L’article suivant est la transcription d’une conférence donnée par Benjamin Creme à l’occasion de la rencontre des groupes de transmission qui s’est déroulée à San Francisco, aux Etats-Unis, en août 2003.
Dans les ouvrages d’Alice Bailey le Maître Djwhal Khul dit ceci :
« Le problème de l’illusion réside dans le fait que l’illusion est une activité de l’âme et le résultat de l’aspect mental de toutes les âmes en manifestation. C’est l’âme qui est plongée dans l’illusion, l’âme qui ne parvient pas à voir clairement jusqu’au moment où elle apprend à déverser sa propre lumière dans le mental et le cerveau. »
Il se peut que ceci soit pour vous une révélation. Vous n’aviez peut-être jamais envisagé que l’âme puisse être restreinte en quoi que ce soit. Vous pensiez sans doute que la restriction venait toujours de l’aspect matière, de la personnalité, du caractère trop inadéquat de l’appareil physique, astral ou mental, pour permettre à l’âme une conscience exacte du monde extérieur dans lequel nous vivons.
Nous fournissons à l’âme l’accès vers l’extérieur, mais si nous n’avons pas l’appareil qui convient, l’âme ne peut voir. On a beaucoup insisté dans les enseignements sur le fait que l’appareil était inadéquat, et il l’est effectivement. L’inertie de la matière elle-même rend difficile, parfois même impossible, pour l’âme d’utiliser de manière satisfaisante l’appareil procuré par la personnalité dans une incarnation donnée. Il en résulte au niveau mental ce que nous appelons l’illusion. Le mental et le cerveau interprètent la réalité, et donc ce que l’âme voit, de façon erronée. C’est précisément cette mauvaise interprétation de la réalité qui est à l’origine de l’illusion.
Nous voyons le monde, notre mental enregistre toutes les idées, les formes-pensées, les idéologies et les différents points de vue et nous essayons d’y trouver un sens. Si ces idées et idéologies nous attirent, nous nous y attachons. Nous rejoignons tel ou tel groupe, ou telle ou telle organisation, et nous remplissons ainsi notre mental d’illusion.
Nous nous comportons de telle façon qu’il est impossible pour l’âme de voir clairement, véritablement, sans entrave, à quoi ressemble réellement le monde. Nous lui montrons notre propre conception du monde. Après avoir côtoyé toutes les idées, les idéologies, les partis politiques, les différentes manières de vivre et de penser, les différentes religions, doctrines et dogmes, nous nous retrouvons dans un brouillard, un manque de lumière, que nous appelons illusion, fermant ainsi le mental de la personnalité à la lumière de l’âme.
L’âme cherche à déverser sa lumière à travers le corps mental. Lorsque l’illusion se situe au niveau astral, nous l’appelons mirage. Le monde est rempli de mirage. Certains d’entre vous connaissent plus ou moins leurs propres mirages. Chaque individu en incarnation, excepté les Maîtres et les grands initiés, souffre de mirage ou d’illusion. Nous ne voyons pas le monde tel qu’il est réellement. Nous vivons dans la Grande Illusion.
La plupart des gens qui commencent à penser (c’est là que se situe la différence entre le mirage et l’illusion) utilisent leurs pensées et leurs interprétations comme si elles étaient réelles, et effectuent un choix parmi elles. Certains, par exemple, aiment éprouver des sentiments et ils trouvent une façon sentimentale de s’exprimer. D’autres sont d’un type plus austère, et ils peuvent préférer une approche plus austère. Nous nous attachons à ce que nous pouvons interpréter, ce que nous pensons être vrai.
« L’illusion est principalement de nature mentale et caractéristique de l’attitude d’esprit de ceux qui sont plus intellectuels qu’émotifs. Ils ont dépassé le mirage tel qu’on le comprend généralement. Ils sont surtout coupables d’une compréhension erronée d’idées et de formes-pensées ainsi que de fausses interprétations […]
L’illusion est aujourd’hui si puissante qu’il y a peu de gens au mental tant soit peu développé qui ne soient sous l’emprise de ces grandes formes-pensées illusoires ayant leurs racines dans la vie inférieure de la personnalité et dans la nature du désir des masses. »
Nous vivons dans un monde envahi d’illusions. Chaque pays dans le monde a les siennes. S’il s’agit d’un vaste pays, comme la Russie ou les Etats-Unis, les gens ont généralement des illusions de grandeur. Ils cherchent à dominer, à s’agrandir. Plus le pays est vaste, plus il cherche à s’agrandir. C’est une chose bizarre. On pourrait penser que des pays comme la Russie ou les Etats-Unis seraient fatigués d’être aussi grands. Ils pourraient avoir l’impression d’être difficiles à gérer et mal organisés. Mais non, ils aimeraient devenir encore plus grands.
On pourrait croire que ce vaste territoire appelé les Etats-Unis, près de 5 000 km d’est en ouest et plus de 3 000 du nord au sud, devrait suffire à satisfaire la plupart des gens. Mais non. D’où viennent le Texas, le Nouveau-Mexique, la moitié de la Californie ? Les Etats-Unis les ont volés au Mexique. Le désir d’être le plus grand et le meilleur, de s’agrandir, de créer cette forme-pensée de supériorité, est une immense illusion existant chez les Américains. Aujourd’hui, sous l’administration républicaine actuelle, les Etats-Unis semblent tendre à la création d’un système politique et économique mondial qui serait sous leur domination.
