Trente ans de préparation à l’émergence de Maitreya – 2eme partie

Partage international no 190juin 2004

Interview de Benjamin Creme

Mon arrivée à Los Angeles, pour la première fois, le 1er janvier 1980, fut très agréable. Le temps était ensoleillé et chaud. Il faisait 26 degrés, c’était incroyable. Je fus hébergé chez un nouvel ami qui vivait à Hollywood, dans une maison ayant appartenu auparavant, m’a-t-on dit, à des acteurs de cinéma célèbres. C’était plein de charme et typique de Tinsel Town (Los Angeles). Il n’y avait pratiquement pas de meubles, les pièces étaient décorées d’un grand nombre de photographies grand format faites par des professionnels. Le soir, on entrait dans une pièce et il suffisait de frapper dans les mains pour allumer la lumière. Un jour, je passai un long moment assis sur le plancher en train de bavarder avec une femme qui me raconta, avec le plus grand sérieux, qu’elle allait chaque année en vacances sur Vénus dans de petits vaisseaux spatiaux rouges qu’on envoyait spécialement pour elle.

La rencontre de trois jours, au cours de laquelle j’étais invité à parler et à me tenir à la disposition des participants, commença aussitôt (on ignorait la fatigue due au décalage horaire en ces jours lointains). Pendant trois jours, avec seulement quatre heures de sommeil, je répondis à d’incessantes questions. Je n’avais jamais rencontré une telle soif d’information. L’enthousiasme et la réponse du public étaient extraordinaires.

Ma première « conférence » fut étrange et totalement inattendue : je montai sur l’estrade et je regardai autour de moi. Il y avait déjà plusieurs centaines de personnes qui attendaient. Un homme dans la première rangée à ma droite était assis, plongé dans son journal, indifférent à tout le reste. Avant que je puisse dire un mot d’introduction, ou même « bonjour », je fus adombré par Maitreya et je me contentai de regarder l’assistance, figé dans un silence total. Le public avait les yeux fixés sur moi, comme fasciné, et des larmes coulaient sur de nombreux visages. Ceci dura cinquante minutes, mais cela paraissait en dehors du temps, toute notion de temps ayant disparu. A un moment donné, l’homme dans la première rangée à ma droite leva les yeux, regarda autour de lui, et n’entendant rien, il plia son journal et s’en alla.

Lorsque l’adombrement s’arrêta, je dis : « Eh bien ! J’étais supposé donner une conférence, mais il ne nous reste que dix minutes. Que suggérez-vous ? » Quelqu’un dit : « Pourriez-vous répondre à des questions ? », ce que je fis pendant une vingtaine de minutes, donnant ainsi l’essentiel de mon information sur la Réapparition du Christ.

L’introduction silencieuse se répéta quelques mois plus tard à l’occasion d’une autre rencontre, en Floride cette fois, et pendant de nombreuses années ce fut la norme à toutes mes conférences (mais cela ne durait plus qu’une demi-heure). Cet adombrement est pour le public ce qu’il y a de plus convaincant. Les énergies libérées sont si puissantes et elles produisent un tel sentiment de bien-être que cela suffit à convaincre de nombreuses personnes de la réalité du « message ». Certaines sont plus ou moins clairvoyantes et affirment voir la lumière de l’adombrement m’entourer et se répandre dans la salle.

Aussitôt après la rencontre de Los Angeles, j’entamai une semaine de conférences dans différentes villes situées au nord et au sud de Los Angeles, entre Santiago et Santa Barbara, au rythme épuisant de deux conférences par jour, sans compter les voyages. Les Américains ont certainement une conception particulière du travail !

De la Californie je m’envolai pour Salt Lake City, dans l’Utah, et je fis une conférence chez les Mormons, hébergé dans une famille mormone charmante, dont la mère était déjà totalement convaincue de la véracité de mes informations.

