Partage international no 375 – novembre 2019
Partout dans le monde, des millions de personnes se sont jointes à la plus grande manifestation jamais organisée contre le changement climatique.
Le 20 septembre 2019, à travers le monde, plus de quatre millions de personnes, jeunes et moins jeunes, sont descendues dans la rue pour exiger des mesures d’urgence climatique.
Le mouvement de la jeunesse lancé par la gréviste scolaire suédoise Greta Thunberg en 2018 est devenu mondial et a appelé les adultes à s’y associer. Greta a déclaré : « Nous avons montré ce que nous pouvons faire, et c’est maintenant à eux [les dirigeants] de montrer ce qu’ils peuvent faire. »
On estime que des manifestations ont eu lieu dans 185 pays, à la veille du sommet de l’Onu sur le climat, le 23 septembre, pour appeler les gouvernements à agir d’urgence afin de limiter la hausse du réchauffement climatique. Les revendications des manifestants étaient à la fois locales et planétaires.
Asie et Océanie
Le mouvement a commencé dans les Iles du Pacifique. Au cours de la journée, des enfants et des étudiants de Fidji, Samoa, Vanuatu, Kiribati, Tuvalu, Iles Marshall, Tonga, Nouvelle-Calédonie, Iles Salomon et Papouasie-Nouvelle-Guinée ont participé à des spectacles poétiques, des manifestations silencieuses, des évènements sportifs et des débats. Des étudiants ont brandi des pancartes à Kiribati et ont scandé : « Nous ne coulerons pas, nous nous battrons. »
En Australie (premier exportateur mondial de charbon et de gaz naturel liquéfié), plus de 300 000 personnes sont descendues dans la rue, lors de 100 rassemblements, à Sydney, Melbourne et dans de nombreuses autres villes, arborant le slogan « Le niveau des océans progresse, nous aussi. »
A Séoul, en Corée du Sud, une centaine d’élèves ont brandi des pancartes en carton recyclé portant des slogans tels que « Trop chaud pour aller à l’école ».
A Tokyo, des centaines d’étudiants et de militants écologistes ont défilé dans le quartier des affaires et des magasins de Shibuya, scandant : « Justice climatique » tout en brandissant des pancartes en carton, peintes à la main avec des messages tels que « Mettez-vous au vert » ou « Sauvez la Terre ».
Dans la capitale de l’Inde, Delhi, la pollution atmosphérique étouffante était la cible des manifestants. « Nous sommes ici pour réclamer notre droit à la vie, notre droit à respirer et notre droit à l’existence, ce qui nous est refusé par un système politique inefficace qui s’en remet davantage aux objectifs industriels et financiers qu’aux normes environnementales », a déclaré Aman Sharma, un jeune manifestant.
En Thaïlande, des centaines de jeunes ont manifesté devant le ministère de l’Environnement à Bangkok et sont tombés à terre, simulant la mort.
Dans la capitale afghane, Kaboul, 100 jeunes ont marché, protégés par un véhicule blindé de transport de troupes. Ils étaient dirigés par un groupe de jeunes femmes portant une bannière « Vendredi pour le futur ».
