Trois interviews de Benjamin Creme avec des chrétiens américains

Partage international no 445septembre 2025

Extrait d’une interview dans l’émission « Au-delà de la raison » sur 1240 TVA Radio (Géorgie), 25 juillet 1996 (troisième partie)

Question : Vous dites que Jésus vit encore aujourd’hui sur notre plan physique. Dans ce cas, où est allée l’âme de Jésus lorsqu’il a quitté ce plan ?
Benjamin Creme : Eh bien, lorsque Jésus est mort sur la croix, il a quitté l’incarnation. Il est resté hors d’incarnation pendant sept ans ; puis il est revenu sous le nom d’Apollonius de Tyane. Sur la croix, il a reçu la quatrième des cinq initiations qui font de nous un Maître. Il a ensuite reçu la cinquième initiation en tant qu’Apollonius, est devenu un Maître, s’est rendu dans le Nord de l’Inde, y a été enterré, et de là proviennent les nombreuses légendes qui circulent : que Jésus ne serait pas mort sur la croix, qu’il aurait été exfiltré de la Palestine vers l’Inde et qu’il serait enterré dans le nord de ce pays. D’autres disent qu’il est allé à Rome, a fondé une famille, et ainsi de suite…
La vérité, du point de vue ésotérique, c’est que Jésus est littéralement mort sur la croix comme le raconte l’évangile, et qu’il est resté trois jours dans son tombeau ; à la suite de quoi le seigneur Maitreya est entré dans son corps et l’a investi d’une énergie spirituelle si prodigieuse qu’elle a provoqué l’ionisation de ce corps sur le linceul qui l’enveloppait – ce qu’on appelle aujourd’hui le Suaire de Turin. La photographie moderne utilise ce processus d’ionisation déjà apparu il y a 2 000 ans en Palestine, et le Suaire de Turin est le linceul funéraire authentique de Jésus. Un jour, il le revendiquera, et je suis sûr qu’il le restituera à la cathédrale de Turin.

Q. Permettez-moi de vous poser la question suivante : si Jésus-Christ a reçu la quatrième initiation dans cette incarnation et la cinquième en tant qu’Apollonius, pourquoi Apollonius ne serait-il pas un nom connu de tous, comme l’est Jésus par tant de gens sur cette planète ?
R. Tout d’abord, le nom d’aucun des Maîtres n’est connu de tous. Et puis, Jésus est à l’origine du christianisme. Il s’est incarné pour servir de véhicule à Maitreya afin d’inaugurer l’ère des Poissons. Ce n’est pas un hasard si le symbole du poisson se trouve à la base de toute l’iconographie chrétienne primitive. Les premiers chrétiens savaient que la mission de Jésus était d’inaugurer l’ère des Poissons, qui à présent touche à son terme. Le poisson est devenu le symbole immémorial de l’ère des Poissons.
A la fin du récit évangélique, Jésus dit à ses disciples de se rendre à Jérusalem où ils verraient un homme portant une cruche d’eau. Il leur dit ensuite de suivre cet homme jusqu’à une maison et d’y préparer le repas de la Pâques. A travers cette anecdote apparemment insignifiante, il était annoncé que le Christ serait l’instructeur de l’ère du Verseau, qui commence maintenant. Le porteur d’eau est le symbole immémorial du Verseau.

Q. En ce qui concerne la religion, je comprends ce que vous dites de la manière suivante : de même qu’en regardant la Terre depuis l’espace on n’y distingue pas les différents pays, la vision de la religion depuis l’espace est tout aussi uniforme.
R. En effet, la religion finira par se purger de toute dévotion. D’ailleurs, du point de vue des Maîtres, la voie religieuse n’est qu’une des voies menant à Dieu. Il y a de nombreuses voies – la politique, l’économie, l’art, la philosophie, la religion, la science – et quel que soit votre chemin de vie, vous pouvez faire l’expérience de ce que nous appelons Dieu comme une expérience de chaque instant. Cela signifie que la religion n’est qu’un moyen en vue d’une fin, qui n’est autre que cette expérience de chaque instant.

