Terrorisme, climat et pauvreté

Partage international no 197février 2005

Dans un documentaire intitulé la Guerre du nouveau monde, diffusé en Grande-Bretagne en octobre 2004, le journaliste Jonathan Dimbleby affirme que le terrorisme, les changements climatiques et la pauvreté dans le monde sont liés de manière inextricable, et que nous devons vaincre ces maux avant qu’ils ne nous détruisent. Avant la diffusion de l’émission, J. Dimbleby écrivait dans The Observer : « Le terrorisme international, la pauvreté au niveau mondial et le réchauffement de la planète forment un trio empoisonné qui aboutira à une catastrophe à côté de laquelle les horreurs du 11 septembre paraîtront bien insignifiantes. »

Selon J. Dimbleby : « Les distorsions grotesques du marché mondial impliquent que pour chaque dollar que l’Ouest verse à l’Afrique sous forme d’aide, deux autres reviennent sous forme de subventions et de barrières douanières : c’est de l’exploitation manifeste commise par les plus riches qui imposent aux pauvres d’accepter les lois du « libre échange ». Par la radio, la télévision ou Internet, un nombre croissant d’Africains, en particulier des jeunes (la plupart sans emploi) reçoivent des informations qui les déconcertent. Les hypocrisies et les injustices qu’ils subissent ont conduit Meles Zanawi (premier ministre d’Ethiopie) à lancer un avertissement pour dire que l’Afrique pourrait devenir la source d’un futur 11 septembre « que nous vivions dans un village reculé d’ Ethiopie ou au centre de Manhattan, nous sommes tous sur le même bateau. »

J. Dimbleby cite James Wolfensohn, président de la Banque mondiale : « Un démuni ne devient pas terroriste du jour au lendemain […], mais que feront ses enfants ; ils sont jeunes avec des valeurs similaires aux nôtres, ils ne peuvent pas trouver du travail et sont frustrés à chaque action qu’ils entreprennent. »

J. Dimbleby signale que les pays occidentaux ne se sont pas encore mis en route afin d’atteindre les objectifs du millénaire qui ont pour but de réduire de 50 % la pauvreté d’ici 2015. D’après Gordon Brown, chancelier britannique, le problème provient du manque de volonté politique.

J. Dimbleby explique que « si chaque nation occidentale portait son aide au développement à hauteur de 0,7 % de son PNB, annulait la dette des pays les plus pauvres et éliminait les subventions agricoles à ses propres agriculteurs, ces nations pourraient débloquer chaque année un montant de l’ordre de 785 milliards de dollars en faveur du développement, soit douze fois leur contribution actuelle. »

Le plus grand défi auquel doit faire face l’humanité, c’est de lutter à la fois contre la pauvreté et le réchauffement climatique afin de donner aux pauvres accès à la justice et à la prospérité sans détruire la planète. Déjà à l’heure actuelle, nous consommons les ressources naturelles à un rythme plus élevé qu’elles ne peuvent se reconstituer. Sir David King, principal conseiller scientifique auprès du gouvernement britannique, confirme que le réchauffement climatique constitue une menace plus importante que le terrorisme mondial.

« Assisterons-nous à la fonte des glaciers, à des inondations catastrophiques qui submergeront des centaines de milliers de personnes et transformeront des millions d’autres en réfugiés et émigrants affamés ? Allons-nous tous périr dans un Armageddon sibérien ou saharien ? Serons-nous pris dans un jeu malthusien où nous mourrons par manque de nourriture et d’eau ? Ou au contraire, allons-nous commencer à contrôler notre usage prolifique de carburants fossiles et persuader celui qui remportera les élections américaines, quel qu’il soit, que les ressources de la planète doivent être partagées de manière plus équitable ? »


Sources : The Observer, Grande-Bretagne
Thématiques : Société, politique, Économie
Rubrique : La voix de la raison (« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012)