Puis ce fut le Colorado, avec des conférences et des méditations de transmission à Denver et à Boulder. Pour une raison ou une autre, au fil des années, les médias de Denver ont toujours été particulièrement intéressés par mon « histoire » et cinq ou six interviews par jour étaient chose courante.

L’une d’entre elles m’est restée en mémoire en raison de la manière bizarre dont elle s’est déroulée. J’arrivai au studio de la radio avec un ami à 23 h 30. C’était la cinquième ou sixième interview de la journée. Le nom de l’interviewer était Berg. Le studio avait la taille d’un grand placard et au-dessus d’un cendrier débordant de cendres et de mégots, il y avait une affiche disant : « Prière de ne pas fumer ». Pourtant M. Berg ne cessait de fumer, ce qui était assez déplaisant dans cet espace confiné. L’interview commença et aussitôt il y eut des appels téléphoniques des auditeurs dont la plupart étaient très intéressés et posaient des questions sérieuses et intelligentes. Le problème, c’est que M. Berg me laissait à peine répondre à une question et venait tout de suite ajouter son propre baratin sans intérêt. Les auditeurs et moi-même lui demandèrent de me laisser répondre aux questions, mais il n’y eut rien à faire. Pendant une interruption publicitaire, je lui dis que j’avais mieux à faire et que j’allais partir s’il ne me laissait pas répondre aux questions. Il hurla : « Partez avant que quelque chose de pire ne vous arrive ! »

Nous partîmes immédiatement et nous mîmes la radio de la voiture. M. Berg était en train de dire aux auditeurs combien il était surpris que je sois parti, qu’il s’était efforcé de m’apporter son soutien. J’appris par la suite qu’il avait été avocat à Chicago, je crois, qu’il avait eu des ennuis et avait été exclu ou destitué, ou quelque chose de ce genre, pour s’être montré déloyal à l’égard d’autres avocats et que par ailleurs il avait été en relation avec la mafia. Une semaine plus tard on le trouva à l’extérieur de la station de radio, criblé de balles. Je peux assurer les lecteurs que je n’y suis pour rien.

De Denver je retournai à Los Angeles où le noyau du premier groupe américain était formé et où l’on projetait sérieusement de créer Tara Centre et de publier la Réapparition du Christ et des Maîtres de Sagesse. Nous avions déjà publié l’ouvrage à Londres et j’en avais apporté une dizaine d’exemplaires aux Etats-Unis où ils s’étaient arrachés. Deux semaines inoubliables s’étaient écoulées depuis mon arrivée et, comme un incendie de forêt, l’information se répandait rapidement dans tous les Etats-Unis, si bien que lorsque j’y retournai quelques mois plus tard, ma tournée couvrit presque la moitié de cet immense pays.

C’était supposé être une tournée sur la côte est, mais elle s’étendit de Montréal (Canada), au nord, jusqu’à Miami (Floride), au sud, de New York et Boston, à l’est, jusqu’à Dallas (Texas) dans le Middle-West, et toutes les villes intermédiaires. En vingt et un jours, je donnai des conférences et j’organisai des méditations de transmission dans dix-sept villes, sans compter les nombreuses interviews à la radio et à la télévision. L’intérêt était extraordinaire, les gens étaient intrigués et intéressés par « l’histoire » et étonnamment ouverts. Excepté les chrétiens fondamentalistes qui jugèrent mon histoire sacrilège. La plupart d’entre eux n’ont pas changé d’avis, je suppose.

Il y eut cependant une exception. Je me souviens d’un homme grand et timide, à Richmond, en Virginie, qui notait soigneusement tout ce que je disais. A la fin de la rencontre, il s’approcha de moi en gardant une certaine distance et me demanda s’il pouvait me parler. Il me dit qu’il appartenait à la Church of Christ Jesus, située non loin de là, et que ses membres s’étaient réunis afin de décider s’ils viendraient ou non à ma conférence. Mais il était le seul qui avait eu le courage de venir, et il était heureux de l’avoir fait car il avait appris beaucoup de choses nouvelles. Je lui demandai pourquoi les autres n’étaient pas venus et il me répondit : « Ils avaient peur. Moi aussi j’avais peur, mais je suis content d’être venu. » – « Peur de quoi ? », dis-je. « Des énergies, c’est de cela dont ils avaient peur », répondit-il. Je lui dis que ces énergies étaient celles du Christ, le Seigneur de l’Amour. Il me répondit : « Vous le savez et maintenant je le sais aussi, mais eux ne le savent pas. Je vais leur dire qu’ils se sont trompés sur toute la ligne. Lequel de vos ouvrages me conseillez-vous d’acheter ? »

