Que la lumière soit – 3/4

SÉMINAIRE 1998 - - Questions-réponses

Partage international no 133septembre 1999

par Benjamin Creme

Q. Etant donné sa puissance, l’astral peut-il procurer des expériences de lumière ? Je pense notamment aux fanatiques religieux.
R. Oui et non. Ce n’est pas la lumière, bien sûr, qui est à l’origine du mirage. C’est l’individu dont le centre d’intérêt, la polarisation, se situe sur le plan astral. Si vous êtes polarisés sur le plan mental ou sur le plan spirituel, vous n’avez pas les mêmes problèmes lorsque vous vous trouvez en présence de la lumière astrale. Vous la prenez pour ce qu’elle est, de la lumière astrale. C’est une zone de conscience et d’activité pour l’humanité, pour une durée limitée. Il est préférable d’en sortir rapidement et d’accéder au plan mental et, si possible, à travers celui-ci, au plan spirituel. La lumière astrale est la réflexion, à un niveau inférieur bien sûr, de la lumière de bouddhi, l’intuition.

La race atlante – le mauvais usage de l’énergie astrale

Q. Pourquoi l’humanité a-t-elle perdu son chemin ? Est-ce à cause du mauvais usage de l’énergie astrale à la fin de l’époque atlante ? Ou à cause du mauvais usage du libre arbitre ? Ou encore à cause du retrait de la lumière des Maîtres il y a 100 000 ans ?
R. L’humanité a perdu son chemin à cause du pouvoir grandissant des forces matérialistes. Deux groupes agissaient simultanément : les Maîtres de Sagesse sur le plan spirituel et les Seigneurs de la matérialité chargés de maintenir l’aspect matériel de la planète. Il vint un moment où des individus de plus en plus nombreux commencèrent à penser. Ce n’était pas le cas de la majorité qui s’efforçait de vitaliser et de perfectionner le corps astral (celui des émotions, des sentiments) ; la plupart des gens étaient bien loin d’être capables de penser. Et il fallut des millénaires avant que quelques-uns, parmi les plus avancés, commencent à le faire. Les Seigneurs de la matérialité étaient si puissants à l’époque et la magie noire si répandue (les Maîtres utilisaient bien sûr la magie blanche) que de grandes divisions commencèrent à régner au sein de la population.
Bien des mythes sont en fait des récits concernant cette époque, et les histoires de rois, celle de Midas par exemple, reflètent l’attrait extraordinaire exercé par le matérialisme à la fin de l’époque atlante. Auparavant, le mot « voleur » n’existait pas, personne n’aurait eu l’idée de voler. Ce n’est que lorsque, en raison du pouvoir croissant du matérialisme, certaines personnes s’enrichirent et devinrent très cupides qu’inévitablement on vit naître la criminalité. De nos jours, les pays occidentaux se demandent pourquoi il y a une telle montée de la criminalité. C’est parce qu’il existe trop de divisions. Dans une société où règnent les forces de marché, il est inévitable qu’un petit nombre d’individus s’enrichissent au delà de toute mesure alors que bon nombre d’autres restent dans la pauvreté. Le fossé ne cesse de s’élargir et, comme le dit Maitreya : « Les riches font étalage de leur fortune devant les pauvres » (message n° 81). Ceci cause l’envie, la haine, le ressentiment et la criminalité. S’il existait dans le monde une répartition plus équitable des biens, il y aurait très peu de criminalité. Celle-ci n’est pas quelque chose d’inné.
Il vint un moment, à l’époque atlante, où les deux forces antagonistes furent si polarisées qu’une grande guerre s’ensuivit. Elle se termina par une impasse, aucun des deux camps n’ayant réellement remporté la victoire. Finalement, les Maîtres décidèrent de se retirer, pour un temps, dans les montagnes et les déserts du monde où leurs successeurs, pour la plupart, séjournent encore. Au bout de 95 000 ans, la roue a tourné permettant aux Maîtres de revenir ; du fait de leur propre évolution et aussi parce que les hommes ont enfin atteint un niveau qui, dans l’ensemble, leur permet de penser et de prendre des décisions, de répondre aux conseils et aux suggestions, et d’utiliser leur mental pour analyser des situations. L’humanité admettra finalement que la seule solution possible est la juste redistribution des ressources. Elle reviendra alors au point où elle se trouvait avant de quitter le sentier de lumière, celui de l’évolution. La mise en œuvre du Plan va pouvoir démarrer à nouveau. Ce plan n’a jamais été réellement abandonné, mais, les Maîtres s’étant retirés du monde, un de ses aspects a nécessairement été suspendu au cours de toutes ces années.
« Le mauvais usage du libre arbitre » ? Oui, car l’humanité a choisi la mauvaise direction, le chemin du matérialisme. Le matérialisme n’est pas seulement l’adoration de nombreuses divinités ; c’est également l’usage abusif du pouvoir. Hitler n’était sans doute pas particulièrement riche personnellement, mais il exerçait un pouvoir absolu et il était donc profondément matérialiste. C’est ce qui explique qu’il ait pu être possédé jusqu’à l’obsession par deux membres du groupe des seigneurs de la matérialité. Les Maîtres utilisent l’adombrement qui peut aller de la simple impression mentale occasionnelle jusqu’à un adombrement continu s’arrêtant juste avant l’obsession, afin que le libre arbitre du disciple ne soit jamais enfreint. Les forces des ténèbres, au contraire, utilisent le même processus, mais jusqu’à l’obsession et Hitler était littéralement possédé. C’est la raison pour laquelle il était si puissant, mais cela n’aurait pas été possible s’il n’avait pas été aussi profondément matérialiste. Il nous faut élargir notre compréhension de ce que signifie le fait d’être matérialiste. Ce n’est pas simplement vouloir « l’abondance » (la plupart des gens aspirent à l’abondance). Cela signifie également avoir le goût du pouvoir, de la domination.

