Share International n° 100

Partage international no 35juillet 1991

Share International, dans sa version anglaise, publie ce mois-ci son centième numéro. La présente édition abrégée en version française, sous le titre de Partage International, est beaucoup plus récente. Néanmoins, il nous a semblé intéressant de publier, à l'intention de nos lecteurs français, l'éditorial de notre rédacteur en chef qui retrace, à l'occasion de cet anniversaire, les grands moments du développement de Share International.

Au cours de cette dixième année d'existence de Share International, nous franchissons un cap: vous tenez entre les mains le centième numéro de cette revue. Nous saisissons cette occasion pour vous relater l'historique de notre développement et vous dévoiler quelque peu ce qui se déroule dans nos coulisses.

Share International a démarré en janvier 1982 — date qui ne fut pas choisie au hasard. Nous pensions alors que Maitreya se ferait connaître publiquement au printemps de cette année-là. Cette perspective nous conduisit à ce défi passablement audacieux : éditer une revue mensuelle en langue anglaise, à vocation internationale, sans support financier, sans locaux, avec des collaborateurs répartis dans trois pays différents, qui ne s'étaient jamais ou pratiquement jamais rencontrés, et, pour être honnête, avec peu de connaissance ou de pratique de l'édition.

Notre ignorance fut probablement salutaire. Aurions-nous imaginé l'ampleur de la tâche que nous ne l'aurions peut-être pas entreprise. La gestion des abonnements, l'organisation financière, le routage dans le monde entier, la coordination des textes, le contrôle des épreuves, la mise en page, représentent des tâches énormes pour une équipe de profanes, constituée intégralement de bénévoles non rémunérés.

Mais si l'organisation mise en place autour d'un téléphone par un petit groupe d'enthousiastes fut plutôt rudimentaire à ses débuts, nous bénéficions maintenant des derniers développements en matière de télécommunication et d'informatique, et nous disposons des équipements les plus récents. Nos bureaux à Londres, San Francisco, Los Angeles et Amsterdam sont certes modestes, mais ils sont équipés de micro-ordinateurs, de télécopieurs, d'imprimantes laser et de modems, permettant une transmission rapide et efficace des articles, des rapports ou de toute autre information utile.

Cela peut sembler coûteux, et ça l'est effectivement, mais c'est la seule manière d'assurer la continuité d'un magazine de ce type, non seulement du point de vue de l'organisation, mais également en termes financiers : ces appareils nous permettent d'assurer par nous-mêmes une grande part du processus de fabrication, limitant ainsi le coût du travail sous-traité. Le bénévolat assuré par nos collaborateurs constitue une nécessité majeure car, par principe, Share International refuse la publicité afin de démontrer son désintéressement en matière commerciale ou financière.

La revue a atteint son centième numéro, mais le mérite n'en revient pas exclusivement à l'équipe rédactionnelle — dont les noms apparaissent dans ces colonnes. Le mérite en est largement partagé par un groupe de bénévoles répartis dans plusieurs endroits du monde, qui assurent un soutien permanent et remplissent, dans les coulisses, les tâches administratives et de gestion.

D'après toutes les normes qui régissent la fabrication et l'édition d'un magazine international, Share International ne devrait tout simplement pas exister. Même à l'échelle d'un pays (sans tenir compte du poids d'une diffusion internationale, de la variation des taux de change et du coût astronomique des services bancaires), un périodique ne peut généralement survivre qu'en bénéficiant de revenus beaucoup plus importants. Cependant, non seulement Share International survit, mais bien plus encore, il peut s'enorgueillir d'un intérêt croissant. Aujourd'hui, nous comptons des abonnés dans 70 pays, du Bénin au Sri Lanka, de Cuba au Népal, du Nigéria à la Birmanie. Nous publions également des versions (complètes ou abrégées) en japonais, français, allemand et néerlandais. La production de ces versions supplémentaires occasionne également un travail considérable (la traduction en elle-même constituant déjà une charge de travail substantielle). Là aussi, les éléments sont diffusés par le réseau de modems et de télécopieurs qui maintiennent le contact entre les participants à Paris, Tokyo, Munich, San Francisco et New York.

Grâce à la technologie, Share International se présente plus ou moins comme nous l'espérions : comme une revue sérieuse qui attire l'attention sur des sujets sérieux. Nous déduisons avoir réussi à donner cette impression, du fait que nous sommes régulièrement contactés par des entreprises nous considérant comme une société multinationale, riche et bien gérée, et qui disposerait d'un budget financier attractif. Nous pensons avoir créé une image semblable dans d'autres milieux également : dans leurs courriers, nos abonnés nous suggèrent souvent des sujets d'articles ou de dossiers, comme s'il nous suffisait d'appuyer sur un bouton (comme pourrait le faire la chaîne d'informations CNN par exemple), pour faire apparaître une équipe de reporters sur un quelconque point du globe. Naturellement, la réalité est que nous ne disposons ni du personnel ni des finances pour accomplir de tels miracles. Notre registre du personnel est vierge, et la tenue de notre comptabilité nécessite souvent de jongler avec des chiffres en rouge.

Heureusement, notre ambition est d'une autre nature. Share International existe avant tout afin d'attirer l'attention sur la présence de Maitreya dans le monde, sur Son travail et Son enseignement. A cet égard, comme on pourrait s'y attendre, l'expansion lente mais régulière de cette revue, reflète l'intérêt croissant que nous observons dans le monde entier pour des informations de cette nature. Si on compare avec les données de 1982, il y a maintenant des millions de personnes supplémentaires qui ont entendu parler de la présence de Maitreya, d'une manière ou d'une autre, même si c'est seulement sous forme de vague hypothèse.

Et personne ne peut nier à quel point le monde a changé, et continue à changer, à un rythme renforcé. En janvier 1982, la guerre froide restait implacable. L'Europe de l'Est subissait intégralement le joug soviétique. Les dictatures militaires constituaient pratiquement les seules formes de gouvernement en Afrique. La violence et la guérilla faisaient rage dans de nombreux pays. La terrifiante course à l'armement s'accentuait plus que jamais. La destruction épouvantable de l'environnement ne préoccupait encore que des groupes marginaux.

A l'heure actuelle, à peine dix ans plus tard, nous vivons dans un monde très différent, bien que les changements provoquent inévitablement de nouvelles tensions et de nouvelles inquiétudes. Mais un cap a été franchi, et tous les changements qui surviennent chaque jour autour de nous, nous font évoluer — bien que par à coups — vers une nouvelle communauté internationale, meilleure et plus juste.

Aussi est-ce avec gratitude que nous considérons cette période passée, au cours de laquelle Share International a paru cent fois. Le nouveau contexte, plus dégagé, nous incite également à croire en un futur plus optimiste. Les nombreux efforts accomplis par l'humanité, de sa propre initiative (bien qu'avec la stimulation de Maitreya), afin de mettre de l'ordre dans le monde, autorise Maitreya, pour Sa part, à s'avancer vers nous. Il se tient désormais prêt à apparaître à tout moment — et pas seulement pour une occasion isolée, comme il y a quelques temps au Kenya.

Tout comme en 1982, c'est de la réponse des médias que dépend largement l'imminence du Jour de la Déclaration, lorsque le monde entier Le verra. Nous supposons que la nature de la tâche de cette revue changera alors, mais, en toute certitude, nous continuerons aussi longtemps que nécessaire, utile et possible.


Thématiques : émergence
Rubrique : Editorial ()