Un miracle de Saï Baba et une nouvelle rencontre avec Maitreya

Partage international no 77février 1995

par Patricia Pitchon

On a répété assez souvent que reconnaître Maitreya ne se limite pas à la reconnaissance de son aspect physique, tel qu’il est apparu à Nairobi par exemple. Notre besoin et notre capacité de compréhension exigeront bien davantage : il nous faudra étudier, évaluer et trouver les moyens de mettre ses enseignements en pratique de manière utile, ainsi que reconnaître de façon intime et à titre individuel ses qualités particulières. Le contexte culturel de chacun conditionnera nécessairement la manière dont il percevra Maitreya et tout un éventail d’interpré­tations seront ainsi formulées. Il est évident que c’est déjà ce qui se produit. De ce point de vue, on peut en dire autant pour Saï Baba.

Je suis très surprise de lire dans Partage international que Maitreya apparaît, de plus en plus fréquemment, à de nombreuses personnes dans nombre de pays, toujours sous des aspects différents. Chaque fois, le témoin remarque quelque chose de très inhabituel dans l’apparence et dans l’expression du personnage qui apparaît, alors que celui-ci pourrait sembler tout à fait ordinaire à première vue. Il s’agit peut-être d’une sorte d’entraînement au discernement des qualités intérieures, spirituelles, au-delà de l’apparence physique, ainsi qu’une manière de nous habituer à l’idée que des Maîtres ou Instructeurs de cette envergure peuvent apparaître à volonté, sous des apparences diverses, et pourtant être reconnus.

Ce genre de test sera particulièrement intéressant pour ceux qui connaissent les photos de Maitreya prises à Nairobi (les seules que nous ayons à ce jour) et qui rencontreront — et reconnaîtront — ultérieurement Maitreya, sous un aspect physique différent.

Cela s’est, en fait, déjà produit, apportant la preuve que nombre d’individus reconnaîtront Maitreya dans leur for intérieur, grâce à ses qualités.

Certains lecteurs sauront que toute cette histoire a commencé pour moi par une impressionnante vision de Miatreya, la première fois que j’ai assisté à une conférence de Benjamin Creme à la Friends’ House, à Londres, en avril 1982. Cette vision dura environ 20 minutes et commença dès que M. Creme annonça : « nous allons maintenant recevoir la bénédiction de Maitreya. » J’ai pu observer attentivement ses traits : une puissance, une pureté et un amour immense émanaient de cet être extraordinaire, et cette expérience reste pour moi inoubliable.

Environ deux ans plus tard, j’ai commencé à fréquenter régulièrement le quartier de Brick Lane, à Londres, accompagnée de petits groupes de journalistes que j’avais entrepris de contacter, espérant rencontrer Maitreya dans ce quartier où il semblait résider à l’époque. Cette période de quête dura du 14 mai 1984 au 31 juillet 1985, date à laquelle une réunion internationale de 22 journalistes s’est tenue à Brick Lane, dans l’espoir de rencontrer Maitreya.

Un soir de la fin d’octobre 1984, alors que je dînais à Brick Lane avec un journaliste du Visnews, Maitreya m’apparut en personne. Je venais de lever les yeux vers un homme très grand, entièrement vêtu de blanc, qui semblait me regarder à travers la vitrine du restaurant. Tout d’abord, alors que je tentais de le regarder, je fus éblouie par une merveilleuse lumière dorée. Pendant un instant, j’ai cru que j’étais devenue aveugle, parce que j’avais les yeux grands ouverts et pourtant je ne voyais rien. Par contre, je percevais l’intérieur de ma tête baignant dans une lumière dorée ! Dès que ce phénomène inhabituel cessa, je me retrouvai en train de fixer cet homme, exactement celui de ma vision de 1982, excepté que cette fois je le voyais en personne. Il avait les yeux sombres et lumineux, un sourire plein de tendresse. En dépit de son air chaleureux, il émanait de lui une atmosphère majestueuse, et je sus aussitôt qu’il s’agissait de Maitreya. Cette expérience fut si bouleversante que j’eus l’impression d’être projetée hors de mon corps. Je restai muette et tout à fait incapable d’expliquer ce qui se passait à la personne qui se trouvait à table en face de moi. Puis Maitreya baissa les yeux et repris lentement son chemin.