Q. La magie noire peut-elle réellement transformer les gens en porcs ?
R. Vous n’avez pas lu la mythologie grecque. Ne connaissez-vous pas l’histoire racontée dans l’Odyssée ? Ulysse erra pendant environ vingt ans à son retour de Troie et il lui arriva toutes sortes d’aventures, dont l’une sur l’île de Circé, la terrible sorcière qui transformait tous ceux qu’elle n’aimait pas en porcs. Il existait sur cette île de nombreux pourceaux qui avaient auparavant été des hommes. Oui, c’est un fait !

Une conduite éducative

Q. Le Maître a déclaré : « Le monde se tient prêt à recevoir plus de lumière. Partout, les hommes ont soif d’une nouvelle connaissance d’eux-mêmes et de Dieu. » Cela a-t-il un lien avec le travail de groupe, avec « l’effort d’éducation de vaste portée » dans lequel il affirme que nous sommes engagés ? Cet effort d’éducation est-il une manière d’apporter de la lumière au monde ?
R. Je l’espère ! Oui, vraiment ! Si vous vous exprimez dans un langage accessible à tous, oui, vous pourrez apporter la lumière de votre connaissance, de votre conscience, au monde. La connaissance est de la lumière. Tout ce qui élargit notre conscience de la réalité, que ce soit sur le plan physique, sur le plan éthérique, astral, mental ou spirituel, est de la lumière, est utile et mérite d’être retenu. Cette connaissance apporte de la lumière.

