Partage international no 189 – mai 2004
Interview de Benjamin Creme
En mars 1974, Benjamin Creme forma, à Londres, le premier groupe de méditation de transmission et commença son travail public de préparation à la venue de Maitreya, l’Instructeur mondial. Aujourd’hui, trente ans plus tard, il existe environ 650 groupes de transmission répartis dans plus de 40 pays, et l’information est connue de millions de personnes de par le monde.
Q. J’ai cru comprendre qu’en mars 1974 votre Maître vous avait suggéré d’inviter quelques personnes à participer à la première méditation de transmission. C’était il y a exactement trente ans. Ce premier groupe était composé de douze personnes et maintenant il existe plusieurs centaines de groupes dans le monde. Ce genre de groupe est-il, pour la Hiérarchie , une tentative nouvelle de nature expérimentale ? A-t-il marqué une nouvelle phase dans le travail de la Hiérarchie ? Si oui, pourriez-vous donner quelques explications ?
Benjamin Creme. Le Maître me donna une liste de quatorze personnes à inviter pour une conférence sur la méditation et des sujets voisins – deux d’entre elles ont abandonné après la première rencontre. J’ai présenté la méditation de transmission, mais j’ai surtout parlé de la Réapparition du Christ, en soulignant brièvement pourquoi la Hiérarchie s’était engagée dans ce genre de travail et ce qu’elle proposait de faire. J’ai invité les gens à prendre part au premier groupe de méditation de transmission. Il y avait longtemps que je recevais le même genre de transmissions, mais seul, à titre individuel ; de très nombreuses heures s’écoulaient ainsi chaque semaine. C’était la première fois qu’un groupe – car il s’agit essentiellement d’une méditation de groupe – était impliqué. Auparavant, j’avais construit le tétraèdre en suivant les directives du Maître. Un ami se chargea de la partie en verre et de la base et j’assemblai les instruments à l’intérieur.
Je construisis également une batterie d’énergie spirituelle en suivant les instructions du Maître. Ce fut tout un travail et il me fallut plusieurs semaines pour trouver le matériel nécessaire. Le Maître suggéra alors que nous ayons une transmission. Elle fut très courte, une demi-heure peut-être. Le Maître suggéra ensuite que nous prenions une tasse de thé. Pendant ce temps, je connectai la batterie au tétraèdre, elle prit ainsi la place du groupe, et la transmission se poursuivit en utilisant l’énergie déjà transmise dans la batterie à travers le groupe.
La batterie était constituée de telle manière qu’elle pouvait emmagasiner de l’énergie spirituelle et celle-ci pouvait être envoyée à travers le tétraèdre au lieu d’être envoyée à travers un groupe. Il me fallut des semaines pour construire cette batterie, mais nous ne l’avons utilisée que cette unique fois. C’était simplement pour nous montrer que la chose était possible. Nous n’avons jamais eu de raison ni d’occasion de l’utiliser à nouveau, car à partir de ce moment-là l’énergie fut toujours envoyée à travers le groupe. J’ai encore cette batte-rie, mais elle demeure inutilisée.
Le travail de groupe n’était pas une tentative nouvelle, mais ce type particulier de travail de groupe l’était. C’était un prolongement du Mouvement des Triangles qui avait été introduit à la fin des années 1930 par le Maître Djwhal Khul à travers Alice Bailey. Trois personnes forment un triangle. Elles peuvent se trouver n’importe où dans le monde, mais elles se connaissent et se sont mises d’accord pour se relier mentalement à une heure qui leur convient, visualiser un triangle de lumière au-dessus de leur tête et voir ce triangle comme faisant partie d’un immense réseau de triangles semblables recouvrant le monde entier. De cette manière, l’énergie invoquée par l’utilisation de la Grande Invocation est amplifiée. Davantage d’énergie peut être envoyée en toute sécurité à travers trois personnes formant un triangle qu’à travers les mêmes individus pris séparément. C’est également la base de la méditation de transmission.
