L’humilité ne constitue en rien un « complexe d’infériorité ». Le complexe d’infériorité reflète une approche négative de la vie, et doit être évité à tout prix ; il dissimule une certaine jalousie intellectuelle et spirituelle. Celui qui en souffre a l’impression que les autres lui sont mentalement ou spirituellement supérieurs ; aussi peut-il subtilement être poussé à imposer sa personnalité à ceux qu’ilconsidère comme supérieurs, cherchant ainsi à s’affirmer et à impressionner autrui.
L’humilité, quant à elle, est la vertu du disciple doté d’un juste sens des proportions, qui considère ses capacités, ses responsabilités et son travail sans aucun parti pris. L’humilité permet d’examiner et d’évaluer avec détachement et impartialité sa propre personnalité, ainsi que les occasions qui se présentent.
Cependant, le disciple peut parfois manifester une crainte exagérée envers l’arrogance, l’orgueil, la grandiloquence, et la surestimation générale de ses capacités, l’incitant à observer une attitude par trop humble, et ainsi à se sous-évaluer, à s’éloigner de la réalité, et à déprécier le pouvoir d’une personnalité imprégnée par l’âme. Une telle attitude pourra provoquer la dilapidation des opportunités offertes, une perte de temps, et engendrer une inefficacité dans le service. Etre capable de cheminer humblement dans la vie spirituelle, et néanmoins servir de façon pleinement efficace, implique discrimination et une véritable prise de conscience de ses capacités et des opportunités offertes par la vie. Aussi, acceptez-vous comme vous êtes, dans la situation et l’environnement où vous avez été placé, et aimez et servez au maximum de vos capacités.
Le disciple humble offrira tout ce qu’il possède en vue du service, mais, détaché, il n’accordera aucune importance à ce qu’il a donné de lui-même. Ainsi ne considérera- t-il que le service à rendre, et non pas le rôle joué par la personnalité dans l’exécution du service — c’est ainsi qu’il sert avec total oubli de soi.
La véritable humilité se base toujours sur les faits et la vision nette des choses — une vision qu’on ne peut interpréter correctement qu’avec humilité. Ainsi n’y a-t-il rien de mal à se considérer comme disciple, mais c’est un sujet strictement personnel, à aborder, à admettre, puis à intégrer, de manière à ce qu’il n’interfère pas avec le travail qui attend. Toute personne ayant obtenu une idée exacte de la situation qu’elle occupe au sein du grand Tout, ne peut plus être autrement qu’humble ; plus elle aura bénéficié d’une vision profonde, et plus l’expression de sa conscience sera grande, plus elle percevra clairement sa propre insignifiance relative.
Auteur : Aart Jurriaanse, (1907-2002) : auteur sud-africain qui a effectué des compilations des livres d’Alice Bailey. Il est l’auteur de Bridges (Ponts, non traduit) qui est un commentaire de ces enseignements.
Thématiques : sagesse éternelle, spiritualité
Rubrique : Esotérisme ()
