Partage international no 118 – juin 1998
« En Irlande du Nord, les problèmes seront résolus à l’échelon local et, sous une certaine forme, un parlement local sera mis en place. L’armée britannique se retirera d’Irlande du Nord. » (un collaborateur de Maitreya, Partage international, octobre 1988)
Après des négociations marathon ayant souvent failli avorter, les parties en guerre d’Irlande du Nord sont finalement parvenues à un accord visant à mettre un terme à trente ans de violence sectaire. Jugé à maintes reprises impossible, cet accord de paix a été annoncé au cours du Vendredi saint, tel peut-être un symbole de sacrifice, de souffrance et de préparation à la résurrection.
Un document de 67 pages présente le cadre dans lequel devra s’effectuer le partage du pouvoir, en réponse aux exigences et aux craintes des deux principaux groupes religieux. Une nouvelle institution, l’Assemblée d’Irlande du Nord, dont les membres seront élus, représentera de manière fidèle la population de la province, forte de 1,6 millions d’habitants. Un Conseil ministériel Nord-Sud sera créé. Il réunira le pouvoir législatif de l’Irlande du Nord et de la République d’Irlande, pour traiter de questions telles que l’environnement, les transports et le tourisme. Enfin, un autre corps, le Conseil des Iles, sera composé des représentants des parlements d’Irlande, de Grande-Bretagne et des nouvelles assemblées d’Irlande du Nord, du Pays de Galles et d’Ecosse. Il se réunira deux fois par an.
Dix sept heures après la fin officielle des négociations, les participants discutaient encore et le compromis était à l’ordre du jour. Le gouvernement irlandais renonçait à sa revendication territoriale sur l’Irlande du Nord. Les Républicains laissaient de côté, au moins temporairement, leur requête principale sur l’union avec l’Irlande, qui était de longue date au cœur de leurs revendications. Et les protestants signaient un accord qui établit des liens avec la République d’Irlande et octroie des droits plus importants aux catholiques, acceptant ainsi une dilution de leur propre pouvoir.


