Protestations contre la flambée des prix

Partage international no 236avril 2008

Le prix de la nourriture grimpe en flèche dans le monde, et bien entendu ce sont les pauvres qui sont le plus durement touchés. Lorsque dix mille personnes entreprirent une marche vers la ville de Mexico début 2007, poussées par la flambée du prix du maïs, cela passa presque inaperçu. Pourtant les manifestants scandaient : « Nous avons besoin de nourrir nos enfants ! »

Aujourd’hui, la montée des prix éveille des protestations partout sur la planète. Les autorités se sentent mal à l’aise, sachant que les foules affamées et en colère peuvent renverser des gouvernements.

Yémen, Egypte, Maroc, Bengale occidental, Sénégal, Mauritanie, Burkina Faso, Ouzbékistan, Guinée… la liste des pays où l’on manifeste contre la hausse des prix ne cesse de s’allonger, tandis que les gouvernements prennent nerveusement des mesures pour se prémunir contre de futurs soulèvements sociaux. Au Liban et au Yémen, des émeutes de la faim ont déjà coûté des vies lors de violentes altercations.

Au Yémen, des enfants ont manifesté pour faire savoir leur faim. Le gouvernement égyptien a pris des mesures d’urgence pour mettre à disposition du pain subventionné meilleur marché, en se souvenant probablement des émeutes de 1977 qui avaient failli faire tomber le gouvernement. Au Pakistan, les autorités ont dû délivrer des cartes de rationnement aux affamés pour leur permettre d’acheter de la farine. Au Maroc, des émeutiers ont été emprisonnés, et en Jordanie des grèves et des manifestations ont obligé le gouvernement à augmenter les salaires du secteur public.

En outre, l’augmentation du prix des céréales influe sur le prix de la viande, de la volaille, des œufs et des produits laitiers. Selon les experts de l’OCDE, il est vraisemblable que les prix continuent d’augmenter.

C’est le mélange complexe des effets des changements climatiques causant sécheresses et inondations, de l’augmentation du prix du pétrole et de l’accroissement démographique, qui a abouti à cette crise mondiale de la nourriture. Certains observateurs imputent la faute principale au fait de consacrer de grandes étendues de terres arables à l’industrie du biocarburant plutôt qu’aux cultures vivrières. Le blé, le soja, la canne à sucre et autres, sont considérés comme des sources propres et bon marché de biocarburant, ce qui entraîne un effet domino : moins de céréales pour la consommation humaine, et hausse du prix des denrées alimentaires de base. La une d’un périodique soulignait récemment l’outrage ressenti par les pauvres du monde entier : « Augmentation des prix alimentaire ? Qu’ils mangent du biocarburant ! » La FAO estime à 100 millions de tonnes la quantité annuelle de céréales consacrée à la production de biocarburant.


Sources : The Herald, G.-B. ; AllAfrica .com ; Arab news.com ; Associated Press
Thématiques : Société, politique
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)