Partage international no 425 – février 2024
par Aart Jurriaanse
Tout parcours individuel commence sous l’influence des mirages de son pays ou de sa race, mirages qui deviennent souvent excessifs et déséquilibrés lorsqu’ils sont stimulés par des tribuns qui jouent habilement sur les émotions ou par des médias aux tendances politiques bien marquées. Le dépassement de ce trait de caractère sera considérablement facilité lorsque l’individu aura pris conscience du fait de la réincarnation et de ses nombreuses implications ; lorsqu’il reconnaîtra que c’est seulement la personnalité qui est concernée par la race ou la nation dans laquelle il s’est incarné pour cette vie particulière ; qu’il n’est peut-être né dans cette race que pour cette seule vie, et que dans des vies antérieures, il a probablement appartenu à beaucoup d’autres races.
Au fur et à mesure que la conscience de groupe prend le contrôle du disciple, que le principe de cohérence et de synthèse s’enracine, qu’il devient de plus en plus conscient de l’unité de l’humanité et de la solidarité sous-jacente de toute existence, que les grandes lignes du plan hiérarchique se révèlent progressivement à sa conscience en expansion, sa vision s’élargit et ses idées étroites sur le nationalisme et le racialisme commencent à s’estomper.

Les différences de langue et de culture doivent subsister car elles ne peuvent que contribuer à rehausser la beauté de la tapisserie constituée par les fils multicolores que sont ces multiples facettes de la vie humaine.
S’affranchir des limites de son environnement
Le disciple devrait s’entraîner à prendre conscience que le Soi véritable a son siège dans l’âme, laquelle n’utilise que temporairement une personnalité placée dans un environnement particulier pour acquérir certaines expériences. Il ne devrait donc pas ressentir de fierté particulière ou de honte injustifiée à cause de la race dans laquelle cette personnalité fonctionne au cours de cette vie. Une fois que le disciple est parvenu à cette prise de conscience, et que ce concept est fermement établi et réellement significatif pour lui, alors il se dissociera automatiquement des délimitations étroites du nationalisme, devenant conscient de son appartenance à cette unité qu’est la race humaine, indépendamment de la position et de l’environnement qu’il occupe pour le moment, où il a probablement une mission spécifique à remplir.
Le disciple doit donc apprendre à s’affranchir des limites de son environnement, tout en rayonnant l’amour et la bonne volonté envers tous ceux qui croisent sa route. Il doit cependant le faire avec un relatif détachement et sans émotion excessive.
Les caractéristiques d’une nation sont souvent largement déterminées par les principes défendus par ses dirigeants. Parce que l’homme d’autrefois était principalement motivé par l’ambition, l’instinct de possession et la cupidité, les nations du monde reflétaient également ces valeurs. Au fur et à mesure que chaque individu réalisera sa responsabilité envers le tout, cette même conscience sera également exprimée par les dirigeants de toutes les nations, qui introduiront cet esprit d’altruisme et de bonne volonté dans les relations nationales et internationales. Les signes de cette tendance naissante sont déjà perceptibles aujourd’hui, mais les progrès sont lents du fait des puissantes influences retardatrices venant de ceux qui n’ont pas encore atteint ce niveau de conscience et qui adhèrent encore aux anciens systèmes caractérisés par l’agressivité, l’avidité et la haine. Le changement est cependant amorcé et ce n’est qu’une question de temps avant que les forces du mal ne succombent et ne soient submergées par les énergies de lumière et d’amour qui sont maintenant déversées sur l’humanité. Ceux qui font encore obstacle à cette évolution seront progressivement convertis aux principes de bonne volonté. Dans le cas contraire, les mêmes forces maléfiques qu’ils dirigent maintenant vers les autres se retourneront contre eux et les détruiront.
La réalisation de l’unité fondamentale de l’humanité n’implique pas le sacrifice de l’identité nationale. Au contraire, les différences de langue et de culture doivent subsister car elles ne peuvent que contribuer à rehausser la beauté de la tapisserie constituée par les fils multicolores que sont ces multiples facettes de la vie humaine. L’avenir du monde réside donc dans la mise en valeur de l’identité de chaque nation, avec ses caractéristiques particulières de couleur, de langue et de culture. En même temps, tout en respectant leurs différences, les peuples du monde devront collaborer étroitement et instaurer entre eux des relations justes et mutuellement bénéfiques basées sur la bonne volonté, et exemptes d’orgueil, d’avidité, d’ambition ou d’ingérence.
La Hiérarchie spirituelle ne s’intéresse pas aux tendances idéologiques ou politiques de l’individu ou de sa communauté, pas plus qu’elle n’est affectée par les pratiques religieuses des uns et des autres. Tout ce qui l’intéresse, c’est que l’humanité dans son ensemble profite de l’opportunité spirituelle qui, plus que jamais, s’offre maintenant à elle.
Auteur : Aart Jurriaanse, (1907-2002) : auteur sud-africain qui a effectué des compilations des livres d’Alice Bailey. Il est l’auteur de Bridges (Ponts, non traduit) qui est un commentaire de ces enseignements.
Thématiques : spiritualité
Rubrique : Divers ()
