Partage et coopération sont dans la nature humaine

Partage international no 269février 2011

De récentes études semblent suggérer que le sens du partage et de la coopération vient naturellement aux enfants dès l’âge de 14 mois. Mais il n’est pas renforcé car ces enfants grandissent dans une société de compétition.

Les enfants de trois ans partagent spontanément des bonbons s’ils les obtiennent à l’issue d’une coopération. Tandis que les bonbons qui leur ont été donnés ne sont pas partagés (étude publiée par le journal Psychological Science à la suite d’une enquête pratiquée sur des dizaines d’enfants de trois ans).

Dans une expérience de laboratoire, deux enfants devaient tirer un cordon en même temps pour gagner une petite boîte de bonbons. A chaque succès, 70 % des petits partageaient spontanément les bonbons obtenus. En fait, le premier enfant qui atteignait les bonbons en prenait la moitié et parfois même encourageait son partenaire à prendre l’autre moitié. La même expérience pratiquée sur des chimpanzés aboutissait invariablement à une bagarre autour des friandises obtenues.

En 2009, le même psychologue, le Dr Felix Warniken avait constaté que des bébés de 14 à 18 mois étaient naturellement enclins à aider les autres, par exemple les aider à attraper des objets hors d’atteinte, indépendamment de toute récompense de la part des adultes. Il est apparu en effet que les récompenses extérieures nuisaient à cette tendance innée. Selon le Dr Warniken, ces résultats laissent à entendre que les jeunes enfants sont naturellement altruistes. Ces tendances initiales sont sérieusement invalidées au fur et à mesure qu’ils grandissent, que leur socialisation intervient et que leurs relations avec les autres commencent à produire des effets.

Dans un article de 1991, Alfie Kohn, spécialiste américain dans le domaine de l’éducation, rapportait déjà des découvertes analogues, lorsqu’il écrivait : « Tant qu’ils sont en âge préscolaire, les enfants partagent, consolent et aident les autres tout naturellement. Une étude sur des enfants en âge préscolaire jouant librement a montré que 67 sur les 77 enfants observés aidaient, consolaient un autre enfant, ou partageaient quelque chose avec lui pendant un temps d’observation de seulement 40 minutes. » Quand les chercheurs interrogent les enfants sur leurs motivations, écrit Alfie Kohn, « les réponses le plus souvent entendues sont que l’autre enfant avait besoin d’aide. Ceci, à véritablement considérer les choses, c’est le cœur de l’altruisme.


Sources : Phi Delta Kappan Etats-Unis ; de Volkskrant, Pays-Bas
Thématiques : Société
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)