Partage international no 197 – février 2005
Militante écologiste de nationalité kenyane, Wangari Maathai s’est vue attribuer le Prix Nobel de la Paix. Responsable du Green Belt Movement (Mouvement de la ceinture verte) qui, depuis près de trente ans, travaille à la protection de l’environnement, à donner du pouvoir aux femmes et à combattre la corruption en Afrique. Wangari Maathai, secrétaire d’Etat à l’Environnement au Kenya, est la première femme africaine et la première écologiste à recevoir cette distinction depuis sa création en 1901.
Le Mouvement de la ceinture verte, qu’elle a créé, a planté 30 millions d’arbres en Afrique pour ralentir la déforestation. Il favorise un développement de base par le biais de l’éducation, du planning familial, de la nutrition et du progrès des droits des filles et des femmes.
« La paix sur la Terre dépend de notre capacité à assurer pour nous et nos enfants un environnement sûr », a-t-elle déclaré lors de sa nomination.
W. Maathai se tient à l’avant-garde du combat pour la promotion d’un développement social, économique et culturel compatible avec l’écologie, au Kenya et en Afrique. En s’opposant aux projets du parti au pouvoir pour la construction d’un gratte-ciel géant à Nairobi, en 1989, elle avait déclaré : « Nous devons des milliards aux banques étrangères et le peuple meurt de faim. Nous avons besoin de nourriture, de médicaments, et non d’un gratte-ciel pour loger le parti au pouvoir, ou d’une station de télévision 24 h/24. Une politique de développement qui spolie les ressources humaines, les forêts, la terre, l’eau et la nourriture est une politique à court terme, autodestructrice. Mais pour certains dirigeants, le développement signifie agriculture intensive de produits destinés à enrichir les propriétaires et non à nourrir les populations, barrages coûteux, luxueux hôtels, aéroports, hôpitaux, armées lourdement équipées et des supermarchés. Voici les priorités des budgets nationaux ! Peu importe si cela ne reflète pas les besoins du peuple, qui, si on lui demandait son avis, préfèrerait qu’on lui donne de la nourriture, des logements, des écoles, de l’eau potable, des dispensaires, de l’information et de la liberté. »
On a accusé W. Maathai de préférer l’environnement à la paix. Mais certains ont salué son inspiration et son audace. Selon elle : « Les guerres en Afrique ont souvent pour enjeu les ressources naturelles. Les préserver est une manière d’éviter les conflits. En gérant nos ressources, nous semons les graines de la paix. »
Sources : The Guardian, Grande-Bretagne
Thématiques : environnement, politique, Économie
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)