En avril 1988, j’ai rêvé de Maitreya : dans ce rêve, je me trouvais avec un groupe de journalistes lorsqu’il s’est approché de nous et s’est adressé à chacun dans sa propre langue. Alors qu’il s’éloignait (toujours dans le rêve), je me précipitai pour lui poser une question importante et, tandis que je parlais, je me rendais compte que j’avais en quelque sorte pénétré son aura. J’eus l’impression que des milliers de flèches me transperçaient le cœur et je réalisai que ce que je ressentais comme une intense douleur était en fait l’amour immense, inconditionnel qui émanait du cœur de Maitreya. Une semaine après ce rêve, je reçu un coup de téléphone étrange : un porte-parole asiatique de Maitreya, que je connaissais depuis 1984, mais qui cherchait généralement à éviter tout contact avec les journalistes, m’expliqua que Maitreya enseignait à un groupe de swamis, à Londres, que lui-même (mon interlocuteur asiatique) était présent à ces réunions et que Maitreya lui avait demandé de me contacter. Il m’invitait à lui rendre visite et à lui poser toutes les questions que je voudrais concernant l’opinion de Maitreya à propos de l’actualité mondiale et ses enseignements. Il m’invitait aussi à me faire accompagner d’autres journalistes si je le désirais. C’est ainsi que débuta une troisième phase qui dura plusieurs années, au cours de laquelle furent révélés de nombreux enseignements de Maitreya, ainsi que certaines de ses fascinantes prévisions sur l’évolution du monde. Toutes ces informations furent publiées dans Partage international et transmises aux médias du monde entier sous forme de communiqués de presse, par la rédaction de cette revue. Je dois préciser ici qu’aucun des sept journalistes que j’avais invités à m’accompagner chez le porte-parole asiatique ne vint. Le seul disposé à venir habitait loin de Londres. Il s’agissait de Brian James, qui fut par la suite directement convié à participer à ce travail de diffusion des enseignements, prévisions et opinions de Maitreya.

En ce qui concerne l’apparence physique de Maitreya, il y a une nette ressemblance entre d’une part la vision que j’ai eu en 1982, l’apparition à Brick Lane en 1984 et mon rêve d’avril 1988, et d’autre part les photos de son apparition à Nairobi, aux côtés de la guérisseuse Mary Akatsa en juin 1988. Il y a quelque temps, alors que je réfléchissais à cela, je me suis demandé si je reconnaîtrais Maitreya s’il m’apparaissait sous un aspect différent.

Un après-midi de la première semaine d’octobre dernier, ayant oublié ces réflexions, j’attendais l’autobus dans mon quartier lorsque je remarquai soudain une femme très grande et mince, à la peau sombre et d’un âge indéterminé (environ 40 ans), qui se dirigeait dans ma direction en approchant de l’arrêt de l’autobus. Je pensais tout d’abord qu’elle devait être africaine, puis je remarquai ses cheveux lisses tirés en arrière en une coiffure à la fois élégante et simple. Je pensai alors qu’elle était peut-être indienne, mais il y avait quelque chose en elle qui rendait son origine indéfinissable. Tandis qu’elle s’approchait à pas lents et mesurés, elle me regardait avec des yeux incroyables, de grands yeux sombres et pleins de lumière. Elle me sourit avec une immense tendresse pendant un moment qui me parut très long, comme si elle m’avait toujours connue, avec le doux regard d’une mère pour son enfant. J’avais l’impression de me perdre dans ce regard ; j’étais émerveillée, j’éprouvais une sorte de bonheur profond, et je me surpris à lui rendre son sourire. Elle portait une longue jupe noire, un chemisier clair et un long cardigan gris. Sa mise était simple et banale, mais impeccable. En dépit de cette apparence modeste, son port était si majestueux que je me suis demandé comment un personnage aussi auguste pouvait bien déambuler dans mon quartier en tirant un caddie à provisions. La banalité de ces détails de la vie quotidienne ne coïncidait pas avec la profondeur extraordinaire de son regard ni avec la majesté qui émanait d’elle. L’incongruité de la scène et surtout l’expression inoubliable de ce regard me firent réaliser que j’avais déjà vu ces yeux, cette expression, que j’avais déjà connu cette profondeur et cette douceur. Je réalisai alors qu’il s’agissait de Maitreya, mais ma raison s’accrochait à une sorte d’observation froide et objective de sa façon de marcher, de son allure et de ses vêtements. En même temps, j’aurais désespérément voulu m’approcher d’elle pour lui demander : « Me connaissez-vous ? Vous semblez me regarder comme si vous m’aviez toujours connue. » Mais il y avait quelque chose de si imposant dans son comportement que j’éprouvais une étrange réticence à lui parler. Cette femme hors du commun dépassa calmement l’arrêt d’autobus et je dus faire un effort pour me retourner afin d’observer encore certains détails : la poussette incongrue, les austères chaussures noires à talons plats, sa taille extraordinaire, etc. J’aurais voulu pouvoir m’isoler afin de réfléchir à tout cela. J’étais également stupéfaite qu’une telle personne puisse passer aussi sereinement sans attirer l’attention des autres personnes qui continuaient à attendre et à bavarder à l’arrêt de bus, tandis que je tentais de retrouver mes esprits.

