L’illusion – Questions-Réponses (2/3)

Partage international no 191juillet 2004

par Benjamin Creme

Transcription des questions posées à B. Creme à l’occasion des rencontres des groupes de transmission de San Francisco (Etats-Unis), en août 2003, et de Kerkrade (Pays-Bas), en septembre 2003.

Q. Ce fut une surprise d’apprendre que l’âme ne peut pas toujours reconnaître la vérité car elle est contaminée par la personnalité. Nombre d’entre nous avions l’illusion que l’âme était omnisciente. Pouvez-vous donner quelques explications ? (E-U)
R. Il y a ici un malentendu. L’âme est omnisciente. Elle n’est pas « contaminée » par la personnalité. Elle n’est pas réduite d’un iota dans son être par son incapacité à se manifester à travers les véhicules de la personnalité, le corps mental en l’occurrence.
Les véhicules de la personnalité interprètent de manière erronée ce que l’âme voit et lui présentent cette interprétation in-exacte. En raison des illusions, le corps mental ne voit pas la réalité, il ne voit pas la vérité. Il présente donc cette vision erronée à l’âme qui travaille à travers lui. Il lui présente ces illusions comme si elles étaient la réalité et la vérité.
Si l’âme n’a pas atteint le stade où elle peut manifester sa lumière sans obstacle à travers un corps mental libéré des illusions de la personnalité, cela peut la conduire à une mauvaise appréciation, car les don-nées qui lui sont présentées sont fausses. L’âme ne peut voir la vérité, car celle-ci ne lui est pas présentée par le corps mental.
Une construction, une idée, une idéologie, une série de formes-pensées, sont présentées à l’âme à tout instant comme la réalité qu’elle voit à travers le corps mental. Cela peut être faux, mais cela n’affecte nullement l’âme sur son propre plan. L’âme demeure parfaite, inviolable. Elle est simplement inadéquate pour fonctionner à ce niveau si le véhicule ne le permet pas, si les véhicules de la personnalité présentent des formes-pensées déformées quant à la nature de la réalité.
L’âme dépend des véhicules. Elle se procure ceux-ci de manière à voir la réalité à ce niveau. Lorsque ceux-ci sont inadéquats, la vision de l’âme est déformée. C’est ainsi que se manifeste l’illusion.

