L’intelligence intuitive et spirituelle – quand l’âme nous inspire (première partie)

Partage international no 445septembre 2025

Interview de Valérie Seguin par Claude Chaboche

Partage international : Après avoir passé vingt ans dans le monde de la finance et dans le conseil en management, vous avez réorienté votre vie vers la spiritualité, ce qui vous a conduit à réaliser deux films documentaires sur la mort : Et si la mort n’existait pas ? Et si la mort n’était qu’un passage ? ainsi que deux films sur l’âme : L’Ame, une force dans sa vie ? et plus récemment : L’Ame, l’au-delà et l’invisible. Vous avez écrit deux livres qui abordent ces mêmes thèmes : Trois jours et demi après la mort de mon père et Aller à la rencontre de son âme. Vous avez également réalisé deux films sur l’intelligence intuitive et spirituelle au travail et écrit un livre Et si je libérais mon intelligence intuitive et spirituelle ?
Est-ce que vous pouvez nous parler du cheminement qui vous a conduit à vous intéresser à l’au-delà et à l’âme ?
Valérie Seguin : Ma première expérience est vraiment le début de mon cheminement. Je viens d’une famille complètement fermée à la spiritualité et j’étais complètement athée. Je travaillais dans la finance, j’étais très sportive et j’ai eu un problème de genou que je n’arrivais plus à soigner. J’avais subi trois opérations sur ce genou qui m’ont laissé handicapée à l’âge de 30 ans. J’avais vraiment du mal à marcher quotidiennement, ça devenait compliqué. Et une amie m’a dit « va voir ma magnétiseuse ». Et je lui ai dit : « Non, pour moi ce sont des charlatans. » J’étais tellement désespérée, qu’au bout de quelques mois, j’ai fini par aller la consulter. Et cette femme m’a enlevé toutes mes douleurs. Vous connaissez le magnétisme, c’est juste imposer les mains au-dessus de la partie du corps qui est douloureuse parce qu’en fait, elle travaille sur le corps énergétique. Elle m’a dit : « Je viens de réparer votre corps énergétique, il y avait une cassure au niveau du genou. Pour moi, le corps énergétique c’est l’âme. Peut-être que ce qui vous arrive aujourd’hui, c’est un message de votre âme pour commencer à vous occuper d’elle. Vous devriez regarder si vous êtes sensible aux choses de l’âme. Vous devriez lire des choses sur la spiritualité. » Et comme elle m’avait enlevé toutes mes douleurs, je lui ai fait confiance et j’ai commencé un cheminement spirituel. Et effectivement, elle a eu raison parce que cela m’a passionnée. J’ai énormément lu. Les livres, j’appelais cela la nourriture de l’âme. Et depuis trente ans je marche sans problème, donc c’était bien un problème énergétique. Ce d’autant qu’en général en vieillissant, les articulations ne s’améliorent pas, elles se détériorent. J’avais même des problèmes d’arthrose qui ont disparu. Je n’ai rien fait à mon genou depuis. Cela a été ma première étape et c’est pour cela, que dans mon film, l’Âme 2, il y a un passage sur le magnétisme et sur les messages qu’envoie l’âme à travers le corps, parce que cela a été pour moi une étape importante. Et puis la deuxième étape était, il y a une dizaine d’années, quand mon père est décédé. Il m’a envoyé tellement de signes qu’il m’a prouvé que l’au-delà existe. Avant, j’étais sur un chemin spirituel, mais je me disais, oui, il y a huit chances sur dix qu’effectivement il y ait bien une vie après la mort. J’avais beaucoup lu, sur les différentes expériences aux frontières de la mort, mais je n’avais pas de preuves. Mais mon père m’a envoyé tellement de signes depuis dix ans, et pas seulement à moi, mais aussi aux autres membres de ma famille, que je sais que les défunts continuent à vivre après la mort, sous une autre forme énergétique, et que c’est source d’espoir. Cela signifie aussi qu’on les retrouvera car il y a beaucoup de témoignages qui nous montrent que l’on retrouvera nos proches décédés au moment de notre mort.