Les Britanniques ont dirigé une immense partie du monde pendant près de deux cents ans, jusqu’au milieu du XXe siècle. Lorsque vous regardiez une carte du monde, vous pouviez voir du rose. Là où vous voyiez du rose, c’était la Grande-Bretagne, les dominions et les colonies britanniques, appartenant à la Grande-Bretagne et dirigés par elle, bien ou mal. Cela donnait à la Grande-Bretagne la grande illusion d’être une superpuissance. Pendant une courte période elle le fut effectivement.
Lorsque les Espagnols sont allés conquérir la plus grande partie de l’Amérique du Sud, ils ont pris tout l’or et l’argent qu’ils ont pu trouver, et l’Espagne est devenue le pays le plus riche du monde. En Europe, les Espagnols se sentirent puissants et dominants, mais seulement pendant un certain temps. Ce genre de situation se répète régulièrement.
En Europe, l’arrivée de Napoléon sur la scène mondiale fut à l’origine d’un processus qui fit de « la France glorieuse » une illusion puissante, une puissante forme-pensée. L’aspiration française à changer la corruption, la civilisation surfaite des rois Louis, conduisit à une campagne militaire de conquête menée par Napoléon, qui couvrit toute l’Europe et une partie de la Russie et de l’Afrique. C’est l’illusion de la grandeur. La colonisation qui a eu lieu du XVIe au XIXe siècle fut le résultat de l’illusion d’une expansion.
Aujourd’hui, les Etats-Unis sont engagés dans quelque chose de similaire, un programme d’expansion sous la bannière d’une « guerre contre le terrorisme » et de la création d’une « Pax Americana » dans le monde entier. Les bases que les Etats-Unis détiennent aujourd’hui à l’étranger, plus de 2 000, fournissent le soutien militaire nécessaire pour « faire la police » dans le monde. Etre les gendarmes du monde, comme se considéraient les Britanniques, et comme les Américains se considèrent aujourd’hui, est une immense illusion. C’est une attitude insoutenable, ridicule et aujourd’hui très inquiétante pour la paix dans le monde. C’est une illusion à grande échelle.
L’illusion parcourt toute la gamme, depuis l’illusion au niveau des nations et de la politique mondiale jusqu’aux illusions qui régissent le travail de groupes comme le nôtre.
Certains groupes ne sont pas sortis d’incarnation, pour ainsi dire, mais ont perdu leur impact dans le monde, perdu leur autorité et leur réalité en raison de l’illusion de leur origine. Je pense, par exemple, à la société théosophique, qui fait encore du bon travail, publie les enseignements théosophiques, et peu à peu, tranquillement, diffuse les enseignements des Maîtres à travers H. P. Blavatsky et d’autres auteurs. La vaste majorité des premiers théosophes se considéraient comme la pointe de la connaissance, le fer de lance du changement de conscience dans le monde. En un certain sens c’était vrai, car, pour la première fois de mémoire d’homme, les idées de la Hiérarchie furent publiquement révélées. Mais elles furent alors controversées, rabaissées, considérées comme l’œuvre du diable, tout comme n’importe quel changement de direction parmi les adhérents de n’importe quelle religion. Tout changement est considéré comme « l’œuvre du diable ».
Le changement peut être bon ou mauvais, mais si les choses fonctionnent bien, en général vous ne les changez pas. Lorsque les choses fonctionnent mal, lorsque se manifeste le besoin de changement, le besoin d’idées nouvelles, d’un nouvel apport d’énergie, c’est le signe certain que l’enseignement de l’époque a atteint ses limites. Il ne peut plus rien révéler, et il devient de plus en plus cristallisé. Les enseignements d’une grande partie du monde avaient atteint ce genre de limites lorsque la Doctrine secrète, par exemple, l’ouvrage majeur d’H. P. Blavatsky, fut publiée.
Il est certain que dans le domaine religieux la porte fut hermétiquement fermée contre l’introduction de la théosophie. La théosophie est la philosophie concernant Dieu. Il ne peut exister plus grande menace contre la religion, ont pensé nombre de personnes, et cependant la théosophie n’a jamais été opposée à la religion – au contraire. Les religieux de l’époque trouvèrent à redire à tout ce qui était avancé par Mme Blavatsky. Il en fut de même pour les scientifiques. Les plus renommés d’entre eux furent parmi les critiques les plus sévères et, même de nos jours, à chaque fois qu’il est fait mention de Mme Blavatsky dans des journaux ou dans des médias, elle a très mauvaise presse.
Il s’agit d’une femme qui était une initiée de quatrième degré, le même niveau que Jésus en Palestine, ou Léonard de Vinci, et cependant elle est encore rabaissée, accusée de supercherie. On l’accuse notamment d’avoir triché dans les séances où elle intervenait en tant que médium, bien qu’elle n’ait jamais triché (elle n’en avait d’ailleurs nullement besoin), et elle a une très mauvaise réputation.