C’était un homme très gentil et très chaleureux. Malheureusement, je suis certain que ses coreligionnaires ont prié pour lui, et l’ont purifié et guéri d’un tel non-sens. (A suivre)


Questions-réponses

Q. En 1974, votre Maître vous a-t-il expliqué, dans quel genre de groupe vous seriez engagé ?
R. Non.

Q. Quels étaient les principaux objectifs du Maître en mettant en place ce premier groupe qui a conduit aux divers groupes qui existent aujourd’hui dans le monde ?
R. Commencer à informer le public de l’extériorisation de la Hiérarchie et du retour du Christ. Introduire et répandre la méditation de transmission aussi largement que possible. Rendre possible pour la première fois l’initiation de groupe.

Q. Votre Maître considère-t-il que certains de ses objectifs, en ce qui concerne ce travail de groupe particulier consacré à l’Emergence, ont été ou sont en train d’être réalisés ?
R. Oui, certains.

Q. Dans certains groupes travaillant à l’Emergence, on a parfois le sentiment (ou on imagine) que certains membres sont en quelque sorte plus « unis », plus « reliés » au groupe que d’autres. Est-ce une perception juste des choses ?
R. Non, c’est de l’imagination. Le sentiment d’être « relié » dépend de l’attitude correcte des gens par rapport au travail de groupe.

Q. Les personnes appartenant aux groupes travaillant à l’Emergence forment-elles un nouvel ashram constitué de tous les types de rayons travaillant ensemble ?
R. Oui.

Q. Est-il probable que la plupart des gens qui travaillent ensemble dans ces groupes se réincarneront plus ou moins en même temps pour travailler à nouveau ensemble ?
R. Oui.

Q. Comment vous sentez-vous après trente années de travail de groupe ?
R. Fatigué !

Q. [1] Peut-on dire qu’à travers le travail de votre Maître et le vôtre, la conscience et la réflexion dans le monde ont changé de manière significative – qu’elles se sont en fait transformées ? [2] Peut-on également dire que les cœurs, les esprits et le karma non seulement des individus appartenant aux groupes, mais également ceux de nombre de personnes qui, un peu partout dans le monde, ont été capables de répondre à l’idée de la présence du Christ et des Maîtres et à l’idée du partage ont également changé pour le mieux ?
R. [1] Dussé-je en rougir de confusion, la réponse est apparemment oui. [2] Oui.

Q. Que devrions-nous avoir appris de notre expérience dans un « groupe travaillant à l’Emergence » ?
R. Comment travailler ensemble en tant que groupe réel, au niveau de l’âme. C’est ce que vous auriez pu apprendre !

Q. Après le jour de la Déclaration, les groupes s’élargiront-ils progressivement de manière à transmettre des énergies encore plus puissantes ?
R. Oui, sans aucun doute.