Q. Nous devons transmettre ces enseignements aux autres. Cela s’accomplit -il par la simplicité des mots et de l’action ?
R. Oui, tout à fait. Si vous êtes capables de transmettre les enseignements d’une manière simple, accessible à tous, c’est la meil-leure façon. Mais ce qui importe avant tout, ce n’est pas tant la simplicité de l’action que l’action juste. Dans le domaine de l’éducation, rien n’a un impact plus puissant, plus vrai, plus immédiat que l’exemple. Si vous pouvez montrer par l’exemple les qualités dont vous parlez : la nature de la lumière, de la vie, etc., vous serez alors bien placés pour enseigner. Si vous les vivez vraiment, vous en ferez la démonstration.
C’est sur cela que les Maîtres comptent en se manifestant devant les hommes. Ils savent que leur exemple offrira un extraordinaire modèle des possibilités futures. Les gens verront que de « simples hommes » peuvent devenir des Maîtres, comme Maitreya. S’ils peuvent le faire, nous le pouvons aussi. Ils ne sont pas différents, seulement plus avancés. Tout ce que nous traversons, ils l’ont également traversé. Si nous voyons, par exemple, que l’amour total, inconditionnel, la sagesse extraordinaire, l’incroyable intelligence des Maîtres ne sont pas si éloignés de nous que nous ne puissions jamais y aspirer, cela éveillera en nous le désir d’atteindre ces qualités.
Lorsque vous avez un véritable instructeur, il ne s’agit pas de l’imiter, mais de penser comme il pense, de voir la vie avec le regard neuf qu’il a fait naître en vous. En manifestant la véritable nature de cette vie, il vous montre ce qui est possible. C’est là toute la beauté. Il ne s’agit pas seulement de mots, mais de la nature de la vie.

Q. Il semblerait que, dans les expériences relatées dans le courrier des lecteurs de Partage international, Maitreya, ou l’un ou l’autre des Maîtres, se contente la plupart du temps de sourire ou de faire un signe de la main et que cela ait une importance considérable pour la personne qui vit cette expérience. La raison évidente est qu’il s’agit d’une rencontre avec un Maître. Mais je pense que Maitreya nous montre également que chacun d’entre nous peut transmettre très simplement l’amour et la lumière de son âme par un sourire et aider ainsi à créer un climat de joie.
R. Oui, je suis d’accord avec vous. Mais il y a aussi ces charmantes personnes new age qui sourient tout le temps si bien que, pour finir, on a envie de leur taper dessus. Il existe plusieurs sortes de sourires, celui de l’amour et de la joie authentiques, mais aussi le sourire faux et sentimental qui affirme : « Je comprends le sens de la vie et de l’innocuité et je sais que tout est Un, que tout est Dieu et je suis un avec le Tout. Ne suis-je pas quelqu’un de bien ? » – « Oh si, vous l’êtes, mais vous êtes aussi vraiment casse-pieds ! Soyez vrais, soyez vous-mêmes ! » Si vous ne pouvez vous empêcher de sourire, si la joie vous inonde tellement et si vous souriez lorsque vous allez simplement à la boutique du coin ou chez le dentiste, alors très bien, souriez quoi qu’il arrive.

Q. Qu’est-ce qui se présente d’abord, l’expérience de la lumière ou les actions qui expriment cette lumière et la rendent manifeste ? Peut-être vont-elles de pair ?
R. L’expérience de la lumière se présente d’abord. Elles vont de pair et se renforcent mais vous devez faire l’expérience de la lumière avant de pouvoir l’exprimer.

Q. La peur n’est-elle pas un facteur majeur d’inhibition qui nous empêche de manifester notre divinité ?
R. Combien vrai. L’une des tâches de Maitreya, après le jour de Déclaration, sera précisément de débarrasser l’humanité de la peur et de la culpabilité. La peur est le facteur le plus inhibant de notre psychisme. Elle empêche, dans une large mesure, la manifestation du principe vital. Nous pourrions manifester beaucoup mieux notre divinité innée si nous n’étions pas rongés par la crainte et le sentiment de culpabilité inculqués dans une large mesure par les différentes religions. Celles-ci ont, en effet, une grande responsabilité dans ce domaine. La culpabilité et la peur jouent un rôle fondamental dans les formes pensées de l’humanité. Maitreya s’efforcera de débarrasser le monde de cette peur et de cette culpabilité qui sont le résultat d’une mauvaise éducation, d’un conditionnement de la pire espèce, venant principalement de la religion.

