Pologne : un témoin oculaire raconte la formation d’un agroglyphe

Partage international no 196décembre 2004

par Nancy Talbott

Dans la nuit du 22 juillet 2000, Jerzy Szpulecki, cultivateur dans la région rurale du centre de la Pologne, était en train de travailler dans une nouvelle maison qu’il construisait en bordure d’un champ de blé cultivé par son voisin, Tadeusz Filipczak. A minuit et quart, les lumières de sa maison s’éteignirent soudain et il descendit pour essayer de trouver l’origine de la panne. En arrivant au premier étage, il put voir, à travers les grandes fenêtres de la façade, que tous les lampadaires de la route voisine étaient également éteints et qu’il n’y avait pas de lumière non plus dans les maisons.

Presque aussitôt, il vit une « étrange » lumière rouge descendre très lentement dans le ciel, en direction du champ situé devant sa maison. Elle était d’un rouge très brillant, elle avait une forme sphérique et environ vingt mètres de diamètre et lorsqu’il l’aperçut pour la première fois elle se trouvait à environ 500 mètres au-dessus des arbres, à gauche du champ. Lorsqu’elle se rapprocha, il vit quelque chose qui ressemblait à un « brouillard blanc » tournoyant au-dessus de la lumière rouge qui, lorsque l’objet fut descendu à environ 80 mètres du champ, juste en face de ses fenêtres, sembla être « une sorte de vaisseau ». En se rapprochant, l’objet s’inclina et continua à descendre vers le champ, très, très lentement.

A ce moment-là, la sphère d’un rouge brillant apparût comme une sorte de coquille extérieure, entourant une masse interne de brouillard blanc qui tournoyait constamment au sein de la sphère rouge. En se rapprochant du sol, l’étrange objet commença à grossir et à se transformer en un objet beaucoup plus grand, mais toujours de forme ronde, et il sembla « dégager quelque chose dans l’air autour de lui ». J. Szpulecki dit qu’il pense que le « vaisseau » était « la couleur du brouillard blanc » (voulant dire par là qu’il y avait un brouillard blanc tournant autour d’un vaisseau réel et solide, le tout se trouvant maintenant à l’intérieur de la sphère rouge). Il eut également l’impression que la coquille rouge « dirigeait » l’objet à l’intérieur.

Lorsque l’objet fut descendu à environ vingt mètres au-dessus du sol, J. Szpulecki commença à ressentir « une pression » sur son corps et lorsque l’objet se trouva près du sol, des étincelles jaillirent, « comme lors d’un court-circuit […] Je l’ai vu toucher le sol […] et lorsqu’il l’a touché, il y a eu des flashs brillants, comme des éclairs ». Lorsque l’objet a atterri, de multiples « bras » sont soudain sortis de son centre et se sont lentement courbés vers le sol. A ce moment-là, la lumière rouge est devenue si brillante « qu’il était difficile de la regarder car elle faisait mal aux yeux ». Il semblerait qu’il y ait eu quatre « bras » (des protubérances ressemblant à des tentacules qui se penchaient vers le sol), tous de la même longueur et d’une couleur bleuâtre. A l’extrémité de chaque « bras » il y avait une boule ronde de lumière violette, encore plus brillante. Ces boules de lumière violette étaient la partie la plus brillante de l’objet et elles étaient « très difficiles à regarder » car leur éclat faisait mal aux yeux.

A ce moment-là, J. Szpulecki remarqua qu’il y avait au moins trois voitures arrêtées sur la route près du champ, leurs occupants observant apparemment l’objet. Le lendemain, il entendit d’autres villageois raconter que de « nombreuses » personnes avaient vu la boule de lumière rouge brillante traverser le ciel et se diriger vers le champ.

J. Szpulecki raconte que l’objet resta posé sur le sol pendant « au moins une minute », avec des étincelles qui volaient et provoquaient une lumière intense, et que c’est à ce moment-là qu’il prit conscience d’une « pression » physique sur son corps. Cette sensation de quelque chose exerçant une pression sur son corps, et notamment sur sa tête, fut particulièrement nette lorsque les « bras » sortirent de l’objet au moment où il se posa sur le sol. Même si seulement le haut de son corps était exposé à la fenêtre, il est certain d’avoir ressenti cette forte pression sur tout le corps. Il n’a pas eu d’effets électromagnétiques typiques (comme les poils qui se hérissent sur les bras ou la nuque) ni de maux de tête et il n’a senti aucune odeur particulière ni entendu le moindre son pendant toute la durée du phénomène. Il sut instinctivement que « l’énergie », mise en évidence à la fois par la lumière brillante émanant de l’objet et par la pression sur son corps, n’avait pas d’effet nocif sur les gens.

