Partage international no 346 – juin 2017
Des scientifiques et leurs supporters se sont rassemblés par centaines le 22 avril 2017, dans le monde entier. Dans une action sans précédent, des manifestations et des rassemblements ont été organisés dans plus de 600 villes, en réaction essentiellement au rejet de la science du climat par le président Trump et de sa proposition de larges coupes dans le budget des agences gouvernementales. Sont notamment concernés l’Agence de protection de l’environnement, la Nasa, le Bureau des sciences du ministère de l’Energie, l’Administration nationale des océans et de l’atmosphère et les Instituts nationaux de santé.
La Marche pour la science était «… sans précédent en termes d’échelle et par l’ampleur de l’implication de la communauté scientifique », a déclaré au Washington Post, Robert Proctor, professeur d’histoire de la science à l’Université de Stanford.
Le site internet marchforscience.org rapporte : « Nous avons marché parce que la science est essentielle pour notre santé, nos économies, notre sécurité alimentaire et notre survie. Nous défendons le rôle de la science en politique et dans la société. Nous sommes des défenseurs des sciences et des scientifiques qui partagent un objectif important : faire la promotion de la science pour le bien public.
Dans les prochaines semaines, nous continuerons à travailler avec les manifestants, les organisations partenaires et les organisateurs des marches satellites dans le monde alors que nous planifions l’avenir du mouvement Marche pour la science. La marche est terminée, et le mouvement a commencé. La science continue de marcher, et nous aussi. »
La marche des peuples pour le climat
Une semaine après, le 29 avril 2017, des centaines de milliers de personnes dans le monde sont descendues dans les rues pour la Marche des peuples pour le climat. Plus de 200 000 personnes ont manifesté à Washington, et des dizaines de milliers se sont jointes à des marches sœurs à travers le monde, notamment au Japon, aux Philippines, en Nouvelle-Zélande, en Ouganda, au Kenya, en Allemagne, en Grèce, au Royaume-Uni, au Brésil, au Mexique et au Costa Rica. Aux Etats-Unis, plus de 370 marches dans pratiquement tous les Etats ont eu lieu, des petites villes de l’Alaska aux principales villes américaines, dont Miami, Denver, Los Angeles et Chicago.
A Washington, la marche était divisée en groupes : Protecteurs de la justice, Restaurateurs de la puissance, De nombreuses luttes, mais un seul foyer et Résistance aux énergies fossiles, qui représentaient la résistance croissante au président Trump et au démantèlement des politiques climatiques et environnementales du parti républicain. Ces groupes comprenaient des militants et des organisations en lutte contre le forage du pétrole et du gaz, l’extraction du charbon, les oléoducs et les centrales électriques.
« Les actions d’aujourd’hui ne sont pas pour un jour, une semaine ou un an, a déclaré Paul Getsos, coordinateur national des Etats-Unis pour le mouvement des peuples pour le climat. Nous sommes un mouvement qui devient de plus en plus fort chaque jour pour nos familles, nos communautés et notre planète. Pour tout changer, nous avons besoin de tout le monde. »
Le directeur de l’organisation écologiste 350.org, May Boeve, a déclaré : « Nous sommes sur le point de lancer une nouvelle poussée populaire ambitieuse afin de stopper tous les nouveaux projets de combustibles fossiles en préparation et pour développer les énergies 100 % renouvelables dans les villes à l’échelle nationale. Ce que nous faisons aujourd’hui nous donne un réel effet de levier. »
Avant la manifestation, la dramaturge et activiste Eve Ensler écrivait dans un billet d’opinion pour The Guardian : « L’humanité est en lutte : il s’agit de savoir si nous accepterons de vivre et mourir dans un monde où 0,1 % de la population règne sur notre Terre, notre corps, nos droits, au service de leurs propres intérêts et de leurs profits, ou bien si nous nous soulèverons collectivement et nous battrons pour transformer ce paradigme prédateur.
[…] Chaque lutte que nous menons – libération des femmes, justice raciale, inégalité économique, droits à l’immigration, droits du genre, droits des personnes handicapées – se produit sur la Terre, à cause de la Terre. C’est pourquoi je me soulèverai le 29 avril avec la marche pour le climat. Que notre passion et que notre lutte pour notre mère soient notre source d’énergie et la trajectoire qui nous nourrisse et nous lie à de plus grandes luttes pour en finir et transformer cette mentalité d’exploitation mortelle. »
L’auteur et militante Naomi Klein a expliqué pourquoi elle participait à la Marche des peuples pour le climat : « Je marche parce que nous pouvons faire beaucoup mieux. Le changement climatique est un message. Il nous dit que nous devons évoluer […]. C’est un moment. C’est une mission. C’est la mission de notre génération. C’est un devoir sacré. Nous devons marcher. »
Sources : democracynow.org ; marchforscience.org ; washingtonpost.com ; ecowatch.org ; commondreams.org ; theguardian.com
Thématiques :
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)
