L’insurgé de Dieu

Partage international no 223mars 2007

« L’insurgé de Dieu », c’est ainsi que le journal Le Figaro décrit le célèbre abbé Pierre qui s’est éteint le 22 janvier 2007 à Paris, à l’âge de 94 ans.

Henri Grouès, plus connu sous le nom de « l’abbé Pierre », a acquis sa renommée en février 1954 au cours de l’hiver le plus rude de l’après guerre, lorsqu’il a lancé son appel historique en faveur des sans-abri de Paris sur Radio Luxembourg. Simple mais vibrant, son fameux « Mes amis, au secours ! » a inauguré ce qu’il appelait « l’insurrection de la bonté », qui l’a guidé tout au long d’une vie dédiée à porter secours aux déshérités.

Fondateur de la Communauté d’Emmaüs, il a consacré sa vie à combattre la misère et à travailler inlassablement pour venir en aide aux plus pauvres. Membre de la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale, il a aidé des centaines de juifs à s’enfuir vers la Suisse et l’Algérie. Il fut arrêté par les nazis mais parvint à s’évader et à rejoindre l’Algérie où il entreprit de secourir les pauvres et les nécessiteux, et tout particulièrement les familles sans logis.

Il a toujours vécu simplement, même si son parcours l’a amené à rencontrer de grands dirigeants, comme Jawaharlal Nehru ou encore le quatorzième Dalaï Lama.

Sur ses vieux jours, la silhouette familière de cet homme vêtu d’un manteau noir, d’un béret, et s’appuyant sur une canne, a été aperçue dans de nombreux points chauds du monde. « Si quelqu’un me demande de l’aider, je ne sais pas refuser », expliqua-t-il un jour.

Il encourageait l’auto-suffisance et considérait qu’il vaut mieux « offrir une canne à pêche plutôt que du poisson ». On considère qu’il a inspiré le mouvement des « Enfants de Don Quichotte », qui a récemment monté une campagne spectaculaire, captant l’attention des médias et du public, en installant des centaines de petites tentes rouges le long des berges des canaux et dans les rues de Paris, ainsi que dans plusieurs autres villes de France (voir Partage International jan/fév. 2007)

Le Figaro rapporte que lors d’un récent voyage au Japon (où il était considéré comme une sorte de Bodisahttva occidental), une jeune femme française est venue à sa rencontre pour lui dire combien son fils le trouvait extraordinaire. L’abbé Pierre lui a répondu : « Dites-lui que mon temps est terminé. C’est à son tour d’être extraordinaire.

Voir la rubrique Questions-Réponses pour la structure de rayons de l’abbé Pierre

Lieu : Paris,
Date des faits : 22 janvier 2007
Sources : Le Figaro, Le Nouvel Observateur, France
Thématiques : spiritualité
Rubrique : La voix de la raison