Partage international no 370 – juin 2019
Au cours de ses vacances de Pâques 2019 au planning surchargé, la militante Greta Thunberg a rencontré le pape au Vatican et a voyagé en train à Londres pour discuter avec des membres du Parlement britannique et les militants d’Extinction Rebellion. Elle participa au débat organisé par Le nouveau mouvement pour le climat qui eut lieu à la Friends House, Euston, Londres, en date du jour de la Terre, le 22 avril, avec la participation de Caroline Lucas, députée du Parti écologiste et d’Anna Taylor du Réseau étudiant britannique sur le climat.
Avec une audience d’environ 1 000 personnes, la salle était bondée, dans un mélange animé de militants d’Extinction Rebellion, de familles avec de jeunes enfants, des grévistes scolaires et des gens de tous âges. Lorsque Greta, qui a 16 ans, apparut sur la scène, elle reçut une ovation. Caroline Lucas prononça un puissant discours d’introduction et exhorta tout le monde à donner la priorité aux gens et à la planète plutôt qu’au profit. « Nous avons besoin de plus de vérité et d’honnêteté. Nous voyons ce qui est en train d’arriver et nous devons agir. Il n’y a pas que le niveau de la mer qui s’élève. Nous nous élevons aussi. Greta nous a montré ce qu’agir veut dire. »
Greta parla simplement et humblement : « Ceci est un mouvement, pas une organisation. Nous n’avons pas de titres. Je ne suis pas un leader, juste une composante du mouvement. Personne n’est irremplaçable.
Lorsqu’on lui demanda si elle regrettait de ne pas aller à l’école pour être présente aux manifestations du Vendredi, elle répondit : « Pourquoi étudierions-nous pour garantir notre avenir alors que notre avenir nous est confisqué ? Pourquoi irions-nous à l’école pour apprendre des faits alors que ces faits ne sont pas pris en considération ? »
Elle insista sur le fait que les manifestations devaient s’étendre : « Il ne s’agit pas seulement de jeunes gens qui en ont assez des politiciens. Il s’agit d’une crise existentielle. Cela affectera l’avenir de notre civilisation. Ce n’est pas seulement un mouvement, il s’agit d’une crise et nous devons agir en conséquence. »
Après son discours devant les politiciens britanniques, elle retourna en Suède avec son père et fit le trajet en train de nuit. Le vendredi suivant, elle manifesta devant le Parlement suédois, avec sa pancarte : « Semaine 36 de la grève scolaire ».
Le premier mai, Jeremy Corbyn, leader du Parti travailliste (opposition), proposa une motion selon laquelle la Grande-Bretagne devrait déclarer une « urgence climatique et environnementale. » Les députés adoptèrent la motion. C’est le premier gouvernement au monde à avoir fait une telle démarche.
[Sources : The Guardian ; quaker.org.uk ; BBC News]
Extraits du discours de Greta Thunberg devant les politiciens
S’adressant directement aux politiciens, Greta Thunberg a déclaré : « Vous nous avez menti. Vous nous avez donné de faux espoirs. Vous nous avez dit qu’il fallait regarder avec confiance vers l’avenir. Mais la plupart des enfants ne sont même pas au courant du sort qui nous attend. Nous ne le comprendrons pas jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Et pourtant, nous sommes les plus chanceux. Ceux qui seront touchés le plus durement en subissent déjà les conséquences. Mais leurs voix ne sont pas entendues…
Beaucoup de gens disent que nous n’avons pas de solutions pour la crise climatique. Et ils ont raison. Car, comment ferions-nous ? Comment « résoudre » la plus grande crise que l’humanité ait jamais connue ? Comment « résoudre » une guerre ? Comment « résoudre » le fait d’aller sur la lune pour la première fois ? Comment « résoudre » le fait d’inventer de nouvelles inventions ?
La crise climatique est à la fois le problème le plus simple et le plus difficile auquel nous ayons jamais été confrontés. Le plus simple parce que nous savons ce qu’il faut faire. Nous devons arrêter les émissions de gaz à effet de serre. Le plus difficile car nos économies sont toujours totalement dépendantes de la combustion des carburants fossiles, et en conséquence détruisent les écosystèmes afin de continuer à créer une croissance économique. « Alors, comment résoudre cela ? », nous demandez-vous – nous, les écoliers qui font la grève pour le climat…
Vous n’écoutez pas les scientifiques car seules les solutions qui vous permettront de continuer comme avant vous intéressent. Comme maintenant. Mais ces réponses n’existent plus. Parce que vous n’avez pas agi lorsqu’il était encore temps…
Nous les enfants, nous ne sacrifions pas notre éducation et notre enfance pour vous entendre nous expliquer ce que vous considérez comme étant politiquement viable dans la société que vous avez créée. Nous ne sommes pas descendus dans la rue afin que vous puissiez prendre des selfies avec nous et nous dire que vous admirez vraiment ce que nous faisons.
Nous les enfants, nous faisons cela pour réveiller les adultes. Nous les enfants, nous faisons cela pour que vous mettiez vos différences de côté et commenciez à agir comme vous le feriez face à une crise. Nous les enfants, nous faisons cela parce que nous voulons qu’on nous rende nos espoirs et nos rêves. »
[Source : theguardian.com]
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Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
