Partage international no 231 – novembre 2007
Le 11 septembre 2007, s’est tenu à Nuuk, capitale du Groenland, un symposium qui a réuni des personnalités religieuses, scientifiques et des défenseurs de l’environnement afin de faire le point sur les effets de la pollution de l’Arctique. Des scientifiques de l’Artic Monitoring and Assessment Programme (Amap) ont présenté les résultats alarmants de leurs recherches : deux fois plus de filles que de garçons sont nées dans certains villages de l’Arctique à cause du haut degré de concentration de certaines substances chimiques dans le sang des femmes enceintes.
Les chercheurs ont mesuré, sur des échantillons de sang provenant de femmes, les concentrations en produits chimiques semblables aux hormones humaines et ils sont arrivés à la conclusion que ces produits sont capables de provoquer des changements de sexe durant les trois premières semaines de la gestation. Ces produits circulent dans le circuit sanguin de la mère et arrivent au fœtus à travers le placenta où ils perturbent la concentration en hormones. De nouvelles recherches sont en cours dans les communautés de Russie, du Groenland et du Canada afin d’évaluer l’impact de ce déséquilibre sur les communautés Inuit du Nord. Dans certaines régions du Groenland et à l’extrême est de la Russie, le rapport semble être de deux filles pour un garçon, mais un village du Groenland ne voit naître que des filles.
Lars-Otto Reierson, secrétaire général de l’Amap a déclaré : « Nous savions que les substances chimiques fabriquées par l’homme se concentraient dans la chaîne alimentaire et que les phoques et les baleines, et en particulier les ours polaires sont porteurs de concentration de l’ordre d’un million de fois supérieures à celles existant dans le plancton et que de telles concentrations pourraient s’avérer toxiques pour les hommes qui mangent ces animaux. Ce qui nous a choqué, c’est que ces substances se sont montrées capables de changer le sexe des enfants avant leur naissance. »
Les scientifiques mettent en cause certains produits chimiques utilisés dans les équipements électriques tels que les générateurs, les télévisions et les ordinateurs parce que ces produits ont certaines analogies avec les hormones humaines. Ces substances sont transportées à travers les rivières et les vents vers l’Arctique où elles s’accumulent dans la chaîne alimentaire et dans le sang des communautés Inuit dont le régime alimentaire est largement basé sur la viande et le poisson.
Aqqaluk Lynge, habitant au Groenland, et ancien président de l’Inuit Circumpolar Conference déclare : « Ceci est un désastre, en particulier pour les 1 500 personnes qui constituent les nations Inuit à l’extrême nord-est de la Russie. Ici dans le nord du Groenland, près de la base américaine de Thulé, les villages ne voient naître que des filles dans les familles Inuit. Le problème est aigu au nord et à l’est du Groenland où les habitants ont toujours le régime alimentaire traditionnel. Ceci est devenu une question de survie pour ces communautés mais peu de gouvernements veulent se pencher sur la question des substances semblables aux hormones car cela aboutirait à la remise en question des produits chimiques que nous utilisons. Je pense qu’ils doivent être testés de manière beaucoup plus approfondie avant d’être autorisés à être mis sur le marché. »
La répartition entre les sexes de la race humaine, qui, jusqu’à présent témoignait d’un léger excédent de garçons, a changée récemment. Une étude publiée en 2007 dans le US National Institute of Environmental Health Sciences montre qu’au Japon et aux Etats-Unis, il y a eu 250 000 garçons de moins que si le rapport entre les sexes qui prévalait en 1970 était resté inchangé. L’étude n’aboutit à aucune conclusion sur les causes de ce nouveau rapport entre les filles et les garçons.
Lieu : Nuuk,
Date des faits : 11 septembre 2007
Sources : The Guardian, G.-B
Thématiques : Sciences et santé, environnement, politique
Rubrique : Faits et prévisions (Au fil des années, Partage international a régulièrement publié des articles soulignant les attentes de Maitreya, telles qu'elles ont été présentées par l'un de ses collaborateurs vivant à Londres au sein de la même communauté, à propos d'un certain nombre de changements politiques, sociaux, écologiques et spirituels devant se produire dans le monde. Périodiquement, Benjamin Creme et son Maître ont également partagé leur point de vue sur les développements à venir. Dans cette rubrique intitulée « Faits et Prévisions » notre rédaction analyse les nouvelles, les événements et les déclarations ayant un rapport avec ces prévisions et points de vue.)