Au bout d’environ une minute, les bras protubérants se rétractèrent et l’objet dont le centre blanc continuait à tourner à l’intérieur de la coquille rouge, s’éleva dans l’air à quelques mètres, puis redescendit dans le champ, à une « faible distance » de là. A nouveau, les « bras » (avec les sphères brillantes de lumière violette à leurs extrémités) sortirent de l’objet, se penchèrent vers le sol et il ressentit à nouveau une très forte pression sur le corps, particulièrement sur la tête. « De multiples étincelles » accompagnèrent ce second atterrissage, mais d’après J. Szpulecki cette fois elles « retournaient vers le brouillard » au lieu d’en sortir, elles montaient du sol vers l’objet.

Finalement après être restés posés sur le sol pendant environ une minute, les bras se rétractèrent et la « coquille rouge se referma à nouveau autour du centre blanc », si bien que tout ce que J. Szpulecki put voir à ce moment-là fut une boule rouge de lumière. L’objet tout entier commença alors à monter, devenant de plus en plus petit au fur et à mesure qu’il s’élevait. Sa lueur rouge, « comme un brillant coucher de soleil », devint si intense qu’elle éclaira la pièce où se trouvait J. Szpulecki. Elle s’éloigna lentement au-dessus des champs et disparut. J. Szpulecki estime qu’entre le moment où il a vu l’objet pour la première fois et celui où il a disparu, il s’est écoulé environ sept minutes.

Même si lorsqu’il a aperçu l’objet pour la première fois J. Szpulecki a pensé qu’il s’agissait de quelque chose qui était « en feu », il devint ensuite clair que le champ ne prenait pas feu et il eut plutôt l’impression qu’il s’agissait d’un phénomène « d’un autre monde », peut-être « extraterrestre ». Il déclare avoir été profondément ému, terriblement impressionné et étonné par tout ce qu’il a vu, affirmant que « c’était magnifique » et qu’il ne s’était senti ni menacé ni effrayé. Cette intense émotion dura pendant environ une demi-heure après que l’objet eut disparu, « comme après avoir bu un verre de bière ». Il a réaffirmé avoir senti que cette énergie n’était pas nocive pour les gens. Lors de l’interview, il parut évident que J. Szpulecki était encore marqué par le souvenir de cette expérience survenue trois ans auparavant et on peut le constater également sur la vidéo. [L’interview a eu lieu le 31 juillet 2003.]

L’électricité étant toujours coupée dans la maison, J. Szpulecki remonta à l’étage chercher sa montre et il découvrit que celle-ci s’était arrêtée à minuit et quart, heure à laquelle il pensait que la panne de courant avait commencé. Etant donné qu’il était évident que le champ de blé n’avait pas pris feu et comme il n’avait jamais entendu parler d’agroglyphe et par conséquent n’avait pas de raison particulière de vérifier l’état du champ, il s’en retourna chez lui au village.

Un agroglyphe en forme de pictogramme

Le lendemain, un voisin, dont la maison se trouve également en face du champ où l’objet avait atterri, informa J. Szpulecki qu’il y avait une marque étrange dans le champ de blé : un dessin en forme de pictogramme situé, découvrit-on ensuite, à l’endroit précis où l’objet étonnant avait atterri la nuit précédente. Par ailleurs, le motif du pictogramme, décrit par le voisin comme « une sorte de croix », correspondait de manière frappante à la description de l’objet lui-même avec ses « bras » étendus se terminant par de petites sphères violettes, lumineuses.

Dans un autre champ, situé au nord de la route, à seulement quelques mètres de là, on découvrit également un cercle de vingt mètres de diamètre. Les deux hommes s’efforcèrent de saisir le sens des symboles mais furent incapables de « comprendre la signification des signes ».