Q.  J’aime cette analogie. Quel est le rôle de la dévotion ? Est-il de notre nature, en tant qu’êtres humains, d’adorer quelque chose de plus grand que nous ? Vous avez bien dit que, dans l’avenir, la manière de révérer ou d’honorer Dieu ne sera pas de l’adorer, n’est-ce pas ?
R. L’humanité s’approche de Dieu étape par étape à mesure qu’elle évolue, et l’adoration est liée à la nature généralement émotionnelle de l’humanité. Mais l’humanité moderne tend vers une compréhension plus mentale et, au fil du temps, plus spirituelle de la nature de l’univers. A mesure que nous évoluons, ce que nous appelons culte se transforme en une connaissance directe, de sorte que nous pouvons invoquer les énergies que nous appelons Dieu.
Selon la Bible chrétienne, Dieu est un feu dévorant et, du point de vue ésotérique, il existe un axiome de base selon lequel tout, dans l’univers manifesté, est énergie. Cette énergie vibre à diverses fréquences et la nature de la fréquence détermine la forme que prendra l’énergie, que ce soit une pierre, un homme, une planète, un univers ; ainsi, dans cet ensemble total d’énergies et à partir des lois qui régissent ces énergies, nous nous faisons une idée de ce qu’est Dieu, et il devient possible à l’humanité de l’invoquer.

 

Extraits de l’interview de Barry Bane dans l’émission Talkback, WFUN radio, Ohio, 8 août 1989

Q.  Monsieur Creme peut-il expliquer où se trouvait Jésus entre l’âge de douze ans et celui de trente ans ?
R. Mon Maître a dit que, de douze à trente ans, Jésus a été éduqué par une communauté ésotérique en Palestine, la communauté essénienne et qu’en réalité, il a été initié dans cette communauté ; il existe dans la tradition de nombreux témoignages à ce sujet. Certains prétendent qu’il a aussi été emmené en Egypte et en Inde, etc. Mon Maître dit que ce n’est pas vrai. Il n’avait pas besoin d’y aller. Il a bénéficié d’une tutelle complète non seulement de la part de Maitreya le Christ, mais aussi d’enseignants très proches géographiquement, au sein même de la communauté essénienne. A l’époque, en Palestine, il y avait toutes sortes d’écoles ésotériques et d’écoles des mystères.

Q.  Qu’en est-il des révélations de Jean, de l’Apocalypse et des Quatre Cavaliers ? Il n’y a rien de semblable dans les autres textes de la Bible !
R. Mon Maître a dit, à propos des révélations, que « l’Apocalypse » est une suite d’expériences qui ont été données à Jean par le Christ, par Maitreya, et qui se réfèrent à la fois à son époque, à l’époque actuelle et à la fin de tous les cycles mondiaux, à la fin de l’expérience de cette Terre. C’est très difficile à démêler. Il a dit que Jean les a transcrites dans les limites de sa propre compréhension – il ne l’a pas très bien fait, a ajouté mon Maître, mais il a fait de son mieux. Ces expériences se réfèrent autant à sa propre époque, à la fin du régime romain, qu’à ce qui se passe aujourd’hui avec le retour du Christ, et à ce qui se passera à la fin des temps lorsque tout sera accompli, au moment de ce qu’on a appelé le Jugement Dernier. Mais cela aura lieu à la fin du monde, pas maintenant, pas à la fin de cette ère que le Christ a inaugurée par l’intermédiaire de Jésus il y a 2 000 ans.

