, les effets sur les nœuds étant plus prononcés à l’intérieur du cercle. Cette recherche est intéressante mais elle ne donne aucune explication définitive sur les lumières ou leur relation avec la création des figures géométriques.
Face à ce mystère, les scientifiques se heurtent à des questions sans réponses. Pourrait-il s’agir d’une technologie secrète utilisant le laser à partir de satellites ? S’agit-il d’un phénomène naturel ? Ou d’une conscience ou d’une intelligence dirigeant une forme d’énergie encore inconnue pour nous ?
« Considérer les éléments et repartir sans être convaincu est une chose, déclare l’astrophysicien B. Haisch. Mais refuser de les regarder et porter un jugement négatif en est une autre. Ce n’est pas de la science. »
Article publié dans Providence Journal, (E.-U.), le 16 septembre 2002, et reproduit avec l’aimable autorisation du journal.
Source : Providence Journal(E-U)et Associated Press
Willy Brandt, un homme hors du commun – [sommaire]
par Alexander Douwes Dekker,
Les enseignements de la Sagesse éternelle révèlent que notre univers et toutes les formes de vie qui y participent répondent à des énergies qui pénètrent tous les aspects de l’existence et les influencent. L’impact de ces énergies et notre réponse à ces dernières confèrent à chaque ère, à chaque nation comme à chaque individu les qualités, les forces et les faiblesses qui leur sont propres. Ces notions, concernant les énergies ou « rayons » des individus et des nations, seront sans doute devenues familières à nos lecteurs. Le portrait dressé ici, de l’une des figures majeures de ce temps, Willy Brandt (1913-1992), examine l’homme et sa contribution à l’histoire du monde sous l’angle de l’ésotérisme.
Dans l’ouvrage d’Alice Bailey les Rayons et les initiations, le Maître Djwhal Khul, en commentant certains effets des guerres mondiales, déclarait : « Ceux qui luttent pour l’unité du monde et enseignent aux hommes les principes de l’harmonie et les relations humaines justes, seront un jour reconnus comme étant les vrais héros. »
Présenté dans Partage international (décembre 1992, p. 27), peu après sa mort, comme « l’un des personnages de l’Histoire contemporaine les plus importants », Willy Brandt était bien un héros de ce type.
Le rôle que W. Brandt a joué, à la présidence de la Commission Nord-Sud sur les questions de développement, à partir de 1977, est révélateur du service qu’il a rendu au monde. Hélas, en 1981, les gouvernements occidentaux s’opposèrent aux propositions de cette commission, connue sous le nom de Commission Brandt, propositions détaillées dans son rapport de 1980, Nord-Sud, un programme de survie. Si elles avaient été acceptées, le monde aurait pu voir se lever un nouveau jour. On pourrait même dire que Maitreya, qui a inspiré le travail de cette commission (PI, déc. 1992),serait depuis longtemps apparu sur le devant de la scène.
Rayons et vie politique
L’introduction par laquelle W. Brandt ouvre ce rapport est toujours d’actualité : « Notre rapport se fonde sur ce qui paraît être le simple intérêt de tous : que l’humanité veut survivre, et l’on pourrait même ajouter qu’elle a l’obligation morale de survivre. Ceci ne pose pas seulement les questions traditionnelles relatives à la guerre et à la paix, mais aussi celles de la faim dans le monde, de la misère de masse et des disparités alarmantes entre les conditions de vie des riches et des pauvres[…]. En résumé, ce rapport traite tout simplement de la paix. »
Peu de gens réalisent que la politique, ainsi que d’ailleurs tous les domaines de l’activité humaine, peuvent être « spirituels ». Pourtant, les enseignements de la Sagesse éternelle, tels qu’ils sont présentés en Occident à travers les ouvrages d’Alice Bailey (comme dans L’Extériorisation de la Hiérarchie) et de Benjamin Creme, affirment que la politique joue un rôle majeur dans l’évolution de l’humanité et constitue un champ de service fondamental.
Les rayons de Willy Brandt, indiqués par le Maître de Benjamin Creme, sont les suivants : âme 2 ; personnalité 1 (sous-rayon 4) ; corps mental 5 (sous-rayon 7) ; corps astral 2 (sous-rayon 4) ; corps physique 1 (sous-rayon 3). Cette indication fournit une clé permettant de comprendre le sens de sa vie : une vie dédiée au service à l’échelle mondiale.
