Mai 2026

Partage international no 453mai 2026

Aimer, et aimer encore  

Pâques, célébrée en Occident, et la grande fête spirituelle du Wesak, que des millions de personnes célèbrent en Orient, représentent des moments charnières entre résurrection et renouveau. Les trois grandes fêtes de printemps s’achèvent en juin avec la fête de l’Humanité, également connue sous le nom de fête du Christ. En cette période de l’année, en réponse naturelle au changement de saison et à la montée en puissance des énergies spirituelles qui affluent dans le monde, l’humanité reprend courage, ose à nouveau espérer. L’aspiration se fait sentir, et le sens de la vie se renouvelle. Consciemment ou inconsciemment, les gens se fixent de nouveaux objectifs et renouent avec leur identité en tant qu’âmes. Beaucoup vivent les événements intérieurs et extérieurs avec plus d’acuité, se sentant plus sensibles et plus conscients que d’habitude. C’est une période de l’année où, traditionnellement, ceux qui pratiquent la méditation et les personnes qui suivent une voie spirituelle font l’expérience d’un silence plus profond – d’une paix profonde – comme s’ils étaient plus proches de l’âme, de Dieu.

Cette sensibilité accrue rend l’actualité quotidienne d’autant plus préoccupante. Les gens se sentent intérieurement plus sensibles, ouverts à des aspirations plus élevées, ce qui fait paraître les chocs du quotidien plus brutaux, plus intenses, horribles et plus cruels que jamais.

Peut-être par réflexe de défense, deux points de vue divergents se dessinent alors – ce qui n’est pas surprenant dans la période de polarisation que nous connaissons. Ces deux attitudes semblent se cristalliser en une position antagoniste : « Il faut regarder en face la réalité de la violence et de l’injustice, puis travailler ensemble – pour trouver des solutions, si cela est possible. Regardons ce qui se passe dans le monde. » Alors que d’autres adoptent un point de vue opposé : « Pourquoi se focaliser sur les mauvaises nouvelles ? Si l’on veut la paix, il faut avant tout penser à la paix. » Certes, ces deux points de vue sont légitimes et méritent d’être pris en considération au vu des informations qui nous assaillent continuellement sur la guerre, la corruption, les mensonges et la propagande, venant de médias alternatifs.

Les lecteurs de notre revue en ligne pourraient se demander comment Benjamin Creme (BC) et son Maître ont abordé la question des conflits, de la guerre et des crimes de guerre (voir notre rubrique Questions-Réponses). Un rapide coup d’œil aux articles du Maître de BC et quelques recherches dans les écrits du Maître Djwhal Khul (DK), transmis par l’intermédiaire d’Alice Bailey, montrent clairement que, bien que les Maîtres œuvrent constamment pour la paix, ils n’en restent pas moins réalistes. Il faut affronter la réalité. Ignorer la guerre ou adopter une attitude pacifiste ne mettra pas fin aux conflits ; ignorer les menaces majeures ou remplacer la réalité par des platitudes sur la paix n’aboutira pas à la justice et à l’harmonie sociale. Ceux qui aspirent à servir leurs semblables doivent voir le monde tel qu’il est afin de pouvoir apporter les meilleures solutions à certaines impasses. Le service, comme nous le savons, consiste à répondre à un besoin ; si nous ne connaissons pas les besoins, une réponse appropriée est impossible ou inadéquate.

Dans son ouvrage Extériorisation de la Hiérarchie, le Maître DK aborde précisément ce sujet dans une section intitulée La crise mondiale aujourd’hui (30 juin 1940), où il expose les raisons de la position des Maîtres. Mais il commence par mettre au défi les disciples auxquels il s’adressait :

« Voudriez-vous que je vous présente la Hiérarchie comme un groupe placide d’observateurs, prêts à aider le monde quand le conflit sera terminé, mais, à l’heure actuelle, isolé de toute action, et attendant simplement que la poussière et le bruit de la bataille retombe, pour stimuler dans le mental des hommes la vision d’un nouvel ordre mondial où tout le monde vivrait agréablement, où il n’y aurait pas de chômage, où la peur et la terreur n’auraient pas de place, où tout le monde serait heureux, bien nourri et raisonnablement intelligent ? Voudriez-vous que je vous donne l’image d’un grand groupe de disciples, d’initiés et d’aspirants qui seraient pacifistes, qui chériraient le côté forme de la vie, qui auraient peur de la mort et resteraient passifs en face de la lutte à mort pour la liberté humaine, pour la vie, la conscience et l’esprit ?

