Les travaux de C.W. Leadbeater et d’Annie Besant

La science et l’ésotérisme de la chimie occulte

Partage international no 425février 2024

par Bette Stockbauer

Au cours des deux derniers siècles, la science et la religion ont connu des changements révolutionnaires. Dans le domaine des sciences, la découverte des propriétés de l’atome a conduit à des théories sur la lumière, l’électricité et le magnétisme qui ont donné naissance à notre technologie moderne. En religion, les nouveaux moyens de communication ont facilité le transfert des connaissances spirituelles occultes depuis les régions isolées de l’Orient jusqu’aux endroits les plus éloignés du monde. Chacun a apporté une nouvelle vision ; chacun a donné à l’humanité la capacité de voir un monde jusqu’alors invisible – un monde d’énergies, de forces et de constituants élémentaires qui composent toute forme.

L’un des défis les plus passionnants des temps à venir sera de mettre en corrélation les réalisations extraordinaires qui ont eu lieu dans ces deux domaines de recherche et de construire un modèle basé sur les réalisations les plus importantes de chacun d’entre eux.

Photo : Public domain, via Wikimedia Commons
Annie Besant

Un exemple illustrant cette confluence se trouve dans le livre Extra-Sensory Perception of Quarks (La perception extra sensorielle de quarks, non traduit) (1995), du Dr Stephen Phillips, qui contient une analyse scientifique moderne d’informations publiées 87 ans plus tôt dans Occult Chemistry (La chimie occulte) (CO), par C.W. Leadbeater et Annie Besant, qui étaient des membres éminents de la Société théosophique. En 1895, C.W. Leadbeater et Annie Besant se sont engagés dans une collaboration qui a donné naissance à l’un des livres les plus novateurs (bien que non reconnu à l’époque) du corpus ésotérique, où ils publièrent leurs observations psychiques des éléments chimiques de la Terre au niveau de l’atome, un exploit qui échappe encore aujourd’hui à la science. Tous deux avaient suivi un entraînement intensif à la « clairvoyance grossissante », une ancienne technique yogique connue en sanskrit sous le nom d’anima et, plus récemment, de micro-psi, qui prétend permettre au praticien d’entrer dans le monde de l’infiniment petit, y compris l’atomique et le subatomique. La compétence acquise n’est pas une faculté de grossissement, mais est décrite comme une capacité à entrer dans un état mental où l’on devient infiniment petit. Imaginativement, l’observateur, par une concentration intense et des efforts ciblés, atteint une petitesse proportionnelle à l’objet de l’investigation. L’observateur n’est pas en transe, mais totalement conscient et capable de communiquer dans les moindres détails ce qu’il voit. Ces capacités mentales sont appelées siddhis (pouvoirs) et sont pratiquées en Orient depuis des milliers d’années.

Au cours de trente-huit années de recherche, C.W. Leadbeater et A. Besant ont examiné et enregistré les propriétés subatomiques de 109 éléments et isotopes, de 29 composés inorganiques et de 22 composés organiques, et ont étudié le processus catalytique de plusieurs composés. Les résultats ont été publiés dans trois éditions successives, la première en 1908, la seconde en 1919 et une édition augmentée, publiée à titre posthume en 1951. L’ouvrage comprend des centaines de dessins de formes observées visuellement, des listes numériques de sous-particules pour chaque élément et des descriptions de mouvements et de champs d’énergie.

Les chercheurs affirmaient pouvoir observer la matière atomique sur les sept plans, du plan physique dense au plan éthérique le plus élevé. Ils ont noté qu’à chaque plan supérieur, les combinaisons atomiques se décomposaient en arrangements de plus en plus simples, jusqu’à ce que, au niveau éthérique le plus élevé, ils aient déterminé qu’ils voyaient ce qu’ils décrivaient comme l’atome physique ultime, l’APU, qu’ils supposaient être le constituant le plus simple de la matière. Leur APU ressemblait beaucoup à l’atome décrit par Edwin Babbitt dans Les principes de la lumière et de la couleur, une structure en forme de cœur entourée de dix spirilles, trois majeures et sept mineures. En essayant de dissocier davantage l’APU, celui-ci a disparu et ils ont supposé qu’il s’était évaporé dans le niveau astral cosmique.

