Partage international no 71 – juillet 1994
« En Afrique du Sud, la confrontation cédera finalement le pas au consensus. » (Partage international juin 1988)
« Afrique du Sud — Là également, l’ère nouvelle d’un gouvernement du peuple pour le peuple est déjà en train de voir le jour, et dans cette nouvelle ère les minorités verront leurs droits reconnus par la constitution. » (Partage international janv./fév. 1992)
Le président Nelson Mandela poursuit la construction d’un gouvernement d’union. Ainsi vient-il de nommer ministres adjoints son ex-femme Winnie et le chef zoulou Buthelesi, son ancien rival. Le nouveau cabinet inclut désormais d’anciens membres du gouvernement blanc et le président du parti communiste Joe Slove.
Aujourd’hui, la réconciliation est le mot d’ordre. Le président de l’Inkatha et le nouveau premier ministre régional Franck Mdlalose ont promis de se rallier à leurs collègues de l’ANC pour tenter d’unifier les communautés divisées par les conflits entre factions locales. Ils ont prêté serment et déclaré solennellement : « Je jure que dans cette maison et au-delà de ses murs, il n’y a plus rien ni quiconque qui puisse être appelé ennemi politique. »
Un autre « signe des temps » faisait récemment la une du New York Times : « Les Blancs d’Afrique du Sud découvrent que la fin du monde ne s’est pas produite. » En effet, les Blancs ont été agréablement surpris de voir que le transfert du pouvoir s’était mieux déroulé qu’ils ne l’avaient pensé. Actuellement, la violence politique baisse d’intensité, car les extrémistes blancs sont contenus par les opérations de police et les nationalistes zoulous sont satisfaits des victoires électorales remportées dans leurs provinces.
Nelson Mandela est encensé par la presse, à l’image du quotidien Citizen qui voit en lui un « être humain et un chef d’Etat hors du commun ». Et les Blancs s’adaptent à la nouvelle réalité de l’Afrique du Sud, s’inscrivant à des cours de zoulou et apprenant les paroles du nouvel hymne national. Mais par dessus tout, ils semblent se délecter de la réhabilitation de l’Afrique du Sud aux yeux du monde, finalement libérés d’un sentiment de culpabilité et de honte. Comme le note le New York Times, il est même presque impossible de trouver un Blanc qui reconnaisse avoir soutenu l’apartheid. Le quotidien américain conclut que les « historiens devront résoudre un casse-tête chinois pour comprendre comment l’apartheid a pu régner pendant 40 ans. » (Source : New York Times, E.-U.)
Quant aux journaux sud-africains, leurs titres étaient éloquents : « Une nation renaît » (The Star), « Le pouvoir au peuple » (Sunday Times), « Notre pays kaléidoscope enfin uni dans la paix » (Sunday Times), « Un rêve devenu réalité » (Weekend Star), « Le monde aux pieds de Mandela » (Sowetan).
Les voix de la rue reflétaient le même enthousiasme : « Quand j’ai fait ma demande de laissez-passer, j’ai signé d’une croix. Lorsque je me suis mariée, j’ai signé d’une autre croix. Et aujourd’hui ce sera probablement la dernière » (Nofanezile Maria Masilela, 93 ans, The Star). « Mon cœur est au repos, je n’ai plus de haine… Jusqu’à présent, la vie ne m’avait donné qu’une demi-mesure. Aujourd’hui, le mesure est pleine » (Rebecca Masindana, Sunday Times). « Les événements qui se sont déroulés avaient un caractère fantastique, nous étions euphoriques. Nous avions le sentiment qu’un grand événement spirituel venait de se produire… Les deux leaders sont des hommes remarquables et c’est une bénédiction pour le pays de pouvoir compter sur eux… Un grand nombre de personnes avec qui je me suis entretenue ont eu l’impression qu’un adombrement par de grands êtres avait lieu pendant les événements, et que de puissantes énergies étaient déversées » (Joan Blunden, Johannesburg, courrier adressé à Share International).
Afrique du Sud
Thématiques : politique
Rubrique : Faits et prévisions (Au fil des années, Partage international a régulièrement publié des articles soulignant les attentes de Maitreya, telles qu'elles ont été présentées par l'un de ses collaborateurs vivant à Londres au sein de la même communauté, à propos d'un certain nombre de changements politiques, sociaux, écologiques et spirituels devant se produire dans le monde. Périodiquement, Benjamin Creme et son Maître ont également partagé leur point de vue sur les développements à venir. Dans cette rubrique intitulée « Faits et Prévisions » notre rédaction analyse les nouvelles, les événements et les déclarations ayant un rapport avec ces prévisions et points de vue.)