Q. Si, dans le but d’atteindre un plus grand nombre de personnes avec notre message, nous évitons de trop mettre l’accent sur les éléments les plus ésotériques, nous pouvons craindre que cela en diminue également la portée. Cette tentative visant à atteindre le plus grand nombre est peut-être illusoire. Qu’en pensez-vous ? (E-U)
R. Je suis d’accord dans une certaine mesure avec ce point de vue. J’ai entendu dire récemment qu’il existait une tendance, presque un mouvement, dans ce groupe, visant à supprimer du message tous les aspects ésotériques, difficiles (ou considérés comme tels). Ce sentiment de « difficulté » peut être parfaitement illusoire. C’est une vue plutôt condescendante vis-à-vis des gens de « l’extérieur ». Vous devez considérer à qui vous vous adressez. En termes généraux, c’est à tout le monde. Approchez-vous tout le monde de la même manière ? En un certain sens oui.
Prenons l’exemple de l’interview que j’ai donnée à Merv Griffin [interview projetée à cette conférence]. Tout était direct, clair. Cela a été pris comme un message d’espoir, annonçant la venue d’un être hautement évolué, accompagné d’autres êtres, un message exprimé dans un langage ésotérique ou philosophique qui n’était pas nécessairement familier à M. Griffin, mais qui, par ailleurs, n’était pas suffisamment outré pour lui donner la moindre inquiétude. Je pense que le message est très bien passé, et cet avis est partagé par les quinze millions de personnes qui s’en souviennent encore et qui s’y réfèrent comme si cette interview remontait à quelques années seulement, alors qu’en fait elle date d’une vingtaine d’années.
Si vous supprimez tout le langage soi-disant ésotérique, vous courez le danger de laisser de côté le message lui-même. Vous risquez de le réduire jusqu’à ce qu’il ne diffère plus guère d’une gentille histoire biblique racontée aux enfants, au catéchisme du dimanche après-midi. Il n’y a rien de mal à cela, mais cela n’élargit guère la conscience de vos auditeurs. Cela peut leur donner un agréable sentiment de réconfort. Si c’est votre but en présentant le message, alors vous avez certainement mal interprété le mien, car ce n’est pas mon but en racontant cette histoire extraordinaire.
Je ne doute pas que le message puisse être présenté à différents niveaux. Il y a la masse des gens, des millions et des millions, 270 millions dans ce pays, les Etats-Unis. Parmi eux, on trouve un certain nombre de personnes que vous pourriez appeler les classes moyennes éduquées. Aux Etats-Unis elles sont très nombreuses. En Europe elles le sont probablement encore davantage, comparées à l’ensemble de la population. Et il y a l’intelligentsia. L’intelligentsia en Europe, aux Etats-Unis et au Japon est très nombreuse, moins nombreuse peut-être dans d’autres pays.
Il existe donc trois catégories de personnes : les masses, la classe moyenne éduquée qui forme le gros de la population des nations occidentales développées, et l’intelligentsia qui en est issue.
Je dirais que l’accent devrait être mis tout d’abord sur les classes moyennes éduquées. Elles sont prêtes pour le changement. Elles sont, bien sûr, souvent fixées sur leurs systèmes de croyances, ne recherchent pas la nouveauté, y résistent même parfois, mais elles sont éduquées et elles acceptent la communication. Elles ont généralement l’esprit ouvert et elles forment le plus large groupe de personnes susceptibles de comprendre le message dans une communauté donnée.
Le message devrait leur parvenir le plus clairement possible, débarrassé de tout discours ésotérique du genre de « ceci vous mènera à la troisième initiation et vous vous tiendrez alors devant le Seigneur du Monde ». Ce discours convient très bien pour mes rencontres, qui ont un public sélectionné venu de lui-même, mais lorsqu’on s’adresse au grand public, ce genre de langage pourrait aller à l’encontre du but recherché.
Cela ne signifie pas cependant que le message lui-même doive laisser de côté tout ce que vous pourriez considérer aujourd’hui comme ésotérique. Le Christ est ésotérique. L’événement que nous annonçons est ésotérique. Ce qui est ésotérique un jour devient exotérique un autre jour. Ce n’est pas ésotérique à jamais. Il ne s’agit pas d’un langage appartenant aux initiés. En fait, il existe bien un langage qui appartient aux initiés, mais il n’en est pas question ici.
Dès que le Christ sera établi dans le monde, et que celui-ci connaîtra une paix, une sécurité et une justice relatives, il commencera à restructurer et à présenter à nouveau les mystères.
Ceux-ci sont les mystères de l’initiation laquelle sera à la racine même de la nouvelle religion mondiale. Comment pouvez-vous laisser ceci de côté et offrir une approche intelligente à des gens intelligents, à qui vous êtes supposés proposer quelque chose d’intéressant et de neuf ? Il n’y a aucun intérêt à leur apporter ce que d’autres leur apportent déjà.
J’ai trouvé dans notre littérature certaines choses sur lesquelles il n’y a rien à redire, mais les autres groupes font plus ou moins la même chose. Elles présentent la même tonalité populaire, un message accommodant qui n’a rien de vital. Je le lis et je le mets de côté. Si vous transmettez un message, vous voulez qu’il révèle quelque chose aux autres. Vous ne devez pas les traiter avec condescendance. Vous ne devez pas traiter avec condescendance les classes moyennes d’aujourd’hui, qui sont au moins aussi éduquées que vous. Vous faites partie des classes moyennes éduquées des Etats-Unis.
Vous n’avez rien de spécial. Vous faites un travail particulier, mais vous n’êtes pas différents pour ce qui est de la conscience, de l’éducation et de la capacité à comprendre. Vous n’avez pas l’esprit plus ouvert, ou peut-être seulement un peu plus, que des milliers d’autres groupes.
Vous devez faire les choses correctement et ne pas traiter non plus avec condescendance les masses dépourvues d’éducation, mais dont le cœur peut être ouvert et prêt pour la transformation à laquelle elles aspirent – la justice dans le monde, et le fait d’une importance capitale que quelqu’un va apporter cette transformation. Le Christ est ici pour montrer aux gens comment vivre. Les premières personnes à lui répondre ne seront pas les membres de l’intelligentsia, ni les journalistes très populaires et très connus. Ce seront les millions de gens ordinaires dont le cœur répondra à son message. Donnez leur ce message et ne le délayez pas afin de lui donner un goût plus agréable.
Faites qu’il soit consistant, au sens de réel. Débarrassez-vous de vos propres illusions sur ce que vous êtes et ce que sont les masses. Donnez-leur le bénéfice du doute. Considérez qu’elles sont au moins aussi prêtes que vous l’étiez à entendre cette histoire et à y répondre. Pourquoi pas ? Certaines personnes ne le seront pas, bien sûr, mais d’autres le seront.
Vous ne pouvez pas dire à l’avance qui, dans un cercle donné, va répondre à ce message. Vous parlez et ensuite quelques personnes viennent vers vous, peut-être celles que vous attendiez le moins, et elles vous demandent : « Où pouvons-nous en apprendre davantage ? » Les gens sont prêts d’une façon que vous ignorez. C’est la raison pour laquelle le Christ peut être ici. Si ce n’était le cas, il ne pourrait être présent. Maitreya est dans le monde. Il est prêt à apparaître publiquement et à commencer sa mission ouvertement. Il ne pourrait le faire si les gens n’étaient pas prêts.
Maitreya espère que nous suivrons ses idées. Celles-ci ne sont pas faciles à mettre en pratique. L’idée en elle-même est simple : « Partager les ressources mondiales et changer le monde. » Mais le dire aux gens ne suffit pas. Tout le monde doit subir un changement de conscience. C’est l’un des résultats de la venue du Christ dans le monde. Les énergies du nouvel âge, l’ère du Verseau, grandissent en puissance chaque jour qui passe et ceci a un effet immense sur la conscience de chacun.
Je pense que vous courez le danger d’aborder ceci comme vous auriez pu le faire il y a vingt ou trente ans ; cette idée de rendre l’enseignement moins ésotérique, plus ordinaire, plus accessible, marque un recul. Ne vous méprenez pas sur ce que j’avance. Il y a un équilibre à trouver, mais n’allez pas trop loin en dépouillant le message de tout son sens, car il perdrait ainsi tout son pouvoir.
Il se peut également que vos efforts visant à rendre le message moins ésotérique soient nourris de vos propres illusions, notamment si vous êtes inconscients de celles-ci. Cette tentative d’atteindre davantage de gens, mais en douceur, est le résultat, je crois, de la peur qu’à l’époque actuelle il ne soit nécessaire de vous limiter, de renforcer les murs extérieurs, de consolider plutôt que d’agrandir, car il existe des forces qui enlèvent aux Américains ordinaires le droit de faire ceci ou cela. Naturellement tout cela est vrai. Ce qui est également vrai, c’est que vous avez le droit de livrer cette information. Mon conseil n’est pas de consolider, de restreindre, de châtrer cette information, de diminuer son pouvoir, ce qui semble apparemment dans l’esprit de certaines personnes.

