Partage international no 266 – octobre 2010
Dans le cadre de la Semaine de coopération organisée par le ministère des Affaires étrangères espagnol, du 6 au 11 septembre 2010 à Madrid, s’est tenue une réunion organisée par l’Agence espagnole de coopération pour le développement international (AECID) et l’agence de presse internationale Inter Press Service (IPS).
Cette rencontre avait pour thème : Le monde après la crise : effets sur les pays émergents et impact sur leurs médias. Eduardo Galeano, écrivain et journaliste uruguayen, conclut l’évènement avec un discours intitulé : Péchés mortels de notre monde à l’envers, qui fut radiodiffusé en direct à Madrid. Cette réunion fut suivie par des personnalités et des journalistes de pays du Sud. Un de ses objectifs était d’analyser le rôle de l’aide au développement dans la lutte contre la crise financière mondiale.
Conférencier invité d’honneur, Eduardo Galeano donna des exemples de dépenses absurdes, comme le Mur de Berlin, construit en 1961 pour diviser la ville allemande en deux et démoli en 1989. Il affirma que le mur récemment construit par le Maroc dans les territoires qu’il occupe dans le Sahara occidental « était 60 fois plus grand que le Mur de Berlin ». Eduardo Galeano mentionna d’autres murs, comme celui construit par les Etats-Unis le long de sa frontière avec le Mexique pour tenter d’empêcher l’immigration, la barrière israélienne en Cisjordanie, et le mur espagnol séparant ses enclaves de Ceuta et Melilla du Maroc.
L’écrivain uruguayen a expliqué que nous devrions écouter les citoyens les plus pauvres du monde afin de voir comment ils pourraient résoudre les problèmes les plus urgents, problèmes qui, selon lui, « sont les péchés capitaux d’un monde à l’envers ». Il a ajouté « qu’il ne s’agissait pas de prétendre que les Noirs sont meilleurs que les Blancs ou que les femmes sont meilleures que les hommes, car nous sommes tous capables du meilleur et du pire. Il s’agit de faire en sorte que chacun ait l’opportunité de démontrer qui il est vraiment. » D E. Galeano ajouta que nous devrions reconnaître le fait que la diversité actuelle est un facteur positif, car notre monde n’est pas monolithique. « Voilà pourquoi construire des murs comme celui séparant le Maroc du Sahara, Israël de la Palestine ou les Etats-Unis du Mexique conduit au conflit. De nombreuses personnes et gouvernements ont des intérêts dans la culture de la peur car créer des ennemis fait vendre des armes et justifie certaines actions violentes. »
E. Galeano mit aussi en doute la capacité des Nations unies à garantir la paix dans le monde, du fait que le Conseil de sécurité et son pouvoir de veto paralysent toute action positive.
Sources : El Diario Exterior - Espagne
Thématiques : Société, Économie
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)
