Partage international no 183 – novembre 2003
Dans un article du magazine Sojourners intitulé Say goodbye to the UN ? (Dire adieu à l’Onu ?), Davis Batstone écrit que lors d’un récent congrès auquel assistaient des dirigeants de nombreux pays, en Suède, il a eu la nette impression que beaucoup d’entre eux considéraient les Nations unies comme une cause perdue. Des représentants de pays en voie de développement s’insurgeaient contre l’intégralité structurelle affichée par le Conseil de sécurité. De leur côté, les Européens se plaignaient du manque de pouvoir de l’Onu, soulignant son incapacité à réaliser une médiation efficace dans les enjeux de la politique de pouvoir en Irak.
D. Batstone met en garde contre un tel pessimisme sur l’avenir de l’Onu car il « résonnera comme une musique douce aux oreilles des néo-conservateurs qui mettent en place un programme très différent à la Maison blanche ». Il soutient qu’en dépit des insuffisances de l’Onu, « c’est pratiquement le seul organisme auquel le gouvernement américain puisse accorder un minimum de considération en ce qui concerne les affaires internationales. » Il reconnaît que l’Onu peut être inefficace dans un certain nombre de domaines, mais affirme que cela devrait nous inciter à formuler « des propositions en vue d’une sérieuse réforme et d’une revitalisation », et non à demander son élimination. « L’Onu a le potentiel, rarement mis en œuvre cependant, de fournir une vision morale face aux conflits mondiaux, transcendant les intérêts de chaque Etat. Des critiques soulignent que l’existence même du Conseil de sécurité engendre une justice à deux vitesses et qu’il faudrait créer une nouvelle institution. Il s’agit là d’une impasse. Pouvez-vous imaginer les Etats-Unis, sans parler de la Chine ou de la France, se joignant à un nouvel organisme de gouvernement auquel ils devraient rendre compte, où la parité régirait l’ordre des choses ? Dans un monde parfait, oui, mais cela n’est pas réaliste aujourd’hui. L’intense focalisation sur l’Onu après l’Irak nous offre l’opportunité de créer un système plus juste de gouvernement, avec des contrôles et des régulations appropriées, au sein des structures présentes. Nous ne devrions pas gaspiller cette chance sous prétexte que nous craignons sa faiblesse. »
Sources : Sojourners, Etats-Unis
Thématiques : politique, Économie
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)