Q. Comment, à votre avis, l’illusion se manifeste-t-elle le plus fréquemment dans ce groupe et quel en est l’impact général sur la réalisation du dessein de celui-ci ? Existe-t-il certaines initiatives spécifiques et certains schémas de pensée que vous pourriez souligner ? (E-U)
R. Il existe une sorte de cri d’alarme. « Nous ne pouvons faire ceci. Cela attirera l’attention sur nous, et nous devons par conséquent nous limiter. Nous ne pouvons nous montrer trop hardis. » Le Maître dit le contraire : « Soyez hardis, soyez libres, soyez forts, n’ayez pas peur. » A vous par conséquent de choisir qui vous voulez écouter. Pour ma part, j’écouterais plutôt le Maître.
Mais c’est autre chose d’envoyer des déclarations spécifiques faites par le Maître, par moi-même, ou quelqu’un d’autre, aux médias que vous savez totalement opposés à toute cette idée, ou à des individus, des groupes ou des écrivains que cela n’intéresse pas du tout et qui considèrent tout ceci comme une interruption exaspérante de leur bien-être. Ce serait stupide.
A mon avis, l’équilibre devrait reposer sur la puissance du message lui-même. Il ne s’agit pas de le réduire, mais de le présenter, lorsqu’il s’agit du grand public, à mi-ton, si je puis m’exprimer ainsi. Quant aux classes moyennes, présentez-leur sous son aspect le plus riche, et aux intellectuels à mi-ton également. Ces derniers sont aveuglés par leur propre sentiment de supériorité, une fausse supériorité mentale. C’est leur illusion.
Dans chaque pays, parmi les intellectuels, il y a des gens comme moi. Je suis un intellectuel. Je viens d’un groupe intellectuel. Tous mes anciens amis, avant que je ne m’engage dans ce travail, étaient des peintres, des écrivains, des poètes, des médecins, des cinéastes, des musiciens. Nous étions les intellectuels de notre époque spécifique et de l’endroit où nous vivions. Mais je pense être le seul à m’être impliqué dans ce genre de travail. Du jour au lendemain, j’ai perdu la plupart de ces amis. Ils ont disparu dans le crépuscule de leurs illusions. N’ayez donc pas une trop haute opinion des intellectuels, vous n’irez pas très loin avec eux. C’est au sein des masses, dans la classe moyenne en particulier, que vous trouverez la meilleure réponse.

Q. Dans notre travail de diffusion du message, nous sommes confrontés aux illusions de ceux à qui nous nous adressons. Est-il approprié de formuler notre information en respectant le niveau de confort mental de ceux qui détiennent de telles illusions ? Serait-ce cacher la vérité ? (E-U)
R. Cela pourrait cacher la vérité, « formuler l’information selon le niveau de confort mental » ! Seul un Américain peut concevoir une telle phrase ! On ne l’utiliserait nulle part ailleurs dans le monde. Le « niveau de confort » de votre esprit. Cela montre effectivement l’étendue du problème. Le niveau de confort mental ne doit jamais être dépassé ! N’allez pas au-delà de mon niveau de confort mental ! Vous avez une petite notice sur le front avec un drapeau qui dit : « Mon niveau de confort mental s’arrête ici. » On ne vous donne rien au-dessus de cela et vous vous sentez bien. « Si c’est quelque chose que je ressens, c’est agréable. Je n’ai pas aimé tout cet ésotérisme, il m’a mis mal à l’aise. Mais, maintenant je me sens bien. Cela me dit ce que je sais déjà, donc je me sens à l’aise.
Si vous réduisez le message au « niveau de confort mental » de la majorité des gens auxquels vous espérez vous adresser, vous n’allez guère aller de l’avant. Vous serez populaire, si c’est ce que vous souhaitez, mais vous ne ferez pas passer le message.