Q. Alice Bailey a travaillé pendant approximativement trente ans. Est-ce une coïncidence ?
R. Oui.

Q. Y a-t-il une quelconque signification dans ce beau nombre rond ?
R. Non.


Témoignages

H T. Japon (employée d’un service public)
J’ai assisté pour la première fois à une conférence de Benjamin Creme à Tokyo en 1991. La salle de conférence était plutôt grande et je fus surprise de voir que les 5 ou 600 places étaient presque toutes occupées. Lorsque Benjamin Creme est apparu sur l’estrade, il avait l’air de quelqu’un de très chaleureux et d’amical.
Dès que l’adombrement commença, son expression changea et il parut très digne. Un calme très profond semblait émaner de lui. Il me fit penser à un grand Maître zen et j’étais si émue que j’avais envie de courir vers lui et de m’agenouiller devant lui. C’était une expérience très inhabituelle pour moi (je ne suis pas du tout dévotionnelle).
La session de questions-réponses fut très intéressante car il répondit à certaines questions que je m’étais posées personnellement. Je fus particulièrement heureuse de l’entendre dire que les enseignements de Krishnamurti étaient essentiellement les mêmes que ceux de Maitreya, car je lisais à cette époque les ouvrages de Krishnamurti avec un vif intérêt. En un mot, mon impression, après avoir assisté à cette conférence, fut que tout cela était parfaitement authentique.

J. Osterloh, Dublin, Californie (E.-U.) (chargée de gestion du personnel)
La première conférence de Benjamin Creme à laquelle j’ai assisté a changé ma vie. Ma réponse à l’adombrement fut inintuitive. Je voyais cet homme d’un certain âge regarder intensément chacun dans le public et j’avais le sentiment que quelque chose d’extraordinaire était en train de se produire. Lorsqu’il me regarda à mon tour, avec un léger sourire, je m’autorisai à penser : « Je suppose qu’il est possible que le Christ soit en train de me regarder. » A ce moment-là, je ressentis une secousse dans l’épine dorsale. Il continua à me regarder avec un doux sourire pendant quelques instants, puis ses yeux se déplacèrent.
La conférence commença et je fus étonnée de la logique avec laquelle l’histoire se déroulait. Je pensais : « Enfin, quelqu’un qui dit la vérité sur le Christ, sur l’évolution de l’homme vers la maîtrise, sur les raisons de la terrible tension qui règne dans le monde en raison du manque d’amour et de l’absence de partage des ressources mondiales. » Entendre parler de la présence et de l’aide de la Hiérarchie spirituelle fut comme si un immense poids était enlevé de mon esprit, tellement préoccupé par l’avenir de la planète et de l’humanité. Cette nuit-là, allongée dans mon lit, je me dis : « Je vais voir le Christ et assister à une totale transformation de la planète. » Je me mis alors à pleurer, des larmes de joie. Je ne fus plus jamais la même après cette conférence.

Diana Elderton, Londres, Grande-Bretagne (enseignante et libraire)
En 1982, un de mes amis me parla des conférences de Benjamin Creme. Intriguée, j’arrivai dans une grande salle de confrence, à la Friends House, et on m’indiqua ma place. Pendant « l’adombrement » de Benjamin Creme et lorsqu’il prononça le dernier message [de la série des 140 messages], un grand calme et un profond silence se répandirent dans le public. Le message était prononcé d’une voix claire et forte, avec des pauses délibérées et un rythme presque biblique. Je me sentais inspirée, réconfortée et nourrie non seulement par l’atmosphère mais également par les paroles d’optimisme et d’espoir pour l’humanité.
Après cette expérience émouvante, Benjamin Creme donna une conférence digne d’un chef d’Etat sur les événements mondiaux, reliant ceux-ci à l’influence puissante et bienfaisante non seulement d’un Instructeur mondial en train d’émerger mais également de son équipe de Maîtres, dont un certain nombre avaient déjà pris place dans le monde moderne. C’était une histoire biblique remise à jour avec des informations actuelles, et remplissant le vide qui m’avait éloignée des religions établies à la fin de mon adolescence. Il s’agissait d’une perspective humanitaire de politique et d’économie mondiale, et d’une proposition de changements réalistes nécessaires pour remettre le monde en ordre. Ce n’était pas un appel aux armes révolutionnaire, mais un appel aux gens ordinaires, destiné à leur montrer leur rôle dans les événements, la part qu’ils pouvaient prendre dans l’instauration du partage et de la justice, dans l’éradication de la faim dans le monde.