Un monde qui ne laisse personne dans le besoin : le post-capitalisme ?

Partage international no 358juin 2018

par Phyllis Creme

De toute évidence, sous sa forme actuelle, le capitalisme est moribond. La cupidité et l’exploitation sont trop voraces. Une société dont un pour cent de la population possède plus de la moitié des richesses existantes et produites sur la planète – tout en la détruisant, par-dessus le marché – ne peut perdurer. Trop de gens sont laissés pour compte : ils ne le tolèreront pas éternellement. La voix du peuple se fait de plus en plus forte et sera entendue.

Il y a 200 ans, en mars 1818, naissait Karl Marx, père du communisme, un système considéré à la fois comme un modèle de bonnes relations sociétales et comme un système de gouvernement cruel et totalitaire, et dont l’échec est aujourd’hui patent. Le gouvernement du peuple par le peuple s’est avéré une imposture : les révolutionnaires sont devenus les dirigeants et se sont retournés contre le peuple. Il n’y avait aucune liberté.

Mais aujourd’hui, dans notre système capitaliste, il n’y a qu’une liberté de façade pour les très nombreuses personnes qui, même dans les pays les plus riches, doivent lutter pour simplement survivre. Au Royaume Uni – l’un des pays les plus riches du monde – les banques alimentaires et les sans-abri n’attirent presque plus l’attention, tant ils sont nombreux. Même les riches ne sont pas réellement libres, car ils vivent dans la crainte de perdre leur richesse. Pourtant, même dans ce pays conservateur, l’indignation grandit.

Le Manifeste communiste de Karl Marx et Friedrich Engels, publié en 1848, est aujourd’hui réédité, précédé d’une intéressante introduction de Yanis Varoufakis. Cet économiste et politicien grec voit dans ce manifeste un facteur d’inspiration à une action collective pour un avenir meilleur, car « il nous presse de devenir les agents d’un avenir mettant fin à la souffrance inutile des masses et inspirant l’humanité à réaliser son potentiel de liberté authentique. »

Selon Y. Varoufakis, le Manifeste ne prône pas l’autoritarisme étatique qui est devenu la marque du communisme ; ce n’est pas non plus une simple analyse de la longue et amère lutte des classes. C’est bien plutôt, écrit-il, un « texte généreux », encore plus pertinent aujourd’hui qu’à l’époque de sa première publication : « Même si les partis communistes ont presque entièrement disparu de la scène politique, il s’avère difficile de réduire au silence l’esprit du communisme qui anime ce manifeste. […] La liberté, le bonheur, l’autonomie, l’individualité, la spiritualité, le développement personnel, sont des idéaux que Marx et Engels prisaient plus que tout. S’ils en veulent à la bourgeoisie, c’est parce qu’elle s’efforce de refuser à la majorité toute possibilité d’être libre. Par suite de leur adhésion à la fantastique théorie de Hegel selon laquelle personne n’est libre tant qu’une seule personne ne l’est pas, Marx et Engels reprochent à la bourgeoisie de sacrifier la liberté et l’individualité de chacun sur l’autel capitaliste de l’accumulation. »

Le Maître de Benjamin Creme le dit bien : « Le mercantilisme étrangle l’humanité, vide les hommes de toute pensée et action généreuse. Les âmes des hommes, criant leur angoisse et leur frustration, ne pourront guère plus longtemps supporter cette oppression. » (PI, mars 2008)

Il ne faut pas oublier que Karl Marx, qui avait atteint le degré 2,2 d’initiation, était (sans le savoir) un disciple du Maître Jésus. Or, lors de son avant-dernière incarnation, ce dernier avait délivré des sermons que beaucoup actuellement interprètent comme des messages communistes en faveur des pauvres de son époque, et contre l’égoïsme et les privilèges inamovibles de la classe dirigeante. Les priorités de Maitreya sont apparemment simples : nourriture, logement, soins et éducation pour tous. Tels devraient être les droits humains fondamentaux, sans lesquels l’homme ne peut être réellement libre. Il faut les réclamer tout autant de nos jours qu’aux époques de Marx et de Jésus. Comme l’a écrit Benjamin Creme, l’humanité obtiendra la liberté « par la fusion de ce que le capitalisme et le communisme ont de meilleur – par une démocratie sociale ou un socialisme démocratique. » (MM3, p.98). Il a écrit aussi que « la Hiérarchie considère que 70 % de socialisme et 30 % de capitalisme constituent l’alliance idéale pour une vraie justice et une solide cohésion sociale. » (UDLV, p. 70)

Dans une société de consommation fondée sur les valeurs matérielles, personne n’est libre : comme le formule Y. Varoufakis, nous ressemblons tous à « des pions écervelés et tremblants projetés dans une vaine existence par des forces incontrôlables. » Le Manifeste est une vibrante exhortation à agir contre les injustices de notre temps ; mais, dit-il : « En fin de compte, ce qui l’emporte dépend toujours de nous. »

Références :
Benjamin Creme : la Mission de Maitreya, tome 3 (MM3), Ed 2012 ; l’Unité dans la diversité (UDLV)
Yanis Varoufakis’ introduction to The Communist Manifesto,
Vintage Classics, 2018.

Karl Marx (1818-1883) : Ame 6 ; Personnalité 2 (sous-rayon 3) ; Mental 5 (sous-rayon 7) ; Astral 6 (sous-rayon 6 ; Physique 3 (sous-rayon 7). Niveau d’évolution : 2,2.

Auteur : Phyllis Creme, collaboratrice de Share International qui vit à Londres (Royaume-Uni). Elle était l’épouse de Benjamin Creme.
Sources : Guardian.com
Thématiques :
Rubrique : Divers ()