Q. Faire la différence entre avoir réellement de l’intuition et prendre ses désirs pour des réalités peut être difficile. Pourriez-vous nous donner quelques indications permettant de faire la distinction ? (E-U)
R. Nombre de personnes prennent leurs désirs pour des réalités. Les gens construisent des formes-pensées à longueur de temps. Ces pensées incluent souvent un scénario dans lequel le souhait est réalisé. C’est comme un rêve. Ils vont se coucher en disant : « Je vais faire un rêve agréable cette nuit. Je vais rêver que je suis en vacances et ce sera formidable. Je serai à Haïti et les noix de coco tomberont des arbres. » Ils brodent là-dessus, puis ils vont se coucher et rêvent. C’est prendre ses désirs pour des réalités.
Comment distinguer entre cela et l’intuition directe ? La différence entre l’intuition et le fait de prendre ses désirs pour des réalités se montre dans la capacité de l’intuition à révéler quelque chose. Prendre ses désirs pour des réalités permet de réaliser un rêve, une forme-pensée, une aspiration, un désir. Tandis que l’intuition, la véritable intuition, révèle toujours quelque chose ; elle est révélatrice. Si elle n’est pas révélatrice, ce n’est pas de l’intuition.
Prendre ses désirs pour des réalités n’a rien à voir avec l’intuition. Souhaiter quelque chose fortement, en éprouvant un immense amour pour le monde, n’est pas de l’intuition. L’intuition est la fonction de l’âme qui regarde le monde et donne sa révélation ; c’est sa capacité à révéler à l’extérieur. Ceci n’est possible que lorsqu’il n’existe pas une barrière de mirage, ou plus exactement dans ce cas, d’illusion, pour restreindre la capacité de révélation de l’âme.
L’âme, qui sur son propre plan ne connaît pas d’entrave, peut révéler. Elle connaît l’amour et la révélation, et elle sait sans penser. Telle est l’essence de l’intuition. L’âme n’a pas à penser. Elle sait déjà. Au stade où elle peut devenir puissante dans la vie, elle se révèle elle-même. La personne commence alors à savoir, sans avoir à penser ni à raisonner. La faculté de raisonner peut se charger de tout ce qui concerne la vie concrète inférieure et le mental de la personnalité. Lorsque l’âme fonctionne sans restriction, l’intuition prend la place du raisonnement.
Finalement le raisonnement – la capacité de raisonner, de comprendre les choses et d’aboutir à une conclusion – descendra au-dessous du niveau de conscience et sera remplacé par l’intuition. C’est la prochaine étape à franchir pour la race humaine dans son ensemble. Ceci ne devient possible que lorsque la personne est imprégnée par la nature de l’âme et travaille sur la personnalité afin de purifier les véhicules de l’âme.
Les véhicules sont la cause du problème. Le véhicule mental apporte ces illusions, ces formes-pensées, ces idées, ces croyances, toute cette manière de penser erronée, et l’âme est alors incapable de travailler directement à partir de son propre niveau et de révéler à travers l’intuition ce que la personne désire savoir.
Ceux dont l’équipement mental suit la ligne 2, 4, 6 ont davantage de chance de développer l’intuition, tout au moins plus rapidement et plus facilement que ceux qui se trouvent sur la ligne 1, 3, 5, 7. Mais quelle que soit sa structure de rayons, le disciple n’est pas accepté en tant que disciple tant que la faculté intuitive n’est pas quelque peu développée et manifeste.
Nous parlons de gens qui sont quelque peu évolués, même si l’humanité dans son ensemble est concernée. Plus la personne est évoluée, plus la faculté d’intuition fonctionne, et moins la personne a besoin de raisonner. C’est vrai pour tous les disciples, quelle que soit leur structure de rayons.
Puis vient un temps où l’âme elle-même se développe dans deux directions. Elle se tourne vers la monade et reçoit l’énergie de celle-ci, mais elle se tourne également vers sa réflexion, l’homme ou la femme en incarnation. Elle crée une certaine unification, une union à un niveau très profond, entre la monade et la personnalité. Tout ceci est lié à l’imprégnation des véhicules par l’âme. Lorsque les véhicules physique, astral et mental d’une personne vibrent plus ou moins au même niveau, ils deviennent synchronisés. Il existe une synthèse produite par l’âme.
Lorsque le physique et l’astral sont suffisamment synchronisés, et que le corps mental commence à l’être également, l’intuition commence automatiquement à se manifester. Lorsque l’énergie de la monade est introduite par l’âme, l’intuition est enregistrée en tant que faculté normale de la personne. Elle peut cependant être encore dans une certaine mesure colorée par l’illusion.
Certaines personnes avancées ont été tellement remplies d’illusion qu’elles ont pensé être le Christ. Je veux parler notamment de Baha’u’lláh et Meher Baba.
Baha’u’lláh a introduit les enseignements Bahaï, qui furent donnés par Maitreya. Il était adombré par Maitreya et ce dernier lui dicta les enseignements. Baha’u’lláh , qui était un initié du troisième degré, pensait que ces enseignements venaient directement de Dieu. Il avait cette illusion, cette forme-pensée, que Dieu existait là-haut dans le ciel et lui dictait ces enseignements. Il les recevait du Christ mais il pensait être lui-même le Christ. C’était une illusion, une forme-pensée très puissante, une mauvaise interprétation de la réalité à un très haut niveau. Les choses ne sont ni simples ni automatiques ; les gens évoluent de manière inégale.
Meher Baba, quant à lui, était un génie religieux. C’était un initié de degré 2,4 néanmoins il avait certaines idées imaginaires, certaines illusions concernant sa vie personnelle. Meher Baba, croyait, lui aussi, être le Christ. Il devint muni (il cessa de parler) pendant environ vingt ans, et il écrivit alors : « Lorsque je recommencerai à parler, je serai le Christ. » Il mourut avant de pouvoir être le Christ ! Vous ne pouvez être le Christ au niveau 2,4. C’est impossible. Il s’agit d’un mirage majeur, ou plutôt, dans ce cas, d’une illusion.