La méditation de transmission est une tentative nouvelle pour la Hiérarchie. Elle n’est possible qu’aujourd’hui car elle implique un alignement beaucoup plus mental. Cela ne signifie pas que toutes les personnes participant à la méditation de transmission soient polarisées sur le plan mental, mais ce sont des personnes qui arrivent à mi-chemin entre la première et la deuxième initiation et c’est le niveau où l’on passe de la polarisation astrale à la polarisation mentale, vers 1,5-1,6. Ces personnes atteignent par conséquent un degré de focalisation mentale qui faisait défaut jusqu’ici.
Pendant des siècles, la Hiérarchie a diffusée l’énergie à travers les groupes religieux de toutes sortes, et la plupart des gens dans les groupes religieux, comme la plupart des gens dans le monde, sont polarisés sur le plan astral. Le siège de leur conscience se situe sur le plan astral, et ceci limite la quantité et le type d’énergie qu’il est possible de déverser dans le monde sans distorsion. Les plans astraux, ceux de l’illusion, colorent les pensées et les sentiments des gens et altèrent ainsi l’énergie spirituelle. Au fur et à mesure que les gens avancent – et de plus en plus de personnes parviennent à la première initiation, ou ont déjà passé celle-ci et se dirigent vers la deuxième – un type supérieur de travail comme la méditation de transmission peut être accompli. Il existe aujourd’hui dans le monde entier des groupes qui ont le temps et par-dessus tout le désir de servir.
Le désir de servir résulte du contact avec l’âme. Ceux qui approchent de la première initiation ont un certain niveau de contact avec l’âme, ce qui est relativement nouveau dans la condition humaine. Aujourd’hui, trois ou quatre millions de personnes se tiennent sur le seuil de la première initiation. C’est quelque chose d’une importance considérable pour le monde. Cela signifiera une grande élévation de la vibration spirituelle de l’humanité, si bien qu’une évolution rapide pourra se produire. Par ailleurs, de nombreuses âmes plus évoluées arrivent en incarnation, d’autres l’on fait, il y a vingt ou trente ans, et ont maintenant atteint un niveau qui les rend particulièrement aptes à ce genre de travail.
Les groupes ont été constitués dans ce but, mais ils forment également la base des groupes impliqués dans la Réapparition du Christ et l’extériorisation de la Hiérarchie. Dans tous les domaines de la vie, des groupes sont impliqués dans le travail concernant la Réapparition , qu’ils le sachent ou non, en particulier les groupes politiques et économiques, qui ont un rôle énorme à jouer dans tout ceci. Cependant, la première approche du grand public a été faite à partir de 1974 par les groupes qui travaillent avec moi. Ceux-ci sont spécifiquement chargés de la tâche qui consiste à faire connaître l’extériorisation de la Hiérarchie et la présence de l’Instructeur mondial, le Seigneur Maitreya, ainsi que des quatorze Maîtres qui sont également physiquement présents dans le monde.
Ce fut une tentative nouvelle pour la Hiérarchie car aucun groupe n’avait jamais travaillé de cette manière auparavant, la méditation de transmission n’avait pas encore été mise en place, il n’y avait pas assez de personnes prêtes pour la pratiquer. La méditation de transmission exige un niveau de contact avec l’âme qui n’est pas courant. Seule une très petite minorité de personnes sont suffisamment imprégnées par l’âme pour avoir le désir de pratiquer ce genre de service qui semble abstrait, mais qui est extrêmement efficace et précis et qui consiste à transmettre les énergies qui transforment le monde. C’est notre réponse aux énergies qui est à l’origine du changement. Ce n’est pas nous qui en décidons tout seuls. Nos décisions sont, dans le meilleur des cas, le résultat de notre réponse aux énergies. Ces énergies incarnent certaines grandes idées qui deviennent nos idéaux ; lorsque nous mettons ceux-ci en pratique, le monde est transformé.