Europe
Des manifestations ont eu lieu dans la plupart des pays européens, rassemblant des foules énormes à Varsovie (Pologne), et plus de 1,4 million de personnes à travers l’Allemagne. A Berlin, des manifestants ont bloqué des routes et protesté devant le Parlement allemand. En réponse, Angela Merkel a annoncé un train de 50 milliards d’euros de nouvelles mesures visant à réduire les émissions de carbone et à évaluer les progrès accomplis dans la réalisation de ses objectifs climatiques d’ici 2030. A. Merkel a déclaré qu’en tant que scientifique, elle avait été touchée par la devise de Greta Thunberg : « Unissons-nous derrière la science. »
A Bruxelles, une pancarte plutôt poétique disait : « Respectez l’existence ou attendez-vous à de la résistance ! »
Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Dublin (Irlande). Luke Corkery, étudiant à l’université, a écrit dans un tweet : « Il s’agit d’un mouvement dirigé par des jeunes du monde entier. Nous ne cherchons pas seulement une excuse pour un jour de congé scolaire ou universitaire, nous défendons l’avenir de notre planète. »
Au Royaume-Uni, environ 300 000 personnes ont participé à des grèves dans tout le pays, dont 100 000 au rassemblement de Londres, devant les Chambres du Parlement. Je me sens totalement impuissante, mais ici, ensemble, nous avons une chance de faire entendre notre voix et de forcer à l’action. »
En France, 40 000 manifestants ont défilé dans plusieurs villes. Samedi 21 septembre, le lendemain du Vendredi pour le futur, les marches climatiques ont rassemblé 150 000 personnes à travers le pays, dont 30 000 à Paris, 15 000 à Lyon et 10 000 à Grenoble. Ces manifestations agrégeaient des objectifs sociaux et climatiques.
Malgré une présence policière musclée, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Paris, accompagnés de quelques centaines de Gilets jaunes et de syndicalistes, munis de pancartes percutantes et humoristiques : « Quand on sera grand, on aimerait être en vie » ; « Grand-père, c’est quoi un bonhomme de neige ? »
Un manifestant a expliqué : « Il y avait une énergie très joyeuse au début formant un mélange homogène (Gilets jaunes, Verts, syndicats, familles entières, ONG) avant que la manifestation ne soit dispersée. Les discussions entre les participants dans le défilé n’ont laissé aucun doute sur la nécessité d’un changement radical pour la survie de l’humanité. »
Afrique
Dans la capitale du Kenya, Nairobi, de jeunes manifestants portaient des chapeaux et des déguisements fabriqués avec des bouteilles en plastique pour souligner les dangers des déchets plastiques, une menace majeure pour les habitants des pays en développement.
Des grèves ont eu lieu dans plusieurs villes nigérianes, dont Lagos, qui est souvent envahi par d’énormes quantités de déchets toxiques, dont des milliers de tonnes de déchets électroniques de l’Union européenne.
Amérique
La protestation mondiale a culminé à New York, qui s’attendait à vivre l’une des plus grandes grèves climatiques. Les responsables des établissements scolaires de la ville ont accordé à chacun des 1,1 million d’enfants de leurs écoles la permission d’assister à la Grève du climat et d’entendre G. Thunberg parler lors d’un rassemblement au siège des Nations unies.
« Greta ! Greta ! Greta ! », scanda la foule alors qu’elle montait sur scène. La jeune fille a adressé son discours aux élèves, tout en reconnaissant que des adultes s’étaient également absentés de leur travail pour faire grève.
« Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher cette crise de s’aggraver, même si cela signifie sécher les cours ou ne pas aller au travail, parce que c’est plus important, a-t-elle déclaré. Pourquoi devrions-nous étudier pour un avenir qui nous est enlevé ? »
Elle a déclenché des rires lorsqu’elle a décrit tous les politiciens qu’elle a rencontrés et qui réclamaient des selfies. « Ils nous disent qu’ils admirent vraiment, vraiment ce que nous faisons mais ils n’ont rien fait pour faire face à la crise climatique… Nous exigeons un avenir sûr. C’est vraiment trop demander ? »
On estime que plus de 250 000 personnes se sont rendues aux manifestations à New York et que des milliers d’autres ont manifesté à Boston, Miami et San Francisco.
A Mexico, les manifestants ont chanté Se ve, se siente, la Tierra está caliente (Ça se voit, ça se sent, la Terre est chaude). Au Brésil, où de récents incendies en Amazonie ont attiré l’attention sur l’urgence climatique, les étudiants ont participé à des manifestations à Rio de Janeiro, à São Paulo et dans la capitale Brasília.
Date des faits : 20 novembre 2019
Sources : The Guardian, Royaume-Uni ; Mediapart
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
