Partage international no 371 – juillet 2019
Des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants venant de toute la République tchèque, agitant des drapeaux et portant des signes de protestation contre le gouvernement, se sont rassemblés le 3 juin 2019 pour lutter pour l’âme de leur démocratie.
On estime à 120 000 le nombre de personnes qui se sont rassemblées dans la capitale tchèque, Prague, pour demander la démission du premier ministre Andrej Babiš. C’est la plus grande manifestation populaire depuis les manifestations de 1989 qui marquèrent la fin du communisme dans ce qui était alors la Tchécoslovaquie. Agitant des drapeaux tchèques et européens, les manifestants ont envahi la place Wenceslas, lieu de rassemblements euphoriques trente ans plus tôt, qui conduisirent à la Révolution de Velours.
La foule couvrait les 750 mètres de longueur de la place, forçant l’arrêt de la circulation. Des milliers de bannières demandaient simplement « Démission » tandis que d’autres exprimaient la colère contre la corruption supposée du premier ministre, accusé de fraude dans l’emploi des fonds de l’Union européenne.
A. Babiš est le deuxième homme le plus riche de la République tchèque. « Il est comme un chef mafieux et il est le pire politicien de la République tchèque – il nous rappelle le communisme », accuse Dagmar Kmochova, propriétaire d’un magasin à Kutna Hora, ville située à 75 km de Prague.
La manifestation du 3 juin était le cinquième rassemblement en six semaines.
David Ondráèka, directeur de Transparency International pour la République tchèque, prédit : « A. Babiš ne peut survivre à cette pression publique et à ces rapports avec l’Union européenne. Il ne se rendra pas facilement mais avec la colère croissante du peuple, une bonne tactique de la part de l’opposition et la pression appropriée des institutions, il ne sera plus longtemps premier ministre. »
« C’est plus que de la simple corruption, précise Tomas Peszynski, 44 ans, en brandissant un grand drapeau de l’Union européenne. Il s’agit de l’abus d’un système de gouvernement. »
Le premier ministre A. Babiš est arrivé au pouvoir en 2017 à la tête du parti populiste ANO (Oui). Il fit campagne sur un programme anti-corruption et eurosceptique, formant un gouvernement de minorité avec les sociaux démocrates (gauche). En dépit des manifestations pour le chasser, son parti ANO (Oui) a fini premier aux élections européennes du mois dernier, avec 21 % des votes.
Sources : Times.com ; euronews.com ; guardian.com
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Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)