C’est, en fait, parce que les idées venant de la Hiérarchie sont absolument explosives. Elles ont perturbé les idées de l’époque, qui étaient pleines d’illusion. Les idées données par l’intermédiaire d’H. P. Blavatsky, les idées de la Hiérarchie, furent délibérément envoyées dans le monde, pour éclairer la voie, la débarrasser des mirages et des illusions qui aujourd’hui encore empoisonnent les sentiments et les pensées de la plupart des gens. Plus la personne est intellectuelle, plus son problème sera l’illusion.
J’ai été critiqué récemment pour avoir qualifié de « stupides » de soi-disant scientifiques, dans Partage international, en référence à leur réaction au sujet des agroglyphes. En lisant le Maître D. K., l’autre jour, j’ai trouvé un passage où il traite également certains scientifiques de stupides. Je suis donc en bonne compagnie. Le Maître D. K. explique également que tous les disciples doivent, tout d’abord et avant tout, faire preuve de courage. Le monde ne se débarrassera jamais de l’illusion si nous manquons de courage. L’un des devoirs des véritables disciples, selon le Maître D. K., est d’exprimer ouvertement leur désaccord avec n’importe quelle autorité – que ce soit dans le domaine scientifique, religieux, politique, ou autre – lorsqu’ils ne sont pas du même avis et ont une vision des choses plus profonde et plus claire.
Lorsqu’un disciple pense que quelqu’un a tort, il lui appartient de le dire. S’il se contente de s’esquiver et de prétendre qu’il n’a pas d’avis sur la question, et rien de meilleur, de plus clair, de plus vrai, à proposer, il n’a alors de disciple que le nom. Le vrai disciple est celui qui ne connaît pas la peur. L’absence de peur est essentielle à tous les disciples.
Selon le Maître D. K., le problème du mirage ne peut être surmonté qu’à travers le corps mental, l’âme révélant le mirage à travers celui-ci. Et il ajoute : « C’est déjà beaucoup que vous ayez reconnu l’existence du mirage et de l’illusion. La majorité des gens ne sont pas conscients de leur présence. » Il vous suffit de parler à la plupart des individus pour constater que c’est vrai. Ils sont généralement totalement inconscients du fait qu’ils vivent dans le mirage et l’illusion.
« Un grand nombre de braves gens ne les voient pas et ils idéalisent leurs mirages. » Ils les idéalisent ! Ils pensent qu’ils sont merveilleux. « Ce que je possède de mieux est ce mirage », quel qu’il soit. Et ils considèrent leurs illusions comme des possessions de haute valeur et chèrement payées.
Les gens rejoignent des partis politiques et des organisations. Ou bien ils se joignent à un groupe qui n’est pas une organisation et ils le transforment en organisation, et se mettent en position de pouvoir. Cela leur donne une illusion de grandeur, d’importance. C’est une manière cachée d’exercer un contrôle. C’est une illusion majeure qui domine toute la société.
Tous les partis politiques, tous les soi-disant groupes spirituels, tous les groupes partout, s’efforcent d’atteindre une situation où ils seront en mesure d’exercer un contrôle. Il se peut que ce ne soit pas le cas du groupe dans son ensemble, mais d’individus en faisant partie. Ce contrôle leur donne un sentiment de pouvoir. C’est le pouvoir qui les intéresse, non pas le service qu’ils pensent apporter, que ce soit dans le domaine politique, spirituel ou religieux. Consciemment ou inconsciemment, ils recherchent le pouvoir. C’est le grand mirage et l’énorme illusion de leurs vies.
Ils peuvent gaspiller des années à lutter afin d’obtenir une position importante et de la conserver aux dépends des autres dans leur groupe particulier, qu’il soit religieux, politique, social, scientifique ou académique. Toute institution que vous puissiez citer, tout groupe auquel vous puissiez faire allusion, sont aujourd’hui confrontés à ce problème.
Le Maître D. K. dit : « L’illusion est aujourd’hui si puissante qu’il y a peu de gens au mental tant soit peu développé qui ne soient sous l’emprise de ces grandes formes-pensées illusoires ayant leurs racines dans la vie inférieure de la personnalité et dans la nature du désir des masses […]
L’illusion est la méthode par laquelle la compréhension limitée et la connaissance matérielle interprètent la vérité, la voilent et la cachent derrière un nuage de formes-pensées. Ces formes-pensées deviennent plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent par conséquent la manière dont on aborde la réalité. »
Il existe de nombreux problèmes dans le monde, mais le problème de la conscience est précisément que plus vous êtes éduqué, plus vous êtes avancé dans votre profession, plus il est vraisemblable que vous viviez dans l’illusion, car celle-ci procure la forme permettant d’assouvir ce désir de contrôle. L’institution qu’elle soit religieuse, politique ou académique, procure une structure permettant d’accéder à une position de plus en plus élevée de pouvoir et de contrôle.
Vous avez peu à peu de l’avancement, ce qui vous donne un pouvoir sans cesse accru, une possibilité de plus en plus grande d’exercer un contrôle sur les événements, l’argent et les gens, au sein de cette institution. C’est un mirage majeur qui sévit partout, depuis le Pentagone jusqu’aux marchés boursiers. Il s’agit du même mirage, de la même illusion, que tout ceci a un sens. L’idée que gagner de l’argent apporte le bonheur, que gagner encore davantage d’argent apporte un bonheur encore plus grand est une illusion. Si vous vivez dans des conditions désespérées, si vous avez à peine de quoi vous nourrir, de quoi vêtir et éduquer vos enfants, il est évident que gagner davantage d’argent allègerait ce stress. Mais l’idée que vous avez besoin de devenir millionnaire, et, une fois millionnaire, de devenir milliardaire, et que la manière d’y parvenir est d’investir en Bourse, est une illusion.