Je ne savais comment partager cette expérience, mais ce visage me poursuivait et je sentais une incroyable force intérieure — ce mélange de profond réconfort et de bonheur intime que j’avais éprouvé auparavant. Ce n’est qu’une semaine plus tard que je me résolus à faire part à mon mari — toujours d’une patience exemplaire mais qui allait cette fois manifestement penser que j’étais devenue folle — que j’avais revu Maitreya sous une nouvelle apparence, près de notre arrêt de bus, avançant d’une démarche si caractéristique, simple, apparemment nonchalante et pourtant délibérée et résolue. Ce ne pouvait être que lui. Je connaissais ces yeux, je connaissais la profondeur de leur expression.

Le miracle de Saï Baba

Le lendemain, je partis pour Madrid passer quelques jours chez des amis. J’emportai avec moi une cassette vidéo, un documentaire sur Maitreya et sur Saï Baba qui a été diffusé par la chaîne de télévision Japan TV, le 15 juin 1994 au Japon. Le dimanche 16 octobre, lendemain du jour où mes amis (CMP et son mari R.) avaient regardé cette vidéo, nous sortions de table en compagnie de leur fillette de 6 ans et de sa nurse, Lydia, lorsque CMP, contrariée parce que la nurse devait les quitter mais n’avait pas encore trouvé d’emploi, fit mentalement appel à Dieu, lui demandant d’aider cette femme. Comme elle me le raconta plus tard, CPM avait repensé au documentaire vu la veille au soir et avait également demandé de l’aide à Saï Baba. Elle s’était souvenue de la façon dont Saï Baba, par de petits mouvements circulaires de la main, produisait de la vibhuti (cendre sacrée).

Je la vis donc lever les yeux de manière théâtrale (mon amie est actrice et chanteuse) puis, comme elle me l’expliqua par la suite, elle se lança un défi : Eh bien, pourquoi pas ? » et étendit la main. Peut-être du fait qu’elle est actrice, les petits mouvements circulaires de sa main imitaient parfaitement ceux de Saï Baba. Je pensai avec amusement : « Comme elle aime faire l’actrice ! » Soudain, une poudre blanche aux reflets argentés tomba de sa main. Elle la versa dans les mains tendues de Lydia. Stupéfait, R. n’en croyait pas ses yeux. Je restai sous le choc sans pouvoir m’empêcher de penser qu’il y avait un truc. La petite fille de CMP ne cessait de demander ce que c’était. Nous étions quelque peu consternés et confus. Je songeais qu’il était inutile de s’inquiéter et je dis simplement : « Oh, c’est une poudre que j’ai rapportée d’Inde. » A ce moment-là en effet, cherchant toujours une explication, je pensais qu’il était possible que j’aie donné un peu de vibhuti à CMP au retour de mon voyage à l’ashram de Saï Baba, en Inde, en janvier. Puis je réalisai que ce n’était pas le cas.

CMP commenta avec humour : « Oui ! de la poudre magique ! » Mais elle tremblait. Sa fille en demanda aussitôt et sa mère lui donna presque tout le reste de poudre. Mais il lui en restait encore beaucoup sur la paume et sur les doigts et elle approcha sa main de mon visage en disant : « Sens ça ! » Le délicat parfum de fleurs de la vibhuti était caractéristique. Ce n’était certainement pas de la simple poudre de talc : elle avait le reflet argenté de la vibhuti produite de la main de Saï Baba. Lydia, incertaine de ce qui se passait mais consciente de l’importance de l’événement, accepta ce miracle avec humilité, bien qu’elle en ignorât l’origine. D’un geste très naturel, elle se mit de la vibhuti sur le front et le cou. Pendant ce temps, CMP s’était mise à trembler plus fort et, ne voulant pas se donner en spectacle, elle se retira dans sa chambre. Je la suivis. Etendue sur son lit, elle tenait un verre à la main, dans lequel tintaient des glaçons. Elle n’arrivait pas à reprendre ses esprits. Lorsqu’elle eut quelque peu retrouvé son calme, elle leva les yeux et dit à voix haute : « Saï Baba, ne me fais plus jamais ça ! Je ne le supporterais pas ! » Puis elle me dit : « Bonté divine, regarde ça ! » Il restait encore un peu de vibhuti sous sa bague.

Auteur : Patricia Pitchon, autrefois journaliste au quotidien colombien El Tiempo. Aujourd’hui basée à Londres, elle est journaliste indépendante. Egalement psychothérapeute, elle travaille avec les réfugiés.
Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Divers ()