Un ange appartenant à la classe moyenne

Partage international no 87novembre 1995

Cher Monsieur,

Je trouve la rubrique « courrier des lecteurs » de la revue Partage International très intéressante, mais j’avoue n’avoir jamais ressenti un besoin particulier de connaître une expérience de Maitreya. L’événement suivant est survenu au printemps dernier et m’a semblé si banal que pendant des semaines, je l’ai simplement classé parmi les multiples « bizarreries » qui se produisent dans le métro new-yorkais.

Pour me rendre à la séance de méditation du vendredi, qui se tient à Manhattan, depuis mon bureau situé à Brooklyn, je dois prendre trois trains. Je quittai mon travail assez tôt et, alors que je montais dans le premier train, je remarquai un jeune homme d’une vingtaine d’années qui montait dans le même wagon. Pour me rendre jusqu’au deuxième train, je dois emprunter les couloirs d’une station très fréquentée. Ce même jeune homme me suivit pour, de nouveau, monter dans le même train que moi. Il s’assit en face de moi. Le wagon n’était pas bondé.

A moins d’un mètre de lui, à sa droite, se tenait un homme qui me regarda franchement au moment où je m’asseyais. Je le regardai à mon tour plusieurs fois, tout en ressentant la vague impression de le connaître. Il était habillé à la manière d’un ouvrier de Brooklyn, portant (avec une certaine désinvolture) une casquette bleu clair. Sa physionomie (cheveux gris-blancs, visage rond et yeux proéminents) était celle d’un homme approchant la quarantaine. Son allure laissait présumer une origine cubaine.

Le train passa plusieurs stations, lorsque cette personne se tourna soudainement vers le jeune homme et commença à lui parler – non en anglais mais dans une langue que j’ai reconnue comme étant du polonais. Ceci me stupéfia car il se trouvait dans le wagon avant le jeune homme. Ce dernier ne répondit pas, ce qui me déconcerta. Il semblait perdu dans ses pensées, la tête penchée vers le sol qu’il regardait fixement. Puis, il renversa la tête et dirigea son regard vers le haut.

L’homme continuait de parler sur le même ton sans élever la voix ni se pencher en avant, malgré le bruit provoqué par le grondement et les trépidations du train. Il ne semblait pas attendre de réponse de la part du jeune homme. Je les observais discrètement de temps en temps tout en regardant autour de moi pour voir si d’autres voyageurs avaient remarqué cet étrange échange, mais apparemment ils restaient plutôt passifs face à l’événement. Après un moment, le jeune homme commença à se gratter le menton, comme s’il lui venait une idée. L’homme, toujours en face de moi, commença à sourire. Pas une fois le jeune homme ne lui répondit. Le train arriva à la 42e Rue et je descendis ainsi que le jeune homme. L’homme resta dans le train. C’est ça New York ! J’en conclus que j’avais été le témoin d’une sorte de transaction clandestine. L’événement s’est produit le jour du vendredi saint.

Je n’ai plus pensé à ce qui était arrivé jusqu’à ce que je relate l’événement à un ami qui suggéra que j’avais vu un ange. « Oui, mais l’homme que j’ai vu était si commun qu’il devait être un ange appartenant à la classe moyenne », répondis-je en plaisantant. Trois mois plus tard, je remarquai que des apparitions se présentaient à des personnes qui rejoignaient un groupe de méditation où qui en partaient. Je sus alors que j’avais vécu quelque chose de spécial.

Cordialement.

C. P., New York, Etats-Unis

[Le Maître de Benjamin Creme indique que l'homme habillé à la manière d'un ouvrier était Maitreya. Seul l'auteur de cette lettre pouvait le voir. Le jeune homme était une personne ordinaire.]

Lieu : New York, Etats-Unis
Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)