Q. Lorsque j’essaie de comprendre l’explication scientifique de la lumière, de l’électricité, etc., je ressens une sorte de frustration alors que je m’efforce de faire la distinction entre les différentes formes de lumière. Au cours de ce processus, j’ai tendance à perdre de vue ce que je ressens au fond du cœur : le fait que nous sommes tous des aspects de l’Un. Alors que ma vie est basée sur cette compréhension et que, par conséquent, je vis la lumière et l’amour, est-il absolument nécessaire que j’occupe mon esprit à réfléchir à des notions qui me sont si étrangères ? Est-ce qu’une importante partie de l’ensemble m’échappe ? L’idée que « nous ne sommes pas séparés » résume tout pour moi.
R. C’est très juste. Lorsqu’on a un esprit intuitif, c’est en général de cette manière que l’on approche ce genre de question. Cependant, si vous continuez à avoir une approche uniquement intuitive de toute chose, il vous faudra sans doute un peu plus longtemps pour devenir un Maître de Sagesse. Un Maître est un connaissant. Il existe deux sentiers : le sentier du bhakti, le dévot tourné vers le cœur (ce qui est une approche tout à fait valable), et le sentier de l’occultiste, celui qui recherche la signification des choses et qui agit en fonction de sa compréhension, le gnani dans la terminologie sanskrite (et cette voie est tout aussi valable). Finalement les deux voies se rejoignent : le Maître est à la fois un bhakti et un gnani, sinon il serait incomplet.
Un avatar peut être l’un ou l’autre. Par exemple, Paramhansa Yogananda était un bhakti, il avait le cœur sur la main. Sri Ramana Maharshi, qui était un gnani, approchait la vie et enseignait d’une manière différente. En fait, il enseignait en silence. Son sentier était celui de la connaissance du Soi (se poser la question « qui suis-je ? » et essayer d’y répondre). Le bhakti ne se soucie pas de ce genre de question. Il se contente de manifester sa compréhension intuitive du fait que tout est amour, que tout est Dieu, que tout est lumière, que tout est Un. Le gnani, au sens où il est un connaissant, est un scientifique.
Dans son approche de la vie, le scientifique a une vue moins simpliste des relations, si je puis m’exprimer ainsi. Si vous pensez que « tout est Un », vous faites abstraction du domaine des relations. Si vous agissez en scientifique, même si ce n’est pas sur le plan physique, vous voyez les correspondances. Même si cela demande un saut dans le domaine de l’intuition pour y parvenir, vous voyez le lien existant entre les différents aspects de la réalité. En agissant ainsi, vous pourrez construire des vais-seaux spatiaux qui iront jusqu’aux confins de la galaxie. Il est impossible de le faire à partir de la simple connaissance que tout est amour, que tout est Un.
C’est cela qui est intéressant dans la manière d’agir des différents rayons. Si vous avez un corps mental de deuxième rayon, par exemple, qui vous donne une vision intuitive de la vie, vous jugerez sans doute que tout ce dont nous avons parlé ne présentait pas vraiment d’intérêt : la relation existant entre tel ou tel aspect de la lumière, la lumière de la connaissance, celle de la sagesse, de l’intuition, de l’âme, et vous vous demanderez peut-être quel besoin nous avons de les séparer.
Nous le faisons parce que ces aspects ont des fonctions différentes. Au fur et à mesure que nous progressons, certaines capacités se manifestent dans nos vies ; tout d’abord, la lumière de la connaissance, la lumière du mental. Et lorsque nous progressons davantage, nous touchons quelque aspect de l’âme et nous accédons à la lumière de la sagesse venant de l’âme. Puis, le mélange de la lumière de la connaissance, qui est la lumière de la personnalité, et de la lumière de la sagesse qui est celle de l’âme, nous apporte la lumière de l’intuition qui est à la fois la lumière de la connaissance et celle de l’âme. Cette lumière est si brillante que son éclat éclipse toutes les autres formes de lumière. Nous accédons alors à la conscience synthétique de l’intuition dont parle notre interlocuteur. C’est la manière naturelle de travailler du deuxième rayon. Il n’aime pas la science, il trouve tout cela frustrant et aride. Naturellement, c’est une qualité de synthèse qui est valable pour une vie ; la même personne pourrait fort bien avoir un mental de cinquième rayon dans la vie suivante. Elle dira alors : « Qu’entendez-vous par synthèse ? Nous allons tirer cela au clair, nous allons regarder dans le microscope et voir ce qu’il en est ! » Il faut de tout pour faire un monde.

