L’unité (suite) – Questions et réponses

SEMINAIRE 2001

Partage international no 167juillet 2002

par Benjamin Creme

Transcription des séances de questions-réponses lors des rencontres 2001 des groupes de transmission aux Etats-Unis et en Europe.

L’Unité dans la diversité

Q. On peut croire que l’unité est ennuyeuse. Cette impression est-elle susceptible de diminuer le désir d’unité au sein d’un groupe ?
Benjamin Creme. L’idée que l’unité puisse être ennuyeuse me consterne. Je ne vois pas comment cela peut venir à l’esprit de quiconque a compris ce dont nous venons de parler. Le but de notre vie, que nous l’ayons réalisé ou non, est l’instauration de l’unité, la manifestation de l’unité qui existe déjà, chaque atome dans l’univers étant relié aux autres.
Si l’on accepte le jugement du Maître, l’unité est un fait. Il ne s’agit pas simplement d’une idée que nous pouvons admettre ou non ; l’unité nous guide tout au long de notre processus d’évolution. Cette évolution, cette expansion de conscience, doit être un processus de prise de conscience de l’unité, et une synthèse de tous ses aspects possibles, jusqu’à ce que nous rejoignions le « mental de Dieu », et soyons capables de voir l’unité sous-jacente à l’existence tout entière.
Que cela puisse être ennuyeux me déconcerte ; cela montre qu’il existe une énorme différence dans la conception du mot unité. Il semble que certaines personnes dans le groupe considèrent l’unité comme une expérience stéréotypée, chacun pensant de la même façon, chaque réaction, chaque approche étant identique. S’il en était ainsi, l’unité deviendrait bien sûr quelque chose d’ennuyeux. Mais il ne s’agit nullement de cela. L’unité dont nous parlons est la base fondamentale de notre existence. Et s’il est vrai que l’unité est la base même de notre existence, née de l’identité de tous les atomes entre eux, elle est sans doute bien différente de l’idée que vous vous en faites.
Ma propre conception de l’unité est celle de la plus grande diversité possible. Comme vous le savez, il existe sept rayons d’énergie, et ceux-ci, dans leurs relations variées, sont à l’origine de tous les phénomènes que vous pouvez observer. Il existe pour cette raison une infinie diversité. Toutes les nations partagent ces sept rayons en tant qu’âmes et en tant que personnalités. On trouve donc chez elles des qualités très diverses.
A mon avis, les articles du Maître, l’Unité et le Besoin d’unité, n’ont pas seulement trait au travail de groupe. S’il est question de ce travail, il est également question de la scène mondiale. Le Maître parle en fait des relations internationales et du besoin d’unité dans ce domaine ; c’est le plus urgent. Vos propres relations de groupe nécessitent une meilleure compréhension et un développement de l’unité, mais ces relations n’ont pas le même impact sur le monde que, par exemple, le manque de sens de l’unité de M. Bush, uni-té qui serait nécessaire pour parvenir à une coopération et résoudre les problèmes mondiaux. Seule l’unité peut permettre de travailler dans un esprit de coopération.
Nous savons que les principaux protagonistes de la compétition, par opposition à la coopération, sont les Etats-Unis, les différents pays d’Europe, le Japon, l’Australie et le Canada. Un nombre très limité de pays, en fait, mène le jeu. Mais le monde est un édifice beaucoup plus complexe. Les problèmes liés au développement de cet édifice, la sauvegarde même de son existence physique, exigent la coopération et la paix, la capacité de travailler ensemble à résoudre les problèmes qui menacent l’existence de la planète. C’est tout cela qu’aborde le Maître dans ces articles sur l’unité.
Il est également question des groupes, car le Maître a différents groupes sous sa responsabilité et il développe simultanément deux aspects du même concept, l’unité au sein des groupes et l’unité sur la scène internationale, car les groupes sont en relation avec le monde. Mais les effets de l’unité ou de la compétition sur les groupes sont peu importants, comparés à leur impact sur le monde et sur les relations internationales. Si, par exemple, les Etats-Unis avaient signé le Protocole de Kyoto visant à stabiliser les émissions de gaz à effet de serre, cela aurait été une bonne chose, non seulement parce que 180 pays sont d’accord là-dessus, et je ne doute pas que ce soit également le cas de nombreux Américains, mais parce que M. Bush représente une certaine approche, l’approche républicaine de ce problème. Historiquement, les républicains ont toujours agi de la même manière, à chaque fois que quelque chose leur a paru aller dans le sens des intérêts des Etats-Unis. Il est vrai que les représentants de tous les pays veillent, en toute occasion, sur ce qu’ils considèrent comme l’intérêt vital de leur nation. Quelques nations, cependant, sont un peu plus évoluées, leur conscience est plus réceptive à l’influence de l’âme et, de ce fait, elles voient les choses à plus grande échelle. Elles sont capables non seulement de tenir compte de leurs intérêts personnels mais d’avoir, de temps à autre, une vision plus large, ce qui est sage et utile. Cela dépend de leur niveau d’évolution, et de l’importance de l’idée ou du problème en question.
Je dirais que la diversité est la nature fondamentale de la vie humaine. L’individualité de tout être humain est non seulement un fait, mais l’un des faits majeurs de l’évolution humaine. L’individualité montre l’unicité de chaque personne. En tant qu’extension de l’individuel, chaque nation possède une âme et une personnalité. Suivant le cas, c’est le rayon de la personnalité, ou au contraire celui de l’âme, qui a le plus d’influence.
Malheureusement, à l’époque actuelle, le rayon de l’âme est, dans une large mesure, masqué par le rayon inférieur, celui de la personnalité, et la plupart des nations ne se préoccupent que de leurs intérêts personnels. S’il s’agit de grands pays puissants, comme les Etats-Unis ou l’Europe, ils le font de manière plus efficace que les petits pays qui n’ont pas la possibilité de faire entendre leur voix dans les relations internationales ou d’avoir le moindre impact sur l’ensemble du monde.
La plus grande diversité au sein de la plus grande unité, ou exprimé d’une autre manière, la plus grande unité accompagnée de la plus grande diversité, tel est l’idéal que l’humanité recherche, et cet idéal correspond au Plan de notre Logos pour le développement de cette planète. Il ne s’agit pas d’une uniformité ennuyeuse, c’est même tout l’opposé. Maitreya a dit dans l’un de ses messages : « Laissez-moi vous prendre par la main et vous emmener sur une Terre où l’homme ne manquera de rien, où il n’y aura pas deux jours identiques, où la joie de la fraternité se manifestera parmi les hommes. »
« Où il n’existera pas deux jours identiques », ceci est pour moi une affirmation extraordinaire. Les seules personnes aujourd’hui pour qui il n’existe pas deux journées identiques sont les jeunes enfants et les rares individus ayant assez d’argent et de loisirs pour faire ce qu’ils veulent, et remplir à chaque instant leur vie de manière créatrice. L’ennui et la monotonie viennent de l’uniformité. Unité ne veut pas dire uniformité. Il ne s’agit pas de répéter sans cesse les mêmes idées jusqu’à ce qu’elles deviennent ennuyeuses. Il s’agit à chaque instant de considérer la vie, et par conséquent chaque aspect, chaque mouvement de cette vie, de manière créatrice, de manière nouvelle. L’état d’unité dont parle le Maître est un état où la notion de temps n’existe plus, où chacun connaît une existence créatrice.

