Partage international no 428 – avril 2024
Le titre de cet article évoque l’Histoire et notre rapport à celle-ci. Il questionne donc également notre responsabilité. Il est une question que des millions de personnes se posent certainement chaque matin face aux gros titres des infos : pourquoi le monde entier ne hurle-t-il pas son mécontentement ? L’horreur s’étale sur tous nos écrans. Allons-nous accepter si facilement de nouvelles définitions dégradées de ce qu’est l’être humain et du respect de la loi, face à ce qu’il signifiait et garantissait autrefois ? Un mal puisant ses racines dans une passé lointain s’est déchaîné sur la planète. Comment allons-nous réagir ?
Plus encore, une question doit nous tarauder : en tant que témoins, sommes-nous complices du crime ? Contribuons-nous à la dépravation apparemment illimitée qui se déchaîne aujourd’hui sur le monde ? Existe-t-il un remède pour nous débarrasser de la toxicité de notre époque ?
La justice tournée en dérision
A l’heure actuelle, la convergence de nombreuses tendances et tensions crée un climat délétère dans lequel le négatif s’épanouit au détriment des marqueurs d’une civilisation bienfaisante. Notre époque semble particulièrement sombre. Aujourd’hui, un élément plus flagrant se manifeste sur la scène mondiale avec assurance et impunité. Une attaque insidieuse contre les valeurs supérieures se déroule sous nos yeux et s’inscrit dans un processus de polarisation, accompagné de prises de position hâtives et fanatiques. Les valeurs sont défigurées par la tendance à la cruauté et à la criminalité ; la corruption, la misogynie et le fascisme deviennent la norme. Prenez les politiciens, les présidents et les représentants élus qui font des déclarations explicites sur l’épuration ethnique, sur l’abus des femmes, ou sur le dénigrement et la destruction de populations entières, comme si c’était normal. Le fait de défier clairement la plus haute cour de justice internationale (la Cour internationale de justice des Nations unies à La Haye) n’est apparemment « pas un problème », tournée en dérision dans des commentaires tels que « Hague schmague ». Le massacre de civils, le fait d’affamer des gens, de les priver d’eau potable et de médicaments, ou de laisser des gens mourir dans les déserts, les jungles, les rivières et les mers en tentant d’accéder à une vie meilleure, tout cela semble également parfaitement acceptable.
Dans Extériorisation de la Hiérarchie, écrit en 1940, dans une section intitulée Le futur ordre mondial, le Maître Djwal Khul (DK) soulève des questions sur l’origine du chaos des « années de guerre ». Il attire notre attention sur le fait que « la culpabilité est générale, et la responsabilité partagée face à situation néfaste. » Et il ajoute : « La tendance à imputer la guerre à Hitler et à sa clique maléfique ne doit pas nous aveugler quant aux causes qui ont rendu possible sa sinistre entreprise. […] Les causes de ce mal déchaîné sont inhérentes à l’humanité même. »
Qui d’autre que nous tous ? Comment une résolution du conflit peut-elle être possible si nous n’acceptons pas ces vérités ? Si c’est toujours de la faute des autres il ne pourra jamais y avoir de réconciliation – il faudra toujours des ennemis.
Cette vérité doit être notre point de départ, mais l’évolution de la conscience et l’histoire des incarnations de chaque personne sont différentes. La population mondiale peut très schématiquement être divisée en trois groupes. Le Maître DK les décrit ainsi : « Premièrement une tendance vers un mode de vie spirituel et libre ; deuxièmement une tendance vers le développement intellectuel ; et finalement une puissante tendance vers la vie matérielle et l’agression. » Le problème actuel est que cette analyse reste vraie – le matérialisme est très répandu et renforcé par les classes intellectuelles qui tendent à graviter vers le matérialisme, au sens large. « La guerre entre les opposés – le matérialisme et la spiritualité – fait rage … » [Extériorisation de la Hiérarchie, A. A. Bailey].
Comme l’ont affirmé Benjamin Creme et son Maître, « La marchandisation, cette calamité, saisit l’humanité à la gorge ». Maitreya a déclaré que la marchandisation est « plus destructrice que n’importe quelle bombe nucléaire ». C’est la forme la plus récente d’une énergie destructrice qui est plus ancienne que notre civilisation actuelle. Elle agit à travers des personnalités corrompues aux traits narcissiques ; des égocentristes susceptibles d’être utilisés par de telles forces. Nous sommes tous vulnérables, mais cette énergie agit particulièrement dans et à travers les personnalités corrompues. Elle est ancrée dans un certain nombre de groupes à travers le monde. …
Le passage suivant du Maître DK a été écrit peu après la Seconde Guerre mondiale, mais ses avertissements et ses leçons sont toujours d’actualité – peut-être aujourd’hui plus que jamais : « L’humanité est passée par des épreuves préparatoires à la première initiation ; elles ont été dures et cruelles et ne sont pas entièrement terminées. […] Dans la crise qui s’approche, une vraie vision, une liberté nouvelle, et un horizon spirituel plus large peuvent être atteints. Cette crise, si elle est correctement gérée, n’atteindra pas forcément la même horreur. » …
Dans Les Rayons et Initiations, il énonce : « L’humanité doit être laissée entièrement libre de déterminer sa propre destinée. Elle n’a pas encore appris la dure leçon que tous les disciples doivent apprendre, soit la leçon de la double vie de l’homme dont l’âme fonctionne et dont le cerveau physique est constamment conscient de ce fait. »
C’est dans cette dernière phrase que le Maître DK répond aux questions soulevées par l’actuelle crise morale : nous devons apprendre à vivre en tant qu’âmes incarnées. Si nous le faisions, nous ne pourrions pas nous vanter de bafouer le droit, de permettre un génocide ou d’ignorer un écocide ; nous ne pourrions pas être complaisants. C’est cette complaisance qui nous rend complices.
L’une des solutions consiste donc à agir et à prendre une position morale, en protestant et en manifestant par tous les moyens possibles contre tout ce qui va à l’encontre du « Plan » – les lois de l’univers, le respect de la Loi. Nos lois sur les droits humains, les traités et accords internationaux, les lois qui nous régissent ne sont qu’un pâle reflet du Plan et des lois de l’Univers. Elles tentent d’assurer de justes rapports, dans la mesure des possibilités de chacun. Il est clair que nous ne sommes pas en bons termes, que ce soit en nous-mêmes ou avec la Vie elle-même.
« La voie de la justice et de la paix est facile à trouver. Il suffit d’accepter le partage. Partagez, et connaissez l’avenir. Refusez le partage et il n’y aura pas d’avenir pour l’homme. […]
Apprenez, mes amis, à vivre simplement et à vous aimer vraiment les uns les autres. » (Extrait d’un message de Maitreya, reçu par B. Creme lors d’une interview télévisée à Munich, Allemagne, le 26 oct. 2008, publié dans PI, décembre 2008)
Voir aussi les sections Q&R de PI : novembre, déc. 2023 ; janvier/février et mars 2024 pour les commentaires et explications de B. Creme.
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Rubrique : Editorial ()