Q. Quelle est la différence entre le mirage et l’illusion ? (E-U)
R. Il s’agit de la même illusion – c’est-à-dire d’une absence de clarté, de lumière, de révélation, de sens. Lorsque votre mental est fermé à la vérité, ou obscurci, vous vivez dans l’illusion.
Si l’expérience se manifeste en tant qu’émotion, c’est du mirage ; si c’est une conception mentale ou une idée, c’est une illusion.
Le mirage est l’illusion sur le plan astral/émotionnel. L’illusion est l’illusion sur le plan mental. Elle implique l’âme, car celle-ci utilise le plan mental qui doit être clair. S’il n’est pas clair, l’âme ne peut avoir un regard clair sur le monde. Elle le voit à travers une foule d’illusions, dont l’individu n’est pas conscient. Celui-ci peut avoir une excellente opinion de lui-même. Il a de brillantes idées. Il dirige le groupe vers un nouvel avenir grandiose. Il est chef d’Etat, il développe les armes qui feront de son pays le meilleur et le plus fort dans le monde. Il est en train de devenir un grand homme.
Les gens, dans tous les groupes, même s’ils l’ignorent le plus souvent, sont remplis d’illusions : sur eux-mêmes, leur sincérité, leur dévotion à la cause. Ils pensent avoir consacré leur vie au service. Qu’ils regardent les choses en face. Si un aspect ou un autre de leur vie est menacé, lorsque leur bien-être, leur « zone de confort » est en jeu, voyons alors où vont leur consécration et leur dévotion. Lorsqu’ils regarderont les choses en face, ils verront que souvent ce qu’ils pensent être en train de faire n’est pas ce qu’ils font réellement.
Tout le monde a des illusions. Elles sont inhérentes à la vie et nous ne pouvons les éviter. Elles sont là, nous devons les prendre en compte et essayer de nous en débarrasser. La seule manière de procéder est de développer l’intuition. Comment faire ? En apprenant à contrôler le mental, car c’est le mental contrôlé qui peut éviter l’illusion. Il existe toutes sortes de techniques pour contrôler et développer le mental.
Tout d’abord, je suggérerais comme moyen de commencer à contrôler le mental, d’employer le pouvoir du mental lui-même, pour découvrir où le mental se situe réellement. Quelle part du mental est à notre disposition ? Dans quelle mesure est-il fragmenté dans le subconscient et se nourrit-il de toutes ces formes-pensées qui produisent le mirage et l’illusion ?
Il existe une technique d’auto-hypnose que vous pouvez développer. Un ouvrage écrit par un Canadien, Rolf Alexander, The Power of the Mind (Le pouvoir de la pensée), décrit une technique d’auto-hypnose, la libération progressive du mental de sa fragmentation dans le subconscient.
Le mental subconscient devrait rester subconscient. Il devrait simplement continuer de manière inconsciente à veiller sur notre digestion, la nourriture de notre sang et de nos cellules dans les différentes parties du corps, un processus purement automatique, au-dessous du seuil de la conscience.
Les émotions de l’individu sont le résultat du mauvais usage de l’énergie du corps astral. Le corps astral devrait être comme un lac calme, tranquille, où l’énergie que nous appelons buddhi, le second des trois aspects de l’âme, peut se refléter. Lorsque c’est le cas, l’intuition se manifeste. La vision de l’âme, reflétée en tant que buddhi, apporte l’intuition. Là où règne le désordre habituel du corps astral, que connaissent la plupart des gens, il n’existe pas de lac tranquille sur lequel l’âme puisse refléter sa conscience bouddhique.
The Power of the Mind est très intéressant car il propose un processus très simple d’auto-hypnose qui permet de libérer le mental de sa fragmentation dans le subconscient. Chaque fois que vous dormez, vous rêvez. Vous rêvez, que vous vous souveniez ou non de votre rêve, mais les rêves ne sont que le résultat de la faculté du mental humain de former des pensées. Le processus est tel que le mental, qui n’est pas accessible dans le sommeil, devient accessible sous forme de rêves. Le processus qui consiste à former des pensées se poursuit et vous avez les rêves les plus merveilleux, les plus créatifs.
Les rêves sont comme des films. Vous pouvez y créer n’importe quoi. Il vous suffit d’y penser et c’est là instantanément dans votre rêve. Sur le plan mental, la même activité se poursuit, mais à un tour plus élevé de la spirale, et elle implique des idées et des concepts plutôt que des désirs. Ceci inhibe la capacité de l’âme à voir la réalité.
Dans The Power of the Mind, vous commencez par vous projeter dans le sommeil. Vous faites certaines affirmations en vous-mêmes. Vous vous accordez un certain temps pour vous réveiller. Vous vous réveillez et progressivement vous développez ce qui est contenu dans les affirmations. Votre mental, au lieu d’être fragmenté dans le subconscient, s’élève progressivement. Votre corps demeure endormi, mais votre mental s’élève hors du corps qui dort, qui est fermé et que vous ne pouvez bouger. N’importe qui peut le faire, c’est très simple. Votre mental s’élève de plus en plus et sort, et vous avez alors l’esprit clair. C’est une expérience du mental totalement différentede celle où il est absorbé dans le subconscient, comme c’est le cas habituellement.
Plus votre mental est submergé dans l’inconscient, plus vous êtes limité au niveau mental. Lorsque votre mental n’est que partiellement submergé, vous avez la pleine énergie du plan mental. Plus votre mental est absorbé et fragmenté, moins il est disponible pour vous en tant que personne. Dès que vous commencez à libérer votre mental de ce processus de fragmentation, vous libérez son énergie, et votre mental grandit en proportion. Etant libre, il est également libéré de l’illusion, ce qui permet à l’intuition de se manifester.

Q. Quel genre de techniques de contrôle du mental peut nous aider à développer l’intuition et à moins utiliser le mental rationnel ? (E-U)
R. Il ne s’agit pas de moins utiliser le mental rationnel. Ce qui arrivera, c’est que la faculté de raisonner tombera au-dessous du niveau de conscience. Cela ne signifie pas que nous cesserons d’utiliser le mental rationnel.
Vous utilisez les facultés dont vous disposez. Si vous avez un mental rationnel, vous l’utilisez. Mais vous ne l’utilisez pas lorsque cela ne marche pas. Cela ne marche pas au niveau supérieur, mais seulement sur les plans mentaux inférieurs.
Les scientifiques ignorants pensent que le mental rationnel fait tout. Ils pensent pouvoir trouver la réponse à tous les problèmes, que toute la connaissance à laquelle il est possible d’accéder peut être découverte par leur mental rationnel inférieur. Ils ont tort, ils manquent d’ouverture d’esprit. Ils ne lisent même pas les ouvrages comme ceux du Maître D. K., qui leur en enseigneraient davantage sur les facultés de l’esprit que tout ce que peuvent contenir leurs ouvrages scientifiques. Etant fermés, ils sont ignorants et, qui plus est, extrêmement arrogants. A tel point qu’ils peuvent tout simplement expliquer un « miracle du lait » par un phénomène de capillarité, le lait s’écoulant selon eux par les minuscules sillons des statues de bronze, de laiton, ou de cuivre, si bien que la structure de ces statues absorberait le lait et le ferait disparaître. Ils peuvent l’affirmer, mais c’est illogique et cela n’a rien de scientifique.
Ils refusent également d’ouvrir leur esprit à la masse d’informations sur les ovnis et les agroglyphes. Ils refusent d’examiner les témoignages qui s’empilent partout dans le monde, car ils ne connaissent pas la réponse et ont peur de dire : « Nous ne savons pas. »
C’est la même chose avec les soi-disant miracles. Un miracle est seulement un miracle si vous ignorez la science qui l’explique. En raison des restrictions du mental inférieur, et en raison de l’ignorance et de l’arrogance des scientifiques qui les ont menés à établir certaines lois  (tout doit obéir à ces lois, qu’elles soient ou non des lois terrestres), ils ne voient pas (car ils refusent de voir) que nous sommes au milieu de la plus extraordinaire manifestation de l’existence de relations entre les planètes que nous n’ayons jamais connue.
Ils ferment délibérément leur esprit à tout cela, car ils ont peur de montrer leur ignorance. Ils sont soutenus par tous les quasi-scientifiques qui suivent cette attitude, l’acclament et pensent que c’est de la science, des » règles scientifiques », mais la science ne sait presque rien. La science moderne ne connaît qu’une infime fraction de la nature de l’univers ou même de notre planète, ou des lois qui gouvernent la manifestation d’une planète ou d’un système solaire. Plus vite ces soi-disant scientifiques descendront du piédestal sur lequel ils ont été placés, plus vite ils découvriront les réponses à certains de leurs problèmes. Ceux-ci sont principalement d’ordre psychologique !