Le consensus

Q. Quelle mesure de conflit pouvons-nous tolérer dans le groupe sans que pour autant l’unité en soit menacée ?
R. La réponse brève est : aucun conflit. Toute manifestation de conflit menace l’unité du groupe. Dans le même ordre d’idée, l’unité est impossible pour les groupes qui ne peuvent parvenir à un consensus. Si vous arrivez à un consensus, il n’existe pas de conflit. Cependant, peu de groupes peuvent réaliser un consensus permanent et les conflits sont fréquents. Dans quelle mesure cela affecte-t-il l’unité du groupe ? Cela dépend de la violence du conflit. S’il est très violent il peut menacer l’existence même du groupe.
On ne peut pas parler véritablement de groupe sans une certaine mesure d’unité, si imparfaite soit-elle, car l’unité est la nature même du groupe. Vous ne pouvez supprimer l’unité et garder le groupe. Il s’agit alors de quelque chose d’autre : un ensemble de personnes avec des conceptions différentes, chacune faisant étalage de ses propres idées conditionnées, de ses préjugés personnels. Cela n’a rien à voir avec la synthèse, le consensus de pensée, qui est essentiellement une expression de groupe. Ce consensus naît de la nature même de l’action de groupe.
Nous avons déjà abordé cette notion de consensus. Certaines personnes pensent qu’il ne peut exister de véritable consensus. Chacun défend sa position, comme dans un match ; certaines idées et certaines propositions sont adoptées et les autres refusées, un point c’est tout. Ce n’est pas vrai. C’est un point de vue profondément matérialiste, et à mon sens une erreur sur la nature de la pensée, sur la nature des idées. Chaque idée qui nous vient a, ne serait-ce que de façon ténue, quelque chose à voir avec la vie réelle. Elle doit donc refléter quelque peu la réalité. Et il est vrai que dans certaines situations, qui n’ont rien à voir avec une situation de groupe, vous exprimez vos idées, vous marquez certains points et vous en perdez d’autres. C’est une approche d’hommes d’affaires. Vous remportez certains contrats et d’autres vous échappent. Vous gagnez certaines batailles et vous perdez les autres. Vous faites le maximum pour parvenir à vos fins.
Ce point de vue matérialiste de l’homme d’affaires ne nous concerne pas. Cela pourrait nous concerner s’il s’agissait d’acheter ou de vendre des marchandises dans le but de gagner notre vie, mais cela ne nous concerne pas pour ce qui est des idées, l’idée d’unité ou de diversité, ou de conflit au sein de l’unité, ou de la mesure de conflit acceptable au sein d’un groupe unifié. Pour en revenir à cette dernière question, cela dépend de l’intensité du conflit. S’il s’agit d’un conflit mineur, l’unité du groupe peut généralement le surmonter.
Si, par contre, il s’agit d’un conflit qui dure depuis longtemps, comme c’est le cas dans certains groupes, l’action est identique à celle d’une goutte d’eau qui tombe sur une pierre, la rongeant peu à peu jusqu’à ce qu’elle fasse un trou. Une goutte d’eau qui tombe de façon permanente, à chaque instant du jour et de la nuit, finira, tôt ou tard, par faire un petit creux dans la pierre, et finalement elle fera un trou et passera à travers. L’unité de cette pierre sera alors profondément, si ce n’est totalement, altérée.
La même chose se produit au sein des groupes. Les conflits mineurs sont faciles à résoudre avec de la bonne volonté et de la coopération. La coopération est essentielle pour la création d’unité car c’est l’un des aspects de celle-ci. Si vous avez une vision unifiée de l’univers et des problèmes du monde, vous reconnaissez que ceux-ci nous concernent tous. Chacun est affecté par les grands problèmes que sont la pollution, le réchauffement de la planète, la montée des océans, etc. Ces problèmes doivent être abordés dans un esprit de coopération. Il n’existe pas d’autre possibilité. Personne ne peut déclarer qu’il n’est pas concerné. Votre président peut le dire mais ce n’est pas vrai. Le fait qu’il le dise ne change rien à la réalité des faits. Cela signifie simplement qu’il écarte pour le moment son pays de la recherche d’une solution. Un problème ne disparaît pas parce que les Etats-Unis n’admettent pas qu’ils sont concernés. Les problèmes auxquels le monde se trouve confronté sont réels.
La vie sur la Terre est menacée. Je ne veux pas dire seulement par des terroristes. Le terrorisme est un effet. Il a une cause. Pour comprendre le terrorisme vous devez en chercher la cause plutôt que de considérer l’effet, le terrorisme lui-même. La cause a trait aux inégalités entre les riches et les pauvres, au fait que certains ont du pouvoir et que d’autres éprouvent du ressentiment à l’encontre de ce pouvoir, ou en veulent leur part.
Le terrorisme a de nombreuses raisons, mais il n’est pas la cause de la désunion et du malaise qui l’ont créé. Il est un effet du malaise qui existe et qui s’exprime chez certains individus par le terrorisme, car celui-ci leur paraît la manière la plus efficace, la moins coûteuse et la plus naturelle pour un fanatique de montrer qu’il est prêt à mourir pour ses idées. Il y a longtemps que les gens meurent pour leurs idées. C’est le sacrifice suprême qui est spécifique de l’ère des Poissons. Celle-ci a créé le fanatisme, ce n’est pas nouveau. Il y a des siècles que les gens meurent pour une cause ou une autre. Tant que l’énergie des Poissons produira des effets d’exclusion et de division, cette possibilité demeurera. Vous devez examiner la cause et essayer d’y remédier.
S’il n’existe pas de consensus au sein de votre groupe, vous connaîtrez la désunion. Si vous ne pouvez même pas accepter l’existence du consensus en tant qu’idée, vous ne parviendrez jamais à l’unité. Vous serez toujours quelqu’un qui casse le groupe, qui apporte la désunion à tout ce qu’il touche, car c’est une vision profondément matérialiste de croire que vous avez quelque chose à gagner ou à perdre. C’est une réalité d’un point de vue matérialiste, mais en termes d’esprit, en termes de mental supérieur, cela n’a aucune réalité.

