Partage international no 373 – septembre 2019
Le mouvement pro-démocratique soudanais et le conseil militaire au pouvoir ont signé un accord de partage du pouvoir le 4 août 2019, ouvrant la voie à une transition vers un régime civil après le renversement en avril du président Omar el-Bechir, dirigeant autocratique de longue date.
Les représentants des deux parties ont signé un document constitutionnel qui créera un conseil mixte, militaire et civil, qui gouvernera pendant trois ans jusqu’à la tenue des élections. L’accord établit également un cabinet nommé par la coalition prodémocratie, ainsi qu’un organe législatif.
L’armée a renversé O. el-Bechir après des mois de protestations massives contre son règne de 30 ans. Les protestations se sont poursuivies après le renversement, la revendication centrale étant une transition rapide vers l’autorité civile.
Les négociations entre l’opposition civile et l’armée se sont déroulées pendant des semaines au milieu de grandes manifestations dans les rues et d’attaques violentes contre les manifestants.
Le général Mohammed Hamdan Dagalo, chef adjoint du conseil militaire, a déclaré que l’accord mettait fin à une époque de l’histoire du Soudan « caractérisée par la rivalité et les combats. Nous sommes entrés dans les négociations en tant que partenaires et en sortons en tant qu’équipe. La volonté nationale a triomphé. […] C’est gagnant-gagnant. »
Le dirigeant des protestations, Omar al-Dagir, a déclaré qu’une enquête « équitable et transparente » sur les violences commises par les forces de sécurité contre les manifestants et l’instauration de la paix avec les groupes rebelles dans différentes régions du pays seraient des priorités absolues pour le gouvernement de transition.
Certains commentateurs ont néanmoins averti qu’il était trop tôt pour dire comment les événements se dérouleraient au cours de la période de transition menant aux élections.
« Ce n’est pas la première fois que le Soudan signe un accord pour résoudre des questions politiques très difficiles, a déclaré Magdi el-Gizouli, universitaire soudanais membre de l’Institut de la vallée du Rift. Je pense que s’il y a des raisons d’être optimiste, celles-ci ne se trouvent pas dans les salles de négociation mais dans ce mouvement populaire qui ne veut pas disparaître. »
Soudan
Sources : Associated Press, Reuters
Thématiques : environnement
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)