Q. Si la méditation et le contrôle du mental développent l’intuition, pourriez-vous expliquer comment parvenir au contrôle du mental ? (E-U)
R. J’ai déjà mentionné différentes manières, différents moyens, par exemple la méditation ou l’auto-hypnose. Il existe de nombreuses méthodes. Les Maîtres, dans leurs écoles d’entraînement, enseignent le contrôle du mental. C’est l’une des choses importantes, notamment lorsqu’une personne approche de la troisième initiation. Les Maîtres enseignent le contrôle du mental et la manière de traiter le problème de l’illusion. Généralement, lorsqu’une personne travaille en vue de la troisième initiation, il est considéré comme acquis qu’elle a quasiment maîtrisé le mirage et qu’elle n’en souffre plus guère.
D’après mon expérience, cependant, le mirage a la vie dure. Je pense que seul un Maître en est entièrement libéré. Mais plutôt que de parler de mirage, il faudrait parler d’illusion. L’illusion sur le plan mental implique l’âme, elle est donc spécifique et elle nécessite un soin et un traitement particuliers.
Les gens reçoivent des enseignements et des entraînements, et personne n’y fait allusion. Le processus d’enseignement a changé dans la Hiérarchie en raison des transformations de la vie moderne et des communications. Il y a beaucoup d’allées et venues. Les gens sont maintenant plus nombreux à travailler la nuit que jamais auparavant. Et ceux qui sont sans emploi veillent souvent pour effectuer une tâche ou une autre ou pour bavarder.
La lumière artificielle a apporté la facilité de travailler tard le soir et les machines de notre société moderne fonctionnent vingt-quatre heures sur vingt-quatre. C’est pourquoi la Hiérarchie s’est adaptée et, si vous travaillez la nuit, vous pouvez vous entraîner durant la journée. A chaque fois que vous dormez vous pouvez être entraîné.

Q. Quelle est l’importance de la tension spirituelle pour nous débarrasser du mirage et de l’illusion ? (Europe)
R. Sans tension spirituelle, nous n’aurions pas de vision spirituelle. La vision spirituelle, que nous pensons sans doute avoir, vient des livres que nous avons lus, ou de ce que nous avons entendu dire par d’autres personnes. Nous appelons cela nos idées et nos idéaux spirituels. Nos vies en sont imprégnées, mais nous ne prêtons guère attention à l’idée de tension spirituelle. Comment savoir si ces idées et ces idéaux spirituels ne sont pas eux-mêmes une simple illusion ? Nous ne pouvons reconnaître l’illusion qu’à partir de la vision spirituelle qui est le résultat de la création d’une tension spirituelle.
La tension spirituelle n’est pas continue dans la vie de la plupart des gens. Ce n’est pas quelque chose qui nous est donné une fois pour toutes. C’est comme une pendule qui a constamment besoin d’être remontée. Au fil des heures, le ressort se détend, il ne peut plus faire tourner les aiguilles et nous devons remonter la pendule ou changer la pile. Les batteries spirituelles ont également besoin d’être rechargées et c’est là toute la valeur de la méditation, notamment la méditation de transmission.
La tension spirituelle est le résultat de l’aspiration spirituelle et du service (la méditation, ou le travail lié à l’émergence de Maitreya et des Maîtres), travail reposant sur un idéal spirituel qui génère l’énergie permettant de le mener à bien. Quand la tension spirituelle atteint un certain niveau, elle peut être constatée dans la créativité qui en résulte. Lorsque vous avez créé une tension spirituelle suffisamment élevée, la pression qu’elle engendre vous pousse à une action spirituelle. Car c’est bien d’action qu’il s’agit. Il n’est nullement question d’un agréable sentiment de spiritualité. Cela n’a rien à voir avec cela ; ce genre de sentiment est en grande partie du mirage. Le sentiment d’être une « personne spirituelle », le regard toujours légèrement tourné vers le ciel, n’élevant jamais la voix, ne riant jamais trop fort, ne disant jamais rien de dérangeant ni de grossier, n’étant jamais en conflit avec les autres, gardant toujours une attitude « spirituelle » – c’est du mirage. Rien que l’idée « d’être spirituel » est un mirage. Si vous êtes un être spirituel vous n’y pensez pas.
Les batteries spirituelles sont rechargées par les pensées spirituelles, et les pensées spirituelles s’expriment dans la créativité. Il ne s’agit pas d’avoir des pensées agréables, mais de se montrer créatif de quelque manière que ce soit. C’est ce qui crée la tension spirituelle. La méditation crée la tension spirituelle, particulièrement la méditation de transmission. C’est une action de nature spirituelle, et je ne veux pas dire par là ce qui est habituellement appelé une « bonne » action – naturellement celle-ci sera bonne si c’est une action spirituelle, mais elle n’a pas à être consciemment bonne ou « spirituelle ». C’est une action accomplie pour le bien du monde. Tout ce qui améliore l’état du monde, toute action de ce genre est spirituelle, qu’elle se situe sur le plan physique, le plan émotionnel, le plan mental, ou celui de l’âme. Tout ce qui élève la personne, ou l’humanité dans son ensemble, à un niveau supérieur est fondamentalement spirituel.