La priorité

Q. Il semble parfois que beaucoup d’énergie soit dépensée pour essayer de parvenir à l’unité de groupe et à la cohésion, souvent sans résultat. Quelle est la priorité pour le groupe, créer l’unité ou diffuser le message ?
R. Le travail des groupes consiste à diffuser le message de la Réapparition. En le faisant vous travaillez ou non en tant que groupe. Si vous travaillez en tant que groupe, l’unité du groupe joue un rôle, mais si vous ne travaillez pas en tant que groupe, elle n’intervient pas.
Notre groupe est différent car non seulement il travaille pour la Réapparition, mais il vise également à réaliser dans la mesure du possible les prémisses d’une initiation de groupe. Ce processus est en cours et il prend du temps. Par contre, la Réapparition est un processus qui aura une fin. Maitreya viendra, les gens le verront. Cet aspect particulier du travail touche à sa fin. Le travail concernant l’initiation de groupe retiendra ensuite, ou devrait retenir, l’attention de tous les groupes de par le monde, car il est fondamental pour nous.
La Hiérarchie ne fait jamais une seule chose à la fois. A chaque fois qu’ils dépensent de l’énergie, les Maîtres l’utilisent pour poursuivre simultanément deux, trois ou quatre objectifs. Ils ont trouvé un groupe, ont amené ses membres en incarnation et leur ont donné cette idée immense, magnétique, de la réapparition du Christ et de l’extériorisation du travail de la Hiérarchie, idée suffisamment puissante pour relier un ensemble disparate de personnes venant du monde entier. Des hommes et des femmes qui ne se connaissent pas, qui ne se rencontrent jamais, sont cependant tous motivés par la même cause, l’idée la plus extraordinaire qui soit, la réapparition du Christ. Cette idée renforce le travail de tous les groupes, augmente la puissance de leur action et maintient la cohésion de l’ensemble de façon magnétique.
Comme je l’ai dit, certains groupes sont plus unis que d’autres. Dans quelques-uns, 90 % de l’activité est dominée, dirigée par l’âme. Pour d’autres seulement 30 % de cette activité est dirigée par l’âme, ce qui signifie que 70 % de leur activité est dirigée par le cerveau, au niveau de la personnalité. Cela fait une différence dans la qualité du groupe, dans la tonalité, la note émise sur le plan occulte par ce groupe particulier. C’est la note qui résonne de chaque groupe qui indique aux Maîtres le degré d’intégration de l’âme.
Actuellement, certains groupes manifestent par conséquent davantage d’énergie de l’âme et d’autres davantage d’énergie de la personnalité. Tous ont la possibilité de croître, mais pour l’instant il en est ainsi. Ceci a été révélé il y a deux ans, et chaque groupe sait où il se situe : dans quelle mesure il est dirigé par l’âme ou par la personnalité. Ceux chez qui l’âme joue un plus grand rôle ont moins de problèmes. Ceux chez qui la personnalité prédomine, et où l’âme joue un moins grand rôle, en ont davantage.
Nous devons l’accepter. C’est ainsi que les choses se présentent actuellement. Les groupes doivent dépasser cette situation et s’efforcer de suivre davantage les directives de l’âme et d’en imprégner leur travail. Cela vient progressivement. Mais tous les groupes font la même chose, diffuser le message, certains de manière plus efficace car ils sont davantage imprégnés par l’âme, d’autres de manière moins efficace car ils travaillent davantage au niveau de la personnalité. Tous font, plus ou moins, de leur mieux.

