L’étoile qui a guidé les Mages

Partage international no 256décembre 2009

Sous le pseudonyme de Josephine Saint-Hilaire, Helena Roerich a écrit en 1929 une série d’histoires courtes sur la vie des grands instructeurs, publiées en anglais sous le titre On Eastern Crossroads – Legends and Prophecies of Asia (1930). Ces histoires évocatrices décrivent certains événements de la vie du Bouddha, du Christ, d’Apollonius de Tyane, du saint russe Sergius de Radonega, d’Akbar le Grand et de Maitreya, qui souvent viennent illustrer comme de petits joyaux les enseignements tirés de la sagesse éternelle.

Plusieurs des histoires dans la partie intitulée From the Life of Christ (De la vie du Christ) font référence à l’Etoile annonçant la naissance de Jésus. Etant donné la période de l’année, ainsi que le nombre croissant d’apparitions de l’« étoile » de Maitreya, il nous a semblé approprié de reproduire ici l’histoire intitulée The Star (l’Etoile) avec l’aimable autorisation de l’Agni Yoga Society.

 L’Etoile

Qu’elle était l’Etoile qui a guidé les Mages ? Naturellement c’était la Voix de la Fraternité : Pour saluer Jésus, et apporter protection et quelques ressources à la pauvre famille.

Nous avons foulé la surface de la Terre ne connaissant pas l’endroit exact.

Les Commandements du Teraphim nous ont dirigés, guidés jour après jour. Lorsque nous avons entendu : « C’est tout près ! », il n’y avait plus aucune habitation en vue. Pouvait-on espérer le miracle d’une Annonciation sans précédent au milieu des crottes de chameau et du braiement des ânes ? La pensée humaine essayait de localiser le futur prophète auprès d’un temple peut-être ou, tout au moins, près de murs majestueux.

Nous reçûmes le Commandement de faire halte dans une humble auberge. Nous passâmes la nuit dans la maison basse de plafond, aux murs de terre-glaise. Un feu et une petite lampe à huile emplissaient la pièce d’une lueur rouge. Après le repas nous remarquâmes qu’une servante versait les restes de lait dans une amphore. Nous lui dîmes : « Ce n’est pas utile de le garder. » « Mais, dit-elle, ce n’est pas pour toi monseigneur, mais pour une pauvre femme. Ici derrière le mur vit un charpentier. Récemment un fils lui est né. » Eteignant le feu, nous tînmes les mains ouvertes et demandâmes : « Devons-nous aller plus loin ? »

La réponse vint : « Plus près que le plus près. Plus bas que le plus bas. Plus haut que le plus haut. » Ne comprenant pas le sens de cette réponse nous demandâmes un Commandement, mais on nous dit : « Ouvrez les oreilles. »

Nous restâmes assis silencieux dans l’obscurité. Et nous entendîmes un enfant commencer à pleurer de l’autre côté du mur. Nous notâmes la direction des pleurs et nous perçûmes le chant de la Mère si souvent entendu dans les foyers : « Laisse les gens te considérer comme un paysan, je sais, mon fils, que tu es un roi. Qui sèmera la meilleure graine, la plus fructueuse. Le Seigneur appellera mon petit et dira : « Ta graine seule a glorifié mon festin. Assied-toi avec moi, roi des meilleures graines. »

Au moment où nous entendions ce chant trois coups résonnèrent au plafond. Nous dîmes : « Au matin nous irons là-bas. » Avant l’aube nous revêtîmes nos plus beaux habits et nous demandâmes à la servante de nous conduire dans la direction des pleurs.

Elle répondit : « Monseigneur souhaite rendre visite à la famille du charpentier. Je ferais mieux de vous conduire par l’extérieur car ici on doit traverser l’enclos du bétail. »

Nous souvenant du Commandement, nous choisîmes le chemin le plus court.

Derrière la mangeoire se trouvait une minuscule demeure adossée au rocher. Là près du foyer se trouvait une femme et dans ses bras – Lui. Quels signes l’accompagnaient ? Il tendit ses petites mains et sur sa paume se trouvait un signe rouge. Sur ce signe nous posâmes la plus précieuse des pierres que nous avions apportées.

Déposant les trésors et les objets sacrés, nous avertîmes la mère de la nécessité de poursuivre notre voyage et aussitôt nous fîmes demi-tour en traversant la même mangeoire.

Derrière nous la mère dit : « Regarde, mon petit enfant, tu es le roi. Mets ce diamant sur le front de ton destrier. »

Nous partîmes en gardant en mémoire le signe de l’étoile rouge sur la paume. Nous entendîmes ensuite : « Souvenez-vous du jour de l’étoile rouge sur le front du guerrier. »

[Reproduit avec la permission de The Agni Yoga Society, Etats-Unis]


Sources : The Agni Yoga Society, Etats-Unis
Thématiques : sagesse éternelle
Rubrique : Divers ()