Photo : unklar, Public domain, via Wikimedia Commons
Charles Webster Leadbeater

Grâce au comptage fastidieux des APU de chaque élément, ils ont pu attribuer des poids atomiques essentiellement corrects à chacun d’entre eux, prédisant ainsi des éléments non encore découverts, ainsi que plusieurs isotopes (tels que le néon-22) – des combinaisons élémentaires qui n’étaient pas reconnues à l’époque. Ils ont également décrit des mouvements atomiques inconnus à l’époque, à savoir le spin (découvert 30 ans plus tard), la précession rotationnelle (précession de Larmor, découverte en 1897) et la pulsation (non encore découverte). Plusieurs scientifiques ont reçu des prix Nobel pour avoir isolé des éléments que les occultistes avaient prédits.

Ils ont également décrit les formes externes de l’atome lorsqu’il est considéré dans son ensemble, et les ont enregistrées comme étant constituées de différentes combinaisons de sept formes de base : pointe, haltère, tétraèdre, cube, octaèdre, tiges et étoile. Cet aspect de leur travail n’a pas d’équivalent dans la science, et les dessins étonnamment détaillés et beaux de leurs livres ne ressemblent à aucun modèle théorique. C.W. Leadbeater et A. Besant considéraient leur travail comme fondamental et s’attendaient à ce que les chercheurs qui suivraient leurs pas en développent le contenu. Lorsque la Chimie occulte a été publiée, elle constituait une sorte d’énigme pour la science et l’ésotérisme. Elle s’aventurait dans de nouveaux domaines et utilisait une « technologie » intuitive qui, bien que familière dans les monastères isolés de l’Himalaya, était encore totalement inconnue en Occident.

Geoffrey Hodson

À notre connaissance, un seul autre chercheur, Geoffrey Hodson, a poursuivi les travaux antérieurs, et ses observations ont permis d’ajouter des informations qui complètent les études précédentes. Pendant plus de soixante-dix ans, G. Hodson a été l’un des dirigeants de la Société théosophique et, dans l’espoir de vérifier certaines des découvertes antérieures de la Chimie occulte, il a entrepris, entre 1957 et 1959, une collaboration avec le Dr David Lyness, un psychiatre néo-zélandais. Leurs efforts ont donné lieu à 40 heures d’enregistrements audio qui ont été transcrits par la suite. En 1978, alors que Hodson avait 93 ans, une deuxième série de vidéos avec le leader théosophique néo-zélandais Murray Stentiford a également été enregistrée et transcrite. Le travail de G. Hodson était différent de celui des enquêteurs précédents, car il n’était pas aussi attentif aux minuties des particules et des unités d’énergie, mais se concentrait plutôt sur les forces énergétiques plus globales, à la fois les configurations globales de la structure atomique et, notamment, l’énergie englobant et entourant les APU, qui semblaient parfois fonctionner presque indépendamment des particules individuelles. D’une manière générale, ses observations ont permis de vérifier un grand nombre des affirmations précédentes. Au cours des séances, il était frappé par une immense force énergétique émanant de la substance, comme s’il avait contacté une source originelle de pouvoir, qu’il appelait diversement source divine ou esprit divin.

Le Dr Stephen Phillips

Le Dr Stephen Phillips était étudiant en physique aux États-Unis lorsqu’il a vu un dessin de l’atome d’hydrogène de la CO dans le livre de William Kingsland intitulé The Physics of the Secret Doctrine (La physique de la doctrine secrète). Il a été immédiatement attiré parce que, comme il le raconte, « j’y ai immédiatement reconnu le modèle du physicien qui présente le proton comme un amas triangulaire de trois particules qu’il appelle « quarks ». » Après s’être procuré une copie de la CO, il a été tellement fasciné par sa similitude avec la science reconnue de l’époque qu’il a décidé de procéder à une interprétation approfondie des résultats des occultistes. En examinant minutieusement les données enregistrées, il a estimé que la probabilité que leurs découvertes soient basées sur la chance ou le hasard était pratiquement nulle. En 1980, il a publié son analyse dans un livre intitulé Extra-Sensory Perception of Quarks. Il s’agit d’un travail d’investigation original, qui incite à la réflexion et qui a fait l’objet d’une étude méticuleuse.