Q. Que signifie la déclaration : « Nous devons regarder les mirages sans illusion » ? (Europe)
R. La plupart des gens ont à la fois des mirages et des illusions. Les illusions sont liées aux idées, aux formes-pensées mentales. Tout le monde en a. Le corps mental du monde, le plan mental, est rempli de milliards de formes-pensées – énormes ou petites, sans cesse en augmentation, toujours changeantes. Ce sont des formes-pensées mentales.
Il existe également des formes-pensées astrales, ou émotionnelles ; elles sont plutôt liées aux émotions. Avec les formes-pensées émotionnelles nous faisons l’expérience d’un sentiment, d’une sensation, et nous y mettons un sens. Le sens, s’il n’est pas vrai, est du mirage. C’est seulement en utilisant le corps mental que vous pouvez savoir qu’il s’agit de mirage. Le mirage est surmonté par la lumière de l’âme venant jouer sur le mirage à travers le corps mental. La vision du corps mental doit être utilisée pour vaincre le mirage. La lumière de l’âme qui est l’intuition, doit être utilisée pour vaincre les formes-pensées mentales qui sont des illusions. Les formes-pensées sont des illusions ou elles sont vraies. La vérité est toujours là, vous n’avez pas à la découvrir. Si vous n’avez pas de mirages, vous ne faites pas l’expérience de sentiments illusoires ; vos sentiments sont vrais. Ils viennent du cœur et non du plexus solaire, ils ne sont pas dus à un mauvais usage de l’énergie astrale. Si les idées sont vraies, elles viennent de l’âme et elles sont créatrices, révélatrices, lumineuses. Par contre si elles sont illusoires, elles sont fausses. L’intuition, la lumière de l’âme, est nécessaire pour révéler leur caractère erroné.

Q. Comment reconnaître si notre intuition est pure ou au contraire colorée par l’illusion et le mirage ? (Europe)
R. En voyant si elle fonctionne. Lorsque l’intuition fonctionne, vous savez parce que vous savez. Vous n’avez pas à réfléchir – vous savez simplement qu’il en est ainsi. Comment savoir s’il s’agit d’intuition et non d’illusion ? Par l’expérience. Parce que cela fonctionne. Parce que cela illumine. Parce que c’est conforme aux enseignements donnés depuis des milliers d’années et que ce n’est pas une idée imaginaire.
La prochaine phase du développement de l’humanité est le développement de l’intuition. Les Européens et les Américains, en particulier, sont la cinquième sous-race de la cinquième race racine, utilisant le cinquième rayon (celui du mental concret) comme véhicule particulier d’expression. Cela a conduit à une énorme explosion de la science au cours des 120-130 dernières années. C’est le résultat de l’afflux de ce rayon déversé dans le monde à une puissance énorme. Il a de bons et de mauvais résultats. Il a ouvert le mental des gens aux réalités du monde physique. Il a débarrassé de milliers de superstitions, tout en créant par ailleurs sa propre forme de superstitions. Il a fermé l’esprit de millions de gens (particulièrement les doctes scientifiques eux-mêmes) à la nature plus profonde de la réalité, mais d’un autre côté, il a conduit au développement de la radio, de la télévision, du téléphone, des fax, des emails – toutes ces choses qui empiètent sur mon temps et mon énergie et m’empoisonnent la vie !
C’est de cette manière que la stimulation du cinquième rayon a activé notre capacité à inventer, à découvrir la nature de l’électricité, ou tout au moins à commencer, et à développer l’information, grâce entre autres à l’électronique. Mais il existe une immense illusion liée à la science, car elle laisse nécessairement de côté un vaste champ d’expérience qui n’a rien à voir avec le monde physique concret. Elle limite l’expérience de l’humanité au plan physique dense. C’est la raison pour laquelle il est si difficile aujourd’hui de faire passer certaines idées. Il a fallu des années et des années pour parler au monde de la Réapparition du Christ. Nous aurions dû être capables de le faire en deux ans. Mais, en raison de la réduction de la réalité au seul plan physique, il existe un immense scepticisme, une incrédulité qui plane au-dessus de nous, créée par le cinquième rayon du mental inférieur. Considérée à son propre niveau, cette vision du monde est juste, bien sûr. L’erreur, l’illusion, c’est que les scientifiques prennent le niveau qu’ils voient pour la totalité. Ce qu’il n’est pas, naturellement. Il s’agit d’un seul niveau.
Lorsque des scientifiques regardent un bois, ils ne le voient pas en tant que bois, ils voient seulement de nombreux arbres et ils les comptent. Ils savent qu’il s’agit d’un bois lorsqu’ils ont compté les arbres. Les ayant comptés, ils admettent qu’il s’agit d’un bois. Mais ils ne voient que les arbres.
La prochaine sous-race de la cinquième race racine verra se développer l’intuition sur une grande échelle. Pour répondre à votre question, comment reconnaître qu’il s’agit vraiment d’intuition ? Vous le reconnaissez grâce à une expérience détachée. Après avoir longtemps lutté contre le mirage et l’illusion, vous devenez de plus en plus détaché. Ce détachement lui-même vous donne un outil pour regarder l’illusion. Vous voyez qu’il ne s’agit que d’une illusion, que cela n’a aucune signification – ce n’est pas une intuition, c’est une illusion.
Lorsque j’ai été entraîné par mon Maître au début, je lisais quelque chose et je pensais l’avoir vraiment compris. Je lui demandais : « S’agit-il de ceci ou de cela ?» Et il répondait : « Exactement ! Exactement ! » Je me disais : « Je m’en sors bien, je ne me suis pas trompé. » Plus tard, pour autre chose, je faisais à nouveau jouer mon « intuition » et il répondait : « Exactement ». Il me fallut des mois pour réaliser qu’il avait simplement dit : « Exactement ». Cela ne voulait pas dire « Tu as raison » mais « Exactement – tu l’as dit. C’est ce que tu as dit ». Vous devez apprendre la manière de penser d’un Maître : il connaît toute illusion, la moindre supercherie du corps mental ou du corps astral qui créent des illusions ou des mirages. Il connaît ces illusions et ces mirages car il les a vus des milliers de fois auparavant. Il constate que tous ses disciples en ont, plus ou moins – des masses de mirages et d’illusions.