Les gens passent leur temps, jour après jour, à lire dans les journaux spécialisés comment faire de l’argent, comment augmenter les bénéfices de l’argent qu’ils ont investi. C’est vivre coupé du monde, ne rien donner en échange. C’est simplement jouer, investir de l’argent, en tirer le double, le triple, et ainsi de suite. Faire fortune sur les marchés boursiers n’apporte rien à la société. C’est une énorme forme-pensée illusoire et des millions de gens, dans tous les pays, ont accepté cela comme une réalité.
C’est la raison pour laquelle Maitreya appelle les marchés boursiers « les casinos du monde ». Ils ne doivent rien à la société et ne lui donnent rien. Ils permettent à quelques personnes qui ont davantage d’argent qu’elles n’en ont besoin d’augmenter leur épargne sans rien faire, sans travailler, mais simplement d’avoir de l’argent disponible, dont les intérêts rendent la vie facile.
Ces formes-pensées obscurcissent et envahissent nos vies. Il ne s’agit pas d’une fantaisie passagère. Tout ce que j’ai dit sur l’illusion se poursuit en ce moment même et constitue la vie de la plupart des gens.
Par ailleurs, et ceci est peut-être encore plus triste : « Cette forme d’illusion devient de plus en plus répandue parmi les disciples et parmi ceux qui ont passé les deux premières initiations […] Le sens de ce qu’ils ont atteint les envahit, ainsi que le sentiment de leur responsabilité et de leur connaissance. De nouveau, ils se surestiment, considérant eux-mêmes et leur mission comme uniques parmi les fils des hommes. Leurs exigences ésotériques et subjectives de reconnaissance entrent en jeu et gâtent ce qui, autrement, aurait pu être un service fructueux. Tout accent mis sur la personnalité peut déformer très facilement la pure lumière de l’âme qui cherche à se déverser à travers le soi inférieur. Tout effort fait pour attirer l’attention sur la mission ou la tâche qu’entreprend la personnalité détourne de cette mission et handicape l’homme dans cette tâche jusqu’au moment où il est en mesure de n’être plus qu’un canal à travers lequel l’amour peut se déverser et la lumière briller. Cet influx et cette radiation doivent être spontanés et sans référence au soi. »
Combien de fois voyons-nous, ou entendons-nous parler de groupes dirigés par tel ou tel individu qui pendant quelque temps, une saison, un an ou deux, occupent une position en vue ? On le voit, ou on l’a vu beaucoup, ici aux Etats-Unis. Chaque fois que je suis venu depuis 1980, j’ai entendu parler de quelque « gourou » ou instructeur célèbre à la tête d’un vaste groupe. Ils vivaient dans une retraite privilégiée, à la campagne ou à la montagne, dans des endroits merveilleux.
Ceux que j’ai eu l’occasion de rencontrer m’ont paru imprégnés de mirage à un niveau vraiment pénible. J’essayais de ne pas le montrer, naturellement, et les choses en restaient là. Six mois ou un an plus tard, on n’entendait plus parler du groupe en question, ou on apprenait qu’il avait des difficultés financières, après avoir dilapidé 400 000 dollars à aménager des bâtiments qui étaient repris par le bienfaiteur. Il y avait toujours quelque magouille, en général des histoires d’argent.
Ceci arrivait parce que l’essence du groupe n’était pas réelle. Elle était basée sur quelque chose d’imaginaire. L’individu qui avait lancé le groupe avait probablement un certain sens du service, ou il avait vécu une expérience particulière. Peut-être était-il sensitif au niveau astral, en contact avec quelque entité, sur le cinquième ou le sixième plan astral par exemple, et recevait-il des pensées et des idées agréables et cohérentes à ce niveau. Ces idées attiraient le type de personne répondant à ce qui vient du plan astral, mais elles n’intéressaient pas ceux qui demandent plus de clarté, plus de contact avec le monde extérieur, le monde de la réalité, et pour finir le groupe cessait de lui-même ses activités et on n’entendait plus parler de lui. Ceci est arrivé à maintes reprises.
Plus dramatique encore, vous pouviez apprendre qu’ils s’étaient tous tués en absorbant du poison ou en utilisant des armes. Toutes sortes de faits horribles ont marqué l’histoire de certains de ces groupes « spirituels » les plus bizarres. Mais ce « spirituel » est basé dans 99 % des cas sur une immense illusion – celle du fondateur et de ceux qui l’ont suivi dans le feu, dans la mort, dans les montagnes ou ailleurs.