Willy Brandt est né en 1913, sous le nom d’Herbert Frahm, à Kiel (Allemagne). Il était l’enfant illégitime d’une famille de la classe ouvrière. Son grand-père et sa mère avaient tous les deux reçu une bonne éducation ; ils étaient membres du Parti social démocrate allemand.
W. Brandt eut très jeune une activité politique et devint membre du parti dès l’âge de 16 ans (l’âge minimum normal était 18 ans) en reconnaissance de son potentiel exceptionnel.
Vu sous l’angle de l’ésotérisme, cette précocité révèle un disciple hautement évolué, atteignant jeune la plénitude de sa personnalité. Ses rayons nous éclairent sur les raisons pour lesquelles ses qualités naturelles furent reconnues à l’époque. Toutefois, l’influence majeure dans la vie d’un disciple tel que W. Brandt, c’est le point d’évolution. Celui-ci est l’indicateur de la qualité du niveau de conscience et en conséquence de la puissance et de l’amplitude de son influence, ainsi que de l’impact de son service au monde.
W. Brandt était pratiquement un initié du troisième degré (2,97) – et donc « polarisé spirituellement » – doué d’une vision et d’une volonté spirituelle telles que le niveau et la qualité de son service étaient très supérieurs à ce qu’il est possible d’atteindre pour des disciples moins évolués. A titre de comparaison, signalons que le Mahatma Gandhi et Martin Luther King étaient des initiés du second degré, alors que Winston Churchill était un initié du troisième degré.
La compréhension intuitive de ce que sont des relations humaines justes, qui caractérise le deuxième rayon, s’exprimant à travers une puissante personnalité charismatique, en faisait un dirigeant né. Son véhicule mental de cinquième et septième rayons lui permettait d’aborder idéalement des questions complexes d’une manière claire et pragmatique. Son corps astral (ou émotionnel), sensible et doué pour la communication, coloré par le deuxième rayon associé à un sous rayon quatre, et son corps physique puissant et adaptable de premier et de troisième rayons étaient parfaitement alignés avec ses rayons d’âme (2) et de personnalité (1 et 4). Combinée à sa polarisation spirituelle, cette structure lui permit sans aucun doute de mener à bien son travail de disciple et laissa entrevoir aux autres la bonté, la vérité, la volonté, l’intuition et la beauté radieuse innées de son âme
En 1933, quand Hitler et le parti nazi s’emparèrent du pouvoir, il décida de fuir sa patrie pour la Norvège. De là, il s’engagea dans la résistance contre les Nazis à l’intérieur et en dehors de l’Allemagne et visita secrètement Berlin en 1936. L’année suivante il se rendit en Espagne, et la guerre civile qui y opposait forces de droite et forces de gauche produisit sur lui une impression durable.
Le manque de réalisme de beaucoup de dirigeants des partis de gauche, de même que le jeu de pouvoir stalinien, déplaisaient à Willy Brandt. Il acquit la conviction que la démocratie sociale qu’il avait connue en Scandinavie était l’approche la meilleure et la plus pragmatique pour améliorer le sort des peuples. Cette conviction qui ne le quitta plus nous ramène à son rayon d’âme. Le réalisme et le pragmatisme auxquels il tenait beaucoup cadraient avec le cinquième et le septième rayon de son véhicule mental.
Après l’occupation de la Norvège par l’Allemagne en 1940, W. Brandt fut capturé par les autorités nazies mais heureusement il ne fut pas reconnu et réussit à s’échapper en Suède. Là, il participa à des mouvements de résistance en tant que journaliste. Contrairement à d’autres exilés allemands, il ne douta jamais des rapports sur les camps de concentration.
Après la guerre, il retourna en Allemagne en tant que correspondant pour des journaux scandinaves. En 1948, il reprit la nationalité allemande sous le nom de Willy Brandt et l’année suivante il devint membre du nouveau Parlement allemand au sein du parti social démocrate.
Du fait de la Guerre froide (1948-1989), l’Allemagne et sa capitale Berlin restèrent divisées avec d’un côté un Occident capitaliste allié des Etats-Unis et de l’autre côté l’Est communiste allié de l’Union soviétique. Durant son mandat de maire gouverneur de Berlin Ouest (1957-1966), Willy Brandt réussit à établir de nombreuses relations de travail des deux côtés et à les maintenir. Ce fut un véritable tour de force, compte tenu des tensions existantes dont le point culminant fut la construction, en 1961, du Mur de Berlin par le gouvernement Est allemand.