Q. Lorsque nous agissons à partir du cœur, nos actions sont imprégnées par l’âme. Comment distinguer entre une action qui vient de nos émotions et une action qui vient du cœur ? (Europe)
R. C’est là que le détachement entre en jeu ; cela dépend de la mesure dans laquelle vous êtes détaché – et c’est également une question d’expérience.

Q. Comment définir l’intuition ? Comment la développer ? Qu’est-ce qui n’est pas de l’intuition ? Quelles sont les caractéristiques de l’intuition ? (E-U)
R. Ce qui caractérise l’intuition, c’est son pouvoir de révélation, son caractère immédiat dans le temps et l’espace. Il n’y a pas de pensée, pas de raisonnement, pas de temps. C’est la connaissance instantanée de ce qui est. Lorsque l’intuition entre en jeu, vous savez vraiment. Ce n’est pas comme lorsque vous croyez savoir quelque chose, mais que vous pourriez avoir tort ou raison. S’il s’agit vraiment d’intuition, vous savez, et vous savez que vous avez raison. Il s’agit d’une faculté très particulière de l’âme qui lui permet de révéler la nature de la réalité.
Qu’est-ce que l’intuition n’est pas ? Ce n’est absolument pas la formation de pensées. Ce n’est pas le processus d’élaboration de grands schémas. Ce n’est pas le processus qui consiste à imaginer votre amour pour l’humanité tout entière. Ce n’est pas en soi la prise de conscience du fait que nous sommes un, même si cette conscience de l’unité peut conduire à la clarté du mental qui permet à l’âme de se manifester à travers lui. Il est plus facile de dire ce que l’intuition n’est pas que ce qu’elle est.

Q. Aller au-delà de la pensée aide-t-il à contrôler les illusions et à en finir avec elles ? Si oui, dépasser le processus de la pensée permet-il à la lumière de l’âme de pénétrer dans le mental et de développer ainsi l’intuition ? (E-U)
R. Oui. Aller au-delà du processus de la pensée est une forme de méditation. La méditation est l’un des moyens de contrôler le mental, non pas le contrôler dans le sens de lui refuser la possibilité de penser, ce qui serait inhiber, étrangler tout simplement le mental dans son processus de penser. Aller au-delà de la pensée n’est pas étrangler la pensée.
Aller au-delà de la pensée est littéralement aller au-delà. Il s’agit d’un processus de méditation, très utilisé en Orient par les Maîtres et les Avatars. C’est un processus qui consiste à « plonger à l’intérieur » comme ils disent. Vous trouvez alors la source du Soi, l’idée de « Je »; vous la trouvez au centre du cœur, le centre de l’âme dans le corps physique éthérique. Etant conscient de la notion du « Je », vous allez au-delà. Vous plongez à l’intérieur sur cette pensée « Je ».
Au cours de ce processus, vous pouvez penser : « Qui suis-je ? Qui suis-je ? » Vous découvrez ainsi que le « Je » prend sa source au centre du cœur. Pour trouver le « Je », vous devez localiser l’idée de « Je ». Vous découvrez que l’idée de « Je » et la respiration viennent d’une seule et même source. Lorsque vous ralentissez la respiration, vous ralentissez le processus de la pensée. Lorsqu’elle est ralentie au point de fonctionner à peine, vous pouvez plonger dans le centre du cœur, dans l’âme. C’est aller au-delà de la pensée, mais c’est un état de méditation.
Dans cet état de méditation, aucune illusion n’apparaît. En méditant ainsi, vous vous libérez, dans une large mesure, de la possibilité de créer de futures illusions. Lorsque vous agissez de cette façon, vous ne pouvez penser car vous êtes allés au-delà de la pensée. C’est un processus de méditation plutôt qu’un processus de pensée.
Penser correctement est penser sans illusion, ce qui n’est pas la même chose que méditer. Pour méditer correctement vous libérez votre mental de l’illusion, car la méditation éclaire le mental.

Auteur : Benjamin Creme, (1922-2016) : artiste et ésotériste britannique, ancien rédacteur en chef de Share International. Son contact télépathique avec un Maître de Sagesse lui permettait de recevoir les informations les plus récentes concernant l’émergence du Christ et de s’exprimer sur les enseignements de la Sagesse éternelle.
Thématiques : sagesse éternelle, spiritualité
Rubrique : Dossier ()