Ma fille a récemment rencontré Maitreya dans Hyde Park à Londres. Elle avait quelque chose à faire et elle était pressée. Un homme âgé la rejoignit et ils se mirent à marcher côte à côte. Il lui dit soudain : « Je vais vous dire quelque chose de très important. » Naturellement elle était tout ouïe. Il dit alors : « Tout est énergie. Tout est composé d’énergie, vibrant en petites molécules. Et tout ce qui est fait d’énergie a son opposé. Par exemple, il se peut que vous ayez été déprimée cette année, lasse, les choses allant mal, mais qui peut dire que l’année prochaine tout ne sera pas différent ? Tout pourrait être agréable et se dérouler de manière heureuse. Tout est ainsi. Tout change. C’est comme Tony Blair, il s’est mis sur un piédestal. » Puis il ajouta : « Regardez-le. Il va sûrement dégringoler. » Après avoir dit cela, il demanda à ma fille un baiser sur la joue en paiement de l’information. Là-dessus ils se séparèrent et poursuivirent leur chemin chacun de leur côté.
Ceci montre quel regard les Maîtres portent sur les mirages et la réalité. Ils voient la réalité et savent que ce que nous-mêmes voyons est entièrement différent de la vérité. La vérité ne peut être perçue par l’âme car la personnalité ne lui permet pas de la voir. Nous avons caché la vérité.
Nous voyons une idée. A partir de notre faux langage, de notre fausse éducation, de notre ignorance, de notre manque de discernement, nous interprétons selon la « norme», la ligne académique, la manière généralement admise, que ce soit dans le domaine politique, religieux, ou éducatif.
En d’autres termes, nous acceptons le « statu quo ». Tout cela parce que nous avons peur de changer quoi que ce soit. Nous craignons le changement et par conséquent nous n’en voyons pas la nécessité. Nous recouvrons d’un voile le besoin de changement, la réalité qui est là, le véritable état du monde, la douleur, la souffrance, l’insécurité. Je ne veux pas dire seulement le terrorisme, mais l’insécurité de la vie, dont naturellement le terrorisme fait aujourd’hui partie, car nous ne voulons pas la voir. Tout cela est trop déstabilisant, trop effrayant, et nous le recouvrons d’illusion. Nous recouvrons tout fragment de vie d’illusion. Il en est ainsi au niveau des groupes, des partis politiques, des gouvernements. Tous ont leur manière différente de fonctionner et de voiler la vérité. Quelle est la réponse ? Comment sortir de cette situation ?
Le Maître D. K. déclare que seule l’intuition peut surmonter l’illusion. « C’est dans la méditation et par la technique de la maîtrise mentale que les vrais penseurs commenceront à débarrasser le monde de l’illusion. D’où l’intérêt croissant pour la méditation à mesure que l’on se rend compte du poids du mirage mondial, et d’où aussi la nécessité vitale qu’il y a à comprendre correctement le chemin menant à la maîtrise mentale[…]. Seule l’intuition peut dissiper l’illusion, d’où le besoin d’avoir des intuitifs entraînés. »
L’intuition est la lumière de l’âme, le niveau bouddhique de l’âme agissant directement à travers le mental. Lorsque le mental est débarrassé de l’illusion, buddhi ou l’intuition, peut se manifester. Lorsque l’intuition se manifeste, elle débarrasse immédiatement le mental de l’individu de toutes ses illusions. C’est comme lorsqu’on fait le ménage. Un jour vous entrez dans une maison et vous voyez les toiles d’araignées. Vous avez vécu dans cette maison chaque jour pendant des années et vous n’aviez jamais remarqué qu’elle était remplie de toiles d’araignées. Lorsque vous vous en apercevez, vous prenez un balai et vous commencez à les enlever.
La faculté que nous appelons intuition est le prochain niveau du mental à développer. Au niveau actuel de l’humanité, la plupart des gens travaillent en utilisant le raisonnement, la pensée. Nous sommes capables de penser. Plus nous en sommes capables, plus nous nous considérons comme intelligents.
Malheureusement, les membres de groupes ésotériques croient avoir l’esprit plus clair au sens ésotérique, justement parce qu’ils appartiennent à un groupe ésotérique. Mais ils peuvent être encore plus assujettis au mirage, et ils le sont souvent, que ceux qui ne savent rien de l’ésotérisme. De tous les groupes qui existent dans le monde, les groupes ésotériques sont parmi les plus assujettis au mirage et les plus chargés d’illusion.
Si quelqu’un occupe une fonction lui donnant une certaine autorité, ou un certain niveau de responsabilité dans le monde extérieur, et s’il fait également partie d’un groupe ésotérique, il a tendance à faire un amalgame et à penser que dans le groupe ésotérique, il devrait avoir le contrôle, le pouvoir, qu’il détient dans le domaine académique, religieux ou scientifique. Dans un groupe ésotérique cela ne marche pas. Il n’existe pas de position de pouvoir dans un véritable groupe ésotérique.
C’est la grande question dont j’ai déjà parlé auparavant, le problème de l’organisation qui tend à prendre la place d’une forme organique d’organisation. Certains entrent dans un groupe comme le nôtre par exemple, et organisent, organisent. Ils pensent être doués pour l’organisation. Ils le sont peut-être, ou peut-être pas, mais cela n’a rien à voir avec la nature ésotérique du groupe.
Un groupe ésotérique ne fonctionne pas par l’organisation. En fait, le Maître D. K. dit que la société théosophique s’est échouée sur le « roc de l’organisation ». Lorsque H. P. Blavatsky est décédée et a laissé le champ libre, le travail principal s’est effondré car son âme n’était pas impliquée dans le groupe. C’était une initiée de quatrième degré. Elle travaillait uniquement par l’intermédiaire de sa personnalité imprégnée par l’âme, et lorsqu’elle est dé-cédée et que sa personnalité a disparu, le groupe a sombré.