Ceci montre bien l’habileté dont il fit preuve toute sa vie pour coopérer avec des gens de nombreuses orientations politiques différentes, sans pour autant compromettre ses propres convictions. Et le fait qu’il n’avait jamais eu aucun lien avec l’Allemagne nazie en faisait un partenaire fiable pour les dirigeants politiques des pays d’Europe de l’Est. C’est sur cette base qu’il s’appuya en tant que chancelier de l’Allemagne de l’Ouest (1969-1974) avec son cabinet pour restaurer les relations entre son pays (la RFA), et l’Union soviétique alliée aux pays de l’Europe de l’ Est. Cette politique fut une réussite en ce qu’elle réduisit les tensions résultant de la guerre, contribua à guérir de nombreuses blessures causées par les atrocités nazies et permit plus rapidement la fin de la Guerre froide. En 1971, il reçut le Prix Nobel de la paix pour la politique étrangère de son gouvernement connue sous le nom de Ostpolitik.
Peu oublieront ce jour de 1970 où, au cours d’une visite d’Etat en Pologne, Willy Brandt s’agenouilla en public. La vue de son imposante présence, en humble révérence devant un mémorial de guerre à Varsovie, remua les cœurs et captiva l’attention partout dans le monde. A travers ce geste spontané et spectaculaire, il démontra la volonté de la nouvelle République allemande de reconnaître les horreurs du passé et d’assumer la responsabilité de relations justes dans le présent.
Ceux qui sont familiers avec le travail de groupe dans le domaine ésotérique trouveront intéressant de savoir que W. Brandt évitait de recourir au vote pour prendre des décisions et qu’il chercha toujours à trouver le consensus au sein de son cabinet.
Souvent critiqué pour son « indécision » tout au long de sa carrière politique, il s’intéressa peu au côté organisationnel des processus politiques de son cabinet. Au lieu de cela, il aimait entamer des discussions et était toujours impatient d’explorer de nouvelles idées et approches.
Cette ouverture pourrait bien être une des raisons pour lesquelles W. Brandt décida, après avoir initialement hésité, de présider la Commission Nord-Sud des pays non alignés sur les questions de développement. L’intégration de membres de pays communistes risquait certes d’être inutile, vu les tensions de la Guerre froide ; mais il estimait que cette Commission constituait un rassemblement unique en son genre de penseurs expérimentés issus de nations riches, industrialisées et de pays pauvres du tiers monde.
Tout au long de l’existence de la Commission (1977-1983), W. Brandt consulta régulièrement des dirigeants des pays communistes tel que Leonid Brejnev de l’ex Union soviétique. Le génie de W. Brandt se manifesta par son habilité à rassembler et à synthétiser un large éventail d’opinions politiques et économiques différentes qui, jusque-là, avaient été ressenties et vécues comme hostiles les unes envers les autres. Les divisions étaient profondes à l’époque où W. Brandt fut invité à relever ce défi. Les notions de synthèse, d’inclusion, étaient au centre des observations et des recommandations émises par la Commission Brandt. Son Rapport (1980) était à l’époque unique dans sa description de la nécessité d’interactions économiques entre pays riches et pays pauvres. Il démontra qu’il était de l’intérêt des pays riches que les pays en voie de développement aient les moyens d’assurer leur croissance. La Commission recommanda fortement la mise en place d’un Programme d’urgence constitué de quatre points principaux :
– un transfert à grande échelle de ressources vers les pays en voie de développement ;
– une stratégie énergétique internationale ;
– un programme alimentaire mondial ;
– des réformes majeures au sein du système économique international.
Globalement, les recommandations de la Commission sont basées sur le principe du partage. Les réformes initiales de l’économie mondiale suggérées dans le Rapport auraient signifié la naissance d’un système mondial de commerce équitable, ouvert et libre pour la première fois dans l’histoire.
Ce Rapport fut suivi d’une mise à jour appelée Crise commune : la coopération Nord-Sud pour le rétablissement du monde (1983). Là encore, l’introduction de Willy Brandt parle d’elle-même :
« Avec mes collègues, j’espère que nos réflexions et nos pensées ouvriront une voie vers un monde plus juste et prospère pour les générations à venir – un monde libéré de la dépendance et de l’oppression, de la faim et du désespoir. Un nouveau siècle approche et avec lui la perspective d’une nouvelle civilisation. Ne pourrions-nous pas commencer à poser les fondations de cette nouvelle communauté basée sur des relations raisonnables parmi les peuples et les nations, et à construire un monde dans lequel le partage, la justice, la liberté et la paix domineraient ? »
Un homme d’exception
Vu sous l’angle de l’ésotérisme, l’œuvre politique de W. Brandt peut s’interpréter comme la manifestation d’une motivation spirituelle et d’une intégrité inspirée par l’âme, rarement vues dans l’histoire. Le courage caractéristique dont il fit preuve tout au long de sa vie face à l’adversité, et la volonté tenace qu’il manifesta pour faire face à de nouveaux défis, tant au sein de son parti qu’au niveau national et international, peuvent être considérés comme les qualités d’une personnalité hautement intégrée de premier et quatrième rayons, et d’une âme de deuxième rayon.
