Partage international no 437 – février 2025
Souvenez-vous de ce pasteur chrétien palestinien rassemblant des débris autour d’un « petit Jésus », emmailloté dans un keffieh, dans une église de Bethléem, à Noël 2023, alors que l’horreur infligée par Israël à Gaza venait de commencer. Cela a rendu Israël furieux, propulsant la voix de sagesse et d’humanité du révérend Munther Isaac sur la scène mondiale.
Depuis lors, le pasteur a fait preuve d’une détermination et d’un courage admirables. En 2024, il s’est rendu aux Etats-Unis, pays allié d’Israël, pour sensibiliser l’opinion aux conditions des Palestiniens, où qu’ils vivent, et adresser trois messages clés aux chefs religieux et à leurs communautés :
– La crise actuelle à Gaza n’a pas commencé le 7 octobre 2023, mais en réalité avec l’occupation et l’apartheid.
– « Le silence est une complicité », en particulier le silence des dirigeants des églises occidentales.
– Nous devons dire la vérité au pouvoir, sinon rien ne changera.
De plus, dans le message de vingt minutes qu’il a adressé à sa congrégation de Bethléem la veille de Noël 2024, il a insisté sur la nécessité de placer l’espoir au-dessus du désespoir. Andrew Mitrovica a commenté sur Al Jazeera : « Je pense que l’intention du révérend Isaac était d’assurer au reste d’entre nous – croyants ou non – que l’espoir existe et persiste ; il ne peut être éteint par les pourvoyeurs de la mort et de la destruction. […] Si un Palestinien endeuillé peut créer une étincelle de lumière malgré l’obscurité ambiante, alors moi aussi je peux le faire. »
Dans son sermon, le révérend Isaac a fait référence aux menaces de Donald Trump de « faire vivre l’enfer » si les otages ne sont pas libérés d’ici son investiture, mais les Palestiniens, a déclaré le révérend, vivent déjà un enfer, « le génocide n’a pas cessé ». Leur humanité non plus.
« Ces 440 jours ont également été marqués par la résilience et même la beauté, a-t-il ajouté. Oui, je pense à tous les héros de Gaza, les médecins, les soignants, les infirmières, les secouristes, les bénévoles. Ceux qui sacrifient tout pour leurs semblables. » Il a fait l’éloge des enseignants et des musiciens qui aident à redonner le sourire aux enfants palestiniens traumatisés. « Oui, la perte est énorme. Mais nous n’avons pas perdu notre foi et notre humanité collective. C’est de cette beauté dont je parle. »
Il a qualifié la résignation, l’apathie ou le désespoir d’« indifférence », de « trahison de l’humanité ». « Nous ne devons ni nous reposer ni nous lasser. Cela reviendrait à abandonner non seulement la population de Gaza, mais aussi notre propre humanité. C’est pourquoi nous devons continuer de dénoncer à Gaza […] l’oppression et les massacres systématiques jusqu’à ce que cela cesse » ; jusqu’à ce que les responsables soient tenus de rendre des comptes.
« Chaque Hérode passera, chaque César s’effacera, car les empires ont une fin […] et rappelons-nous que, selon Jésus, ce sont les doux, et non les puissants, qui héritent de la terre. »
Palestine
Sources : Al Jazeera ; Comité Quaker auprès des Nations unies
Thématiques : spiritualité
Rubrique : Divers ()