Q. Avec l’arrivée des énergies de l’ère du Verseau, souhaiterons-nous de plus en plus travailler en groupes ?
BC. Oui, vous pouvez déjà le constater. Si vous considérez les vingt ou trente dernières années, vous remarquerez que la formation de groupes a été générale : dans tous les domaines de la vie les gens ont constitué des groupes – dans le monde des affaires, dans l’éducation, le jeu, et maintenant la méditation – et lorsque les choses sont faites en groupe l’effet est amplifié. Cela apporte davantage d’idées, de créativité dans le travail et rassemble différentes structures de rayons, différentes manières de penser, de sentir et d’envisager la vie et ses problèmes, si bien que tout avance beaucoup plus rapidement. Cela met en jeu la coopération, et celle-ci est particulièrement nécessaire en cette période de conflit et de guerre.
La formation de groupes était-elle de nature expérimentale ? La manière dont les choses devaient se dérouler avait été prévue – mais pour la Hiérarchie , tout est expérimental en ce qui concerne l’humanité jusqu’à ce que l’essai soit concluant.
Cela a-t-il marqué une phase nouvelle dans le travail de la Hiérarchie ? Oui. Cela fait partie, dans une large mesure, du travail de mon Maître et de celui de Maitreya. Maitreya est avant tout responsable du choix des énergies, du mélange et de l’équilibre des énergies envoyées à n’importe quel moment. C’est un travail énorme qui a toujours existé pour la Hiérarchie , mais à notre époque des énergies totalement nouvelles arrivent sur la planète et des énergies anciennes continuent à affluer avec une puissance entièrement nouvelle, si bien que le travail change constamment pour les Maîtres. Cela a atteint un stade où ce travail est devenu extrêmement complexe, ce qui accroît la possibilité d’un surdosage préjudiciable, si bien que Maitreya lui-même a pris en charge l’ensemble du processus de distribution des énergies, même si pour la diffusion concrète de celles-ci il est aidé par un groupe de Maîtres.
Q. La méditation de transmission nous est maintenant devenue très familière, mais lorsqu’on y réfléchit, c’est quelque chose d’assez extraordinaire de pouvoir se joindre à un groupe et décider de travailler en coopération avec les Maîtres.
BC. Ceci n’avait jamais été possible auparavant. Il s’agit là aussi d’une nouvelle phase dans le travail des Maîtres. C’est parce qu’ils sont en train de s’extérioriser. Cela fait partie de leur processus d’extériorisation. Celui-ci leur donne la possibilité de travailler avec des groupes de personnes qui, sans cela, ne penseraient pas aux Maîtres de Sagesse, ne sauraient rien d’eux, mais qui, dans la méditation de transmission, travaillent de manière constructive et coopérative avec eux. Cette forme de méditation rapproche donc le travail des Maîtres de l’humanité et ce rapprochement se fera de plus en plus étroit.
Q. Les Maîtres ont toujours travaillé avec leurs disciples dans le monde. Le Maître Morya et le Maître K. H. ont travaillé avec et à travers Helena Blavatsky et ses collaborateurs et le Maître D. K. à travers Alice Bailey et les siens. Pouvez-vous souligner en quoi la manière dont vous travaillez vous-même, avec votre Maître et avec les groupes qui participent à votre tâche, diffère des entreprises précédentes ?
BC. Il s’agit surtout d’un travail extérieur. La tâche d’Helena Blavatsky – qui a travaillé sous la direction de son propre Maître, le Maître Morya et celle du Maître Koot Hoo-mi (K.H.) – était entièrement nouvelle. Elle introduisit ouvertement l’idée des Maîtres grâce à ses ouvrages – la Clé de la théosophie, Isis dévoilée, la Doctrine secrète, par exemple – et tous ses écrits destinés à la Société théosophique, et également par les conférences qu’elle a données. De cette manière, l’idée des Maîtres fut apportée à l’humanité. Ce fut le premier pas dans l’extériorisation du travail de la Hiérarchie qui se met en place aujourd’hui. Les Maîtres savaient depuis plus de cinq cents ans qu’ils devraient finalement venir ouvertement dans le monde ; la seule question était de savoir quand. Maitreya donna le signal en 1945 lorsqu’il déclara qu’il viendrait dans le monde lorsque l’humanité aurait commencé à faire le ménage chez elle.