Q. Nous savons que la technologie de la lumière apportera des progrès immenses dans le domaine de la médecine. Qu’en est-il des autres domaines, celui de l’économie et celui de la politique par exemple ?
R. Il semble évident que, si la technologie de la lumière nous donne une puissance illimitée, de la chaleur à volonté et des moyens de locomotion utilisant directement l’énergie du soleil et si, de plus, cette technologie est à la disposition de tous, personne ne pourra se l’approprier, contrairement à ce qui se passe aujourd’hui avec les cheikhs du pétrole qui possèdent d’immenses richesses dans le désert. La technologie de la lumière aura, de toute évidence, un effet considérable sur l’économie mondiale. Nous l’utiliserons tous, mais elle ne sera la propriété de personne. Qu’adviendra-t-il des grandes compagnies comme General Electric et autres ? Elles n’auront plus de raisons d’être. Dans le domaine politique, un pouvoir énorme est exercé par des gens qui font pression sur les gouvernements et qui contrôlent les grandes industries. Tout cela disparaîtra. Il est évident que la technologie de la lumière simplifiera beaucoup les structures politiques et économiques de notre monde, sans parler de ses applications dans le domaine médical. Une technologie offrant une énergie illimitée et non polluante ne peut que changer la vie dans tous les domaines.

« Faire comme si »