La critique

Q. Quel est le principal obstacle à l’unité au sein des groupes ?
R. Le principal obstacle à l’unité dans les groupes est la critique, comme l’explique le Maître dans son article. La critique exercée à l’encontre de certaines personnes par un ou plusieurs membres est très destructrice pour l’unité du groupe.
La critique, cependant, peut être de deux sortes : constructive, ou au contraire destructrice. Elle est le plus souvent destructrice, mais pas nécessairement. Il existe une critique positive, constructive. Par exemple, un Maître, ou un instructeur éclairé, qui signale à un disciple ou à un aspirant ses fautes, ses mauvaises habitudes ou ses tendances destructrices, joue un rôle constructif en mettant l’accent sur une attitude destructrice. La personne peut être tout à fait inconsciente du caractère destructeur de ses critiques et penser qu’elle ne fait que souligner des choses évidentes. Mais pour la personne concernée, ce qui est évident peut ne pas être clair du tout. Elle peut être totalement inconsciente de ce qui est supposé être évident pour tous.
Nous critiquons généralement ce qui nous déplaît en nous-mêmes. Nous le pro-jetons sur ceux que nous n’aimons guère. En agissant ainsi, nous nous en débarras-sons pour un moment, en l’attribuant à quelqu’un d’autre que nous critiquons alors pour ce défaut particulier, ce mirage, ou cette forme de conduite qui peut être la nôtre à tout moment. C’est une attitude très négative. Elle détruit l’unité du groupe car elle détruit la confiance entre ses membres. Sans confiance, il ne peut y avoir d’unité.
C’est pourquoi dans le domaine économique, il est si important d’introduire d’abord, avant toute autre chose, le processus de partage. Sinon aucun problème mondial ne pourra être résolu. Le partage, en raison de sa nature même, crée la confiance. Le partage est une expression de l’aspect amour de Dieu. Cet amour existe en chacun, mais chez bon nombre d’individus, il est recouvert, caché, jamais exposé à la lumière du jour. Certains pensent être résolument contre le partage pour ce qui est des choses importantes, comme le partage des ressources du monde développé avec les pays en développement. Ils considèrent n’avoir aucune raison de renoncer à ce qu’ils jugent être une richesse chèrement acquise, en faveur de ces marginaux à cheveux longs, ces fainéants qui ne font rien, n’ont pas de travail (en fait parce qu’il n’y a pas de travail pour eux). Ce genre d’attitude est très difficile à changer.
Une grande partie de l’opinion publique aux Etats-Unis considère (et elle n’a pas tort en un certain sens) que ce que vous accomplissez dans la vie, ce que vous faites de vos propres mains ou en utilisant votre intelligence, vous est plus profitable, prouve davantage votre réalité, votre individualité, en tant qu’homme ou femme, que l’aide que vous pourriez recevoir d’un Etat veillant à ce que tout le monde puisse manger à sa faim. Mais il n’y a pas de travail pour tous. Si l’Etat ne fournit pas l’aide nécessaire pour que personne ne soit privé de nourriture, ceux qui n’ont pas de travail n’ont rien à manger et finissent par mourir de faim. L’opinion publique américaine ne prend pas suffisamment en considération cette simple vérité. Des millions d’êtres humains meurent de faim, mais on continue à dire : « Ce n’est pas de ma faute, et cela ne me concerne pas. Je ne crois pas à l’idée selon laquelle quelqu’un devrait pourvoir aux besoins de ceux qui ne peuvent pas s’en sortir tout seuls et gagner leur vie comme nous le faisons. »
Chez les Américains, l’idée de grands espaces vierges à conquérir est encore assez forte, même s’ils sont la quatrième ou la cinquième génération à vivre dans le luxe, au soleil, en Californie. Ils jouissent d’une technologie de pointe et leur manière de vivre est très éloignée de celle des premiers colons, qui sont arrivés en caravane et ont vécu dans des cabanes en bois il y a un siècle et demi. Mais, d’une certaine manière, ils ont toujours l’impression au fond d’eux-mêmes d’être ces premiers colons. Les premiers colons se sont battus entre eux sans merci ; la criminalité était énorme. Certaines des premières villes minières, édifiées dans les années 1850, au moment de la ruée vers l’or, s’étaient déjà vidées de leurs habitants au tournant du siècle. Chaque maison était une cabane en bois. Vous pouvez encore en visiter quelques-unes actuellement, elles ont été conservées dans l’état où elles se trouvaient, il y a cent cinquante ans. C’est une expérience très étrange et assez émouvante. Dans bon nombre d’habitations, on peut encore voir des vêtements accrochés au mur derrière la porte. Il y a des bouteilles à demi remplies sur les tables et des boîtes de conserve qui n’ont pas été ouvertes. Les gens sont partis parce que l’or était épuisé. Chaque gramme d’or découvert a été vendu, on s’est battu et on a tué pour le posséder.
Ceux qui partagent cette vision des choses ont le sentiment d’être toujours des pionniers. Pour eux, chacun a tout à gagner ou tout à perdre, cela ne dépend que de lui. Cela ne dépend pas de l’Etat, ni du conseil municipal. Cela ne dépend pas du shérif. Il vous appartient en tant qu’homme, armé d’une épée ou d’un fusil, de tirer le maximum de la vie. Cet esprit de pionnier est toujours très vivace et il s’exprime aujourd’hui, sous son aspect le plus positif, dans l’immense énergie qui rayonne à travers les Etats-Unis, dans ce qu’il y a de meilleur dans ce pays. Mais c’est aussi le point de vue étroit selon lequel on n’obtient rien pour rien dans la vie. Pourtant, ce sont les mêmes individus qui investissent leur argent en Bourse, car là on obtient quelque chose pour rien. Ils ne sont pas très conséquents.
Lorsque vous partagez vous créez de la confiance, car vous avez exprimé de l’amour. Le partage est l’expression de l’amour. Dans une famille, on partage les ressources en fonction des besoins de chacun. Le sentiment d’appartenir à une seule famille fait vraiment défaut dans ce monde.
En partageant vous créez la confiance qui vous permet de faire confiance aux autres. Si vous faites preuve de confiance, on vous fait confiance. C’est en partageant avec autrui ce que vous possédez que vous créerez la confiance sans laquelle aucune décision majeure ne pourra jamais être prise. Sans confiance il n’y aura jamais de consensus sur les principaux problèmes auxquels le monde est confronté et qui ne peuvent être abordés que sur le plan international.
En fait, Maitreya a déclaré que chacun, homme, femme et enfant, doit réaliser que la sauvegarde de la planète est la première des priorités. Tous doivent y prendre part. On peut sourire à l’idée que les enfants puissent le faire, mais lorsqu’il y a une campagne de recyclage dans n’importe quelle ville, ils sont les premiers à pousser leurs parents à y participer. Ils organisent le recyclage. Ce sont eux qui apportent la meilleure contribution. Le recyclage n’est que l’une des nombreuses manières de préserver les ressources de la Terre pour les générations futures.
La confiance est absolument nécessaire. Lorsque vous avez confiance vous pouvez faire n’importe quoi. La principale source de conflit dans les groupes est la critique, car la critique détériore la confiance. De même que vous pouvez changer le monde par le partage, et instaurer la confiance, si la confiance fait défaut dans un groupe il ne peut y avoir d’unité. C’est impossible. La critique détruit la confiance et par conséquent l’unité.

Q. « Gardez-vous de toute parole de critique. » Cela signifie-t-il également la critique en pensée ?
R. Oui, bien sûr. Les paroles sont le résultat de la pensée. Vous devez penser avant de parler. Il est évident que pour le Maître il s’agit également des pensées. La pensée destructrice qui n’est pas exprimée est tout aussi nocive pour la personne qui l’émet, pour celui, ou celle, à qui elle est destinée et pour le groupe dans son ensemble, que si elle était exprimée à haute voix, car l’attitude de cette personne est la même que si elle s’apprêtait à dire ce qu’elle pense. Elle garde sans cesse présentes à l’esprit les critiques qu’elle n’a pas formulées de vive voix.

Le désir d’unité

Q. Est-il possible de se diriger vers l’initiation de groupe sans unité de groupe ?
R. Non, c’est absolument impossible. Si vous n’êtes pas parvenus à l’unité de groupe, vous n’avez pas les qualités requises pour l’initiation de groupe. Vous devez étudier la règle 11 (les Rayons et les initiations, Alice Bailey). Dans la règle 11, il y a quatre exigences majeures que chaque membre du groupe doit être capable de manifester en formation de groupe : Parvenir à des relations de groupe non sentimentales. Apprendre à utiliser les forces de destruction de manière constructive. Parvenir à travailler en tant que hiérarchie en miniature, et en tant que groupe donner l’exemple de l’unité dans la diversité. Cultiver la puissance du silence occulte. Si vous n’êtes pas capable de satisfaire à ces exigences, vous n’avez pas d’unité de groupe. Et non seulement vous n’avez pas d’unité de groupe, mais vous êtes, pour le moment, loin de l’initiation de groupe.

Q. Vous avez dit qu’il y avait trop d’idées ingénieuses.
R. Il existe des idées tout simplement ingénieuses et des idées ingénieuses créatrices. Une idée qui est créatrice sera ingénieuse et elle sera également neuve. Tout ce qui est créateur apporte quelque chose de neuf. C’est ce qui le rend douteux pour certaines personnes. Lorsque quelque chose est nouveau, les gens doutent d’une manière générale de son authenticité ou de sa qualité, mais vous devez utiliser votre bon sens. Par trop d’idées ingénieuses, j’entends trop d’astuces, trop d’artifices publicitaires destinés à augmenter le chiffre des ventes. En général, ces idées astucieuses ne sont pas appropriées à notre cas.