Telle fut la première phase, l’introduction des idées des Maîtres, la description, donnée dans la Doctrine secrète, du vaste Plan d’évolution reliant ce monde au Cosmos, du travail des différents dévas, etc. La Doctrine secrète est un ouvrage fantastique et tout ce qu’Helena Blavatsky a accompli était de grande envergure. C’était une initiée de quatrième degré, presque un Maître elle-même, et elle fut donc capable de mener à bien ce travail et de créer la société théosophique.
Par la suite, le Maître Djwhal Khul (D.K.) travailla par l’entremise d’Alice Bailey en projetant sur son mental un écran où s’inscrivait ce qu’il avait à dire. Pendant longtemps il communiqua avec elle de manière télépathique, mais vers la fin de sa vie elle tomba malade – elle travaillait depuis trente ans et elle était très affaiblie – aussi le Maître D.K. remplaça-t-il la communication télépathique par un écran. Elle regardait l’écran à l’intérieur de son mental, à l’intérieur de son cerveau, et lisait ce que D.K. avait projeté dessus à sa secrétaire qui le notait puis le tapait à la machine. Elle faisait ce travail tous les jours.
Ce fut un extraordinaire travail qui dura trente ans. Le Maître D.K. amena l’enseignement donné à travers Helena Blavatsky à un niveau pratique, en entraînant des disciples et en élargissant leur esprit et leur conscience. Il introduisit les enseignements sur les rayons, la guérison ésotérique et l’astrologie ésotérique. Ceci amena l’enseignement à un niveau pratique accessible aux disciples du monde entier. Ce fut un travail énorme, très concret, qui aboutit à la publication de 24 ouvrages, dont certains furent écrits par Alice Bailey elle-même, et d’autres (19) dictés par le Maître D.K.
Lorsque je fus contacté, je connaissais les enseignements d’Alice Bailey et ceux de la société théosophique. J’avais étudié les enseignements orientaux, indiens, notamment, les Vedas, et autres, et j’étais donc familiarisé avec les idées spirituelles, mais mon travail est très spécifique. J’ai été contacté par l’un des Maîtres en janvier 1959. En fait, il essayait de me contacter sans succès depuis de nombreux mois et il chargea quelqu’un de m’en avertir. Ce fut une surprise pour moi. Je connaissais l’existence des Maîtres, mais je ne recherchais pas de contact avec eux, ni même le souhaitais. Je trouvais simplement leurs enseignements très intéressants, j’y croyais, mais j’étais détaché à leur égard ; je me contentais de faire mon propre travail.
Quelqu’un m’avertit que les Maîtres essayaient de me contacter. Je répondis : « Non, sûrement pas. » – « Si, et j’ai été envoyé pour vous le dire. » – « Eh bien, je n’entends absolument rien. » (Normalement il s’agit d’un contact télépathique) – « Non, les messages viennent à vous, mais ils rebondissent car vous n’êtes pas ou-vert. » Etre ouvert est une chose difficile à expliquer. Cela ne signifie pas être ouvert à l’idée – j’aurais certainement été ouvert à l’idée – mais être ouvert au sens réel. Pour cela il faut que l’esprit soit calme, suffisamment tranquille, pour recevoir directement le message d’un Maître et ce n’était pas le cas. J’avais traversé avec un autre groupe une période très difficile pendant deux ans. On me conseilla de quitter ce groupe, ce que je fis. Alors le contact avec le Maître commença.