A notre connaissance, c’est le seul compte rendu de ce type dans la littérature concernant les agroglyphes, la seule fois où l’atterrissage d’un objet visible de forme si complexe a résulté en la formation d’un agroglyphe qui semble reproduire, dans les céréales couchées, les aspects géométriques de l’objet lui-même. C’est également le premier témoignage direct sur la formation d’un agroglyphe à Wylatowo, bien qu’en 1973 un cercle aplati ait été signalé dans le village de Zabno, à environ 5 km de là, un cercle créé par un « objet métallique en forme de disque » descendu dans un champ de seigle. Je dois cependant rappeler qu’aucun des résidents de Wylatowo que nous avons interviewés n’avait eu connaissance du phénomène survenu précédemment à Zabno, ni du phénomène des agroglyphes en général, avant l’expérience faite par J. Szpulecki en 2000.

C’est le voisin de J. Szpulecki (qui n’avait pas été témoin de ce qui s’était passé la nuit précédente) qui fut le premier
à découvrir l’agroglyphe et qui en parla à J. Szpulecki. Il déclara également qu’il y eut une panne d’électricité dans toute la région et que les batteries de nombreux camions et voitures étaient déchargées. Plus tard dans la journée, la compagnie d’électricité commença à réparer les lignes électriques et signala également que le courant était coupé dans toute la région. Elle fut apparemment incapable de déterminer l’origine de la panne de courant. Et en l’espace d’une semaine on apprit que tous les véhicules (voitures, camions, tracteurs) dans un rayon de cinq cents mètres autour du champ avaient eu leurs batteries complètement déchargées.

D’autres personnes commencèrent à raconter qu’elles avaient vu l’objet lorsqu’il se trouvait en l’air, mais il se peut que J. Szpulecki soit le seul témoin oculaire à avoir vu l’objet descendre et atterrir, tout au moins le seul témoin local. Il est peu probable que les véhicules qu’il a vus, arrêtés sur la route, aient été conduits par des gens des environs, la plupart d’entre eux étant des cultivateurs qui sont généralement couchés à cette heure-là. On pense plutôt qu’ils étaient conduits par des fournisseurs qui parcourent de longues distances au cours de la nuit. On ignore si ces véhicules étaient arrêtés en raison d’une défection de leur batterie. J. Szpulecki ne se souvient pas s’ils étaient encore présents lorsqu’il est rentré chez lui.

Un second agroglyphe à Wylatowo en 2001

Deux ou trois autres agroglyphes furent finalement découverts dans la région de Wylatowo au cours de l’été 2000 et, au cours des étés suivants, le phénomène a continué à se produire et des agroglyphes sont à nouveau apparus à Wylatowo, dans les mêmes champs, ainsi que dans d’autres régions de Pologne.

Le 27 juin 2001, un agroglyphe fut à nouveau découvert dans le champ où Jerzy Szpulecki avait vu l’objet d’un rouge éclatant atterrir en 2000. Cette formation était beaucoup plus complexe que la première et elle sembla être un développement du motif originel en forme de croix. Un examen approfondi des photos prises les deux années (en bordure des arbres le long de la route voisine) montre clairement que l’agroglyphe de 2001 est apparu au même endroit du champ que l’agroglyphe en forme de croix de l’année 2000.

Dans la seconde quinzaine du mois de juillet 2002, Milosz Kuss, un jeune garçon des environs, habitant un village situé non loin de Wylatowo, a découvert à son tour un agroglyphe dans un champ appartenant à son oncle. La famille de Milosz, comme d’autres dans cette région éloignée, avait elle-même fait l’expérience de plusieurs événements très inhabituels au cours des sept dernières années et Milosz avait entendu parler des agroglyphes de Wylatowo. Son dessin de l’agroglyphe découvert dans le champ de son oncle est presque la réplique exacte de l’objet que J. Szpulecki a vu atterrir à Wylatowo en 2000.

Le phénomène des agroglyphes en lui-même demeure un mystère. Une recherche scientifique approfondie sur les changements constatés sur des échantillons de plantes et de sol, prélevés dans les agroglyphes, met en évidence le fait que la majorité des ces phénomènes, constatés dans le monde entier, n’a pu être produite de façon mécanique.

Pologne
Date des faits : 22 juillet 2000 Auteur : Nancy Talbott,
Sources : Voir Published Papers sur le site Internet : www.bltresearch
Thématiques : Ovnis
Rubrique : Divers ()