Partage international no 143 – juillet 2000
Cher Monsieur,
En 1995, au début du mois d’août, un homme est venu me voir dans la salle où se déroule la méditation de transmission, à Kyobashi (Osaka, Japon). Il était mince et mesurait environ 1m80. Il avait de larges épaules, des cheveux courts, noirs et ondulés, et un regard perçant. Son allure était celle d’un employé de bureau.
Il m’avait téléphoné auparavant en disant : « Je m’appelle Mori. Quelque chose vous préoccupe en ce moment, n’est-ce pas ? Je le devine à l’intonation de votre voix. » Et il m’avait proposé une rencontre. Nous avions décidé de nous retrouver chez moi, dans la salle réservée à la méditation de transmission. Dès qu’il me vit, il me dit qu’il était heureux de constater que je ressemblais à la femme garçon manqué qu’il avait imaginée. Au cours de notre conversation, il me fit part de son désir de faire l’expérience de la méditation. Puis il me demanda s’il pouvait rester quelque temps dans la pièce car il voulait rédiger un article. Je fus surprise de cette requête. Mais il avait réellement cerné mes problèmes et il avait eu l’obligeance de m’écouter et de me conseiller, de plus il m’inspirait confiance. Je demandai donc l’autorisation du propriétaire de l’immeuble et celle des membres du groupe de transmission et je m’arrangeai pour qu’il puisse rester pendant quelque temps.
Il me parla de lui. Il me raconta qu’il avait une maison à Shizuoka et que son fils et sa fille vivaient à l’étranger ; que sa femme avait un tempérament d’artiste et poursuivait différents hobbies, qu’elle jouait notamment du koto (instrument musical traditionnel japonais) et menait une vie mondaine. Il menait une vie de famille heureuse, mais, par un matin d’orage, il avait décidé de quitter la maison et de courir le monde. Il réussissait tout ce qu’il entreprenait et avait de bonnes relations avec les populations locales, quel que soit l’endroit où il put se rendre. Il avait exercé pendant quelque temps avec succès le métier de boulanger, puis laissé cette activité à quelqu’un d’autre et repris sa course à travers le monde. Il me donna même sa carte de visite, indiquant qu’il était directeur d’un important commerce de kimonos, et il me dit qu’il avait un compte en banque bien rempli.
Je commençais à trouver plaisir à m’occuper de lui et, chaque matin, j’attendais avec impatience le moment de lui apporter son petit déjeuner. Il me lisait ensuite ce qu’il avait écrit la veille. C’était devenu une routine entre nous. Cependant, lorsque je parlai de lui aux membres du groupe de transmission, ils me recommandèrent la prudence, disant que c’était peut-être un imposteur et qu’il pouvait se servir de moi, que je me montrais trop bonne et trop confiante, etc. Je lui fis part des réflexions des autres car je voulais voir sa réaction. Il changea momentanément d’expression, mais nous reprîmes notre conversation habituelle. Je quittai la pièce au bout d’une heure environ.
Un samedi matin, après une transmission, il dit aux membres du groupe qu’il voulait nous donner une expérience du Soi. Il fit un tube avec ses mains et les plaça devant ses yeux, affirmant que celui qui regarde est le Soi et que celui qui est vu de l’autre côté du tube, c’est vous. Les gens s’étaient attendu à autre chose, ils furent très déçus par son explication et semblèrent tout à fait convaincus qu’il s’agissait d’un mystificateur. Il dit également que chaque personne avait une couleur qui lui allait mieux, que pour moi c’était le blanc et que je devrais porter davantage de vêtements de cette couleur. Il conseilla à quelqu’un d’autre de porter du mauve.
Un jour, il déclara qu’il faudrait faire connaître plus largement nos activités et qu’il avait l’intention d’achever son manuscrit et de le publier. Il avait un ami éditeur, etc. Il dit également qu’il avait l’intention de se rendre à Tokyo afin de rencontrer Mme Ishiwatari, de Share Japan, et également d’aller voir Benjamin Creme à Londres.
Un mois plus tard, il partit soudain en me laissant une lettre. Le contenu de la lettre avait quelque chose à voir avec les trois tentations de Jésus dans le désert. Après cela je n’eus pas d’autres nouvelles de lui, et je n’ai pas entendu dire que Mme Ishiwatari l’ait rencontré, ni entendu parler de la publication de son ouvrage. Aussi je me suis dit que peut-être c’était effectivement un imposteur et j’ai jeté sa lettre que j’avais conservée comme un talisman, destiné à m’aider dans ma vie spirituelle.
J’ai oublié une grande partie du contenu de la lettre, mais on y trouvait ce qui suit :
La première tentation :
Le démon : Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à ces pierres de se transformer en pains.
Jésus : L’homme ne vivra pas seulement de pain.
La deuxième tentation :
Le démon : Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas, et ton Dieu te sauvera avant que ton pied heurte une pierre.
Jésus : L’homme ne tentera pas le Seigneur, son Dieu.
La troisième tentation :
Le démon : Je te donnerai tous les royaumes du monde et leur gloire si tu m’adores.
Jésus : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et lui seul serviras.
A la fin de la lettre, il me disait ceci : Merci beaucoup, je ne vous oublierai pas. J’espère vous revoir un jour. Amitiés. C’était une lettre de deux pages, écrite d’une écriture énergique très particulière.
Lorsque j’y repense maintenant, je me demande parfois s’il ne s’agissait pas d’un Maître. Bien que j’ai eu 99,99 % de doutes, une part de moi-même n’a cessé de se poser des questions à son sujet et j’ai décidé d’essayer de savoir. Même si tout le monde était persuadé qu’il s’agissait d’un imposteur, je ne pouvais mettre en doute le fait qu’il m’avait aidée à détourner mon attention du problème personnel qui me préoccupait à l’époque et m’avait apporté un réel soutien sur le plan spirituel. Je suppose que j’ai jeté sa lettre lorsque je me suis sentie suffisamment forte pour me passer d’un talisman.
S’il s’agissait d’un Maître, je crois qu’il a effectivement tenu sa promesse. Il est revenu (sous un déguisement différent) à la méditation de Kyobashi deux ans plus tard, en avril 1997, une semaine avant Pâques. Il a parlé avec moi pendant environ une demi-heure, puis médité avec le groupe pendant trois heures. [Voir la lettre de Nobuko Mori intitulée « Une promesse est une promesse », publiée dans Partage international, septembre 1998.]
PS – Deux chaises ont disparu à un certain moment de la salle de méditation, mais personne ne sait ce qu’elles sont devenues. Cette disparition a-t-elle un sens particulier ?
N. M., Osaka, Japon
[Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que l'homme en question était le Maître Jésus, que c'était lui qui avait fait disparaître les chaises, car il s'y était assis longtemps et elles étaient trop chargées d'énergie pour les membres ordinaires du groupe.]
Lieu : Osaka, Japon
Date des faits : 1 août 1995
Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)