Sa polarisation spirituelle, travaillant à travers les véhicules de sa personnalité inspirée par l’âme, se manifesta par le don de soi, l’intuition, une vision globale, l’idéalisme, la loyauté, la persévérance, l’esprit de synthèse et l’amour. Des vices tels que le fanatisme, le sectarisme, la partialité, les préjugés et la violence n’avaient aucune place dans son attitude envers la politique : volonté d’une coopération altruiste sans compromettre pour autant ses convictions politiques.
Sa capacité de voir le tout plus vaste et de travailler pour le bien supérieur se comprend mieux à la lumière des rayons de son corps mental. On pourrait croire qu’un corps mental de cinquième et septième rayons serait enclin à trop rentrer dans le détail, à penser peut-être d’une manière limitée purement intellectuelle avec un grand intérêt pour l’organisation. En effet, des écrits tels que son autobiographie (1989) ou l’Armement et la faim dans le monde (1985) sont remplis de récits et d’informations détaillées. Cependant, que ce soit en présentant des faits d’ordre général ou ses opinions personnelles, son style sobre mais sensible, souvent journalistique, révèle son esprit de synthèse, sa perception de l’existence d’un grand tout plus vaste.
Dans les Rayons et les Initiations, le Maître Djwhal Khul déclare que le cinquième rayon, celui de la connaissance concrète, « est profondément lié à l’énergie d’Amour-Sagesse, et que le nom que nous donnons à sa fusion avec l’aspect amour est « sagesse », car toute sagesse est faite de connaissance acquise à travers l’expérience affermie par l’amour » (p 591). Ceci est bien illustré par le pragmatisme sensible et visionnaire dont W. Brandt fit preuve, surtout en tant qu’homme politique d’un certain âge.
Ses confrères membres du Parti socialiste international, qu’il présida durant de longues années, furent influencés par lui – par exemple, son ami, le premier ministre suédois, Olaf Palme, et le premier ministre norvégien, Gro Harlem Brundtland. La commission Palme sur le désarmement et la sécurité et la commission Brundtland sur l’environnement et le développement, dans les rapports Sécurité commune (1982) et Notre avenir commun (1987) respectivement, complétèrent et élargirent le travail commencé par la Commission Brandt.
Au cours des dernières années de sa vie, des personnalités de nombreux pays et d’horizons politiques différents – tels que le premier ministre indien Indira Gandhi et le leader soviétique Mikhaël Gorbatchev – recherchèrent son avis et apprécièrent beaucoup sa vision des choses. Même son rival en politique, le chancelier Helmut Kohl, le consulta à plusieurs reprises au cours de la réunification de l’Allemagne.
Une vision non partagée
Malheureusement, la compréhension que W. Brandt avait de la situation difficile des Allemands de l’Est après la chute du mur de Berlin ne fut pas partagée par la plupart des figures publiques de l’Allemagne de l’Ouest. Son opinion que les Allemands de l’Est ne devaient pas abandonner leurs traditions et leurs réalisations, ne fut pas partagée. Toutefois, la réunification toucha beaucoup W. Brandt qui avait abandonné l’espoir de voir cet événement se dérouler de son vivant.
Willy Brandt demeura actif toute sa vie. En 1990, il invita les membres des différentes commissions présidées par Gro Harlem Brundtland, Olaf Palme et lui-même, et la commission Sud (dont l’objectif depuis 1986 était de renforcer la coopération entre les pays en voie de développement) présidée par Julius Nyerere, ancien président de la Tanzanie, à se réunir et à discuter de la nouvelle situation mondiale après la Guerre froide. Ceci finit par aboutir, en 1992, juste avant sa mort, à la création de la Commission sur un gouvernement mondial.