Q. Quand une idée créatrice devient-elle trop ingénieuse et donc nocive pour l’unité de groupe ?
R. S’il s’agit d’une idée créatrice, je ne pense pas qu’elle puisse nuire à l’unité du groupe. Si c’est une idée vraiment créatrice, il est probable qu’elle soit, de toute évidence, bénéfique pour le groupe et qu’elle ne puisse donc nuire à son unité. Si elle est immensément créatrice et ingénieuse, il se peut que l’ensemble du groupe ne la comprenne pas, et elle ne sera pas appliquée. Mais elle ne devrait pas être nocive pour l’unité du groupe.
Les pires idées sont les idées destructrices. Toute idée qui n’est pas fondamentalement juste est destructrice pour le groupe. Une idée qui n’est pas juste, mais qui est acceptée comme telle par certains, est destructrice pour l’unité de groupe car quelques personnes y croiront et les autres la rejetteront. Certains diront : « C’est vrai. Untel l’a dit. Il doit le savoir. Cela me paraît juste. » D’autres diront : « Je n’y crois pas. Cela ne me semble pas vrai. Cela a le parfum du mirage. »
Le problème avec le mirage, c’est qu’il est terriblement contagieux. C’est comme une maladie infectieuse qui peut se répandre à travers le groupe tout entier et le détruire. Lorsque le mirage a trait à des idées fausses, il est très destructeur pour l’unité de groupe car certains considéreront ces idées comme justes. Leur propre mirage s’accommode du mirage de l’idée mensongère et ils n’y voient rien qui cloche. D’autres qui ont davantage de discernement peuvent voir immédiatement grâce à leur faculté de discrimination, qui vient de l’âme à travers le mental, qu’il s’agit de mirage, que ce n’est pas vrai, et ils ne veulent pas en entendre parler. Et ainsi la désunion naît au sein du groupe. C’est l’un des facteurs les plus destructeurs qui soient.

Q. Comment sortir de ce genre de situation sans tomber dans la critique ? Que faire devant ce type particulier de mirage ?
R. Si vous pensez que quelque chose est foncièrement erroné, il ne s’agit pas alors d’une approche différente, d’une différence purement personnelle due à la structure de rayons, à l’éducation ou à l’habitude. Les gens ont toutes sortes d’idées différentes sur la manière dont certaines activités devraient être menées. La plupart des querelles dans les groupes se situent à ce niveau. Mais la question peut parfois être celle-ci : « Ce que nous faisons actuellement est-il réellement juste ou non ? S’agit-il simplement de mirage, d’une idée fausse émanant d’un individu particulier qui est supposé dire la vérité selon certaines personnes ? » Il est possible que cet individu pense dire la vérité, mais d’autres qui font preuve d’un certain discernement ne sont pas d’accord. Si c’est votre cas, vous devez dire : « Pour moi c’est du mirage. Cela ne me paraît pas vrai. Je ne peux continuer sur ces prémisses. »
Pour ma part, au cours des vingt-sept années d’information sur le retour du Christ et de la Hiérarchie, il y a un facteur que j’ai solidement préservé avant tout autre chose : ce que je dis, je le crois parce que mon expérience me dit que c’est vrai. Je ne pourrais affirmer quelque chose que je ne crois pas. Je ne pourrais le faire avec conviction, je n’aurais donc pas lieu de le faire. Lorsque ce que vous dites est vrai et que vous le dites avec la conviction que donne l’expérience personnelle, on vous croit. Ce qui est vrai possède un pouvoir dont seule la vérité dispose. Si, par contre, il s’agit de mirage, si c’est quelque chose de faux, une illusion de vérité, cela ne possède aucun pouvoir. Cela peut durer quinze jours, ou six mois, ou un an, mais cela disparaîtra comme si cela n’avait jamais existé. Selon toutes les règles des médias, l’information que nous diffusons devrait être morte et enterrée depuis longtemps, et cependant ce n’est pas le cas. En fait, on y croit plus volontiers maintenant qu’auparavant.

Le discernement

Q. Il est donc préférable de ne pas se laisser influencer par le mirage ?
R. Ceux qui ne croient pas à une idée ne doivent pas la mettre en pratique. Ceux, par contre, qui croient que quelque chose est juste peuvent se tromper ou avoir raison, mais ils y croient, et ils agissent en fonction de leur croyance. Le temps dira ce qui était juste et ce qui relevait du mirage. Presque tout le monde est assujetti au mirage. C’est le problème. La plupart des personnes en sont à un stade d’évolution où la conscience est focalisée sur le plan astral. C’est leur zone de sensibilité pour enregistrer et évaluer toute idée. Elles ne peuvent donc faire autrement que d’être plus ou moins victimes du mirage.
Ce qui permet de devenir un disciple est de parvenir au discernement, de bâtir en soi-même une faculté de discrimination qui permette de savoir si quelque chose sonne juste. Votre âme, à travers votre mental, vous dit si c’est vrai ou si c’est faux. C’est sur ce point qu’existe la plus grande division au sein d’un groupe, car certains ne possèdent pas cette faculté de discernement, et ne peuvent se faire une opinion sur un sujet particulier. Ils ne savent pas. Ils veulent que quelqu’un d’autre leur dise si c’est vrai ou non. Ceux qui font des conférences ou qui écrivent des livres, comme moi, ont tendance pour cette simple raison à être crus sur parole. Cela ne veut pas dire que leurs affirmations soient justes. Ce qui révèle la vérité énoncée par quelqu’un, c’est son discernement et la conviction avec laquelle il s’exprime.
Vous pouvez vous demander si les idées énoncées sont en accord avec l’information ésotérique, en remontant si nécessaire jusqu’aux Upanishads, à travers la Bhagavad Gita, à travers tous les enseignements donnés au monde depuis Jésus et le Coran.
Ces idées s’accordent-elles avec les écrits d’H. P. Blavatsky et d’Alice Bailey ? Existe-t-il un lien avec tout cela ou bien y a-t-il au contraire une énorme différence ?
Si une affirmation est juste, elle sera en harmonie avec la nature même de la vie. Ce qui est faux est contraire à la nature de la vie. Les gens aiment le mirage. Plus de 90 % d’entre eux sont victimes du mirage, car c’est le niveau auquel ils vivent. En essence, le plan astral est irréel, mais pour la plupart des gens c’est la réalité. Donc le mirage attire. Il remplit les librairies qui vendent de la littérature astrale. Ce genre de littérature est pour nombre de personnes une entrée dans quelque chose de supérieur, mais cela ne signifie pas que le monde qu’elle dépeint soit supérieur. Il s’agit seulement d’une entrée qui mène vers quelque chose de supérieur.

