Une nouvelle visite

Partage international no 187mars 2004

Cher Monsieur,

Le 15 novembre 2003, nous étions neuf personnes en train de travailler au centre d’information de Share International, à Amsterdam, pour préparer le numéro de décembre 2003 de la revue.

Un visiteur entra – un homme grand, mince, élégant, âgé d’environ soixante-dix ans, portant un chapeau, une veste rouge corail et une chemise assortie. Il avait une barbe grise soignée et des yeux rieurs entourés de magnifiques rides. Son expression générale était celle de quelqu’un sachant quelque chose qui lui donne envie de rire, même si par ailleurs il parlait sérieusement et avec beaucoup d’autorité.

Il était venu pour échanger un livre – il l’avait acheté trois semaines auparavant et il voulait en avoir un autre à la place. En sortant l’argent nécessaire pour régler la différence de prix entre les deux ouvrages, il dit : « On ne peut pas se permettre d’acheter grand chose de nos jours ! » Le fait qu’il rapporte ce livre attira immédiatement notre attention. Il était plus que probable qu’il s’agisse de l’homme qui était déjà venu au centre d’information, avait parlé à deux collègues, puis s’était avéré être un familier de Maitreya. [voir « Un visiteur bienvenu » dans Partage international, janvier/févier 2004].

Il commença à nous poser des questions sur les groupes de méditation de transmission dans la région où il vivait. Il poussa la plaisanterie jusqu’à nous prier d’épeler une adresse. Il demanda si on devait être végétarien pour pratiquer la transmission ; nous lui répondîmes que, bien que ce ne soit pas obligatoire, c’était certainement conseillé. Il élargit progressivement la conversation et nous questionna sur nos autres activités.

Le visiteur : Dans quelles autres activités êtes-vous impliqués ?

Un membre du groupe : Nous participons à des salons.

Le visiteur : Oui, participer à des salons est un travail très utile. Mais les conférences sont plus importantes.

Un membre du groupe : Pourriez-vous expliquer pourquoi ?

Le visiteur : Parce que ceux qui vont à des salons peuvent être ou ne pas être intéressés – c’est une question de hasard. Les gens voient le stand, voient l’information ; ils peuvent éventuellement prendre un prospectus et le lire plus tard. Les salons sont donc très utiles. Mais, pour ce qui est des conférences, il s’agit d’un public auto-sélectionné. Notre public est restreint – ceux qui sont directement intéressés viendront à une conférence, ils sont déjà ouverts à notre information. Lorsqu’il y a une conférence ils viennent pour écouter et pour apprendre. Lire n’est pas tellement important. Certaines personnes se contentent de lire énormément. Simplement, faites le travail – contentez-vous de cela.

Un membre du groupe : Vous savez sans doute que nous proposons une conférence et un atelier de méditation de transmission ici, chaque mois en alternance – un mois une conférence, et le mois suivant un atelier. Pourriez-vous dire ce que vous en pensez ?

Le visiteur : En quoi consiste un atelier de méditation de transmission ? (Nous lui expliquâmes et il nous écouta d’un air attentif mais légèrement amusé.) Oui, cela a l’air très bien – un bon système ; oui, un bon arrangement ; vous avez donc les deux – vous informez le public et vous transmettez les énergies. Oui, cela semble bien équilibré.

Un membre du groupe : Je pense que vous savez que l’une de nos tâches est de parler au public de la présence de l’Instructeur mondial.

Le visiteur : Oui, nous vivons dans le monde. Et puisque nous vivons dans le monde nous devons informer les gens. Comment faire ? Eh bien, nous devons communiquer avec eux – donner des conférences, leur parler. Mais un homme doit marcher sur deux jambes, donc les deux activités – informer le public et transmettre les énergies – sont importantes. Les deux sont nécessaires.

Cependant, il y a des gens dans ces groupes qui sont toujours en train de dire : « Quand Maitreya va-t-il venir ? » – « Combien de temps devrons-nous encore attendre ? » – « Pourquoi est-ce si long ? » (Il imitait exactement la manière dont parlent certaines personnes ; il prenait même un ton un peu geignard. C’était drôle et pas méchant.) Mais pourquoi poser toutes ces questions ? On ne peut réellement dire qu’il vient, car il est là. Il est déjà ici. Ne le savent-ils pas ? Ne le voient-ils pas ? Il s’agit de sa présence dans le monde – et c’est en train d’arriver. Peut-être cela a-t-il pris plus longtemps qu’ils ne l’avaient espéré. Cela a pris plus longtemps que je ne l’avais moi-même espéré, et peut-être cela se passe-t-il différemment de ce que nous attendions, différemment de ce que j’avais moi-même espéré, mais cela a lieu. Il est ici. Je n’ai pas le moindre doute à ce sujet. Tout se déroulera pour le mieux. Tout va bien. Pas l’ombre d’un doute, pas le moindre. (Ceci était dit avec une tranquille insistance.) Bon nombre de personnes savent qu’il est ici, ils le savent intérieurement, intuitivement. Et bon nombre d’autres sont prêtes à accepter l’idée que Maitreya est là.

Un membre du groupe : Dans ce cas, comment est-il possible que lorsque nous avons un stand à Utrecht, tous les quinze jours, les gens jettent un coup d’œil en passant mais ne s’arrêtent pas. Peu nombreux sont ceux qui prennent des prospectus ou demandent des informations. Que faire ?

Le visiteur : Juste être là. Etre là, tout simplement. Tout le monde ne va pas être intéressé. Les gens sont plongés dans leurs propres pensées. Le plus important est simplement d’être là ; ceux qui sont prêts répondront.