Q.  Tout ce qui est mauvais et maléfique va-t-il être réglé immédiatement dans le monde ?
R. Non, pas du tout. La venue du Christ est en réalité le paroxysme de la confrontation entre les forces du Bien et les forces du Mal. Cette confrontation se déroule sur cette planète depuis des millions d’années et, au cours des derniers millénaires, elle a eu lieu sur le plan astral. Nous l’avons précipitée, dans la guerre de 1914 à 1945, sur le plan physique, et, en un sens, elle continue. Mais, avec la présence du Christ et de son groupe, celui des Maîtres de la Hiérarchie, les forces de Lumière sont désormais plus que de taille face aux forces du Mal, puisqu’elles œuvrent à présent sur le plan physique, sur le plan astral-émotionnel et sur les niveaux inférieurs du plan mental – alors que, pendant des milliers et des milliers d’années, les Maîtres, sous l’autorité du Christ, n’avaient pu agir, sans enfreindre le libre arbitre, que sur les plans de la conscience. A présent, puisqu’ils sont dans le monde, ils peuvent agir sur tous les plans, et ce que nous voyons est vraiment la confrontation finale entre ces deux forces – les forces de Lumière sous la direction du Christ, et les forces du Mal.

Q.  Donc, selon le Christ et selon vous, les Forces du Mal ont jusqu’ici été gagnantes dans le monde ?
R. Eh bien, en ce qui concerne le Christ, c’est une guerre qui va et vient. Tout ce qu’il fait, ils le contrent. Tout ce qu’ils font, il le contre. Mais il dit que la fin est connue depuis le commencement. La défaite des Forces du Mal est inévitable.

 

Emission de Steve Simmons, KPBC, Texas, 28 août 1990

Q.  Il y a de nombreuses images ou autres apparitions, comme celles de la Madone par exemple. Sont-elles réelles ?
R. Les formes-pensées créées par ce Maître, Marie, mère de Jésus, sont de deux sortes. Si elles ne sont vues que par une seule personne, et que cette personne fait des récits de destruction et de catastrophe, alors il ne s’agit pas de créations authentiques de ce Maître, mais, pourrait-on dire, de créations émotionnelles ou astrales issues du corps émotionnel de cette personne, peut-être une jeune personne très hystérique, emportée par sa ferveur religieuse.
Les véritables créations de ce Maître ont été vues par de nombreuses personnes et authentifiées par plusieurs témoins, comme à Medugorje et d’autres endroits. Elles montrent à l’humanité que le lien qui la relie au Divin ne se rompt jamais ; que Dieu ne perd jamais de vue sa création et cherche à faire d’elle progressivement le reflet direct et pur de lui-même. Ainsi l’espoir emplit-il notre cœur. Il ne s’agit pas vraiment de convertir les gens au catholicisme, ni même au christianisme. C’est un symbole d’espérance et, pour ceux qui en sont informés, l’un des signes que le Christ est maintenant revenu dans le monde.

Q.  En tant que chrétien croyant à la Bible, comment comprenez-vous que Jésus reviendra « sur les nuées » ?
R. Je crois qu’il s’agit d’une expression symbolique. De nos jours, partout dans le monde, nous allons tous « dans les nuages ». Chaque fois que je vais en Amérique, j’y vais dans les nuages. Pour moi, cette expression ne signifie plus grand-chose. Il suffit de prendre l’avion pour aller dans les nuages, et c’est précisément ainsi qu’il [Maitreya] est venu à Londres. Il est descendu de sa retraite en montagne le 8 juillet 1977, est resté quelques jours dans les plaines du Pakistan pour s’acclimater, puis est allé de Karachi à Londres, le 19 juillet, en avion, accomplissant ainsi cette prophétie, si tant est qu’il ait été nécessaire de l’accomplir.
J’ai également vu, en fait, des photographies d’un beau coucher de soleil ou d’une formation nuageuse intéressante, prises par des gens qui ne voyaient rien d’autre quand ces photos ont été prises. Mais une fois développées, on y voit avec une grande netteté la silhouette du Christ, debout, vêtu d’une longue robe blanche, les mains étendues de part et d’autre, venant, si vous voulez, « sur les nuées ». J’en ai dix, prises par des personnes différentes à des endroits différents dans le monde.

