L’interdépendance des phénomènes de société

Partage international no 202juin 2005

On peut déceler un indice de la maturité croissante de l’humanité dans le fait que des idées et des aspects de la vie considérés jusque là comme dénués de liens sont maintenant synthétisés en une approche unifiée des problèmes mondiaux. Dans cette section, nous mettons l’accent sur cette tendance qui se fait jour, preuve d’un sentiment accru de l’interdépendance des phénomènes.
« […] toutefois, l’on voit maints signes de progrès et de prise de conscience de la part des hommes, maintes situations où ils font preuve d’une sagesse et d’une maturité nouvelles en abordant les difficultés et les incertitudes présentes. » [Le Maître de B. Creme,
Partage international, juin 2005]

La séance de présentation du rapport annuel du Worldwatch Institute intitulé L’état du monde en 2005, redéfinition de la sécurité mondiale, qui s’est tenue fin avril 2005 à Berlin, a accueilli plus de 400 personnalités, dont les ambassadeurs de plus de vingt Etats et des représentants de nombreux gouvernements et ONG.

Ce sommet est une bonne illustration de l’accroissement de la compréhension des interconnexions de tous les aspects et problèmes de la vie. « Faire le point avec un grand angle » ne constitue-t-il pas, en effet, un changement important de notre mode de pensée ?

Il y a quelques années, les participants d’un tel sommet sur la sécurité auraient été surpris de voir les mots de Wangari Maathai, lauréate du Prix Nobel de la Paix et militante écologiste, placardés au-dessus du podium : « Si nous gérions mieux nos ressources, il y aurait moins de conflits. Protéger l’environnement mondial est directement lié à la paix. » A l’heure actuelle, le lien est clair pour tous. C’est Joschka Fischer, ministre des Affaires étrangères allemand, qui a donné le ton, en déclarant : « J’estime que la sécurité dans le monde passe par la résolution des problèmes sociaux et écologiques. » Lorsqu’il s’exprime à la tribune du ministère des Affaires étrangères de la République fédérale d’Allemagne, J. Fischer démontre à l’évidence que les économistes de premier plan et les dirigeants de la politique étrangère et de la défense prennent au sérieux l’appel lancé par le Worldwatch Institute qui préconise une nouvelle approche de la sécurité. Christopher Flavin, président du Worldwatch, a déclaré lors de la séance d’ouverture : « La gestion des ressources terrestres est au centre de tous les sujets majeurs de la politique internationale : la dépendance des Etats en matière pétrolière, la prévention des catastrophes naturelles, le suivi des maladies infectieuses, etc. »

Ce rapport annuel du Worldwatch Institute montre que les problèmes de sécurité restent prioritaires sur l’agenda mondial. Il dénonce comme causes sous-jacentes de cette insécurité, la pauvreté, les maladies infectieuses, la dégradation de l’environnement, l’augmentation de la concurrence en matière de pétrole et d’autres ressources. Il indique que le terrorisme n’est que l’indicateur de problèmes beaucoup plus complexes qui requièrent plus qu’une réponse militaire.

C’est ainsi que, dans le préambule à  L’état du monde en 2005,  Mikhaïl Gorbatchev, président de la Croix verte internationale et ancien président du Soviet suprême de l’URSS, écrit ce qui suit : « Nous avons besoin d’une politique d’engagement préventif, d’une action de solidarité tant internationale qu’individuelle pour résoudre les problèmes de la pauvreté, de la maladie, de la dégradation de l’environnement et des conflits, d’une manière efficace et non violente. »

Lieu : Berlin,
Sources : Worldwatch Institute
Thématiques : Sciences et santé, Société, environnement, politique
Rubrique : Faire le lien ()