Partage international no 106 – juin 1997
En 1994, un génocide s’est produit à Ntarama, au Rwanda, lorsque plus de 5 000 personnes, essentiellement des femmes et des enfants cherchant refuge dans l’église de cette localité, ont été massacrées par les milices hutus. Aujourd’hui, un village situé dans l’agglomération de Ntarama est considéré comme un havre de paix par les survivants du massacre de 1994. Le Village de paix Nelson Mandela, du nom du président de l’Afrique du Sud, a été créé récemment pour aider ces survivants à repartir dans la vie. Comprenant 29 maisons, dont 26 sont occupées par des veuves qui s’occupent ensemble de plus de 110 orphelins, le village dispose aussi d’un centre sanitaire et nutritionnel. Des plans sont à l’étude pour construire une école primaire et un centre récréatif. La plupart des femmes du village sont des mères veuves, des mères adoptives, qui ont perdu leurs propres enfants, ou des femmes qui ont été violées et qui, de ce fait, ont eu des grossesses non désirées. Ayant le souci de créer des familles, même artificielles, le village veille à ce que les orphelins se voient attribuer des parents, et que l’on prenne soin des personnes âgées. Lors de l’inauguration officielle de ce village, début mars de cette année, le président Mandela a déclaré : « Je pense que ce village constitue une petite pierre dans l’édifice majeur qui consiste à donner un nouvel avenir à la nation. »
Cette inauguration a coïncidé avec la Conférence panafricaine des femmes sur la paix, la race et le développement, qui s’est tenue à Kigali, capitale du Rwanda. Cette réunion a cherché à promouvoir la résolution non-violente des conflits, la paix et un développement durable en Afrique. Les participants ont soumis des projets visant à apporter des revenus aux femmes, à soutenir l’amélioration des droits de la femme, et espèrent mettre en place de nouveaux villages sur le modèle du village Nelson Mandela. Pro-femme, un regroupement de plus de 35 associations de femmes, a activement milité pour la paix après le génocide du Rwanda, et a contribué à parrainer la rencontre. La présidente de Pro-femme, Béatrice Umubyeyi, estime que le rôle des femmes dans l’éducation et l’établissement de nouvelles valeurs de tolérance et de paix est d’une importance capitale pour l’avenir de l’Afrique. « Les femmes peuvent jouer un rôle clé dans le processus de paix », a-t-elle déclaré.
Rwanda
Sources : IPS
Thématiques : femmes, politique, éducation
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)