Q.  Pensez-vous qu’un jour nous finirons par être débarrassés de tout le désespoir et de tous les problèmes de ce monde, et que la paix viendra enfin d’une manière ou d’une autre ?
R. Je le crois très fermement. Je pense que si je ne savais pas que le Christ est dans le monde, je serais aussi pessimiste que la plupart des gens. Mais, sachant ce que je sais par ma propre expérience et par celle d’un grand nombre de personnes à Londres et dans le monde qui le connaissent, ou à qui il est apparu, j’ai un espoir pour l’avenir qui est total.

Q.  Nous avons les Dix Commandements, que nous suivons, et il faut préciser aussi que, dans la Bible, des faux prophètes sont annoncés. J’ai l’impression que ce que dit Benjamin Creme revient à traiter la Bible comme un livre ordinaire. Cela revient à traiter Dieu de menteur, et j’aimerais lui demander si son seigneur Maitreya a apporté l’arc-en-ciel, voyez-vous…
R. Eh bien, les Dix Commandements étaient l’expression juive de la nature de Dieu, un Jéhovah courroucé et vengeur, selon qui tout était négatif : « Tu ne feras pas ceci, tu ne feras pas cela… » Le Christ est venu, par l’entremise de Jésus, enseigner une vérité simple qui, si elle est respectée, entraîne automatiquement le respect de toutes les autres : « Aimez-vous les uns les autres. » C’est ce dont il parle aujourd’hui.

Q.  Vous savez, si les gens suivaient ces Dix Commandements, nous nous porterions beaucoup mieux dans ce vieux monde aujourd’hui. Il n’y a aucun doute là-dessus. Le fait que Maitreya soit le Christ, est-ce fondé uniquement sur l’expérience ?
R. Vous voyez, je pense que nous devons comprendre ce qu’est le Christ. Le Christ n’est pas vraiment le nom d’un homme. Le mot « Christ » vient du grec « Christos ». « Christos » est la traduction du mot juif « Messie », qui signifie « l’Oint ». Or, le Christ est vu par les chrétiens comme un homme qui est le Fils unique de dieu. Je l’accepterais en ce sens que je le vois comme incarnant l’aspect « fils » de Dieu, Dieu le Fils, ou encore l’aspect Amour de Dieu. Mais il s’agit d’une énergie qui émane du cœur de Dieu et qui est incarnée par l’être immense qu’est le seigneur Maitreya, le Maître de tous les Maîtres, si avancé, si pur, qu’il peut réellement incarner cet aspect divin et cosmique. Il est donc le Fils unique de Dieu, mais il incarne le principe christique qui, lorsqu’il s’éveille et agit en nous, nous permet de participer de la nature du Christ. C’est l’énergie de l’évolution.

Q.  Il semble que vous dites que le Christ « utilise » Maitreya, mais uniquement d’après l’expérience et diverses choses. Je voudrais lire, dans la Bible, « Deuxième Epître aux Thessaloniciens », chapitre 2, verset 9 : « L’avènement de l’Impie se fera par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles et de prodiges mensongers ». Si vous voulez dire que le Christ utilise Maitreya, ce n’est fondé que sur l’expérience.
R. Sur quoi d’autre que l’expérience peut-on jamais fonder quoi que ce soit ? Si vous n’avez pas l’expérience de quelque chose, peu importe ce que vous pouvez croire à son sujet. Cela ne le rend pas vrai. La seule chose qui puisse rendre quoi que ce soit vrai pour vous, c’est que cela fasse partie de votre expérience et aucun enseignant, aucun enseignant de quelque qualité, de quelque stature que ce soit dans l’histoire du monde, n’imposerait jamais à ses élèves l’injonction de croire ce qu’il dit si cela ne faisait pas partie de leur expérience.


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Rubrique : Questions-réponses de Benjamin Creme ()