Un membre du groupe : Lorsqu’on communique l’information aux gens ou qu’on leur donne un journal, ou une revue, on souhaite vraiment qu’ils soient ouverts à ces idées. On espère qu’ils vont y croire.

Le visiteur : Il ne vous appartient pas d’espérer. Vous n’avez pas à espérer, ou à vouloir quoi que ce soit. Contentez-vous de faire ce que vous faites. Donnez simplement l’information si les gens la demandent. Voyons, nous n’allons pas essayer de les convertir. Nous ne sommes pas là pour faire du prosélytisme. Nous ne sommes pas des missionnaires. Nous leur répondons s’ils nous posent des questions. Le plus important est qu’en essence tout est ici. Si vous êtes ouvert, vous le savez, vous n’avez pas besoin d’y réfléchir. Vous n’avez même pas besoin d’en parler si vous y êtes ouvert. Vous savez qu’en essence tout est ici.

(En réponse à quelqu’un ayant mentionné Ramana Maharshi – qui restait silencieux mais dont le message se transmettait de lui-même à ses fidèles, notre visiteur hocha la tête en signe d’acquiescement. Quelqu’un mentionna ensuite Amma, le gourou qui prend les gens dans ses bras sans leur parler. Elle leur transmet son amour et son réconfort simplement en les prenant dans ses bras.)

Un membre du groupe : parce que cela s’écoule directement du cœur ?

Le visiteur (en hochant la tête) : Oui.

Un membre du groupe : Pensez-vous que nous devrions être détachés au sujet de tout cela ?

Le visiteur : Oui, le résultat ne devrait pas vous concerner. Faites simplement ce que vous avez à faire – n’attendez pas de résultats. Ne recherchez pas de résultats. C’est une attitude occidentale, une habitude mentale, qui fait que nous pensons toujours qu’il nous appartient de faire que quelque chose arrive. Nous pensons que nous devons faire les choses, faire qu’elles se produisent. Mais ce n’est pas nécessaire.

Un membre du groupe : Oui, je suppose qu’un changement spirituel se fait progressivement.

Le visiteur : Tout changement se produit lentement. Très progressivement. Pensez simplement aux nombreuses fois, aux nombreuses vies – vous savez ce qu’il en est – aux nombreuses fois où nous tombons et nous nous redressons, nous tombons et nous essayons à nouveau, nous tombons et nous nous redressons. Vie après vie. (Il fit un mouvement circulaire avec le bras pour insister sur « vie après vie ». ) Le changement prend du temps.

Un membre du groupe : Je m’inquiète de l’état de la planète. Parviendrons-nous à la sauver à temps ?

Le visiteur (avec humour et un peu taquin) : Vous pouvez vous faire du souci autant que vous voudrez, cela ne changera rien. Se faire du souci n’aide pas, mais tout sera fait à temps.

(Puis, plus sérieusement) : Ce qui est vrai c’est que nous serons confrontés à des temps difficiles. Nous irons jusqu’au bord de l’abîme, mais nous n’y tomberons pas. Nous le côtoierons, mais nous n’y tomberons pas.

(Souriant et rassurant) : Tout s’arrangera. Tout ira bien. Il n’y a rien à craindre. Je n’ai pas le moindre doute à ce sujet !

Le groupe : Pas le moindre doute ?

Le visiteur : Pas le moindre doute.

Un membre du groupe : Vous parlez avec autorité, est-ce par expérience ?

Le visiteur : Je n’ai pas plus d’autorité que n’importe qui d’autre. Mais c’est ce que je crois ! (Nous avons compris qu’il voulait dire par-là que sa croyance émanait d’une conviction venant de la connaissance. Il semblait exprimer l’idée d’une différence entre le simple espoir non fondé et sa croyance ou sa conviction basée sur la connaissance.)

Les gens parlent d’espoir, mais si vous y croyez, l’espoir n’est pas nécessaire.

Nous restions silencieux, attendant qu’il en dise davantage ; il garda également le silence pendant un moment avant de dire : « N’oubliez pas combien Maitreya est puissant. Les gens oublient combien Maitreya est puissant ! »

Nous étions à nouveau silencieux – attendant, espérant qu’il en dirait davantage, mais à ce moment-là il agita son ticket de parking, en riant, comme s’il était amusé de cette visite incognito, et il déclara que malheureusement il devait partir. Il s’inclina devant nous, sa main longue et mince posée sur le cœur, et il dit : « Je vous remercie du fond du cœur », puis il s’en alla.

Nous savions que c’était Maitreya (ou un familier) et il savait que nous savions. Il y avait une sorte de compréhension tacite qui faisait que nous pouvions lui parler comme s’il était Maitreya.

Chose extraordinaire, nous nous sommes tous conduits comme s’il s’agissait d’une situation parfaitement normale ou banale, mais en même temps il régnait une atmosphère très dense, cela paraissait incroyable. L’Instructeur du monde était là (à nouveau) en train de boire du thé (deux tasses) avec nous et de bavarder, tout en nous prodiguant son enseignement, en clarifiant les choses, en nous réconfortant et en nous rassurant. Il ne nous laissa pas le moindre doute : « Il est ici ! » et « Tout se passera bien ! » 

Avons-nous eu raison de penser que le visiteur était Maitreya ?

Equipe travaillant à la revue, Centre d’information, Amsterdam

[Le Maître de Benjamin Creme a confirmé que le « visiteur » était Maitreya.]

Pays-Bas
Date des faits : 15 novembre 2003
Thématiques : sagesse éternelle, signes et miracles, spiritualité
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)