Sida : la lutte s’intensifie

Partage international no 255novembre 2009

Plus de quatre millions d’habitants des pays à bas revenus ont pu bénéficier des derniers traitements pour le sida en 2008, soit un million de plus que l’année précédente, selon le rapport conjoint de plusieurs agences onusiennes – l’OMS (organisation mondiale de la santé), l’Unicef et le programme spécifique Onusida.

Ce rapport souligne également un progrès en matière de dépistage et de suivi, et notamment de prévention de la transmission du virus de la mère à l’enfant. Pour reprendre les termes de Margaret Chan, directrice générale de l’OMS, il « montre un progrès immense dans le traitement de ce fléau… Mais nous devons faire davantage. Il reste au moins cinq millions de malades que nous n’avons pas encore pu atteindre… Les gouvernements et les partenaires internationaux doivent redoubler d’efforts pour assurer un accès véritablement universel au traitement. »

L’accès à la thérapie antirétrovirale continue à s’étendre à un rythme soutenu. 42 % des malades (sur les 9,5 millions estimés dans les pays à revenus faibles ou moyens) ont pu en bénéficier en 2008, contre 33 % en 2007. Avec une mention spéciale pour les résultats obtenus en Afrique subsaharienne, qui compte un tiers des infectés.

Les prix des antirétroviraux ont baissé d’une manière importante ces dernières années, sous les effets conjoints d’une meilleure coopération des compagnies pharmaceutiques et de l’augmentation du nombre des médicaments génériques. Cependant, beaucoup reste à faire, et la crise actuelle pourrait mettre en danger les progrès réalisés de haute lutte jusqu’ici.

Les données récentes montrent une augmentation notable en matière de dépistage et de conseil. Dans les 66 pays qui ont participé à l’enquête onusienne, ces services ont augmenté de 35 % environ entre 2007 et 2008 ; le nombre de tests de dépistage effectués sur la même période ayant pratiquement doublé dans 39 pays.

Reste que la majorité des séropositifs ignorent encore qu’ils sont porteurs du virus. Cela est dû à plusieurs facteurs, parmi lesquels le manque de conscience du risque d’infection et la peur de la stigmatisation sociale.

2008 a connu une amélioration importante dans les services proposés aux femmes et aux enfants. 45 % environ des femmes séropositives ont reçu un traitement à base d’antiviraux pour prévenir les risques de transmission à leurs enfants, contre 35 % en 2007. Il en va de même pour les enfants infectés de moins de 15 ans, qui sont plus nombreux à pouvoir bénéficier de soins et de suivi : de 198 000 en 2007, leur nombre est passé à 275 700 en 2008, soit une augmentation de 38 %.

Le sida demeure le principal facteur de mortalité chez les femmes en âge de procréer. « Même si on a intensifié les efforts pour atteindre les populations des femmes et des enfants touchées par le virus, celui-ci continue à avoir un impact dévastateur sur leur santé, leur vie quotidienne et leur survie », déplore Ann Veneman, directrice de l’Unicef.

« Tout indique que le nombre de personnes qui auront besoin d’un traitement dans les années à venir va augmenter considérablement, avertit Michel Sidibé, patron de l’Onusida. Nous aurons pour principale priorité de faire en sorte que les populations les plus vulnérables à l’infection auront la possibilité de recevoir les traitements essentiels. »


Sources : Sources : OMS, Unicef, Onusida
Thématiques : Sciences et santé, Société
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)