Il s’est échoué sur le roc de l’organisation introduite par les gens « intelligents ». H. P. Blavatsky n’était pas une personne intelligente au sens banal du terme. C’était un génie, l’une des plus grandes initiées du monde. Pas une « je sais tout », comme certains de ceux qui sont arrivés après et qui ont édifié la structure de la société théosophique, l’ont répandue à travers le monde, et ont créé une fixation dans l’essence des enseignements théosophiques, ce qui les a, dans une large mesure, empêchés de progresser depuis l’époque d’Annie Besant. Ils ont ainsi cristallisé les enseignements et fermé la société théosophique aux idées démocratiques d’Alice Bailey et aux nouveaux enseignements donnés à travers Alice Bailey par le Maître D. K.
Vous devez être très clairs envers vous-mêmes. Tous dans ce groupe doivent se regarder et essayer de découvrir en quoi ils sont assujettis au mirage et en quoi ils sont remplis d’illusions. Ce qu’ils considèrent comme leurs plus grandes qualités, celles qui les ont amenés dans le groupe, sont probablement leurs plus grandes illusions. C’est pourquoi le Maître D. K. parle de « leurs possessions les plus chères ». Ce pourquoi ils ont travaillé si dur, et qu’ils ont développé tout au long de leur vie, n’a en réalité guère de valeur lorsqu’il s’agit de devenir un disciple.
Nous présentons nos expériences à travers nos fausses interprétations qui sont toutes liées à la personnalité, au moi. Elles rassurent notre moi. Elles peuvent être liées à l’idée de patriotisme. « Je suis américain », ou « Je suis britannique », ou « Je suis français », donc pas n’importe qui. Ce sont les formes-pensées qui conditionnent la vie des nations. Presque tous les Britanniques sont patriotes. Ils pensent tous que les footballeurs britanniques sont les meilleurs du monde, ce qui est un non-sens. Personne d’autre ne pense que le football britannique est le meilleur du monde. Il l’a été – mais pas longtemps.
Regardez tous les drapeaux partout aux Etats-Unis. Je n’ai jamais vu un pays aussi décoré de drapeaux. C’est toujours le même drapeau, les mêmes rayures, les mêmes étoiles.
« L’objectif de tout entraînement donné sur le Sentier du disciple, et jusqu’à la troisième initiation, est de provoquer une façon de penser qui libérera le disciple de l’illusion […] ».
Ceci a trait à la liberté de notre pensée. Elle doit être claire. Nous sommes tellement assujettis au mirage que, même lorsque nous sommes instruits et que nous commençons à utiliser dans une certaine mesure nos facultés mentales, notre pensée est encore remplie de mirage, ou plus exactement d’illusion, comme on l’appelle sur le plan mental. Il nous est très difficile d’avoir une vision exacte de la vie, car nous ne clarifions pas la voie qui permet-trait à l’âme de nous la montrer telle qu’elle est. L’âme regarde vers l’extérieur, et elle voit ce que nous lui avons présenté comme la réalité. Et elle est ainsi perdue dans l’illusion. C’est un problème majeur.
« […] de provoquer une façon de penser qui libérera le disciple de l’illusion et lui donnera l’équilibre émotionnel fermant la porte à tout mirage mondial.
Une des questions qui se posent à l’aspirant est de savoir comment reconnaître vraiment le mirage lorsqu’il surgit et comment être conscient des mirages qui obstruent son sentier ainsi que des illusions qui élèvent un mur entre lui et la lumière. C’est déjà beaucoup que vous ayez reconnu l’existence du mirage et de l’illusion. »
Nous savons tous que le mirage et l’illusion existent. Mais le savez-vous en tant qu’affirmation ésotérique ou en tant que résultat de l’expérience ? Dans quelle mesure reconnaissez-vous vraiment l’existence du mirage et de l’illusion ? Pouvez-vous les voir en vous-mêmes ? Est-ce pour vous un sujet de préoccupation quotidienne ? Ou est-ce juste une idée que vous avez adoptée en lisant le Maître D. K. et en disant : « Oui, j’admets que le mirage et l’illusion sont des choses terribles, oui c’est terrible. » Vous admettez qu’ils existent ou voyez-vous qu’ils existent ? Vous devez les voir. Vous devez en faire l’expérience, voir où le mirage et l’illusion cachent la vérité, voir où les gens cachent la vérité, voir en quoi ils ne sont pas authentiques. Ils pensent se montrer sous leur vrai jour. Ils en ont l’intention. Ils ont tous de bonnes intentions. La plupart des gens dans un groupe comme celui-ci ont de bonnes intentions, mais l’action est souvent différente de l’intention.
