Un SOS pour les océans

Partage international no 231novembre 2007

Le Worldwatch Institute, l’agence de protection de l’environnement, vient de publier un communiqué de presse intitulé Un SOS pour la vie des océans.

Dans son rapport Océans en péril : la protection de la biodiversité marine, l’Institut lance un appel urgent pour la création de « parcs nationaux de la mer, en d’autres termes, des réserves marines qui constituent peut-être la seule solution efficace pour renverser la tendance qui a abouti à ce que 76 % des stocks mondiaux de poissons avaient été complètement épuisés ou surexploités, mettant la biodiversité marine en très grand danger. »

Christopher Flavin, le président du Worldwatch Institute, a déclaré : « Les océans ne peuvent se sauver eux-mêmes. Des engagements collectifs en faveur des écosystèmes sont nécessaires pour sauver les espèces surexploitées afin qu’elles ne disparaissent pas complètement. Le déclin des réserves de poissons et l’accroissement de la pollution marine sont dus aux politiques en matière de pêches, aux techniques de pêches non discriminantes et destructives, à l’accroissement de la température des mers, à la pollution chimique et aux déversements de pétrole. Les pollutions d’origine chimique, radioactive ou provenant de l’industrie alimentaire ; les marées noires et les déchets largués en mer peuvent contaminer l’environnement marin, tuer des organismes et compromettre l’intégrité des écosystèmes. Les effets sur la faune marine des substances organiques persistantes, et en particulier les produits chimiques qui ne sont pas encore régulés dans le cadre de la Convention de Stockholm de 2001, tels que les retardateurs de flamme à base de brome, sont particulièrement préoccupants. Les débris marins, y compris les plastiques et le matériel de pêche abandonné sont responsables de blessures et de pertes parmi de nombreuses espèces marines telles que les oiseaux de mer, les tortues et les mammifères marins. De grandes « zones mortes », où la concentration en oxygène est réduite, s’élargissent encore suite aux déversements excessifs d’azote provenant notamment des épandages d’engrais et des rejets des eaux usées, et constituent un autre indicateur du stress subi par les océans. »

Le Worldwatch Institute a lancé une série de propositions qui, si elles sont mi-ses en pratique, peuvent aider à stabiliser et même à redonner vie aux océans. Le rapport cite également plusieurs exemples de restauration de la faune marine parmi lesquels le projet de zone de gestion marine de la Soufrière à Sainte Lucie dans les Caraïbes, où « trois années de protection ont abouti au triplement de la biomasse des espèces de poissons commercialisées. Après cinq ans, la biomasse avait doublé dans les régions en dehors des réserves et les prises moyennes par sortie avaient augmenté de 46 à 90 % en fonction de la taille des filets utilisés. »

Les auteurs du rapport recommandent également que les négociations sur la pêche soient retirées de l’OMC pour être reprises dans des forums multilatéraux qui ne soient pas dominés par les intérêts commerciaux. Ils demandent un arrêt des accords qui permettent aux pays industrialisés de pêcher dans les eaux des pays en voie de développement : dans le cas de la pêche au thon dans les eaux du Pacifique, les produits provenant des droits d’accès et des licences payées par les flottes étrangères ne représentent pas plus de 5 % de la valeur de la pêche estimée à deux milliards de dollars. Des accords plus justes permettraient aux pays ayant un large accès côtier de gérer leurs ressources dans le cadre d’une approche durable afin de garantir des moyens d’existence à long terme pour les communautés locales.


Sources : Communiqué de presse du Worldwatch Institute
Thématiques : environnement, politique
Rubrique : Faits et prévisions (Au fil des années, Partage international a régulièrement publié des articles soulignant les attentes de Maitreya, telles qu'elles ont été présentées par l'un de ses collaborateurs vivant à Londres au sein de la même communauté, à propos d'un certain nombre de changements politiques, sociaux, écologiques et spirituels devant se produire dans le monde. Périodiquement, Benjamin Creme et son Maître ont également partagé leur point de vue sur les développements à venir. Dans cette rubrique intitulée « Faits et Prévisions » notre rédaction analyse les nouvelles, les événements et les déclarations ayant un rapport avec ces prévisions et points de vue.)