Je vous affirme que cela m’est impossible. La Hiérarchie est très différente de cela. Le pacifisme, tel que vous l’entendez, n’existe pas dans ses rangs. La destruction de la forme dans la bataille (qui fait si peur à tant d’entre vous) est de si peu d’importance pour ceux qui savent que la réincarnation est une loi fondamentale de la nature et qu’il n’existe pas de mort. Les forces de la mort circulent aujourd’hui, mais il s’agit de la mort de la liberté, de la mort de la libre parole, de la mort de la liberté d’action de l’homme, de la mort de la vérité et des valeurs spirituelles supérieures. Ces dernières sont des facteurs vitaux de la vie humaine ; la mort de la forme physique est un facteur négligeable par rapport à eux, facilement redressé par la méthode de la renaissance et d’une nouvelle occasion offerte. » Extériorisation de la Hiérarchie, Alice Bailey (page 232 édition anglaise)

Notre époque est-elle si différente des années 1940 ? Le bruit des explosions, le vacarme assourdissant du béton qui s’effondre et les scènes de cruauté nous semblent terriblement familiers. Bon nombre des problèmes qui se posaient alors n’ont toujours pas reçu de réponse décisive.

Après avoir abordé ce sujet sensible et chargé d’émotion, nous présentons dans ce numéro de nombreux articles destinés à informer, à ravir et à inspirer. En particulier, nous publions de nouveau l’article du Maître de BC intitulé Le Fils de l’Homme, cette fois en y ajoutant un lien vers un enregistrement vidéo de Benjamin Creme lisant ce même article, l’un de ses « préférés ». BC était toujours profondément ému par la beauté et l’ampleur de la description qui est faite de Maitreya dans cet article, exprimant à la fois sa magnificence et son humanité partagée avec nous.

Vous trouverez également des informations sur des avancées majeures et la critique d’un film revenant sur nombre d’enquêtes concernant le phénomène ovni (et, soit dit en passant, quoi que votre gouvernement vous dise, les occupants des ovnis, les Frères de l’espace, ne sont ni hostiles ni déterminés à conquérir la Terre, mais sont ici pour nous aider). Vous vous rendrez aux frontières encore inexplorées du règne végétal, à la découverte du travail des esprits de la nature, ou dévas, et lirez les avancées pleines d’espoir en matière de protection de la planète. Sur un autre sujet, le défenseur de l’environnement Bill McKibben nous a aimablement autorisés à reproduire son article détaillant les ravages causés par les grandes compagnies pétrolières.

En ce printemps riche en fêtes spirituelles et en méditations profondes, nos lecteurs trouveront de quoi élever leur cœur et leur âme. Afin de les guider vers les hautes vallées de l’Himalaya pour la fête du Wesak, et de les transporter dans l’immensité de l’air scintillant du désert de Gobi où se trouve le Centre de Shamballa, nous avons inclus des descriptions de la fête du Bouddha et des strophes mantriques de la Grande Invocation.

Il ne fait aucun doute que nous traversons une période très douloureuse. Raison de plus pour puiser du réconfort dans l’article du Maître, Le Fils de l’Homme, où nous pouvons lire : «  […] pour apprendre aux hommes comment aimer, et aimer encore, il est parmi nous. Pour établir la fraternité humaine, il foule de nouveau le sol de notre Terre ; pour tenir ses engagements envers Dieu et envers les hommes, il accepte ce fardeau ; pour inaugurer le nouvel âge il est revenu. C’est pour confirmer les inestimables acquis du passé, inspirer les merveilles du futur, glorifier Dieu et les hommes, qu’il est descendu de sa montagne. »


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