Le Maître D. K. dit : « Le monde des phénomènes n’est pas nié, mais nous considérons le mental comme en donnant une fausse interprétation et comme refusant de le voir tel qu’il est en réalité. Nous considérons la fausse représentation comme constituant la Grande Illusion. »
Un aspirant, par un juste effort, parvient à prendre contact avec son âme ou ego. Par la méditation, de bonnes intentions, la technique correcte et le désir de servir et d’aimer, il parvient à établir l’alignement. Il devient alors conscient des bons résultats de son travail. Son mental est illuminé, un sentiment de pouvoir passe à travers ses véhicules. Il devient, temporairement du moins, conscient du Plan. Les besoins du monde et la possibilité pour l’âme de satisfaire ces besoins inondent sa conscience. Son dévouement, sa consécration, son juste motif augmentent l’influx d’énergie spirituelle. Il sait, il aime, il cherche à servir, et il y réussit avec plus ou moins de succès. Le résultat en est qu’il devient plus animé par un sentiment de pouvoir et par le rôle qu’il doit jouer en aidant l’humanité qu’il ne l’est par un juste sens des proportions et des valeurs spirituelles. Il se surestime et surestime aussi son expérience.
Au lieu de redoubler d’efforts, d’établir ainsi un contact plus étroit avec le royaume des âmes [les Maîtres] et d’aimer tous les êtres plus profondément, il commence à attirer l’attention sur lui-même, sur la mission qu’il doit accomplir, sur la confiance que le Maître et même le Logos planétaire lui manifestent apparemment. Il parle de lui-même ; il gesticule, il demande que ses mérites soient reconnus. Ainsi, son alignement diminue graduellement ; son contact avec l’âme s’affaiblit ; il rejoint les rangs de ceux qui ont succombé à l’illusion du sentiment de pouvoir. Cette forme d’illusion devient de plus en plus répandue parmi les disciples et parmi ceux qui ont passé les deux premières initiations. »
Comment se débarrasser de cette terrible réalité du mirage et de l’illusion ? Le mirage est, à un niveau inférieur, la somme de toutes les réactions émotionnelles de la masse des gens depuis le commencement des temps, et des formes-pensées que ces réactions émotionnelles ont créées. Il est sans fin, profond, sordide et intolérable. Pour un Maître qui possède une vision claire, débarrasser l’humanité de ce terrible fardeau doit sembler une lutte interminable.
Tout effort de notre part visant à libérer l’humanité du poids, de la prison du mirage, doit être une journée formidable pour la Hiérarchie. On y parvient par l’expérience, en apprenant à regarder les mirages, à les reconnaître et à travailler sérieusement à les surmonter.
Nous sommes toujours capables de reconnaître les mirages chez les autres ; c’est la chose la plus aisée du monde. Tous les autres ont des mirages. La difficulté, c’est de voir les siens. Voir ses propres mirages, tel est le problème. Les voir et les mesurer, voir ceux qui sont profondément ancrés et importants, comme la peur, le pire de tous, celui dont découlent probablement les mirages les plus graves. Voir que la peur est à la racine de tout le malheur, de toute la souffrance du monde et essayer de reconnaître les illusions. Cela signifie utiliser la faculté d’intuition.
C’est difficile à faire car vous devez avoir de l’intuition avant de pouvoir l’utiliser. Mais nous en avons tous le potentiel, et l’intuition est la faculté de l’esprit qui remplacera la faculté que la plupart des gens jugent si importante aujourd’hui, la capacité à penser, à raisonner. Le raisonnement est devenu le moyen qui nous permet de faire des « miracles ». Nous pouvons fabriquer des bombes qui tueront des gens, des centaines de milliers à la fois. Nous pouvons fabriquer des fusées qui iront sur la lune et en reviendront.
Nous sommes assez doués pour concevoir des projets, mais pas toujours de manière correcte en raison des illusions et des mirages de toutes sortes qui interviennent au cours du processus. Les Américains sont doués pour certaines choses et les Russes sont meilleurs pour d’autres, car les illusions propres à leur pays colorent ce qu’ils font. Les illusions colorent leur habileté à mener à bien une tâche, selon l’importance qu’ils lui accordent et la somme qu’ils sont prêts à dépenser.
Les Russes ont acquis une certaine maîtrise de l’espace, en dépensant relativement peu d’argent. Les Américains ont réalisé des choses plus spectaculaires. Ils ont envoyé un homme sur la lune. Ils ont des instruments beaucoup plus sophistiqués, si sophistiqués qu’ils ont des défaillances. Il s’est produit plusieurs événements dramatiques lorsqu’on a voulu envoyer des hommes dans l’espace. Certains étaient attendus et même prédits par les ouvriers de la Nasa, mais leur avis n’a pas été pris en compte par leurs supérieurs. Ils avaient pourtant mis en garde au sujet d’un anneau ou d’un couvercle de piston, par exemple. Ils savaient qu’ils étaient faits de telle façon qu’ils pouvaient s’avérer défectueux et présenter des fuites, et c’est en fait ce qui a causé l’un des accidents les plus tragiques. Rien n’a été fait car les mises en garde venaient d’un homme qui ne jouissait d’aucune autorité particulière. C’était un exécutant et le mirage de l’autorité, le mirage d’une personne occupant un poste supérieur et supposée avoir davantage de connaissances qu’un subalterne, a prédominé et les avertissements n’ont pas été pris en compte.