PI. Quel lien faites-vous entre conscience et âme?
VS. Ce que j’appelle âme, les scientifiques l’appellent conscience. Ils n’utilisent pas le mot âme parce qu’ils considèrent que ce mot a une connotation religieuse. Personnellement je n’ai pas de religion attitrée. J’ai étudié les religions mais je suis plutôt sur un chemin spirituel en dehors des religions. J’utilise le mot « âme » parce que c’est plus facile et, parce que parfois, lorsqu’on parle de conscience, il y a la connotation « avoir bonne ou mauvaise conscience ». Cela induit donc un côté moral. Nous avons tous une âme à l’intérieur de nous. Dans mes livres et mes films je le fais dire à d’autres parce que ce n’est pas moi qui parle. Mais quel que soit le nom que l’on lui donne, pour moi c’est la même chose. On s’accorde tous sur la même expérience vécue ; c’est-à-dire l’espace de paix, de joie à l’intérieur de nous, l’intuition qui se manifeste subitement. Certains l’appellent la conscience, d’autres le Soi, d’autres l’âme, l’essence, « Je suis». Souvent on me demande quelle est la différence entre âme, esprit et conscience. Cela fait trente ans que je m’intéresse à la spiritualité. Je n’ai pas envie de rentrer dans un débat intellectuel sur des mots. Pour moi l’âme, c’est cette énergie, ce corps énergétique qui rentre dans le bébé et qui, au moment de la mort du corps physique, en repart et retourne dans l’au-delà. C’est simple et compréhensible par tout le monde, c’est vraiment universel. On s’accorde tous sur les mêmes expériences vécues.

PI. Vous faites une relation entre connexion à son âme et libération de son intelligence intuitive et spirituelle. Pouvez-vous-nous dire ce que vous entendez par là, et comment cela se concrétise dans le monde du travail?
VS. Pour moi, l’intelligence intuitive et spirituelle c’est l’intelligence de l’âme. C’est une autre intelligence plus profonde en nous qui nous aide dans la prise de décision. Quelque part, on dit que l’intuition c’est le murmure de l’âme qui se manifeste au niveau personnel. L’âme s’exprime à travers des ressentis corporels, à travers des messages par l’intuition. D’ailleurs les scientifiques supposent que c’est avec l’intuition que l’on trouve. Eurêka ! C’est l’intuition ! Ce sont souvent des idées que l’on n’aurait pas eues, auxquelles on n’aurait absolument pas pensé simplement en réfléchissant. Cela se produit souvent en faisant autre chose. Dans mon cas, c’est en faisant du sport que tout d’un coup, j’ai une idée lumineuse qui arrive. C’est ça l’intuition. Ce n’est pas quand le mental réfléchit. Les scientifiques affirment que c’est avec l’intuition que l’on trouve et ensuite, avec le mental on va réfléchir à la manière de prouver cette intuition. C’est donc une autre intelligence en nous qui est créative, parce que le mental travaille toujours à partir de ce qu’il connaît, à partir de ce qu’il a appris. Or l’intuition, ce sont souvent des idées complètement innovantes, complètement différentes, auxquelles nous n’aurions pas pensé. Ce sont aussi des ressentis corporels, comme si notre âme, cette intelligence intuitive et spirituelle, savait à l’avance ce qui va se passer. Elle peut être un guide par la manière dont on se sent ; est-on en paix, en joie ou en conflit intérieurement? Quand je parle d’intériorité c’est au niveau du ventre que ça se passe. Si je me sens en paix, en joie, alors je peux aller dans cette direction ; en revanche, si je ne suis pas bien et que je ressens des frissons, et bien là, c’est peut-être un signe que mon âme me dit non, ce n’est peut-être pas le moment d’aller vers ça.
L’intelligence intuitive et spirituelle se manifeste à la fois au niveau individuel et au niveau collectif.
Individuellement, elle nous aide dans notre prise de décision ; au niveau collectif, elle nous aide dans notre relation avec autrui, parce que l’on va sentir que c’est une capacité que nous avons en nous, une sensibilité beaucoup plus fine que nous pouvons utiliser pour faire preuve d’empathie envers les autres. On va être empathique avec les personnes, avec notre environnement. On va davantage sentir ce qui est juste et ce qui ne l’est pas. Et donc on est beaucoup plus dans l’écoute, moins dans l’égo, donc cela simplifie aussi les relations au niveau de l’intelligence collective parce que l’on n’est pas dans l’égo, on est dans le cœur, dans l’empathie. Cela simplifie l’intelligence collective et au niveau stratégie de l’entreprise ça permet d’avoir une réflexion sur « qu’est-ce que je produis, comment je le produis avec conscience, et comment je manage mes équipes. Est-ce que ce que je produis a un impact bénéfique dans le monde ? » Dans le film l’intelligence intuitive et spirituelle au travail, on s’aperçoit que de nombreux dirigeants considèrent que l’argent est juste un moyen au bénéfice de la société et de leur mission personnelle qui est de faire bouger les choses au niveau sociétal et humain. Donc cela permet d’aller vers une société beaucoup plus juste, beaucoup plus respectueuse et humaniste. Il y a également tout un passage sur l’école. Dès l’enfance, on nous apprend l’individualisme, la compétition, on ne nous apprend pas l’intelligence collective, à être dans le cœur, à être dans l’empathie, à se respecter, à respecter l’autre. C’est quelque chose qui pourrait être appris dès l’école.