Q. Les gens font-ils des progrès, sont-ils en train de se libérer un peu du mirage ?
R. Je constate, à l’occasion de mes conférences et de mes interviews à la radio ou à la télévision, que les questions sont un peu plus réelles, un peu moins imprégnées de mirage, bien qu’il y en ait encore beaucoup. On retrouve ce même mirage dans les enseignements religieux dépourvus de vérité. C’est une forme de conditionnement. En un sens le mirage est du conditionnement. L’esprit conditionné cherche une réponse rapide, facile, ou magique, aux problèmes du monde. Il n’existe pas de réponses rapides et faciles aux problèmes humains, problèmes profonds ayant trait au développement de la conscience. N’attendez donc pas qu’un homme vienne de l’autre côté de la galaxie, poser sa main sur votre tête et vous délivrer de votre aveuglement et de votre mirage, vous permettant ainsi de voir soudain toute chose comme si c’était dans le mental de Dieu. Cela sonne bien dans un livre, mais c’est du non-sens. Personne ne va venir de l’autre côté de la galaxie faire cela pour quelqu’un qui n’a pas encore passé la première initiation. Ce genre de chose n’arrive pas. Vous devez prendre du recul. Le problème, c’est que les gens en sont incapables. Ils n’ont pas suffisamment de discernement pour cela, aussi sont-ils prêts à croire à n’importe quoi. Lorsque vous croyez à n’importe quoi, les ennuis commencent.

Q. Mais la personne assujettie au mirage peut aussi parler avec conviction car elle ne se sait pas victime du mirage.
R. Précisément. La personne qui donne une information entachée de mirage peut y croire complètement, totalement, car elle est tellement immergée dans le mirage qu’elle ne fait pas la différence. L’information lui vient sur le plan astral et c’est comme un rêve. Lorsque vous dormez vous rêvez. Pensez à vos rêves. Si ceux-ci étaient la réalité vous pourriez tout faire. Vous pouvez penser à n’importe quoi dans votre rêve et c’est là. Il en de même sur le plan astral. Tout ce que vous voulez, tout ce à quoi vous pensez, est là et vous pouvez visualiser tout ce que vous souhaitez : une rencontre avec des Maîtres, des dizaines d’entre eux, sur un haut plateau dans l’Himalaya ou dans les Andes. Vous serrez la main à chacun d’entre eux et ils s’inclinent devant vous. Vous réalisez alors, chose que vous n’aviez jamais faite auparavant, combien vous êtes sage, grand, évolué. Pourtant personne ne l’avait remarqué, personne n’était venu vers vous en disant : « Tu possèdes la connaissance, tu as raison. Nous avons toujours senti que tu étais différent. » Le mirage est un champ de mines.
Les gens sont tellement immergés en eux-mêmes qu’ils croient tout ce dont ils font l’expérience, y compris leurs rêves astraux (car tout rêve est astral), y compris les rêves qu’ils font à l’état de veille. Ils croient et ils pensent que c’est la réalité, tout comme vous pensez l’espace de quelques secondes que le rêve que vous venez de faire dans votre sommeil est réel. Vous sortez de ce rêve en disant : « Oh ! Ce n’était qu’un rêve, quel dommage », ou au contraire : « Grâce à Dieu, ce n’était qu’un rêve. » Le rêve n’est que le fruit de votre imagination astrale. La plupart du temps, vous êtes trop occupé à regarder, à penser et à agir pour accorder de l’attention à cette imagination astrale qui se poursuit en vous. Chez certaines personnes, elle est si présente qu’elles reçoivent toutes sortes de suggestions et disent : « J’ai l’impression, je sens que c’est ainsi. » Si vous êtes un disciple et que vous savez quelque chose, vous ne le sentez pas, vous le savez. Vous le savez ou vous ne le savez pas, vous ne le sentez jamais. Les personnes focalisées sur le plan astral ressentent les choses. « J’ai l’impression que ceci est en train d’arriver ou va arriver. » Vous pouvez être certain que ce n’est pas le cas, car il s’agit simplement d’une impression comme n’importe quel autre rêve.

Q. Lorsque des informations sont présentées par différents journaux ou d’autres sources, nous sommes peut-être capables de discerner que certaines de ces informations sont remplies de mirage, mais dans ce pays (les Etats-Unis) lorsqu’une information est cautionnée et diffusée par le centre de coordination, l’esprit des gens est conditionné et ils ne se posent plus la question de savoir si c’est vrai ou non.
R. Absolument. Les gens recherchent la sécurité dans ce qu’ils lisent. Ils ne peuvent tout lire, et ils souhaitent lire ce qui en vaut la peine. Et ce qui vaut la peine d’être lu, c’est ce qui leur plaît, ce qui leur paraît intéressant, satisfaisant, ce qui nourrit leurs mirages, leur esprit, leur imagination, ou leur donne une nouvelle vision de la vie. Dans de nombreux cas, les éditeurs s’en tiennent à une certaine sorte de littérature, et vous savez à quoi va ressembler le livre publié, un livre rempli de mirage et s’adressant aux lecteurs les moins évolués. Par ailleurs il y a ceux qui ont davantage de discernement, et ils montent d’un cran. Ils choisiront peut-être quelque chose venant du sixième plutôt que du cinquième plan astral. Ce qui est réellement empreint de mirage, le mirage qui plait le plus, vient généralement du cinquième plan astral.
Le sixième plan astral est celui où vous trouvez l’enseignement le plus élevé s’adressant aux aspirants. A Course in Miracles, par exemple, fut donné par le Maître Jésus à un disciple qui travaille sur le sixième plan astral. Ce disciple le donna à une médium qui ignorait l’être et celle-ci communiqua l’enseignement, qui a gardé toute sa pureté. C’est un exemple d’enseignement de très haut niveau, venant d’un des Maîtres, qui a finalement atteint le plan physique mais à partir du sixième plan astral.
C’est de cette manière que des enseignements spirituels de haut niveau peuvent être donnés sur les plans astraux. Généralement les Maîtres évitent ces plans. Ils ne travaillent jamais sur le cinquième plan, mais ils donnent du travail ou des expériences, de temps à autre, sur le sixième plan astral, le plan qui est davantage en rapport avec le cœur qu’avec le plexus solaire. Aux niveaux les plus élevés du sixième plan astral, l’enseignement est relativement pur. Tout est relatif. L’aspiration d’un individu peut permettre que cet enseignement lui soit donné ainsi, si c’est sur ce plan qu’il est réceptif. Tout dépend du niveau où la personne est réceptive.
Les Maîtres aimeraient sans aucun doute que tous les disciples soient réceptifs au niveau le plus élevé de l’âme, mais ce n’est pas le cas. Ils seraient déjà contents qu’ils soient réceptifs au niveau du plan mental. Ce n’est pas non plus le cas. Aussi, s’ils désirent donner une information, s’ils souhaitent atteindre le plus grand nombre possible de personnes, les Maîtres ouvrent de temps en temps le filet un peu plus grand. Cela pose certains problèmes, mais ils utilisent parfois des personnes qui sont réceptives sur le plan astral et qui ne peuvent recevoir d’informations que sur ce plan. Si cela peut se faire sur le sixième plan astral, c’est d’autant mieux. Ils donnent quelquefois certaines expériences à ce niveau. C’est la raison pour laquelle tant de personnes se sont manifestées à l’attention du monde en prétendant être « Maitreya » ou « le Christ ». Toutes répondent à l’idée hiérarchique que le Christ revient dans le monde, mais elles pensent être elles-mêmes le Christ.