Q. Nous avons constaté, dans notre groupe de discussions, que l’idée de faire « comme si » était interprétée de la manière suivante : nous sommes polarisés sur le plan astral et nous savons que nous devrions nous efforcer d’atteindre la polarisation mentale. Nous ne devrions donc pas être sensibles aux émotions ni avoir des relations sentimentales au sein du groupe. Aussi sommes-nous supposés agir « comme si » nous étions polarisés sur le plan mental. Je pense, pour ma part, qu’il s’agit d’une mauvaise interprétation d’un commentaire que vous avez fait dans le passé, affirmant que nous devrions faire « comme si » nous étions sûrs de la présence de Maitreya et des Maîtres dans le monde et préparer la voie. Pourriez-vous nous dire ce qui ne va pas dans notre façon de voir les choses ?
R. Si vous essayez de montrer que vous êtes polarisés sur le plan mental et que vous ne l’êtes pas, aucune personne quelque peu perspicace ne vous prendra au sérieux. Pensez-vous qu’en affichant un visage sévère ou une expression « réfléchie » et en ne réagissant pas aux plaisanteries des autres, vous agissez comme si vous étiez polarisés sur le plan mental ? Vous devez être vous-mêmes.
Agir « comme si », c’est plutôt accepter l’hypothèse de la présence de Maitreya et des Maîtres dans le monde. Vous avez l’intime conviction qu’il en est ainsi, ou votre mental vous dit qu’avec tant de signes extérieurs et d’illustrations de cette présence, ce ne peut qu’être vrai. Benjamin Creme ne sait peut-être pas tout, mais il doit y avoir quelque chose dans ce qu’il dit qui me fait croire que c’est vrai. Que puis-je faire ? Dois-je me contenter d’attendre jusqu’à ce que tout cela soit prouvé ? Si vous voulez faire quelque chose d’utile, vous devez prendre une décision. Mon conseil (et c’est également celui des Maîtres en pareil cas) est de considérer pour l’instant cette présence comme une hypothèse tout à fait crédible. « Cela pourrait être vrai, cela semble possible. » Prenez-le ainsi, pour l’instant, jusqu’à ce que cela soit vraiment prouvé et agissez en vous appuyant sur l’hypothèse que tout cela est vrai. Agissez donc « comme si » c’était vrai ; ne réduisez pas votre activité dans la crainte d’en faire trop et de découvrir plus tard que vous vous étiez trompés et que vous avez perdu votre temps et votre énergie. C’est le cas de bon nombre de personnes. Elles restent à la traîne en disant : « Eh bien, si j’étais vraiment sûre, je serais tout à fait présente, mais je ne peux m’y donner à fond car, après tout, ce n’est peut-être pas vrai. » Elle ne sont pas suffisamment convaincues. Si, par contre, votre intuition vous inspire une profonde conviction, vous savez, même si vous ne pouvez rien prouver. Savoir et prouver sont deux choses bien différentes.
Je me souviens du jour (en mars 1959) où Maitreya me dit : « Tu auras un rôle à jouer dans ma venue, si tu l’acceptes », et mon Maître d’ajouter : « Tu as entendu aujour-d’hui des paroles qui ont changé ta vision des choses. Le moment viendra où il te sera demandé d’agir en conséquence et d’annoncer sa venue. » Un ou deux jours plus tard, il me fit tout un exposé sur la nécessité de la foi, pas une foi aveugle, mais une véritable conviction intérieure. La foi en notre propre expérience. Il termina par ces mots : « Le manque de foi a suffi à faire échouer de nombreux disciples très prometteurs. Aie la foi et annonce sa venue. »
La foi est si nécessaire que sans elle vous ne ferez jamais rien. Si vous n’avez pas confiance en vous, vous ne ferez jamais rien de personnel ni d’original. Si vous n’avez pas foi dans votre propre façon de voir les choses, vous n’aboutirez nulle part. Même si par la suite vous devez constater que vous vous êtes trompés, il est préférable d’agir avec confiance, de faire des erreurs et d’en tirer les leçons, plutôt que de ne rien faire parce que votre foi est insuffisante. Vous vous dites : « C’est peut-être vrai, ou peut-être pas. Comment le savoir ? Je ne sais quoi faire », parce que vous n’avez pas la foi. Si vous avez confiance en vous, même si par la suite il s’avère que vous vous êtes trompés, il est de toute façon préférable d’agir plutôt que de ne rien faire. Vous risquez simplement de faire des erreurs et il est possible d’y remédier. Tant que vous ne les avez pas faites, vous ne pouvez savoir si ce sont vraiment des erreurs.
Mon professeur de peinture avait l’habitude de dire que les pires tableaux que l’on ait jamais peints sont ceux que l’on n’a pas peints. C’est une chose que je n’ai jamais oubliée. Si vous ne faites rien, il ne se passe rien dans votre vie, vous ne faites que la traverser sans but. Il est bien préférable de faire des erreurs graves et d’en tirer la leçon plutôt que de ne rien faire du tout. (Je veux dire, bien sûr, en demeurant dans les limites du raisonnable. Je ne vous demande pas de dévaliser une banque !)
Agir « comme si », c’est précisément agir avec foi, foi dans votre propre jugement, non pas faire quelque chose si vous pensez réellement que c’est une erreur, mais le faire parce que vous pensez que cela pourrait s’avérer juste et que, de toutes façons, c’est utile, comme, par exemple, préparer la voie pour Maitreya, sans preuve extérieure ni expérience personnelle particulière. Si vous vous contentez d’attendre une preuve, vous manquerez peut-être l’opportunité de toutes vos vies. Comme le répète Maitreya dans ses messages : cette opportunité de servir est le plus grand cadeau qui vous ait été donné au cours de toutes vos vies (voir Messages de Maitreya n° 26 et 27). Rappelez-vous que cette opportunité ne durera pas longtemps. Il n’y en aura pas d’autre d’ici 2 000 ans et ce sera différent. Dans 2 000 ans vous serez peut-être engagés dans l’organisation de groupes de disciples pour préparer la voie du prochain Instructeur mondial. Bien sûr, il s’agira alors d’une humanité très différente, incroyablement plus avancée, et d’un monde totalement nouveau, mais la voie devra quand même être préparée. Agissez comme si vous étiez sûrs que c’est vrai et prouvez-le par votre action.
(à suivre)

Auteur : Benjamin Creme, (1922-2016) : artiste et ésotériste britannique, ancien rédacteur en chef de Share International. Son contact télépathique avec un Maître de Sagesse lui permettait de recevoir les informations les plus récentes concernant l’émergence du Christ et de s’exprimer sur les enseignements de la Sagesse éternelle.
Thématiques : sagesse éternelle, spiritualité
Rubrique : Dossier ()