S. Phillips a analysé le livre en utilisant les concepts de deux modèles théoriques de physique – la chromodynamique quantique (QCD) et la théorie des cordes, qui concernent toutes deux le contenu et les forces subatomiques au sein du noyau atomique. Selon S. Phillips, les centaines de diagrammes de la CO représentant divers éléments présentent une configuration conforme aux modèles modernes de noyaux atomiques, montrant que le proton et le neutron sont composés de trois quarks maintenus ensemble par des tubes de flux (de la théorie des cordes) dans un arrangement électrique stable. Le contenu nucléaire est maintenu ensemble par la force forte, la plus puissante des forces fondamentales. Le modèle QCD a été testé et finalisé à la fin des années 1960, plus de quarante ans après la publication de la CO. Le site web de S. Phillips1 contient des discussions approfondies sur son travail d’analyse et d’interprétation et permet de télécharger gratuitement son livre.

S. Phillips a également analysé les travaux de G. Hodson, y trouvant une analogie possible avec un concept à la pointe de la physique actuelle : la détection du champ de Peter Higgs, un champ d’énergie universel présumé qui confère l’attribut de masse à toute substance. Les expériences menées à l’accélérateur de particules du CERN, en Suisse, ont attiré l’attention du monde entier et ont permis de vérifier une hypothèse émise pour la première fois par P. Higgs en 1964. Dans les années 1950, lors d’observations, G. Hodson a décrit avoir vu un « brouillard ou champ » entourant les APU, extérieur à elles et en mouvement circulaire continu. Fait remarquable, il a affirmé avoir toujours vu les mêmes phénomènes visuels au cours d’activités normales. S. Phillips considère que sa description du brouillard, extérieur aux atomes et présentant un vortex d’activité, est analogue aux modèles scientifiques du champ de P. Higgs, en particulier à certains mouvements énergétiques appelés vortex de Nielsen-Olesen. Ces vortex sont les cordes de la théorie des cordes qui maintiennent les quarks confinés dans le noyau et, selon le théorème de P. Higgs, confèrent une masse à ses sous-particules. L’observation de G. Hodson a été enregistrée cinq ans avant la première publication de P. Higgs et 55 ans avant sa confirmation par le CERN.

Helena Blavatsky insistait sur le fait que « la matière est l’esprit à son point de manifestation le plus bas et l’esprit est la matière à son point le plus haut ». La science et la religion sont des expressions de cette dualité, l’une décrivant les formes et les forces de la vie cosmique, l’autre cherchant à sonder la cause essentielle. C’est la merveille de l’esprit humain qui lui permet d’englober les deux, d’explorer le monde à sa portée, tout en aspirant continuellement à une vision plus grande. Ces pionniers clairvoyants de la pensée nous ont donné un aperçu de l’unité essentielle de la vérité, démontrant que des connaissances issues de points de vue différents peuvent se rejoindre et construire un modèle plus complet et, ce faisant, peuvent élever le chercheur dans un royaume d’illumination encore plus grand.

1 – http://www.smphillips.mysite.com (en anglais)

Références :
La Chimie occulte – A. Besant & C.W. Leadbeater, éd. 1919 (pdf en français) : http://www.girolle.org/telecharger/index.html
Extra-Sensory Perception of Quarks – Stephen Phillips (pdf en anglais) : http://www.smphillips.mysite.com/pdfs/ESP_of_Quarks.pdf
Investigations clairvoyantes par Geoffrey Hodson et David Lyness, 1957-1959 (en anglais) : http://hpb.narod.ru/tph/TPH_5759.HTM

Auteur : Bette Stockbauer, journaliste freelance associée avec Share International, basée à Red Rock, Texas (Etats-Unis).
Thématiques : Sciences et santé
Rubrique : Divers ()