Q. Nous avons discuté dans notre groupe des différents moyens dont nous disposons pour diffuser le message, par exemple faire connaître la nouvelle de l’émergence, en utilisant les médias locaux, et plus tard les médias nationaux car ils attirent davantage de gens. Pouvez-vous dire dans quelle mesure ces différents moyens, et d’autres éventuellement, peuvent contribuer à l’objectif de notre groupe ou, au contraire, nous en éloigner ?
R. Si ces différents moyens font passer le message, et si celui-ci n’est pas déformé, s’il garde son authenticité, tous sont équivalents. Aucun mal n’est fait. Si, par contre, des informations erronées sont données, c’est tout à fait différent. Les affirmations mensongères ont un effet destructeur qui porte préjudice à la cause, au groupe, à Maitreya et au Plan.
Les Maîtres ne recherchent pas la perfection. Si c’était le cas, rien ne serait fait car il n’existe de perfection nulle part. Qui plus est, ils acceptent que certains individus, parmi les plus assujettis au mirage que j’aie jamais rencontrés, se rendent utiles à leur manière, en diffusant des informations émanant de sources qui pour moi viennent à 100 % du cinquième plan astral. Les Maîtres l’acceptent car ils pensent que cela peut être utile pour amener dans le monde l’idée de l’existence des Maîtres. Les personnes en question peuvent se tromper totalement sur l’identité des Maîtres, leur fonction, la manière dont ils travaillent. On trouve toutes sortes de soi-disant « enseignements » au sujet des Maîtres.
Quant à nous, si nous voulons diffuser des informations sur le retour du Christ et des Maîtres dans le monde, il nous appartient de le faire avec la plus grande exactitude.

Q. Si l’unité ne sous-tendait pas toute vie, les forces noires ne chercheraient pas à convertir certaines personnes à leur cause, mais se contenteraient de vivre dans l’isolement. Leur ignorance de cela est leur faiblesse. Notre propre ignorance est leur force.
R. Ce serait vrai si vos prémisses étaient justes. Il est certain que notre ignorance est leur force, mais quant à elles, elles savent pertinemment que l’unité est sous-jacente à l’ensemble de la vie. Elles se considèrent elles-mêmes comme les interprètes de cette unité. Elles sont en guerre contre les forces de lumière ; elles sont dépourvues d’amour. Elles ont contrôlé l’humanité pendant plus de 98 000 ans et elles cherchent à continuer. Mais elles n’y parviendront pas.
Elles savent, sans l’ombre d’un doute, que lorsque Maitreya et les Maîtres apparaîtront ouvertement dans le monde, leur domination sera en péril. Elles seront scellées dans leur propre domaine, leur rôle consistant simplement à maintenir l’aspect matière de la planète. Dans ce domaine leur action est parfaitement normale et ne comporte aucun mal. Leur influence sur l’humanité s’éteindra progressivement.

Q. L’innocuité peut-elle inclure l’usage de la force et même de la colère ?
R. Elle n’inclut pas l’usage de la force, mais elle peut inclure son apparence. On sait qu’il peut arriver aux Maîtres de crier très fort, dans une explosion apparente de colère qui, bien sûr, est fictive. C’est simplement une manière colorée d’attirer l’attention sur ce qu’ils ont à dire, et d’émettre une critique lorsqu’ils le jugent nécessaire.

L’unité de groupe

Les questions suivantes mettent l’accent sur les relations de groupe et sur la manière dont elles peuvent faciliter ou, au contraire, retarder l’initiation de groupe.

