Une soudaine vague de paix

Partage international no 74octobre 1994

« En Irlande du Nord, les problèmes seront résolus à l’échelon local et, sous une certaine forme, un parlement local sera mis en place. L’armée britannique se retirera d’Irlande du Nord. » (un collaborateur de Maitreya, Partage international, oct. 1988)
« Le gouvernement britannique va prochainement examiner la possibilité de retirer ses troupes d’Irlande du Nord. Il établira un calendrier qui sera soumis à référendum auprès des habitants de la province. Une nouvelle ère va s’instaurer en Irlande du Nord où la population, désormais, pourra elle-même décider de son propre sort et prendre en charge sa destinée. » (Partage international oct. 1989)
« L’époque de la confrontation violente entre l’IRA et l’armée britannique, et l’interminable tragédie de la violence sectaire, touchent à leur fin. » (Partage international nov. 1991)

« Une soudaine vague de paix », titrait un article du magazine Time. Pour la première fois depuis les 25 ans que dure ce conflit sectaire, il existe désormais un espoir réel de paix en Irlande du Nord. L’Armée républicaine irlandaise (IRA) a en effet proclamé la « cessation complète de toute action militaire » à l’encontre des forces britanniques en Irlande du Nord. La direction de l’IRA estime que l’heure est venue de faire taire les armes et de trouver des solutions politiques.

Cette annonce vient couronner de nombreuses années de pourparlers entre Gerry Adams, le dirigeant du Sinn Fein, la branche politique de l’IRA, et John Hume, chef du principal courant nationaliste du pays. En devenant premier ministre d’Irlande en 1992, Albert Reynolds s’était déjà rallié à J. Hume et G. Adams, mais il avait toujours exigé que l’IRA renonce à la violence.

Le premier ministre britannique John Major a répondu positivement à l’annonce de l’IRA. Il s’est déclaré ouvert aux discussions et s’est montré flexible par rapport à la revendication de base de l’IRA sur la fin de la partition de l’Irlande. Les forces armées britanniques stationnées en Irlande du Nord ont d’ailleurs adopté un profil plus bas. Les véhicules armés qui transportent les troupes se font rares et les soldats ont troqué leurs casques de combat pour des bérets plus discrets. Malgré la réticence de l’aile paramilitaire de la majorité protestante à accepter le cessez-le-feu, les observateurs avertis notent qu’il règne à Belfast un climat d’optimisme qui n’avait jamais été observé au cours des dix dernières années. Le processus constructif de négociation, d’entente et de compromis semble être désormais à l’ordre du jour.

La Grande-Bretagne accepterait de faire la paix avec l’IRA. — Les ministres britanniques sont de plus en plus convaincus que le cessez-le-feu annoncé récemment par l’IRA est sincère et durable. Si les faits le confirment, des négociations avec l’IRA, à travers son parti le Sinn Fein, pourraient débuter dans les trois prochains mois. Dans son allocution prononcée à Oxford, le ministre irlandais des Affaires étrangères, Dick Spring, a souligné qu’une partie importante de l’électorat qui s’était jusqu’à présent tenue à l’écart du processus politique régulier, s’engageait désormais à promouvoir la paix et la démocratie et à résoudre les problèmes politiques par des méthodes non violentes. Il a également suggéré de réduire le « dispositif de sécurité » en Irlande du Nord, en proportion de la moindre menace. Le véritable test viendra lorsque l’IRA déposera les armes, sujet qui est au centre des discussions. Se démarquant de la ligne de conduite de son parti, le député unioniste de l’Ulster John Taylor a même déclaré que son « impression profonde » était que l’IRA avait proclamé l’arrêt des hostilités « pour de bon ». En 1972, John Taylor avait été victime d’un attentat perpétré par l’IRA. Il est cependant persuadé que le respect du cessez-le-feu traduira la nouvelle volonté de l’IRA de trouver une solution pacifique. Il affirme d’ailleurs que la majorité de son électorat partage ce point de vue. Pour la première fois en 70 ans, le chef du Sinn Fein, Gerry Adams, a rencontré le premier ministre irlandais à Dublin. Le secrétaire d’Etat britannique pour l’Irlande du Nord a annoncé que les mesures de sécurité en vigueur dans la province allaient être réduites. Des enfants catholiques se sont mis à jouer au football avec des soldats britanniques. « C’est génial », s’est exclamé un gamin à qui l’on demandait son opinion sur le cessez-le-feu. Si un cessez-le-feu permanent n’est pas encore acquis et si l’Ulster doit encore faire face aux hostilités délibérées des groupes paramilitaires protestants et aux doutes concernant d’éventuels accords secrets, la tension qui règne dans la province pourrait vraiment décroître et créer un climat d’apaisement que les jeunes générations n’ont encore jamais connu.

N’oublions pas cependant que, lors de la conférence de presse qu’il a donnée à Londres le 26 octobre 1993, Benjamin Creme a exprimé le point de vue de son Maître, selon lequel l’émergence de Maitreya sera nécessaire pour que l’Irlande connaisse véritablement une paix durable.

Irlande du Nord, Royaume Uni
Sources : Time Magazine ; N Y Times, E.-U. ; The Independent G. B.
Thématiques : politique
Rubrique : Faits et prévisions (Au fil des années, Partage international a régulièrement publié des articles soulignant les attentes de Maitreya, telles qu'elles ont été présentées par l'un de ses collaborateurs vivant à Londres au sein de la même communauté, à propos d'un certain nombre de changements politiques, sociaux, écologiques et spirituels devant se produire dans le monde. Périodiquement, Benjamin Creme et son Maître ont également partagé leur point de vue sur les développements à venir. Dans cette rubrique intitulée « Faits et Prévisions » notre rédaction analyse les nouvelles, les événements et les déclarations ayant un rapport avec ces prévisions et points de vue.)