Partage international no 262 – juin 2010
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a honoré le président brésilien Lula da Silva de deux prix pour son leadership mondial dans la lutte contre la faim et la pauvreté. Celui-ci a remercié l’Onu dans un discours prononcé le 10 mai 2010, dans la capitale brésilienne, Brasilia, lors de l’ouverture du Forum de dialogue Brésil-Afrique sur la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté. Dans ce discours, il a fermement condamné les politiques de libre marché du monde développé, les qualifiant de myopie « capitaliste ».
Le président brésilien a fait allusion à l’effondrement financier mondial de 2008, affirmant que le monde a été pris par surprise par la flambée des prix alimentaires qui a d’abord été attribuée à la Chine « parce qu’elle mangeait trop » et puis par l’augmentation des prix du pétrole qui a été attribuée aux Arabes. Plus tard, il est apparu que quelques personnes provenant des pays riches étaient responsables, non seulement suite à des activités financières frauduleuses de spéculation sur les prix alimentaires et pétroliers, mais aussi suite à l’effondrement des prêts hypothécaires toxiques connus sous le nom de subprimes qui a débuté aux Etats-Unis et qui s’est répandu à travers le monde. En fin de compte, d’après lui, ce sont les populations les plus pauvres du monde qui ont payé le prix pour la myopie des politiques axées sur le marché libre.
Lula da Silva, s’adressant à des dizaines de dirigeants africains lors du forum, a également souligné qu’au début de la crise mondiale, « le monde était prêt à conclure le cycle de Doha de l’Organisation mondiale du commerce ; mais, suite à toutes ces turbulences, les discussions ont été abandonnées et de nouveau les pauvres furent les plus grands perdants. Deux ans plus tard, le cycle de Doha reste bloqué et ceci représente une grande déception parce que c’était une chance d’ouvrir les marchés un peu plus. » Dans son esprit, ceci aurait permis d’uniformiser les règles du jeu du commerce mondial qui sont manifestement biaisées en faveur des pays riches et puissants.
Le président Lula a poursuivi en déclarant : « Les politiques de libre marché étaient considérées comme extraordinaires lorsque les pays pauvres étaient uniquement acheteurs, parce que lorsque nous avons voulu devenir des exportateurs, il est apparu que le marché n’était pas aussi libre qu’ils le disaient, dévoilant le côté cruel de l’approche à courte vue capitaliste. » Il a évoqué ses tentatives passées qui se sont révélées infructueuses pour convaincre les dirigeants des pays développés de l’importance à long terme des investissements économiques en Afrique et en Amérique latine. Les deux continents ont la plus grande superficie de terres agricoles qui restent dans le monde, et celles-ci ne sont pas encore pleinement exploitées. Ce potentiel pourrait garantir la sécurité alimentaire dans le monde ce qui, avec la disponibilité d’eau douce, seront les grandes questions de ce siècle.
Lula da Silva, qui doit quitter ses fonctions en janvier 2011, a indiqué dans son discours qu’il aimerait continuer à aider le développement de l’Amérique latine et de l’Afrique dans ce qu’il appelle un « axe Sud-Sud », afin d’équilibrer la domination économique des Etats-Unis et de l’Europe.
Sources : mercopress.com
Thématiques : politique, Économie
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