Q. Vous avez dit hier que nous n’avions guère fait de progrès au cours des deux dernières années pour donner libre cours à l’influence de l’âme dans le travail de groupe. En ce qui concerne l’initiation de groupe, non seulement nous n’avons pas pris au sérieux la règle 11, mais certains d’entre nous ne la comprennent même pas. Est-ce parce que, comme le dit le Maître dans son message l’Unité, nous attachons une trop grande importance aux individus et aux différences de personnalité ?
R. Oui naturellement. Il ne s’agit d’ailleurs pas tant de l’importance accordée à la personnalité des autres mais plutôt de l’excès d’importance que chacun accorde à son propre égo, sa propre personnalité, ses opinions personnelles, différentes. Tout le monde se comporte ainsi, si bien qu’il n’existe pas de réel consensus. Au fond, vous êtes incapables d’avoir une vision juste des autres membres du groupe.
Ce qui devrait motiver le travail de groupe dans son ensemble, et qui est essentiel à l’unité du groupe, c’est un amour tacite entre toutes les personnes du groupe. Mais il ne s’agit pas de se livrer à une effusion de sentiments. Ce n’est pas cela de justes relations de groupe. C’est un amour non dit, mais reconnu, qui unit tout le monde. Le véritable facteur d’union est le travail, auquel chacun vient de lui-même, depuis le niveau de l’âme. Le travail est la chose essentielle. Chacun y participe en collaboration avec les autres. C’est le travail qui est au cœur de toute l’activité du groupe. Il ne s’agit pas d’établir d’agréables relations avec les autres membres, de bien s’entendre avec eux, d’éviter de trop élever la voix et d’exposer ses idées personnelles trop souvent. Il s’agit de travail, d’accorder la priorité à ce travail et de s’oublier. Si les gens pouvaient s’oublier, ils auraient de justes relations. C’est simple car alors ils travailleraient en tant qu’âmes et, étant donné que l’âme ne connaît que de justes relations humaines, celles-ci deviennent instinctives.
Ils travailleraient en relation avec leurs coworkers en tant qu’âmes et ils auraient alors automatiquement le type de relations justes qui mène à l’application de la règle 11. Les gens ne comprennent pas cela. Ils pensent qu’ils ne doivent pas avoir de relations personnelles. Le travail ne doit pas être fondé sur des relations personnelles. Cela ne veut pas dire que vous ne devez pas avoir de relations personnelles, mais ce que vous faites doit être basé sur le travail et non pas sur des relations personnelles. Le gens ne comprennent pas cela et ils continuent à se dire : « Est-ce que j’aime cette personne ? » ou : « Je ne peux pas travailler avec cette personne. »
En tant que personnalités, il y aura dans le groupe des personnes avec qui vous n’aurez pas envie de travailler. Leur personnalité vous déplaît. Peut-être est-ce leur rayon que vous n’aimez pas, peut-être la manière dont elles ont été éduquées. Peut-être est-ce leur accent, leur façon de penser, mais le fait est que vous ne les aimez pas. Vous pouvez avoir de nombreuses raisons de les aimer ou de ne pas les aimer, mais cela ne devrait rien changer à votre travail. Vous travaillez avec d’autres dans le but de préparer le retour du Christ. Cela suffit à colorer la qualité de ce que vous faites. Vous devez par conséquent travailler avec des personnes avec qui normalement vous n’auriez jamais travaillé.Cela n’a rien à voir avec la personnalité ou avec les besoins de la personnalité ou ses habitudes. Il s’agit de reconnaître qu’une autre personne répond, elle aussi, au niveau de l’âme à cette idée extraordinaire.
Il n’existe pas d’idée plus élevée dans le monde entier. Je n’insisterai jamais assez là-dessus. Ce qui arrive maintenant est l’événement le plus important depuis 98 000 ans. C’est extraordinaire. Le Christ est présent dans le monde. Il ne s’agit pas seulement de quelqu’un dont on parle dans un livre. Il s’agit du retour dans le monde du Christ, et également de Jésus et des autres Maîtres, sur le plan physique, en tant que groupe, pour la première fois depuis 98 000 ans.

Q. Dans les règles concernant l’initiation de groupe, il est question de relations non sentimentales, de l’utilisation des forces de destruction, de hiérarchie en miniature, etc. Dans notre groupe, nous avons quelquefois évoqué les forces de destruction. C’est une chose que je ne comprends pas du tout.
R. C’est une des raisons pour lesquelles il n’existe pas de groupe qui réponde aux quatre exigences fondamentales de la règle 11 pour l’initiation de groupe. Utiliser les forces de destruction signifie invoquer l’aspect volonté monadique à travers l’âme et l’utiliser pour détruire les différents attachements qui empêchent l’individu, et par conséquent le groupe, de parvenir au détachement nécessaire pour atteindre l’initiation de groupe.
Vous ne pouvez accéder à l’unité sans en avoir le désir. C’est pourquoi le Maître dit très clairement que la première chose nécessaire est d’avoir le désir d’unité. Vous devez vouloir l’unité. Vous devez la considérer comme un trésor qui apportera une richesse immense à la vie du groupe, car elle est liée à la nature fondamentale de notre vie, et de toute vie, car nous faisons partie de la Vie Une.
Les gens doivent apprendre et certains trouvent cela très difficile. C’est parce que ces règles sont fondamentales qu’elles ont été données. Tant que vous ne les aurez pas intégrées en vous-mêmes et qu’elles ne seront pas devenues instinctives dans le travail du groupe, celui-ci ne parviendra jamais à l’initiation. Telle est la vérité et c’est très difficile. Les gens ne semblent pas comprendre ces règles. Ou s’ils comprennent ce qui leur est demandé, ils n’en voient pas la nécessité.

Q. Des rencontres de groupe régulières renforcent-elles l’unité de groupe ou sont-elles, au contraire, un gaspillage d’énergie ?
R. Des rencontres de groupe journalières pourraient dans certains cas renforcer l’unité de groupe, mais elles pourraient tout aussi bien avoir l’effet contraire, et tout simplement gaspiller l’énergie. Cela dépend de ce que vous faites pendant la rencontre, comment vous agissez, dans quelle mesure les individus du groupe sont détachés, ou au contraire obsédés par leurs propres idées. Une idée obsédante qui n’est partagée par aucun autre membre du groupe est généralement un mirage qui gaspille énormément d’énergie.

Q. Dans quelle mesure l’utilisation de mantras, en particulier le mantram d’unification, peut-elle aider à instaurer l’unité de groupe ?
R. Il y a mantra et mantra. Si nous nous promenons tous en répétant : OM Mani Padme Hum, je ne pense pas que cela fasse beaucoup pour l’unité de groupe. Mais si vous utilisez le mantram d’Unification* de manière quotidienne, cela ne résoudra pas les problèmes du monde, mais cela aura tendance à maintenir votre esprit centré sur le besoin d’unité. Ce mantra se trouve dans les enseignements d’Alice Bailey. Il a été donné par le Maître Djwhal Khul. Il est assez long, mais vous pouvez le mémoriser et le dire chaque jour, autant de fois que vous le souhaitez, et il focalisera votre esprit sur l’idée d’unité, l’unicité de toute l’humanité. Comme vous le verrez, différentes idées dans ce mantra sont liées à la notion d’unité. Ce mantra est très beau, et cela vaut vraiment la peine de le mémoriser et de l’utiliser.

*Voir Alice A. Bailey, Extériorisation de la Hiérarchie, p. 126.

Mantra d’unification

Les fils des hommes sont un et je suis un avec eux.
Je cherche à aimer, non à haïr.
Je cherche à servir, non à exiger le service dû.
Je cherche à guérir, non à blesser.
Puisse la souffrance apporter sa juste récompense de Lumière et d’Amour.
Puisse l’âme dominer la forme extérieure, la vie et toute circonstance,
et révéler l’amour qui gît sous les événements du temps. Que la vision et l’illumination vienne.
Puisse le futur se révéler.
Puisse l’union intérieure triompher et les divisions extérieures cesser.
Puisse l’amour prévaloir et tous les hommes s’aimer.

Auteur : Benjamin Creme, (1922-2016) : artiste et ésotériste britannique, ancien rédacteur en chef de Share International. Son contact télépathique avec un Maître de Sagesse lui permettait de recevoir les informations les plus récentes concernant l’émergence du Christ et de s’exprimer sur les enseignements de la Sagesse éternelle.
Thématiques : sagesse éternelle, spiritualité
Rubrique : Dossier ()