Le premier contact réussi eut lieu le 3 janvier 1959 et les contacts se sont poursuivis depuis. En mars 1959 je fus adombré pour la première fois par Maitreya. Ce fut une expérience extraordinaire et Maitreya me confia la tâche que j’accomplis aujourd’hui. Il déclara que lui-même allait venir, plus tôt que quiconque ne l’aurait cru possible, et que j’aurais un rôle à jouer dans sa venue si je l’acceptais. Ce serait dans une vingtaine d’années, ce qui me semblait très loin. En fait, ce fut au bout de dix-huit ans. Je vécus une expérience extraordinaire : j’étais rempli d’amour pour le monde entier et tout ce qui s’y trouvait et je n’eus qu’une seule chose à dire, ce fut : « Je suis votre homme, quoi qu’il en coûte ! » Le Maître me dit alors : « Tu as entendu quelque chose aujourd’hui qui a entièrement changé ta vision des choses », – ce qui était effectivement le cas. Il ajouta : « Le temps est proche où l’on attendra que tu agisses en conséquence et que tu affirmes sa venue. » Il répéta ceci deux jours plus tard dans un autre contexte, en parlant de la foi et du sens réel de la foi : « Aie la foi et affirme sa venue. » Il voulait dire avoir foi en ses propres expériences, pas une foi aveugle, mais la foi en ce que l’on a expérimenté et que par conséquent on sait être vrai, avoir foi en cela. Il ajouta : « Pour avoir simplement manqué de foi, nombre de disciples prometteurs ont échoué. Aie la foi et affirme sa venue. »
On ne me dit pas quoi faire. Au fur et à mesure que le temps passait, je commençais presque à oublier tout cela. Le Maître commença alors à m’entraîner et à me dicter de nombreuses informations. Puis un jour, en 1974, il déclara : « Il est temps de communiquer tes informations au monde. » – « Oh non ! » répondis-je. Il dit alors : « Très bien, j’ai d’autres projets pour toi. » Je pensai : « Dieu merci ! » Ce que je faisais était très intéressant, important, mais personne ne le savait, cela ne me demandait aucun effort psychologique et j’étais donc très heureux de continuer, jusqu’à ce que finalement le Maître déclare : « Je t’ai donné toutes ces informations et tu dois les communiquer au monde ! » Je refusais à nouveau. Mais il dit alors : « Si, tu sais que tu as pris un engagement ! » Je pensais : « Un engagement ! oh mon Dieu, j’ai dit que je ferai tout ce qu’on me demanderait ! » Je n’avais jamais pensé m’être engagé. Mais, il me dit : « Si, tu as pris un engagement et tu dois le tenir. » Alors je m’y suis mis sérieusement et mon travail a commencé.
Q. Pourriez-vous souligner en quoi votre travail avec les Maîtres et les groupes qui partagent votre tâche diffère de ce qui a été fait auparavant ?
BC. Le travail d’Helena Blavatsky était extériorisé en ce sens que la société théosophique fut créée, qu’elle eut des sous-groupes et se répandit à travers le monde : elle existe toujours. Le siège est en Inde, mais la société est présente aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, dans toute l’Europe et ailleurs. Il existe des groupes presque partout dans le monde. C’est l’un des aspects de ce travail, mais le grand public n’a pas réellement été contacté. Vous avez très peu de chances d’entendre parler de la société théosophique dans une émission de radio ou de télévision – ce serait un événement rarissime.
C’est la même chose pour Alice Bailey : elle mit en route l’école Arcane, des groupes furent formés qui se retrouvaient une fois par an, peut-être, dans une rencontre destinée à tous les membres mais, là encore, il ne s’agissait pas de groupes de travail mais d’individus, même si ceux-ci formèrent des groupes plus petits, des groupes de discussion notamment. Le mouvement des Triangles forma de minuscules groupes composés de trois personnes seulement. L’aspect extérieur du travail du Lucis Trust consiste à publier et à diffuser des ouvrages.
Notre travail fut différent. Nous établîmes sciemment un premier contact avec le public, avec l’humanité ordinaire, en publiant des livres, des revues, en utilisant la radio, la télévision et tous les moyens à notre disposition, dans le but de révéler que les Maîtres de Sagesse étaient en train de revenir dans le monde, puis, à partir de 1977, que le Maître de tous les Maîtres, Maitreya lui-même était présent dans le monde, à Londres, en Angleterre, et qu’il aidait en coulisses à transformer le monde.