PI. Effectivement il y a beaucoup de choses à faire dans le domaine de l’éducation. Toujours en lien avec la question précédente, comment le mot spirituel est-t-il accepté dans le monde du travail?
VS. En France, et je dirais même en Europe, il peut être un frein, et c’est pour cela qu’après avoir réalisé Et si on passait à l’intelligence intuitive et spirituelle au travail ?, j’ai produit un deuxième film pour le monde du travail : Les nouvelles formes d’intelligences humaines au travail. Ce sont les mêmes interviews, les mêmes messages. Le film est juste un petit peu plus court et j’ai enlevé le mot spirituel. Et celui-là, il passe sans problème en entreprise. On parle d’intelligence intuitive, corporelle, émotionnelle, intelligence du cœur, mais on ne parle pas de spirituel. Et c’est beaucoup plus simple. Donc maintenant, j’ai deux films sur ce thème. Le premier, qui est un film grand public, est disponible sur plusieurs plateformes et il y a ce deuxième film que je propose uniquement en entreprise. En fait, ce qui s’est passé c’est que j’ai commencé avec le premier en me disant « Oui ça y est, maintenant le mot spirituel c’est bon, il est temps qu’on le propose quelque part» et j’ai voulu y aller en force. Il y a des grandes entreprises qui l’ont projeté, et puis il y en a une, qui l’avait pris pour un séminaire, et une semaine avant, le dirigeant m’a prévenue : « Désolé, je n’assume pas de diffuser un film avec le mot spirituel à mes équipes. Moi, à titre personnel, je m’y intéresse mais je ne me vois pas faire du prosélytisme dans l’entreprise avec ce mot spirituel. » Et là, j’ai compris. De toute façon plusieurs personnes m’avaient dit que c’était un frein et c’est comme ça que j’ai réalisé ce deuxième film Les nouvelles formes d’intelligence humaine au travail. Il permet de rentrer dans les entreprises avec les mêmes messages sans que cela soit un obstacle.

Fin de la première partie

Auteur : Claude Chaboche, collaborateur de Share International qui vit près de Paris, (France).
Thématiques : spiritualité
Rubrique : Entretien ()