Il ne vécut pas assez longtemps pour assister à la publication du rapport de cette commission, Notre voisinage mondial (1995), mais les recommandations de celle-ci pour faire de notre monde un endroit plus coopératif, sûr et équitable pour tous, en rendant plus puissante, en démocratisant et en diversifiant l’Organisation des Nations unies, sont dans l’esprit de son héritage politique et spirituel.
Questions-réponses concernant Willy Brand
Question : Quel était le niveau d’évolution de Willy Brandt lorsque, très jeune, il est entré en politique ?
Benjamin Creme : C’était un initié du deuxième degré. Dans sa maturité, il a agi comme un initié du troisième degré, ce qu’il était pratiquement, son niveau précis d’évolution étant 2,97.
Q. [1] Willy Brandt fut-il adombré par Maitreya ? [2] Etait-il un de ses disciples ?
BC. [1] Non. [2]Non. C’était un disciple d’un autre Maître.
Q. Maitreya a-t-il inspiré la création de la Commission Brandt ?
BC. L’une des premières actions de Maitreya dans le domaine politico/économique, peu après son entrée dans le monde moderne en juillet 1977, fut d’inspirer la mise en place de la Commission Brandt.
En novembre 1977, Maitreya est apparu à Willy Brandt et lui a demandé de réunir des représentants de toutes les grandes nations, appartenant à tout l’éventail économique et politique, afin de former la Commission Brandt.
Les recommandations issues de ces rencontres furent publiées dans un rapport intitulé Nord-Sud, un programme de survie, un titre indiquant de manière précise les conclusions de la Commission, à savoir que la survie de la planète dépendait littéralement de la mise en place immédiate du programme proposé. Seule une action de ce genre pouvait sauver l’humanité de l’extinction.
Au premier abord, W. Brandt ne pensait pas que l’idée fut valable, car il régnait à l’époque une extrême division idéologique. Il pensait que les choses n’avaient guère de chance d’aboutir et il doutait un peu de ses capacités à mener à bien une tâche aussi difficile. Mais il se mit au travail et ses propres qualités d’inclusivité et de synthèse commencèrent à se manifester. Il découvrit alors que le fossé infranchissable qui semblait diviser les différents concepts économiques et politiques pouvait se combler, si chacun y mettait suffisamment de bonne volonté.
Son rôle fut d’essayer de parvenir à un consensus, ce qui aux yeux de Maitreya était essentiel ; ce ne devait pas être un accord de façade, mais un véritable consensus laissant de côté l’idéologie personnelle afin de trouver une manière de sauver le monde.
L’éventail très large d’attitudes et d’idées différentes, réunies sous la direction et l’inspiration de Willy Brandt, suscita une vision de grande ampleur et la Commission réussit à accomplir sa mission. Le problème était de déterminer les mesures essentielles à prendre pour assurer la survie de la planète. Et la solution trouvée fut : le partage.
Les recommandations de la Commission Brandt furent largement acceptées, excepté en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Le partage représentait un certain sacrifice de la part des grandes puissances occidentales, et elles n’étaient pas encore prêtes.
Les propositions de la Commission Brandt incarnent les idées de Maitreya, en ce qui concerne la création d’un monde économique équitable pour tous.
J’ajouterai que c’est aujourd’hui encore la seule voie qui puisse nous assurer un avenir. Il est maintenant plus urgent que jamais que le principe du partage soit appliqué.
Références :
– Alice A. Bailey, L’extériorisation de la Hiérarchie, Lucis Press 1957.
– Alice A. Bailey, Un traité sur les Sept Rayons, vol V : Les Rayons et les Initiations, Lucis Press 1960.
– Willy Brandt, L’armement et la faim dans le monde : un appel à l’action, Victor Golancz Ltd, 1986.
– Willy Brandt, Erinnerungen (mémoires). Propylaen, Francfort sur le Main, 1989.
– La Commission Brundtland sur l’environnement et le développement, Notre Avenir Commun, 1987.
– Benjamin Creme, la Mission de Maitreya, tomes 1, 2 et 3. Partage international 1986, 1993 et 1997.
– Barbara Marshall, Willy Brandt : Une biographie politique, MacMillan Ltd., 1997.
– La commission Palme sur le désarmement et la sécurité, 1982.
– La commission sur un gouvernement mondial, Notre voisinage mondial, 1995.
– La commission Nord-Sud sur le développement (la commission Brandt) : Nord-Sud : un programme pour la survie. Mit Press, 1980.
– La commission Nord-Sud sur le développement (la commission Brandt) : La crise commune, coopération Nord-Sud pour le rétablissement du monde, 1983.