Partage international no 232 – décembre 2007
Chaque semaine, voire chaque jour, ils font les titres des journaux, certains survivent et arrivent à destination tandis que des dizaines d’autres disparaissent, souvent en mer. On retrouve leurs corps sur les plages de Malte, d’Espagne, des îles Canaries ou du Cap Vert, où sur les côtes d’Afrique et du Golfe d’Aden.
En juillet 2007, une cinquantaine d’Africains qui tentaient d’émigrer ont péri après que leur bateau eut chaviré près des îles Canaries. Fin octobre, on a retrouvé un bateau à la dérive, loin dans l’Atlantique Nord. Des immigrants clandestins essayaient de rejoindre les Canaries. D’après le ministre de l’Intérieur espagnol, l’esquif était parti avec 57 passagers mais un seul d’entre eux a été retrouvé vivant ; les 56 autres sont présumés morts.
Le nombre de ceux qui meurent chaque année en essayant de rejoindre ces îles reste inconnu. Début novembre, près de la côte mauritanienne, 47 Africains sont morts en essayant de rejoindre les Canaries. Leurs embarcations sont tombées en panne et ils ont dérivé pendant plus de deux semaines sans eau ni nourriture à bord. Quarante deux corps qui avaient été jetés à la mer ont été retrouvés au large de la Mauritanie. Cinq autres personnes sont décédées à l’hôpital. Les 96 autres ont été placées dans des centres de détention avant d’être rapatriées dans leur pays d’origine : le Sénégal, la Gambie ou le Mali.
Ces personnes sans ressources paient des sommes exorbitantes pour une place dans des embarcations bondées et qui ne sont pas conçues pour la haute mer. Bien qu’ils sachent qu’ils embarquent pour un voyage très dangereux avec très peu de chances de succès, il est clair qu’ils ont l’intention de renouveler leur tentative. Début novembre, les corps de 40 Somaliens, dont sept femmes, jetés par-dessus bord par des trafiquants, ont été retrouvés le long des côtes du Yémen. Quelque 120 Somaliens ont traversé le Golfe d’Aden à bord d’un bateau de contrebandiers. Les survivants ont été soignés dans des hôpitaux avant d’être remis au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). C’est un fait bien connu que des contrebandiers sans scrupule jettent des gens à la mer, dans des eaux très dangereuses, à un ou deux miles des plages.
La « haute saison » pour la contrebande de réfugiés dans le Golfe d’Aden se déroule généralement de septembre à mai, quand les conditions en mer sont plus favorables. Fin octobre, le HCR signalait que 66 personnes s’étaient noyées dans le Golfe d’Aden après avoir été jetées par-dessus bord par des contrebandiers : 28 corps ont été enterrés sur la plage et 38 ont disparu, sur un total de 244 personnes, principalement des Somaliens et des Ethiopiens, qui se trouvaient réparties sur deux bateaux.
Le HCR estime qu’en 2007, plus de 20 000 émigrants africains, principalement des Somaliens, se rendront au Yémen en bateau. Au moins 439 personnes sont mortes en 2007 et 489 ont disparu et sont supposées mortes. En dépit des dangers, de nombreux immigrants africains arrivés récemment déclarent que les conditions de vie dans leur pays sont tellement dégradantes qu’ils n’ont plus rien à perdre et sont prêts à risquer leur vie.
Afrique
Sources : The Times, Afrique du Sud
Thématiques : politique
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