Ce fut donc un travail très différent – un travail que je n’avais jamais fait auparavant. J’étais quelqu’un de particulièrement discret et réservé. Comme vous le savez, je suis peintre, je l’ai toujours été, depuis l’âge de treize ans, et tout mon travail s’est fait en privé. Je passais la journée seul à peindre. Il ne me serait jamais venu à l’idée de participer à une émission de radio ou de télévision. Ce fut donc une transformation totale de ma vie que d’essayer de faire connaître l’existence de la Hiérarchie et la présence du Christ dans le monde. Je ne savais comment commencer. Le Maître me dit : « Ecris à des groupes. » Je demandai : « Quels groupes ? » Il répondit : « N’importe quels groupes ! » Je me procurai une brochure où il y avait quarante noms de groupes (personnellement je n’en connaissais aucun) et je leur écrivis pour leur proposer de faire une conférence sur les enseignements d’Alice Bailey.
Q. Des groupes New Age ?
BC. Des groupes de toutes sortes, pas tous New Age, mais pour la plupart. Sur quarante lettres, je reçus six réponses. Trois d’entre elles me remerciaient et me faisaient savoir que leur groupe avait ses propres conférenciers, ou encore que leurs conférences étaient déjà prévues pour les deux années à venir, mais que si je le souhaitais, on pouvait ajouter mon nom sur la liste d’attente. Je reçus une réponse favorable de trois petits groupes nouveaux. Ils s’arrangèrent pour mettre en place des conférences et c’est ainsi que je commençai, en 1975. J’organisai moi-même la première conférence dans une salle paroissiale, non loin de l’endroit où j’habitais et environ quarante personnes vinrent de tout Londres. L’information fut ainsi transmise à de nombreuses personnes et certaines formèrent des groupes de transmission, ce fut donc un succès. Je réservai ensuite des salles municipales un peu partout dans Londres. J’y organisai des rencontres, que je faisais connaître en mettant des annonces, et les choses avancèrent.
Ma première conférence à l’étranger fut le fruit d’une extraordinaire coïncidence. Nous avions un stand au premier Festival for Mind and Body. Nous ne savions comment présenter l’information et n’avions aucun ouvrage, mais nous avions la méditation de transmission. Nous prîmes le tétraèdre, l’instrument de transmission, et ce fut un fantastique succès. Nous faisions des méditations de transmission espacées de quelques heures, et à ce moment-là, les gens bloquaient les allées entre les stands, si bien qu’à plusieurs reprises les organisateurs nous prièrent d’arrêter, mais le public était fasciné. Des centaines de personnes vinrent, elles touchèrent les fils du tétraèdre, sentirent les énergies, ou imaginèrent les sentir, ou ne les sentirent pas – selon leur réponse à la vue du tétraèdre, car elles pensaient que c’était de là que les énergies venaient. Ce n’était pas le cas – les énergies arrivaient à travers nous dans le tétraèdre et allaient ensuite du tétraèdre vers le mon-de extérieur.
Q. Les gens étaient fascinés par le tétraèdre ?
BC. Oui. C’était quelque chose de scientifique qu’ils n’avaient jamais vu auparavant, un objet de forme étrange, composé d’or, d’argent et de cristal, avec un champ magnétique. Nous disposions d’une introduction à « l’histoire » d’environ seize pages et Sir George Trevelyan, qui m’avait entendu à plusieurs reprises et qui jugeait l’information très intéressante, l’avait fait dupliquer sous forme de brochures ronéotypées par le Wrekin Trust, en rose vif et violet. C’était tout ce que nous avions, environ 500 copies d’un résumé de la Réapparition du Christ et des Maîtres de Sagesse.
Un Néerlandais en acheta un exemplaire. Nous les faisions payer trente anciens pennies. Nous n’avions rien d’autre à proposer au public, si ce n’est un peu de littérature gratuite. Le Néerlandais rapporta la brochure aux Pays-Bas et la donna à la Cosmos library située dans l’un des immenses hôtels particuliers construits au XVIIe siècle par les marchands d’Amsterdam. La Cosmos library disposait d’une grande salle en haut du bâtiment, pouvant contenir environ 150 personnes, où je donnai par la suite plus d’une conférence.
