Unis pour un changement mondial : manifestations dans le monde entier

Partage international no 280décembre 2011

Sous le slogan « Il est temps pour eux d’écouter, il est temps pour nous de nous unir », le mouvement Unis pour un changement global a lancé une manifestation mondiale le 15 octobre 2011.

Inspirées par le printemps arabe, le mouvement espagnol des indignés, les manifestations grecques et les mouvements Occupy Wall Street, des manifestations se sont tenues dans plus de 950 villes de 82 pays, la plus importante se tenant à Madrid avec un demi-million de participants. Parmi les autres villes participantes se trouvaient Auckland, Sydney, Hong Kong, Taipei, Tokyo, São Paulo, Paris, Berlin, Bruxelles, Dublin, Helsinki, Montréal, Toronto et Vancouver. A Zurich, plaque tournante financière de la Suisse, les manifestants brandissaient des banderoles « Nous n’allons pas vous renflouer une fois de plus » et « Nous sommes les 99 %.

Les manifestations en Espagne se sont déroulées dans plus de 80 villes. Dans une ambiance paisible et joyeuse, plus d’un million de personnes sont descendues dans les rues de tout le pays. Madrid a été à la pointe, avec 500 000 personnes qui ont participé à la marche jusqu’à la place Puerta del Sol, suivie par Barcelone avec 350 000, Valence 100 000 et Séville 50 000. A côté du slogan principal « Unis pour un changement mondial », on pouvait lire « Contre le capitalisme mondial : Révolution sociale », « Pour un changement global et la justice sociale », « Nous sommes les 99 %, « Citoyens du monde : Soulevez vous ! »

En Amérique latine, des manifestations ont eu lieu dans la plupart des pays, parmi lesquels le Chili, le Brésil, l’Argentine, le Mexique, la Colombie, le Pérou, le Paraguay, l’Uruguay et le Honduras. Au Chili, 36 villes ont organisé des manifestations, la plus grande ayant eu lieu dans la capitale à Santiago, avec 100 000 personnes. Leurs slogans étaient : « Penser globalement, agir localement », « Créer un autre monde ! », « Les priorités d’une société avancée doivent être l’équité, le progrès et la solidarité ».

En Italie, des milliers de manifestants ont été pris dans des émeutes à Rome, mais plus tard, le mouvement italien Occuper Rome a poursuivit sa manifestation pacifique.

A Francfort, en Allemagne, 5 000 personnes ont protesté devant la Banque centrale européenne et à Berlin 10 000 personnes se sont réunies à la fontaine de Neptune sur l’Alexanderplatz, et ont marché vers la porte de Brandebourg et la Chancellerie, siège du gouvernement fédéral.

Le 12 novembre 2011, la police a signalé des manifestations pacifiques à proximité du siège de la Banque centrale européenne à Francfort ainsi que plusieurs milliers de personnes descendues dans les rues de Berlin ; les organisateurs ont affirmé que la participation était d’environ 8 000 à Berlin et 10 000 à Francfort.

Le 15 octobre, des Slovènes se sont rassemblés sur la place du Congrès dans la capitale, Ljubljana, pour protester contre la cupidité, la corruption et le capitalisme en général. Ils se sont ensuite dirigés vers la Bourse, où une assemblée s’est tenue et où les manifestants ont établi un camp.

A Londres, le 15 octobre, des milliers de manifestants ont été empêchés d’occuper le London Stock Exchange, mais 250 d’entre eux ont passé la nuit à proximité de la cathédrale St Paul, et se sont depuis bien installés. Des manifestants ont dressé des camps dans d’autres villes du Royaume-Uni comme Bristol, Birmingham, Brighton, Glasgow et Edimbourg.

Rawaal El Saadawi, éminente activiste et écrivaine égyptienne, a récemment visité le camp d’Occupy London. « C’est une révolution mondiale, a-t-elle déclaré. Nous habitons tous le même monde ‑ un monde unique et non pas trois mondes distincts. Pour moi, c’est comme si j’étais à la place Tahrir. Quelqu’un a fait une plaque à Westminster où est inscrit « Place Tahrir ». Quand je l’ai vue, cela m’a fait sourire. Je rêve d’un nouveau monde, d’un monde qui se révolte contre l’exploitation, le capitalisme, le racisme, le patriarcat, le colonialisme. Etre ici, c’est comme vivre un rêve. Nous avons le même objectif. Nous manifestons contre les inégalités, contre la fracture entre les riches et les pauvres ou entre chrétiens et musulmans. Nous devons nous lever contre les inégalités, et c’est ce qui nous unit. »

En décrivant la manifestation du 15 octobre à Paris, le site Huffington Post a rapporté : « A Paris, les manifestants montraient le poing et criaient en défilant devant la Bourse avant de se rassembler par centaines devant l’hôtel de ville. » Les manifestants criaient : « Debout Paris ! Relève-toi ! Le partage sauvera le monde ! »

Le 4 novembre 2011, environ 500 manifestants ont établi un camp à La Défense, le quartier des affaires près de Paris. Inspiré par les indignés d’Espagne et Occupy Wall Street, les Indignés protestent contre le système financier mondial et refusent de payer les dettes issues de la crise financière. « L’objectif est d’établir un camp et de rester le plus longtemps possible », affirment les organisateurs sur leur site Web Occupons la Défense. Des affrontements ont eu lieu avec la police, des tentes ont été confisquées et plusieurs personnes ont été blessées, mais les manifestants disent qu’ils sont encore plus indignés, et encore plus déterminés à rester. « Nous ne sommes pas stupides, nous savons que si nous restons, nous serons arrêtés. Mais parfois, il faut savoir prendre des risques pour une bonne cause », a déclaré un manifestant.

« Un jour, les français vont se réveiller, ils vont prendre conscience du fait que nous sommes les 99 %. Ils se rendront compte que nous ne pouvons pas laisser juste 1 % décider de notre avenir », a déclarée Julie, une manifestante.

Depuis lors, leur camp est démoli presque quotidiennement par la police qui confisque même couvertures et denrées alimentaires, les forçant à dormir dehors sous de faibles températures.

La socialiste française Monique Dagnaud affirme que le mouvement mondial des indignés va s’inscrire dans la durée : « Ce sont surtout des jeunes, instruits et désespérés de démontrer leur ressentiment pour une société qu’ils jugent élitiste et corrompue. Ils agissent tous de façon similaire ‑ ils occupent des places symboliques et des rues pendant une période prolongée, ils sont extrêmement actifs sur les réseaux sociaux, ils n’ont pas un chef de groupe, les tâches sont partagées et les décisions prises à l’unanimité. »

[unitedforglobalchange.com ; El País, La Van-guardia, Espagne ; La Nación, Chili ; wikipedia.org ; The Occuped Times, Royaume-Uni ; France24.com, english. rfi.fr.com ; Huffingtonpost.com]


Thématiques : Société
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)