Un bénévole reçoit les honneurs de la Fondation pour l’eau

Partage international no 161février 2002

La Fondation internationale pour l’eau fut créée en l’an 2000 par Ernst Frost, avec pour but de favoriser le partage des connaissances et des technologies nécessaires à l’exploitation des ressources en eau, ainsi que de développer des projets avec des pays en développement en matière d’approvisionnement en eau potable.

Wolfgang Buchner, travailleur bénévole, inventeur et enseignant, fut récompensé par le prix international Hundertwasser pour sa participation remarquable à des projets de développement de systèmes d’approvisionnement en eau dans des zones rurales d’Amérique latine.

Cet article est une version abrégée d’un discours du Dr Albert Göttle, président de l’Administration fédérale allemande des eaux, lors de la remise des prix, en juillet 2001.

A l’heure actuelle, à l’aube du troisième millénaire, environ 1,3 milliard de personnes manquent d’eau potable. En 2050, lorsque la population mondiale aura atteint onze milliards de personnes (elle est actuellement de six milliards), quatre milliards d’entre elles manqueront d’eau potable, l’un des besoins les plus fondamentaux de la vie. L’industrialisation croissante, l’agriculture intensive, les terres abandonnées par les agriculteurs qui migrent vers les villes et la pollution grandissante des rivières, des lacs et des nappes phréatiques rendent urgent le développement de réserves d’eau sur tous les continents, en particulier dans les pays en voie de développement.

L’eau (l’or de demain) est déjà une source de conflits au Moyen-Orient et des problèmes analogues menacent le nord et le sud de l’Afrique, l’Asie centrale et du sud, ainsi que l’Amérique latine. La forte augmentation de la population, l’expansion rapide de l’industrie et de la pollution automobile, ainsi que l’exploitation abusives des ressources naturelles, mettent en danger les ressources naturelles nécessaires à la vie et en particulier l’approvisionnement en eau. De grandes catastrophes naturelles telles que des inondations, des sécheresses et des épidémies, générées par les changements climatiques, deviennent totalement incontrôlables.

Ces problèmes sont déjà flagrants en Amérique latine. En Bolivie par exemple, la pénurie en eau potable est une des principales causes de maladies chroniques et de la forte mortalité infantile. L’eau disponible est la plupart du temps polluée : dans les zones rurales les gens puisent l’eau directement dans les rivières, les fossés et les étangs qui servent d’abreuvoirs aux animaux, et où sont déversées les eaux usées. Les températures tropicales transforment ce mélange en un dangereux foyer bactérien. Au début des années 1990, le choléra est réapparu en Amérique latine et il y sévit toujours.

Seul un approvisionnement en eau potable permettra de rompre ce cercle vicieux dans les zones rurales, mais peu de mesures ont été prises par les gouvernements.

Mais un nouvel espoir est né. Alors que dans sa jeunesse, il effectuait son service volontaire en Bolivie, Wolfgang Buchner fut frappé par les difficultés que traversait ce pays. Il s’installa là-bas afin d’aider les paysans à faire face à leurs problèmes d’eau. Débordant de projets, il construisit, au cours de ces vingt dernières années, 10 000 puits qui approvisionnent maintenant en eau potable au moins 200 000 personnes.

A l’aide de matériaux simples trouvés sur place, il inventa le « puits Buchner », dont le coût est d’environ six dollars par mètre de profondeur, y compris l’équipement de pompage. La plupart des gens des pays en voie de développement ont les moyens d’acquérir cette technologie simple qui peut être aisément utilisée dans d’autres pays.

De plus, en 1993, W. Buchner démarra ses propres écoles à San Julian et Puerto Rerez où, avec l’aide de l’Etat bolivien, il forme des jeunes gens et des chefs de famille aux techniques de forage de puits et d’approvisionnement en eau. Ils apprennent à travailler dans différents types de terrains en utilisant des techniques primitives, des pompes manuelles qu’ils fabriquent eux-mêmes ainsi que des réservoirs à eau, et également à édifier un système de « latrines sèches » qui permettent de protéger les nappes phréatiques des dangereuses infiltrations polluantes provenant des latrines traditionnelles.

Avec son système éducatif à effet « boule de neige », W. Buchner n’a pas seulement formé les formateurs, mais il a également créé des emplois pour un grand nombre de personnes qui assurent maintenant l’arrivée de l’eau dans les éviers des cuisines de leur entourage, grâce à ce qu’ils ont appris en observant leur « homme à tout faire » travailler dans leur maison. W. Buchner décrit sa technique comme suffisamment simple pour être copiée par tout le monde.


Sources : Fondation internationale pour l'eau
Thématiques : environnement
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)