Un autre Néerlandais que je ne connaissais pas, Simon Vinkenoog, poète et écrivain spécialisé dans les sujets ésotériques, trouva la brochure. Il écrivit un article pour Bres, une revue ésotérique néerlandaise existant depuis très longue date. A la suite de cela, un homme vivant à Amsterdam, August van Rossum, lut l’article et me téléphona. « Ceci est la plus extraordinaire information que j’ai jamais lue, c’est ce que j’attendais depuis trente ans ! » dit-il. Il était théosophe et franc-maçon et il attendait le retour du Christ. C’est ce qu’il avait toujours espéré, vivre assez vieux pour voir le retour du Christ. Je lui dis : « Eh bien c’est vrai ! » Il répondit: « L’article m’a convaincu – pourrais-je venir vous voir ? » Cet homme s’avéra être quelqu’un de merveilleux. Il vint le soir même à l’une de mes conférences hebdomadaires. A cette période, Maitreya donnait des messages à travers moi. Il donna ainsi 140 messages. Ce soir-là, ce fut le message no 14, celui qui se termine, je crois, par ces mots : « N’entendez-vous pas le roulement des tambours qui vous appellent à inaugurer l’avenir ? Pouvez-vous rester sourds à leur grondement ? »
Q. Quand ceci s’est-il produit ?
BC. Maitreya est arrivé à Londres en juillet 1977 et le premier message fut donné en septembre de la même année, le no 14 a donc probablement été donné en janvier 1978. Peu de temps après, je suis allé aux Pays-Bas. Il me semble que je suis allé aux Pays-Bas très souvent, peut-être cinq fois par an car c’était ma première tournée à l’étranger.
Q. La réponse fut-elle rapide ?
BC. Oui. En un rien de temps il y eut des groupes de transmission dans tous les Pays-Bas et ces groupes grandirent, les gens étaient très intéressés, nous avions un énorme public.
Q. N’avez-vous pas fait un jour une grande manifestation ?
BC. Nous avons fait une grande marche dans les rues d’Amsterdam. Mille trois cents personnes y ont participé avant d’assister à la conférence qui eut lieu au RAI (une grande salle d’exposition) – ce fut le plus vaste public que nous ayons jamais eu. Il y eut une réponse extraordinaire et les gens assimilèrent très vite l’idée de partage, qu’ils appelaient samendelen – het kan : il est possible de partager – cela peut être fait. Ensuite les tournées inclurent la Belgique , puis l’Allemagne et la France , et toute l’Europe – l’Italie, la Suisse , la Slovénie , la Suède et l’Espagne.
Puis en 1979, le Maître me dit : « Sois prêt à voyager partout car les invitations vont venir nombreuses. » Alors que je me trouvais à Amsterdam (c’était, je pense, en septembre ou en octobre) je reçus un coup de téléphone de Los Angeles, d’un homme que je ne connaissais pas, qui organisait une grande rencontre et me proposait de faire partie des conférenciers. Je lui demandai : « Comment avez-vous entendu parler de moi ? » – « Vous êtes célèbre ici. » répondit-il. Je n’avais jamais été là-bas. Il ajouta : « Tout le monde connaît votre travail. Vos conférences sont enregistrées sur des cassettes diffusées dans toute la Californie. » Je lui demandai : « Combien de personnes attendez-vous à cette rencontre ?» – « Environ 3 000 » répondit-il. Je répliquai aussitôt : « Je viendrai ! »
Je partis le 1er janvier 1980. Je quittai Londres par une température de -15° et atterrissais à Los Angeles, onze heures plus tard, le soleil brillait encore lorsque je remontais Sunset Boulevard. Toutes les boutiques étaient ouvertes, je mangeais une glace, et la température était de 25°. Je me suis dit : « C’est la belle vie ! »
A suivre dans notre prochain numéro
Thématiques : sagesse éternelle, spiritualité, émergence
Rubrique : Divers ()