De même, lorsque les Maîtres ont averti les militaires américains, trois mois avant le 11 septembre, de la probabilité d’une attaque terroriste en septembre 2001, rien n’a été fait. Ils avaient averti les militaires en ce qui concerne le Pentagone et la Maison Blanche. Ils n’avaient rien dit au sujet des Twin Towers, mais ils avaient prévenu qu’une action de réelle envergure concernant le Pentagone et probablement la Maison Blanche aurait lieu. On aurait pu penser que quelque chose aurait été fait. Mais si grande est l’illusion que l’Amérique est intouchable, si grande est cette forme-pensée dans l’esprit de ceux qui dirigent le pays depuis le Pentagone, que rien ne fut fait. Les Etats-Unis sont davantage dirigés à partir du Pentagone qu’à partir de la Maison Blanche, bien que les deux aient des fonctions différentes, mais le Pentagone a le dernier mot. Les responsables ignorèrent ce qui leur avait été dit et le résultat fut tragique, ce fut la catastrophe du 11 septembre.
C’est le résultat du mirage et de l’illusion. Le mirage est celui-ci : « Nous pouvons faire tout ce que nous voulons. Nous sommes si forts, si riches, si puissants », même si ce n’est pas le cas. Le Japon détient 31 % de la dette nationale des Etats-Unis. Si le Japon et un ou deux autres pays, ou même le Japon seul, retirait son argent, encaissait les sommes investies sous forme de bons qui garantissent la dette américaine, le marché boursier serait en chute libre. Ce serait une catastrophe. Il ne faudrait rien de plus que cela.
Aveuglés par cette illusion et ce mirage, les dirigeants ne pensaient pas qu’une telle catastrophe puisse se produire aux Etats-Unis. C’est pourtant arrivé et cela se reproduira si les forces de sécurité de ce pays ne prennent pas au sérieux de futurs avertissements. Ils peuvent avoir de la chance. Ils peuvent anticiper ce genre d’événements. Ils l’ont peut-être déjà fait. Il est essentiel que les gens voient le monde tel qu’il est, et non comme ils veulent qu’il soit.
Après le 11 septembre, les Etats-Unis bénéficiaient de la sympathie du monde entier. Tout le monde aimait l’Amérique, se sentait concerné et pensait : « Cela aurait pu se passer dans n’importe quel pays développé. » Maintenant c’est le contraire. Les Etats-Unis sont vilipendés, haïs et ils font peur. Ils sont vilipendés et haïs justement parce qu’ils font peur. Ils font peur parce qu’on ne leur fait plus confiance. Aujourd’hui, personne ne fait plus confiance au gouvernement américain, tout le monde craint qu’il ne renverse l’équilibre mondial, ce qu’il tente de faire. C’est une énorme illusion, mais une illusion qui pourrait être vraie. Les illusions peuvent être fausses, mais elles peuvent aussi concerner des situations réelles. L’illusion que l’Amérique est puissante et prête à n’importe quoi pourrait bien être le facteur même qui rend possible la réussite d’un attentat comme celui du 11 septembre.
Il n’est bon pour personne de vivre dans l’illusion. Cela peut permettre de se sentir plus à l’aise, mais l’illusion coupe de la réalité. Développez l’intuition. La manière de développer l’intuition est de méditer, de pratiquer la méditation de transmission, la meilleure méditation qui soit pour amener le développement de l’âme et l’intuition. La divinité est cet état béni dans lequel vous voyez la réalité de façon parfaitement claire. Ceci ne peut être obtenu avec les seules facultés du mental inférieur. Il est impossible de voir la réalité avec le corps physique, le corps astral et le corps mental.
Au mieux, on peut être chef de gouvernement, directeur de banque ou d’une institution. On peut être au sommet de sa profession, mais cela ne signifie pas grand chose en termes de niveau d’évolution. Un travail extraordinaire est fourni par des gens dont le mental est quelque peu évolué et utilisé, et cependant ces mêmes personnes peuvent fort bien ne pas avoir passé la première initiation. En fait, elles pourraient passer la première initiation plus rapidement si elles n’étaient pas directeur de banque, ou principal de collège.
L’évolution est liée à l’état d’être, au degré d’imprégnation de l’âme à un moment donné. Si l’âme est immergée dans son véhicule et voit la réalité à travers lui, celui-ci peut être évolué. Mais s’il est seulement capable de penser, d’utiliser le cerveau, il utilise les facultés du mental inférieur. Ce n’est pas ainsi que se mesure le niveau d’évolution. L’un des plus grands mirages et l’une des plus grandes illusions des personnes appartenant à des groupes soi-disant ésotériques sont qu’elles croient être évoluées parce qu’elles font partie d’un groupe ésotérique. Très souvent, elles le sont moins que des gens qui n’ont jamais entendu parler d’ésotérisme, du Maître D. K. ou d’autres choses de ce genre. Pour être un disciple, il faut être très honnête envers soi-même.
[Les citations du Maître D. K. sont toutes tirées du chapitre intitulé « L’illusion » dans Réfléchissez-y, la compilation d’Aart Jurrianse . Ed Lucis]
Auteur : Benjamin Creme, (1922-2016) : artiste et ésotériste britannique, ancien rédacteur en chef de Share International. Son contact télépathique avec un Maître de Sagesse lui permettait de recevoir les informations les plus récentes concernant l’émergence du Christ et de s’exprimer sur les enseignements de la Sagesse éternelle.
Thématiques : sagesse éternelle, spiritualité
Rubrique : Dossier ()
